samedi 10 mai 2014

Valeurs et préférences d'une patiente, la conne et la tête de gland.

  
Après qu'un ami twittos me l'a signalé, et on ne dira jamais assez combien les 140 caractères de twitter sont devenus importants pour la diffusion d'informations vraies ou fausses, peu importe, c'est à chacun de voir, je lis le billet de Solène (ICI). Ma lecture est faussée car l'ami twittos a fait un commentaire en proposant l'article.

Merci de lire le billet de Solène.

Maintenant que vous l'avez lu, que vous avez lu les commentaires et qu'éventuellement vous avez lu des tweets de commentaires, nous allons pouvoir en parler.
D'après ce que j'ai compris il y a plusieurs angles d'attaque : je passe sur le côté "tranche de vie", sur le côté "les patients ont bien le droit de dire ce qu'ils pensent", sur le côté "on dit encore du mal des médecins", sur le côté "les malades sont pris pour des demeurés", sur le côté "la critique est bonne mais le ton, le ton...", et cetera. Tout le monde a forcément raison.

Solène, vous avez eu raison d'écrire ce que vous aviez sur le coeur.
Il le fallait certainement pour vous mais aussi pour infomer les autres patients et les médecins qui exercent à l'hôpital ou dans les cliniques, voire dans des cabinets de médecine générale.

Je voulais vous dire ceci : quand je suis sorti de l'hôpital pour m'installer comme médecin généraliste, exactement fin juin 1979, j'en étais à la fois content et mécontent. Mécontent car j'avais raté l'internat de Paris et donc j'étais frustré de ne pas continuer à travailler dans l'Alma Mater au chaud dans les quelques certitudes que m'avaient procurées mes études (il n'était pas question à l'époque de nous inculquer la notion de doute) mais content d'échapper à la hiérarchie, à la vulgarité, au machisme, au népotisme, au je-m'en-foutisme, et, pour tout dire, au mépris du malade, sans compter les propos de salle de garde.

Eh bien, Solène, en lisant votre billet, je constate que, mutadis mutandis, rien n'a changé. Rien du tout.
L'hôpital est resté un machin sans âme, une machine aveugle, un système lourd, une institution faite pour les soignants, pour les administratifs, pour les plombiers, pour les jardiniers, pour les brancardiers, pour big pharma, pas pour les soignés, ces cochons de payants qui ont en plus l'arrogance de ne pas être bien portants et de se plaindre voire de s'organiser en collectifs, mais où, cerise sur le gâteau, les soignants, instruments institutionnels de la déshumanisation des soignés, sont désormais les victimes de leur propre regard déshumanisant puisqu'ils finissent par se manger entre eux avec l'assentiment froid des managers et des partisans de l'assainissement des finances publiques... La gestion privée du public est venue faire un tour par là, mais pire, la gestion des malades comme des animaux en batterie, comme des sujets numérotés, comme des esclaves de la science, comme des facteurs intermédiaires de la bonne conscience sociale, et tout le monde de penser que c'est moderne, que ceux qui sont contre cela sont des vieux réactionnaires de gauche et de droite, que le monde est en marche dans le concert mondialisant de la Grande Révolution Pharmaceutique mondiale passant par des génériques fabriqués en Chine, par des programmes de dépistage du cancer du sein dans des pays où il n'y a pas de quoi manger ou par des campagnes de vaccination dans des pays où il n'y a même pas de savon pour se laver les mains.
Ces grosses structures hospitalières, tout comme l'Education Nationale dont nous parlons souvent sur ce blog, sont des modèles de dysfonctionnement, des modèles d'inutilité fonctionnelle, des modèles de décervélation des acteurs, ce qu'avait si bien décrit Illich en son temps même si ses solutions n'étaient pas à la hauteur de son diagnostic (suppression des hôpitaux et de l'école).
Dans ces machines délirantes qu'avaient décrites par anticipation Gilles Deleuze et Félix Guattari (L'anti Oedipe) il y a donc des hommes et des femmes qui sont entraînés par le mouvement, des hommes et des femmes qui ne sont ni plus beaux ni plus moches que vous et moi, des hommes et des femmes qui se font broyer en broyant parfois les autres, qui participent à un cérémonial sans croyance, à une liturgie de la rentabilité, à un culte sans dieu, à un dogme qui prend l'économie pour la finalité de l'existence, l'homo economicus, des hommes et des femmes qui broient en se broyant et il y en a aussi quelques autres, des hommes et des femmes aussi, qui tentent de jouer en solo la carte de l'indépendance, de l'éloignement, du retrait, de la dissidence, en se comportant comme des humains, toutes choses égales par ailleurs pour ce qui est de la compétence ou de leur efficience, en tentant de protéger leurs patients et en se protégeant eux-mêmes mais qui ne peuvent que rater lamentablement puisque c'est le système qui dirige, un système aveugle, un système dirigé par lui-même, sans théorie du complot, un système 2.0 de l'acceptation passive et de la résignation collective.

