mardi 1 décembre 2015

Evidence Based Pharmacy.

Rayonnage d'une pharmacie Evidence Based Pharmacy

Pas beaucoup d'articles sur le sujet de l'Evidence Based Pharmacy..
Enfin, un peu : ICI.

Je parle bien entendu de la partie Evidence Based Pharmacy qui s'intéresse à la vente directe, sans ordonnances, sans remboursement, l'OTC en anglais, ce que conseillent les pharmaciens en dehors de toute prescription médicale. Mais, en réalité, ce que les industriels appellent l'automédication.
Dans l'Evidence based Pharmacy il y a aussi le contrôle (non, ce mot ne me gêne pas) des prescriptions des médecins, c'est à dire l'analyse des prescriptions elles-mêmes, les doses, les posologies pour chaque molécule/produit, des interactions médicamenteuses possibles, et cetera, mais imagine-t-on cela ? Il y aurait tant à faire et tant de conflits en perspective (et tant de chiffre d'affaire en moins).

Etant entendu que les médicaments ou matériels sur prescription ne seraient pas visibles sur les étagères des EB Pharmacies car il n'est pas possible d'en faire la publicité.

Que pourrait-il bien y avoir comme produit OTC dans les rayonnages d'une EB pharmacie ?

Du paracetamol.
De l'ibuprofène.
De l'acide acétyl salicylique.
De l'acide folique pour les femmes enceintes ou celles qui voudraient l'être...
Une crème émolliente.
De l'alcool à 70 °
Un ou deux anti histaminiques.
Des pansements.
Des compresses.
De la vaseline.
Du savon de Marseille.
Du serum physiologique.

Vous voyez autre chose ?

Allez, je vous vois venir :
La contraception d'urgence.
La pilule pour dépanner.
Et d'autres trucs.

Dans une EB Pharmacie, les produits sont peu onéreux car ce sont des génériques de molécules commercialisées depuis longtemps, amorties, tombées dans le domaine public...

C'est donc un rêve, l'Evidence Based Pharmacie, et un cauchemar pour les pharmaciens qui vendent  en OTS des produits non evidence based par des essais contrôlés.

Je m'attends à ce que mes amis pharmaciens m'assassinent. C'étaient mes derniers mots.

Ce billet m'a été fortement suggéré par la lecture du livre de Margaret McCartney, The patient paradox, Why sexed-up medicine is bad for your health (pages 214 à 216) : ICI.

PS du 8/12/15 : les labos se sucreraient sur les produits OTC ? Sans blague ! Voir LA. Dans le journal Le Monde.

6 commentaires:

  1. Bonjour,
    je me permets de vous envoyer un lien vers ce site : http://impactpharmacie.org/index.asp.
    Vous verrez que l'Evidence Based Pharmacy" existe, par exemple sur l'addiction tabagique : http://impactpharmacie.org/Synthese.asp?lang=00&TLien=Synthese&valeur=205

    Cordialement

    Mathieu Colombe, pharmacien EPSM Caen

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  2. ...ou comment trouver d'un coup toute la biblio que j'ai péniblement essayé de constituer pour ma thèse! Merci l'ami!

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  3. Après, pour nourrir la discussion, j'avais lu avec intérêt cet article d'Edzard Ernst... qui a la dent dure contre les pharmaciens français, d'ailleurs. http://edzardernst.com/2014/04/why-do-pharmacists-sell-bogus-medicines/
    Personnellement, je trouve que l'EBPhamarcy n'est pas une nécessité absolue. Les médicaments conseil sont du ressort de la bobologie. L'automédication (surtout dans les petites agglomération, certainement moins dans les grandes, où les patients ne sont pas forcément clients d'"une" pharmacie) est surtout l'occasion de : a - parler avec le client/patient, b -lui éviter dans la mesure du possible d'aggraver son cas, ou de se faire mal tout seul avec des médicaments mal choisis, c - aller consulter le cas échéant, d - de se soigner avec des solutions non EBM, pourquoi pas.
    La demande en face est réelle, que ce soit à cause de la publicité, des souvenirs d'enfance, des conseils des copains...

