mardi 3 octobre 2017

Octobre noir.


Quelques faits (et personne ne pourra dire après : je ne savais pas ; mais comme toujours certains, qui garderont leurs postes, affirmeront : la vérité scientifique change ; les plus nombreux rétorqueront : nous nous fiions aux autorité) :


  1. Le dépistage organisé du cancer du sein ne sauve pas de vies chez les femmes de 50 à 74 ans.
  2. Plus on pratique de mammographies et plus le nombre de diagnostics de cancers du sein augmente mais la mortalité par cancer du sein est stable. 
  3. Le nombre de sur diagnostics et de sur traitements (et je rappelle que le sur traitement signifie parfois le combo complet chirurgie/radiothérapie/chimiothérapie) atteint selon les études 20 à 50 % des patientes.
  4. Avant 50 ans et en absence d'antécédents familiaux de cancer du sein, le sur diagnostic est encore plus important.
  5. En France plus de 2 millions de mammographies sont effectuées chaque année.
  6. En France il y a environ 50 000 nouveaux cas de cancers du sein diagnostiqués (allez faire un tour au point 3 pour imaginer ce que cela signifie).
  7. Madame Buzyn trouve que tout cela est très normal.
  8. Les femmes sont manipulées (voir ICI sur le blog de JB Blanc) mais puisque je suis un homme il vaut mieux que je me taise ; on leur ment, on leur fait peur, on leur fait des sur promesses.
  9. Les courses "roses" sont des opérations commerciales banales encouragées par les autorités.
  10. Les choses ne sont pas près de s'arrêter.
  11. Pour plus d'informations allez lire le site Cancer Rose.
  12. Et lisez Rachel Campergue qui a tout dit : LA.
Je me répète : le scandale du dépistage organisé du cancer du sein par mammographie gratuite est cent mille fois plus important que tout ce qui a pu être décrit auparavant en médecine.
C'est un charnier.


15 commentaires:

Naty a dit…

Bonjour

j'ai une amie qui a été traité pour un cancer du sein ...Aujourd'hui sur sa page Facebook elle milite en faveur du dépistage organisé "octobre rose" comment lui dire que tout cela est de la propagande et de l'enfumage ...et que cela ne permet pas de sauver des vies ...finalement les patientes elles même se sentent redevable d'être toujours en vie

ANNETTE LEXA a dit…

Si on dépistait , dans un vaste programme totalitaire, 100% des femmes , on aurait donc 100 000 cas de cancers du sein à traiter (chirurgie- radio-chimio-hormonothérapie). Pendant ce temps la mortalité par cancer du sein stagne et la morbimortalité par surtraitement n'est pas comptabilisée. Pas vu pas pris. Cela ne semble choquer personne au Ministère, à l'INCa, dans les cabinets de radiologie ou de gynecologie, de senologie ou chez Europa Donna. 10% à peine des femmes - mal informées par un Etat paternaliste - sont conscientes des risques qu'elles prennent en allant se faire dépister. Et pendant ce temps, les féministes sont muettes. A Cancer Rose, nous n'avons pas réussi à les intéresser à ce "problème". Et nous ne sommes qu'une poignée en France à dénoncer sur les réseaux sociaux ce qui est, comme vous l'écrivez, le plus grand scandale sanitaire de la médecine , un carnage, une boucherie digne de la saignée du XVIIIe siècle. Il n'y a plus qu'à espérer que les mêmes "nouvelles" féministes qui s'insurgent sur le man spreading ou la maltraitance en gynecologie, prennent un jour la mesure du carnage vers lequel elles se dirigent si elles ne réagissent pas. On ne donne pas à boire à un âne qui n'a pas soif. Je suis une femme et donc je peux me permettre de conclure que les femmes sont soumises à l'Ordre et ne veulent pas savoir, et ceci sans passer pour une misogyne.

Effet Mem a dit…

Peut-être faudrait-il organiser un NOVEMBRE DES LUMIERES ?
Juste pour inviter chaque personne qui a eu la chance (ceci n'est qu'une croyance) de fréquenter l'école jusqu'à 14 ans au moins à se poser une question.
Ce qu'on m'affirme vrai - et qui que ce soit- est-il une simple CROYANCE que j'ai le droit absolu de ne pas adopter ? Ou bien est-ce une CONNAISSANCE solidement prouvée qui sera un jour mise en cause par d'autres ?

Petit exercice pratique : passer à cette moulinette tout ce qu'on nous a dit comme vrai sur les bancs de l'école de la maternelle à l'université. Autrement dit " l'Ordre" si bien évoqué dans son commentaire par Annette Lexa...