La seule question, Solène, qu'il est loisible de se poser : est-ce que votre témoignage va servir à quelque chose ? Est-ce que l'interne, la conne comme vous l'avez appelée, est-ce que l'étudiant, la tête de gland comme vous l'avez baptisé, auront changé après qu'ils vous auront lu ? Mais vous auront-ils lue ?

Solène, permettez-moi de vous le dire, vous avez eu de la chance, vous avez été reçue par deux médecins, un médecin en formation qui vous a dit avec sa tête de gland, non mais, les médecins, écoutez, cela n'arrive pas tous les jours, prenez-en de la graine, "Bonjour, je suis étudiant en médecine, c’est moi qui vais m’occuper de vous aujourd’hui.", et l'autre, la conne qui vous a dit "Bonjour madame, je suis l’interne.", vous avez donc eu la chance d'être examinés par des médecins polis qui se sont présentés, on vous a même expliqué ce que l'on allait rechercher et ce qu'il était possible de faire comme constatation, vous avez eu de la chance de voir deux médecins et un échographe et un médecin qui a su lire sur l'écran et vous donner le diagnostic...

Certains ont été choqués par le ton (1) de votre billet mais on me dit que c'est le ton actuel, c'est comme cela, tout le monde parle (et écrit) comme cela, de nos jours, donc, vous avez été mal reçue mais vous, dans votre tête, vous les avez aussi mal reçus, les deux médecins, votre empathie n'a pas été à la hauteur de celle que vous attendiez d'eux, mais peut-être le sentaient-ils, non, je ne pardonne pas l'attitude stéréotypée de ces médecins institutionnels, mais, ce qui est amusant, c'est que vos commentaires, ceux que vous écrivez pour réagir aux commentaires de votre billet, eh bien, ils sont polis, bien écrits, sans gros mots...

Vous avez été choquée par le fait que la conne ait fait sortir Monsieur (mon homme) sans vous demander votre avis et sans lui demander le sien mais il me semble que c'est une coutume française que de faire sortir la famille lorsque l'on réalise des actes médicaux. Vous avez sans doute pensé que vous étiez la participante en vrai d'un feuilleton américain (Urgences, Grey Anatomy ou, mon favori, Doctor House) où la famille a le droit ou presque de tout voir. Il est amusant de constater que s'il s'était agi d'un accouchement on aurait intimé l'ordre au Monsieur de rester... (2)