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  4. @ saviglia Mariposa.
    L'EBPharmacy est une nécessité absolue. Elle s'inscrit dans le contexte de la démédicalisation et de la démédicamentation.
    Les pharmaciens ont perdu de leur autorité en vendant des produits non EBP.
    Je comprends le contexte économique, je comprends tout mais j'ai du mal à comprendre comment on peut encore conseiller du sudafed et autres "babioles" dangereuses...
    Je ne nie pas non plus le rôle modérateur des pharmaciens dans certains contextes mais le conseil d eproduits inutilement chers et inefficaces ne s'impose pas.
    La lecture de ce blog vous montre combien je suis critique à l'égard des médecins non EBM, je n'ai rien donc contre les pharmaciens en particulier.
    Une réflexion commune est nécessaire.
    Bonne journée.

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  5. Qu'un médecin prescrive un produit pharmaceutique ou que le patient se le procure par droit sans le consentement de son médecin : on s'en fiche !

    La banque centrale, à la tête de toute manipulation, fait comme il l'entend. Si cette façon de procéder peut aboutir de façon efficace à une dépopulation à échelle mondiale les médecins, pharmaciens et les autres pro de la santé n'auront qu'à obéir à moins de prendre son courage à 2 bras et d'affronter ces démons sionistes.

    Il suffit de suivre les vérités et réalités de la monnaie pour comprendre la corruption des hommes jusqu'à la philanthropie des pro de la santé...

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  6. Bonjour.

    - Un collègue me faisait remarquer que les médicaments concernés par l'EBP sont les mêmes que ceux faisant parti de l'EBM, du moment qu'ils soient disponibles sans ordonnance.

    - Beaucoup de CA en moins en effet. L'"EBP" nous était peu enseigné (mon expérience) : cours qui ressemble plus au Vidal (indications, effets indésirables, posologie etc.) et notion de bénéfices/risques moins abordée, ni médicalisation : au final plus vu tout cela à partir de la 5ème année AHU. Pendant les études, peu de discussions à ce sujet avec mes collègues (ou alors, rapidement rappelé à la réalité des chiffres)... Pour autant, de nombreux collègues rencontrés après (notamment sur Twitter) la pratiquent. Bon, quand on déconseille un médicament (qu'il soit sur ordo ou pas), cela ne s'est jamais soldé par : "tenez, 23€". :-))

    - En revanche, cette liste me semble bien insuffisante.
    Quelques autres exemples :

    -> Il n'y a aucun médicament des voies digestives (Macrogol/Lactulose, Diosmectite/Lopéramide, Omeprazole, pansements gastriques etc.) : c'est un grand groupe quand même. ;-)
    -> Codéine pour les rages dentaines (préférée à l'ibuprofène, souvent)
    -> Econazole (ovule, crème, lait)
    -> Nicotine
    -> Quelques médicaments à visée symptomatique/proches du placebo de type Phloroglucinol/pastilles pour la gorge/vasoconstricteur/vitamine C/Diosmine pour les patients qui sont demandeurs et qui risquent d'être tentés par des produits avec plus d'effets indésirables si on ne répond pas à leur demande. Après tout, l'EBP, n'est-ce pas aussi prendre en charge le patient de manière à prévenir les effets indésirables pouvant découler de l'utilisation d('autres) produits pour se soigner ? Je ne pense pas que tout le monde soit prêt à écouter aujourd'hui qu'un certain (grand) nombre de pathologies bénignes guérisse seul, donc je préfère avoir ces médicaments dans la trousse, quitte à ne pas les conseiller bien sûr.

    L'EBP revalorisant le travail du pharmacien, il serait alors possible de délister d'autres médicaments de type fosfomycine à mon avis.

    Bonne fin d'année 2015. :-)

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