Cécile Bour a dit…

Bonjour à tous,

Merci de ce rappel des données, glaçant par son aspect factuel, et d'autant plus que, comme vous le soulignez, on n'entreprend pas grand-chose. L'information, ou plutôt la contre-information que plusieurs acteurs de la santé tentent de diffuser par leurs propres moyens ferait un peu bouger les lignes car la participation reculerait, dit-on dans les médias. Personnellement je trouve ce recul, au vu des chiffres, assez modeste...Mais qui se soucie des vrais chiffres...
A entendre les sempiternels leaders d'opinion qui parlent dans la presse, je suis consternée et sidérée par les termes tels que "mais nous, société savante, nous pensons que le dépistage reste globalement bénéfique", ou encore "mais nous croyons néanmoins que le bénéfice l'emporte". Et là ça me rappelle immanquablement les nuages radioactifs qui s'arrêtent, en France du moins, aux frontières. Oui voilà, nous pensons, nous croyons, nous critiquons beaucoup, mais foin d'une seule étude correctement effectuée sur la population féminine française, foin des études internationales qui devraient nous alerter, et foin d'une information complète vers les femmes, et qui reste désespérément timorée, incompréhensible, du genre "bah circulez, y a rien à voir et continuons surtout." On reste dans cette "médecine à la papa", qui fait fi de l'EBM, qui "croit" parce que la société savante l'a dit, ou parce que la même phrase est répétée en boucle par des pontes vieillissants qui ressentent la remise en questions de nos pratiques comme une castration intellectuelle. La médecine est un art, les artistes sont toujours dans le doute ! Il n'y a pas pire que des professionnels de santé inébranlables dans leurs certitudes. Merci à ce blog de toujours être à l'affût, de relayer objectivement les infos médicales, et de nous soutenir. Cécile Bour, du collectif Cancer Rose

martine bronner a dit…

Cette situation est scandaleuse, quand de plus elle avance et se vante de démocratie sanitaire! Beaucoup ont espéré au moment de la concertation...mais c'était de la poudre aux yeux. Il y aura donc plus de dépistage qu'avant et on commencera à faire peur aux femmes à partir de 25 ans.

Marc Barthez a dit…

"ils croient savoir, et ils ne savent pas qu'ils croient"
La phrase est (je crois...) de Jean de La Fontaine
Elle est, avant toute chose à méditer.

Anonyme a dit…

Merci de vos articles ..de nous informer .. ou plutot de nous dédésinformer..
DDD

Anonyme a dit…

La seule chose avec laquelle on peut ne pas être d'accord à moins d'en savoir plus c'est :

"et je rappelle que le sur traitement signifie parfois le combo complet chirurgie/radiothérapie/chimiothérapie"

dans les cas des "petits" cancers, ceux qui n'auraient peut être jamais eu d'expression clinique et qui n'existent "que" grâce au dépistage, le traitement se limite le plus souvent à la seule chirurgie, dont la morbi-mortalité est faible

par ailleurs, pour mieux comprendre les statistiques, y considère-t-on la biopsie comme un traitement ?

CMT a dit…

Merci pour ce rappel.

L'hsitoire du dépistage du cancer du sein est celle d'un"reversal" ou renversement au sens où l'entend Vinay Prasad pour les médicaments. C'est à dire qu'à l'enthousiasme et àl'exagération initiaux, au hype, porté par la foi en l'idée que la technique peut résoudre tous nos problèmes et même nous permettre d'atteindre l'immortalité, succède, avec le temps, un douloureux retour au réel qui laisse beaucoup de victimes sur le carreau et un certain nombre de poches bien remplies.

Ce reversal est de très loin le sénario le plus fréquent en médecine, pour les médicaments et autres "hypes" et il semble que le public ait du mal à le percevoir et à retenir la leçon. Ou du moins les medias persistent, pour des raisons qui ont bien été expliquées dans un article récent, en raison de convergence d'intérêts, à faire croire que nous sommes dans une marche triomphale vers le succès et qu'il faut acceuillir chaque nouveau hype avec le même enthousiasme statique dans un présent perpétuel et un oubli permanent, oubli à mesure du passé.

Comme dans les autres "renversements" ceux qui concernent les anti-cancéreux, par exemple, plus on avance dans le temps plus les preuves s'accumulent que le dépistage universel du cancer du sein fait plus de mal que de bien, aux femmes et à la santé publique. La dernière en date http://annals.org/aim/article/2596394/breast-cancer-screening-denmark-cohort-study-tumor-size-overdiagnosis.

Quant à la "démocratie sanitaire" dont parle Martine Bronner il faut lire Eric Hazan (LQR, la propagande au quotidien) pour savoir que le propre de cette nouvelle société est d'utiliser le langage pour évacuer et nier les contradictions et conflits. On parlera d'autant plus de "démocratie sanitaire" de "concertation" qu'on les pratique le moins.