Enfin, il y a le problème de l'annonce : "Bon, il y a une poche, mais elle est vide." Attention, on entre dans le tragique : quoi de plus horrible que d'entendre une phrase pareille alors que vous, Solène, aviez fantasmé grave (vous le dites plus loin : je l’ai vu courir dans le jardin, avoir du chocolat partout autour de la bouche, me regarder faire des gâteaux, sourire, dire ses premiers mots, faire ses premiers pas…) mais comment vouliez-vous que la conne vous l'annonçât ? Comment dire les choses autrement que ce qu'elles sont ? Il est vrai que la conne vous dit : "Ne pleurez pas madame, vous savez on ne l’a même pas vu à l’écho alors c’est comme s’il n’avait même jamais existé !".  Solène, vous étiez enceinte de six semaines. Ce que dit l'interne (arrêtons ces niaiseries, cette interne est aussi un être humain, elle lit peut-être Sandor Maraï ou Anaïs Nin, ou Philip Roth et Maurice Blanchot, elle a aussi un coeur, un uterus, que sais-je?) est frappé sur le coin du bon sens et fait aussi, à l'impossible nul n'est tenu, super post freudien à la mode. L'argument utilisé par l'interne est d'ailleurs fort, nul doute que nous n'hésiterions pas à le réutiliser en d'autres circonstances... Solène, vous trouvez pourtant que ces propos sont stupides. Pas tant que cela. Cette interne est formatée, elle peut, dans la même journée aux urgences, faire des échographies et dire que le bébé bouge, que le coeur du foetus bat, que la poche est vide ou... que le bébé est mort. Elle est confrontée, cette jeune femme que vous ne décrivez pas, aux fausses couches spontanées comme aux demandes d'interruption de grossesse... 

En vous lisant Solène, tous les médecins sont des cons ou des connes, l'externe, l'interne et l'hôpital, ça pue la mort et le désinfectant.
Solène, vous voudriez des médecins empathiques, des médecins qui vous connaissent avant même que de vous avoir vue, des médecins qui ne travailleraient pas dans des structures moches, qui sentent mauvais et... remplis de malades.
Vous avez raison : l'impression que vous avez eue de ces médecins formatés à l'inhumanité institutionnelle, n'est pas usurpée, nous qui avons fréquenté ces structures, qui en sommes sortis, nous y avons été confrontés, et, pour nombre d'entre nous, contraints ou forcés ou de notre propre gré, nous en avons fui. 
Il est clair que ce n'est pas à vous de faire la part entre ce qui revient à l'institution bicéphale elle-même, à la fois l'hôpital et la faculté de médecine, à la formation des médecins, à leur éducation, à leurs conceptions de la vie, à leurs préjugés, à leurs réflexions en amont sur la vie, à leurs lectures, à leurs capacités d'auto analyse, à leur ego, à leurs croyances, à leurs contre transfert, à l'image qu'ils veulent donner d'eux, à l'état de leurs courbes de vie intérieures, à leurs positionnements par rapport à leurs désirs d'enfants ou de grossesse -- pour la conne (i.e. l'interne), leurs conditions de naissance (non, je n'exagère pas, cela peut jouer),...
Ce que je veux vous dire, Solène, c'est que la situation que vous décrivez, et sans nul doute avec beaucoup d'exactitude, elle ne m'étonne pas.

Une note d'espoir ? Il est possible d'apprendre à annoncer, non parce qu'il existe des procédures désormais institutionnalisées, protocolisées, les fameuses consultations d'annonce, dont on me dit qu'elles vont être étendues à nombre de situations cliniques banales, l'annonce d'un cor au pied, mais parce que les jeunes médecins que vous avez vus, celui que j'étais avant ma sortie de l'hôpital (et j'ai honte de dire combien je ne savais rien à cette époque et, plus encore, que je ne savais pas qu'il pouvait y avoir des problèmes de ce type), ils vont apprendre, ils vont s'aguerrir, ils vont apprendre les vraies choses de la vie (et de la mort), tout seuls, en lisant des livres ou grâce au compagnonnage.

