mercredi 3 février 2010

GARDASIL PAR DESSOUS LA JAMBE - HISTOIRES DE CONSULTATION : SEIZIEME EPISODE

Gardasil par dessous la jambe.



La jeune fille timide vient avec son papa dont je suis le médecin traitant.
Elle, je ne la vois jamais : elle est suivie par un pédiatre.
Quand une jeune fille vient avec son papa, il est rare que ce soit elle l'accompagnante.

Le papa est un gars souriant, simplissime, on sent qu'il me fait confiance et qu'il ne se pose pas de questions complexes sur les rapports qu'un patient doit entretenir avec son médecin. Cela me repose.

" C'est pour un vaccin.

- Un rappel de quoi ?

- Non, c'est le truc pour les filles."

Et il sort de sa poche un sac plastique qui contient une boîte de gardasil.

Je ne peux m'empêcher de faire l'étonné. Ce qu'ils remarquent. Ils ne me demandent pas : "Vous n'êtes pas d'accord ?"

"Qui a prescrit ça ?

- La gényco de ma femme.

- Et elle a parlé avec elle ?

- Qui ?

- Ben... Clara.

- Non."

Il regarde sa fille qui n'en sait pas plus.

"C'est ma femme qui a demandé à sa gényco de le lui prescrire. Elle voulait qu'elle le fasse.

- Je comprends. Et tu sais à quoi ça sert ?"

Regard surpris de celle à qui l'on demande à brûle-pourpoint, et sans avoir révisé auparavant, la capitale du Vanuatu. "Non."

Je vois.

Je pose deux ou trois questions et je me rends compte que la jeune Clara, 13 ans, ne sait pas ce qu'est le gardasil, à quoi ça sert et ce que ça évite ou pas. C'est la médecine moderne. Je lui fais la totale.
Elle est aussi intéressée que si je lui avais refait son cours de maths de la veille. La jeune Clara ne sait pas ce qu'est le cancer du col, ne sait pas ce qu'est un papillomavirus, ne sait pas ce qu'est un frottis, n'a jamais entendu parler de contraception... Désespérant.
J'aime la médecine.
Ici se pose la question, une fois les informations fournies, de savoir ce qu'il faut faire : vacciner (comme on ferait un rappel anti diphtéro-polio-tétanique, c'est à dire de façon routinière) ; ne pas vacciner ; demander le consentement éclairé de la jeune fille ; demander le consentement éclairé de la maman (et ici : du papa) ; se conformer à ses propres valeurs et préférences (le docteurdu16 est-il pour ou contre le gardasil ?) ; se conformer aux valeurs et préférences de la jeune fille (?), de la maman (?), de la gynécologue (?), de Big Pharma (!) ?
Qu'auriez-vous fait ?
********************************
Note : c'est la deuxième fois que je parle ici du gardasil et ce n'est pas fameux pour les "prescripteurs".

10 commentaires:

  1. Je l'aurais renvoyée à son gynéco, probablement avec un courrier expliquant que je connais mal ce vaccin, sa tolérance et son rapport bénéfice/risque.

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  2. Pourquoi la mère a t'elle envoyé le père pour vacciner sa fille puisque c'est elle qui fait la demande de vaccination ??
    Je ne suis pas médecin mais je crois que j'aurai demandé à voir la mère ET le père en même temps pour leur expliquer le pour et le contre et leur laisser prendre leur décision en ayant ainsi toutes les informations.
    J'ai bon ?? Et alors, vous, qu'avez vous fait ?? :-))

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  3. Je réponds à Marie : le père était d'accord avec sa femme mais il n'en savait pas plus que sa fille sur la question (et que sa femme). C'est à le jeune fille de décider.

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  4. ce que je ne comprend pas c'est que le gynécologue a prescrit ce vaccin sans avoir vu la jeune fille, ni même l'avoir examinée, ni même lui avoir parlée comme vous l'avez fait.
    En tant que patiente pour moi un vaccin n'est jamais anodin, c'est toujours un risque de complications secondaires. Alors une prescription sans voir la patient je trouve cela un peu irresponsable. Mais je ne suis pas docteur. Peut-être que cela se fait plus que je ne le pense.

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  5. Et vous ne parlez pas du temps perdu à réparer les méfaits de la sur-information!
    Cela limite le temps pour parler des vraies maladies et pas d'une vaccination qui n'empêche pas les frottis réguliers.