Malgré tout le débat sur le dépistage organisé des cancers paraît beaucoup plus avancé que celui sur les vaccins, puisque les messages de bon sens et les raisonnements sont repris dans la presse officielle et portés à la connaissance du grand public.
Ca ne veut pas dire que c'est gagné mais qu'un bon bout de chemin a déjà été fait.

ANNETTE LEXA a dit…

il est vrai que depuis le 1er octobre, on n'entend pas l'Etat, l'INCa ou EuropaDonna. Silence radio. On laisse faire les petites mafia locales (présentes surtout dans le Sud Ouest) qui organisent leurs courses ou leurs installations "artistiques" gonflables ...La presse mainstream semble muette. Elle préfère parler des violences gynécologiques, de la pilule et du vaccin contre la grippe. Elle serait bien tentée de dénoncer les dérapages d'Octobre Rose mais comme elle y a participé, elle doit être gênée... L'Etat ne disant rien, elle ne sait plus trop vers quel "expert" se tourner : Kayat? Nizand? Viguier? Même Michel Cymes et Marina Carrère d'Encausse sont muets , c'est dire !

martine bronner a dit…

Et si le mutisme n'était qu'une manière de ne pas en parler pour justement éviter que l'on parle du dépistage en tant que "problème"? Pendant qu'octobre rose continue tout doucettement à s'adresser à la "masse" des femmes comme d'habitude, c'est à dire avec les tripes plutôt qu'avec le cerveau? Peut-être un choix différent de ne pas informer!
La preuve avec la notice de l'INCa pour les généralistes!!

J-Pierre AUFFRET a dit…

@ Marc Barthez
Pas retrouvé votre citation "ils croient savoir, et ils ne savent pas qu'ils croient". À rapprocher de
"Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien, tandis que les autres croient savoir" (Socrate, sous réserves) ?

Anonyme a dit…

@ J-Pierre AUFFRET et Marc Barthez

"On ne peut jamais que croire... toute la différence est entre les téméraires qui croient qu'ils savent et les sages qui savent qu'ils croient" (Jean Rostand)

ANNETTE LEXA a dit…

Voici 2 preuves que les responsables savent parfaitement les risques.
- Delaloge S, et al. Dépistage du cancer du sein : en route vers le futur. Bull Cancer (2016), http://dx.doi.org/ 10.1016/j.bulcan.2016.06.005 : "les modalités du dépistage du cancer du sein doivent être révisées pour diminuer considérablement les limites associées à la mammographie (bénéfice limité, spécificité et sensibilité imparfaite, surdiagnostics, morbidité de la technique elle-même). Il est nécessaire d'améliorer à la fois les performances objectives de ce dépistage et les performances ressenties par la population, souvent décalées."
-Ecoutez le Dr Delaloge - Mammorisk - SIFEM 2016 - Risques cancer du sein https://www.youtube.com/watch?v=IikgpzIhx78

Mais ils n'en tirent pas les mêmes info que nous. Pour eux, c'est parce qu'il faut encore plus de dépistage , il se retranchent sur l'absence d'étude sur le surdiagnostic valant absence de preuve formelle; le risque radio induit est tout théorique selon eux (demandez à Cécile BOUR si c'est théorique dans son cabinet) ; l'ADN circulant tumoral est pour eux une alternative crédible. Et enfin si le peuple commence à douter, c'est du "ressenti" en décalage avec les hautes performances technologiques et cela engendre des comportements paradoxaux.
"L'objectif ultime est la réduction du risque de décès par cancer ou de morbidité grave du traitement plutôt que la diminution de l'incidence." On avance. Doucement.

En attendant, je me demande si les femmes ne devraient pas porter plainte pour harcèlement physique et moral auprès de l'Ordre des Médecins ou l'Etat, pour toutes les maltraitances psychologiques et physiques faites sur leur esprit et leurs seins .

Anne a dit…

J'ai bêtement suivi le mouvement sans me poser de questions jusqu'à ce que mes seins soient "dépistés"/classés ACR 3 et ACR 4 il y a deux ans. La radiologue de la clinique, la mine grave, m'a appelée dans le couloir pour m'annoncer la nouvelle et m'a incitée à prendre sans attendre un RV en chirurgie dans la même clinique.

Je n'avais suivi le mouvement que par paresse. Dieu merci, je n'ai pas l'instinct grégaire et le choc, salutaire, m'a poussée à m'informer véritablement.
Une fois mon opinion faite, ai annulé le RV pris en toute hâte par ma généraliste à l'institut anti cancer le plus proche de mon domicile (80 km environ). Puis il m'a fallu trouver un(e) autre généraliste, ce qui n'est guère aisé dans notre région – comme dans nombre de régions françaises. La nouvelle est loin de m'approuver mais au moins m'épargne-t-elle son courroux, ce que j'apprécie.