Voilà, Solène, je suis tellement content que les patient(e)s s'expriment, surtout quand ils disent du mal de l'institution hospitalière (je plaisante), qu'ils continuent à le faire pour, comme on dit aujourd'hui dans le langage énarchien convenu, bouger les lignes. Qu'ils parlent, qu'ils écrivent. Je ne sais si cela changera d'un iota la situation actuelle (dont mes collègues hospitaliers ne cessent de me dire qu'elle se dégrade de plus en plus) mais au moins les réactions passionnées que nous avons lues ici ou là pourraient faire avancer les choses dans le sens de la compréhension mutuelle (non, je ne suis pas converti au sentimentalisme ou au lyrisme). Que le corps médical (pas d'infirmières, pas d'aide-soignants, pas de secrétaires dans ce billet : Solène, voudriez-vous les exonérer de ce fiasco total ?) ne s'illusionne pas trop sur son rôle réel et sur sa perception en général dans le public et que les patients n'en demandent pas trop au système de santé qui, tel la plus belle fille du monde (mais personne, à part Patrick Pelloux, ne croit que les urgences françaises sont les plus belles du monde), ne peut que donner que ce qu'il a, c'est à dire de la sueur, des larmes, des joies aussi mais également des odeurs d'antiseptique et de choux farcis.

J'espère avoir compris une infime partie de vos valeurs et de vos préférences.





Notes

(1) Solène, vous faites sans doute partie des jeunes femmes qui pensent que la meilleure façon de s'émanciper du patriarcat et du machisme ambiant, c'est de parler comme un charretier, comme un mec qui regarde le foot à la télé en buvant des bières et en grignotant une pizza en se grattant les poils de torse (ou d'ailleurs), d'écrire putain à tous les coins de phrase, de traiter les gens de con, de conne ou de connasse à tout bout de clavier (je rappelle ici que putain, con et conne son dérivé ou connasse son super dérivé (au masculin : connard), sont des insultes qui désignent à la vindicte publique des femmes ou des organes de femmes, mais passons...). Ainsi Solène, voulez-vous nous épater en écrivant de façon ordurière pour dire avec emphase "Moi, on ne me la fait pas... je suis émancipée... J'ai le droit de parler comme je veux, je peux échapper aux convenances, faire un pas de côté pour m'extraire de la bien-pensance qui assigne aux femmes, fussent-elles féministes et libérées, une attitude correcte..." Dont acte. Chomski a écrit quelque part qu'utiliser les mots de l'adversaire c'est lui donner une légitimité qu'il ne mérite pas. J'ajouterai ceci : si être émancipée (et chacun a les droit de faire ce qu'il veut, veut, comme dit la chanson) c'est, pour une femme, se mettre dans la peau des hommes que je déteste (les beaufs, les kékés, les jackie), c'est à dire écrire comme ils parlent, je jette l'éponge.

(2) La conne (alias l'interne) a exigé sans demander, ce qui peut paraître un abus de pouvoir. Mais on peut envisager ceci : le corps d'une femme a une signification complexe, et même dans l'esprit de la conne (certes influencé de façon pavlovienne par l'institution bicéphale, le corps de la femme, fût-il sur médicalisé ou, comme dirait Marc Girard, simplement médicalisé), n'est pas un objet, pas plus que son uterus n'est pas une couveuse naturelle, est une machine à fantasmes et le Monsieur pourrait en avoir une idée différente que celui de l'idée médicalisée... S'agit-il de pudeur de la part de la conne ou d'impudeur de la part de Solène ? Le thème de l'homme qui doit assister à l'accouchement pour montrer son implication a déjà été discuté de nombreuses fois sur des blogs (dont ICI) ou sur des forums. Dans le cas précis il s'agit d'un acte médical avec une sonde dans le vagin et il est possible que la conne (voyez Solène comment parler vrai rend parfois le discours ridicule) n'assume pas ce qu'elle va peut-être découvrir et pense ne pas pouvoir se dépatouiller avec ce qu'il faudra dire ou, plutôt comment réagir (en tant que médecin conne, en tant que femme, en tant que futur mère ou déjà mère, et cetera) avec les réactions de la patiente et de son compagnon, ami, futur père ou futur ex père, quand la mauvaise nouvelle sera annoncée. De façon plus générale les actes médicaux ou les consultations sont le plus souvent, mais pas à l'hôpital, il faut en convenir, des actes singuliers et le déshabillage dans une salle d'examen est un acte violent qui n'a rien à voir avec le déshabillage dans une salle de bain ou dans une chambre à coucher cela devient, sans préparation, un acte collectif avec la patiente, la médecin (la conne) et l'étudiant médecin (le connard ou la tête de gland). Le médecin devrait théoriquement, et des affaires récentes nous ont montré le contraire, faire la part entre le corps médical de la patiente, son corps érotique et son corps sexuel (pour les différences, on me dit dans l'oreillette qu'une thèse est en cours de rédaction...), et itou pour le Monsieur. Imagine-t-on, donc, Monsieur venant se faire examiner les roucous, se faire mettre un doigt dans l'anus ou une sonde d'échographie pour évaluer sa prostate, pendant que Madame, sur injonction de la bien pensance machiste, doit assister à l'examen, pour être là ? Solène, qui est une femme libérée, n'imagine même pas que Monsieur (mon homme) puisse être gêné de voir sa femme, petite amie, compagne, maîtresse, copine,  en position gynécologique, une sonde dans le vagin et angoissée à l'idée que le saignement soit signe de mort foetale...