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  6. Grâce à GSK j'ai reçu tout un dossier d'information au sujet de la récente modification concernant les vaccins contre le HPV, comprenant aussi bien la "notice" du Cervarix que les avis officiels du Haut Conseil de Santé Publique et du Comité Technique de Vaccination, toujours présidé, pour autant que je sache, par notre mai Daniel Floret, toujours aussi concerné par les intérêts des laboratoires pharamceutiques avec qui il travaille depuis des années la main dans la main.
    Toute cette doc pour me faire savoir que le Cervarix est maintenant considéré comme faisant jeu égal avec le Gardasil dans les recommandations en prévention du cancer du col.
    Néanmoins DEUX PROPOSITIONS DU COMITE TECHNIQUE DE VACCINATION (toujours présidé par le même) ont retenu mon attention et me paraissent EXTREMEMENT PREOCUPANTES:
    1 impliquer les services de prévention publics pour obtenir qu'un maximum d'adolescentes soient vaccinées. Cela veut dire vacciner à l'école.
    2 obtenir que de l'argent soit dégagé pour pouvoir vacciner gratutiement des adolescentes qui le souhaitent SANS PRENDRE L'AVIS DES PARENTS.
    NON, ce n'est pas le laboratoire qui demande ça: c'est bien le CTV c'est à dire ceux qui sont censés éviter les abus.
    Quand on sait que, avec ce vaccin, dont l'efficacité sur le cancer du col n'a toujours pas été démontrée, il faudra attendre 15 à 25 ans pour savoir s'il y a efficacité et, si toutes les conditions, en réalité impossibles à réunir sont réunies, attendre 70 ans pour observer un bénéfice faible mais statistiquement significatif, cela me gêne beaucoup d'envisager d'exposer ainsi des ados à des pressions directes de la part de l'appareil marketing des laboratoires, qui en a mis dans sa poche des plus coriaces (cf pédiatres et gynécologues).
    PARENTS: attention danger! Soyez vigilants.

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  7. C'est du vécu! Combien de jeunes filles sont arrivées
    munies de leur vaccin ,n ayant reçu aucune information
    du gyneco prescripteur qui tranquillement préjuge de la docilitédu généraliste .
    elles repartent avec leur vaccin et une info
    écrite émanant de l association des médecins
    de la réunion ( court percutant et dissuasif)
    soit de l article de m winckler ( parfois ambigu,
    mais très informatif)
    ps merci au Dr CMT pour ses articles sur les vaccins

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  8. De rien JMG.
    Mais ce que vous dites me fait penser à une expérience récente. Ma fille est rentrée un jour du collège en me demandant pourquoi je ne l'avais pas fait vacciner contre le papillomavirus.
    En fait son professeur de SVT avait fait un cours et une interrogation écrite sur ce sujet en incitant fortement les filles de la classe à se faire vacciner.

    Je ne sais pas comment cette prof en était arrivée à devenir une militante pro-Gardasil. Est-ce que cela est dû à la puissance marketing et publicitaire des laboratoires, qui parviennent à faire relayer et amplifier à l'infini leurs slogans publicitaires par tous les médias? est-ce lié au fait que les éditeurs de manuels scolaires faisant partie des mêmes groupes qui sont impliqués dans d'autres activités économiques comme la vente d'armes favorise le mélange des genres? Est-ce parce que, au fur et à mesure que l'Etat se désengage de l'Education Nationale, la place laissée vacante est occupée par les multinationales qui fabriquent de multiples "outils pédagogiques" qui ne sont en fait que des vecteurs publicitaires?

    Heureusement ma fille m'a fait confiance et a écouté et compris mes explications. Mais les propositions du CTV éclairent d'un autre jour cet épisode. Si ces propositions étaient acceptées je pourrais me trouver un jour en situation d'être impuissante à contrer la puissance marketing des laboratoires et à protéger ma fille d'un acte que je sais avant tout inutile, mais aussi potentiellement dangereux.

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  9. Bonjour,
    et vous, qu'avez-vous fait docteur? Vous ne terminez pas votre histoire et je reste sur ma faim; car, enfin c'est votre attitude, votre décision qui m'intéresse en tant que lecteur!Ce Gardasil qui ne vaut pas un clou,dont l'efficacité relève du conditionnel, aux effets indésirables multiples, l'avez-vous fait?

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  10. @ J'ai temporisé et... je n'ai jamais revu la jeune fille.

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