13 commentaires:

  1. Doc du 16 : bravo et merci

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  2. Cher Docdu16, je pense que les notes étaient inutiles, car c'est prouver que vous avez raison deux fois, qe qui explique la réaction de Solenne.

    Cordialement.

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  3. J'ai lu. J'ai presque tout lu. Et il y a quelque chose qui me dérange.
    Au fond, rien ne s'est passé. Je veux dire rien que de très ordinaire. Les fausses couches, une bonne partie des femmes y sont confrontées et je l'ai vécu aussi. L'interne et l'externe n'ont pas manqué de respect à Solène et pourtant ils sont couverts d'insultes.

    C'est peut-être "tendance" de dire des gros mots et des insultes à tout bout de champ pour faire "cool", mais moi ça me choque. Je vois plein de médecins qui viennent présenter leurs excuses à Solène. Moi, quand on m’insulte, je ne m'excuse pas.

    C'est d'autant plus choquant que ce billet a été écrit à froid, comme c'est expliqué dans les commentaires, bien longtemps après les faits. On y voit une jeune femme qui fantasme sa vie, peut-être bien comme tu le dis, avec les modèles et à prioris de ce qu'elle a vu à la TV, et qui déverse sa colère sur des personnels hospitaliers, parce que ça ne s'est pas passé comme dans ses fantasmes.

    L'hôpital, en France, est un lieu d'apprentissage. C'est un lieu où n'importe quel patient peut être accueilli 24h/24h.Il y a quelques 100 millions d'américains, sans parler de tant d'autres, qui aimeraient avoir un système comme celui-là.

    Le travail des externes des urgences,dont j'ai été, est très utile, car il permet de voir plus de monde de manière plus fiable et plus organisée. L'externe, qui apprend, est généralement plus méticuleux, prend plus son temps. L'interne ou l'attaché arrivent ensuite et n'ont pratiquement plus qu'à conclure. Cela leur fait gagner du temps et cela apporte des garanties au patient par le croisement des points de vue.

    Ce billet a été écrit à froid. On peut donc dire que Solène a recherché des "effets littéraires" par son expression abrupte, une certaine dramatisation.
    Je suis sûre, pourtant, que Solène est dans la vie quelqu'un de beaucoup plus raisonnable.

    C'est le problème d'internet et des blogs: entre exhibitionnisme et intimisme, entre sincérité et mise en scène, entre réalité et fantasme.

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  4. Ce qui me choque, moi, et vous n'y faites aucune allusion dans votre post, c'est que le médecin soit sorti pour répondre au téléphone en la laissant à moitié nue et la sonde échographique dans le vagin. Peu importe que ce coup de fil eût été vital ou non, cela prenait il tant de temps d'ôter la sonde et de recouvrir la patiente d'un drap ?
    Je trouve cet abandon, sans aucun respect pour la dignité de cette jeune femme immensément violent !

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  5. C'est lamentable. Mais les insultes si celles ci se justifiaient devraient s'adresser aux médecins formateurs des internes et externes et au système...Cette formation "sur le tas" qui ne s'occupe que de technicité, de science, de savoir médical néglige totalement la relation au patient. Or quand je rencontre des externes et des internes, ceux-ci sont souvent totalement obnubilés par le "pathologique", l'"enquête" de police en quête de diagnostic et oublient que la pathologie a un hôte et que grâce à lui et à son écoute cette pathologie peut se comprendre... C'est du côté de la formation qu'il faut regarder et non pas insulter ces jeunes étudiants souvent pleins de bonne volonté mais la tête pleine de leurs études et souvent très immatures. Et pour la patiente qui me semble en rage d'où ce ton très véhément: annoncer quelque chose que le patient ne veut pas entendre peut se faire mieux que cela, certes, mais sera toujours une mauvaise nouvelle, toujours un moment de sa vie dont on se souviendra.

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  6. Ouais, moi l'empathie, je m'en méfie chez les médecins. Je me suis fait hospitaliser pour une sombre histoire de schizophrénie une fois, je suis tombé sur une jeune à l'entretien d'admission qui a voulu la jouer empathique avec moi, franchement j'aurais préféré qu'elle reste professionnelle.

    J'avais envie de lui dire, si tu as juste notion de ce que je vis, arrête avec tes questions débiles et ton air vaillant, arrête, quoi, tout de suite.

    Au lieu de ça, j'ai essayé de lui faire comprendre que c'était un peu plus compliqué que ce qu'elle croyait et qu'on pouvait pas avoir fait des petites fiches bristols pour réussir des examens et croire avoir quoi que ce soit en commun avec moi. Bordel, comme au début elle avait cru qu'on pourrait avoir des atômes crochus parce que j'avais l'air genre progressiste avec mes cheveux en bataille et un peu éduqué, elle a pas du tout aimé que les choses lui échappe comme ça.

    Enfin bref, je comprends toujours pas bien le pourquoi du comment, mais à la fin de l'entretien, quand je lui ai demandé comment elle croyait que j'allais et comment ça allait se passer pour moi, elle m'a répondu avec un petit air fin : "oh bah ça va pas trop mal, on va juste vous donner quelque chose pour que vous dormiez un peu".

    Résultat: j'ai bu leur truc et je me suis réveillé deux jours plus tard en pyjama bleu dans un endroit que j'avais jamais vu, où je m'étais jamais rendu, avec des barreaux aux fenêtres et tout.

    J'avoue, après, j'ai mis du temps à réussir à avoir une relation à bonne distance avec les psychiatres que je rencontrais. J'avais comme l'impression qu'il y avait des trucs personnels qui se jouaient, et que ça pouvait vraiment avoir des conséquences.

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  7. j'arrive sur ce blog depuis celui qui a fait naitre ici ce billet.
    autant je suis d'accord avec votre démonstration que l'interne et son étudiant ne sont que le produit de ce qu'est/est en train de devenir l'hôpital, autant vos notes me font réagir.
    la première, par votre postulat qu'une femme qui parle "mal" est, je vous cite:
    " vous faites sans doute partie des jeunes femmes qui pensent que la meilleure façon de s'émanciper du patriarcat et du machisme ambiant, c'est de parler comme un charretier"
    une femme en révolte donc, brandissant bien haut je ne sais quel étendard féministe.
    ce billet n'était que le reflet de ce qui lui a traversé l'esprit ce jour là, une sorte de compte rendu, d'où la retranscription de ces gros mots..
    mais j'aimerais vous dire une chose: je parle comme un charretier, je dis des jurons à tour de bras..et vous savez quoi? cela n'a rien à voir avec une attitude "à la cool" ou une envie de me libérer du patriarcat- blabla.
    je viens d'un milieu prolétaire(et y suis toujours) où le français est "imagé", et où les gros mots ponctuent bon nombre de phrase..ajoutez y un caractère fort, et cela donne une jeune femme qui parle mal.que cela choque certain(e)s je peux le comprendre, mais ne venez pas y mettre vos préjugés. on peut parler mal, et être pourtant hyper sensible.... et si je dois être féministe, ce sera justement dans ma grossièreté: arrêtez ce sexisme de base et laissez moi être grossière de moi-même et non dans une pale imitation du "mâle"!les filles qui parlent mal ça existe(libre a chacun ensuite d'etre choqué ou non)
    votre 2eme note me fait aussi réagir:pour etre moi aussi mère, je pense que la question de la présence de l'accompagnant devrait être vue différemment: pourquoi ne pas d'abord poser la question au patient:"souhaitez vous la présence de votre accompagnant?" puis a l'accompagnant lui même, qui peut avoir un avis contraire(elle veut que je reste mais moi je ne veux pas)on doit respecter l'avis de celui qui ne veut pas.
    quand au fait que le medecin soit à l'aise ou pas, il peut toujours au moins donner une explication qui sera la sienne sur son refus de cette présence.
    pour finir, je fais moi aussi partie du personnel soignant. j'ai eu l'occasion de passer une semaine entière au bloc opératoire, je n'avais qu'a choisir sur le programme quelle intervention je voulais voir. le pied, quoi , une semaine au top.
    vous savez ce qui m'a le plus choquée au final?
    j'ai demandé a assister a une naissance par césarienne. "bien sur pas de problème, venez a telle heure" moi :
    "j'aimerais demander l'autorisation a la mère"

    hein?? mais pourquoi???

    "ben, euh, je sais pas...peut être parce que c'est la naissance de son enfant et qu'elle me connait ni d'eve ni d'adam?"

    et alors que j'assistais émerveillée et fort émue à la venue au monde de cette jolie petite fille. je me demandais un peu ce que je fichais là, alors qu'on avait interdit au père d'être présent en salle....moi parfaite étrangère on m'y avait autorisée, juste parce que je faisais partie de la grosse machinerie..y a de quoi s'interroger , quand même.
    A tel point que je suis de plus en plus choquée par cette machine à broyer qu'est l'hôpital et que je songe vivement à retourner exercer en soins à domicile..je suis écoeurée de ce que je vois/ entends trop souvent.

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  8. Je suis en partie d’accord avec l’intervention de Gaëlle: même pour répondre à un appel urgentissime, ça prend qu’¼ de seconde de recouvrir le patient d’un drap, si on doit l’abandonner en situation inconfortable, je l’ai vécu. Je me fous comme de l’an 40 de déambuler dans les couloirs cul nu (du fait des tenues obligatoires de chirurgie à l’hôpital) mais me retrouver à poil les couilles en l’air avec un truc introduit dans ma verge pour regarder si un cancer a repoussé dans ma vessie (ce qui met un peu la pression) devant cinq personnes des deux sexes, soucieuses d’apprendre, (que j’avais accepté, certes pour qu’elles s’instruisent) mais pas pour qu’elles restent là ,presque aussi gênées que moi , dans cette position et situation ridicule, où le stress aidant j’ai bien mis cinq minutes avant de trouver un mot d’humour pour détendre l’atmosphère. De là à trouver cela « immensément violent », y a un dérapage linguistique qui me fait penser que Gaëlle n’a jamais trop dû être confronté à la violence, la vraie (mais je me trompe sûrement). C’était juste très gênant et ridicule et pour parler comme Solène : « chiant », point barre.
    Tiens justement , sur l’échange linguistique entre Docteur du 16 et Solène, je reconnais pour avoir subi à plusieurs reprises ces dernières années l’incurie et la déshumanisation du stakhanovisme hospitalier, que dans ma tête à ce moment là, et même en étant (mais est-ce vraiment le cas puisque je ne suis qu’un pauvre petit généraliste ?) de la « famille » , je n’ai pas pu m’empêcher de traiter, toujours dans ma tête bien sûr, dans ma tête uniquement, l’interne, l’externe, l’anesthésiste le brancardier ,le manipulateur radio et certaines infirmières de pôvres connards ou connasses, j’en passe et des meilleures. Et si je devais relater ces évènements, et certaines de leurs lourdes conséquences dans un blog ou ailleurs , j’utiliserai de nouveau ces termes.. tels qu’ils me sont venus, pour faire plus vrai ? pour faire machiste ? pour faire émancipé ?*....et en sachant bien entendu, qu’ayant l’occasion de rencontrer et de côtoyer ces mêmes personnes, dans d’autres circonstances, nous serions peut-être (peut-être) devenu les meilleurs amis du monde.
    Ce qui amène à une autre remarque de Docteur du 16, que nous avions évoqué à propos des RCP. Comment la machine hospitalière produit de la déshumanisation ? J’ai relu ce matin quelques écrits sur la médecine de Georges Canguilhem, dont certaines fulgurances prémonitoires me réjouissent toujours : « …une caractéristique des premières sociétés industrielles, sociétés à population urbaine dominante, où la concentration démographique et les conditions de travail des ouvriers ont largement contribué au développement des maladies infectieuses, où l’hôpital s’est imposé comme lieu de traitement généralisé dans l’anonymat …. L’image du médecin habile et attentif dont les malades singuliers attendent leur guérison est peu à peu occultée par celle d’un agent exécutant les consignes d’un appareil d’Etat, chargé de veiller au respect du droit à la santé que revendique chaque citoyen… ».
    J’ai bien aimé cette remarque de Solène concernant l’annonce de la mort de son enfant à venir : « des fois, plus la situation est dure, plus les propos sont stupides ». Ca fait vingt-cinq siècles que la philosophie s’acharne, entre autres, à trouver un propos intelligent là-dessus, si elle a trouvé des pistes pour sa propre mort, pour celles des autres … avec toute l’empathie du monde dans ces circonstances là on ne peut dire que des conneries…plus ou moins gentiment….
    *. Au fait ça me rappelle que j’ai traitée de pauvre conne, dans un blog précédent, la malheureuse victime d’un cancer dit d’intervalle.. je regrette sincèrement si cela a pu choquer une personne pouvant se sentir visée.

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  9. consultation inutile et en urgence qui mobilise du personnel, temps et du matériel pour réconforter la patiente qui ne paiera rien puisque la Sécu mutualise.
    Ou bien elle a avorté et on constate " Ho ma pauvre, y'a pu rien là-dedans"; ou bien elle n'a pas (encore?) avorté et on se réjouit " Ho vous en avez de la chance, ça servira à rien mais on va vous refiler de la vitamine E et du Spasfon pour vous occuper".

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  10. Il serait dommage de terminer ce fil de commentaires pas celui d’anonyme ci-dessus, qui m’apparaît terriblement mesquin.
    Alors que des choses intéressantes ont été dites.
    Par Martine Bronner qui énonce une évidence. Pourquoi fait-on, en France, comme si la pédagogie coulait dans les veines des enseignants ? Pourquoi fait-on comme si la capacité des médecins à communiquer avec les patients était innée ? Ou est-ce, simplement la marque, sans ambigüité du souverain mépris hérité du passé de la médecine pour le patient ? Comme si le patient n’était que le support insignifiant de la science médicale ?
    Mais, si on y réfléchit, comment porter un diagnostic sans avoir une traître idée de ce qui se passe dans la tête du patient ?
    Je me dis que, comme pour tout le reste, nous sommes très inégalement doués de talent pour l’empathie et la compréhension du patient. De la même manière qu’il y a des enseignants qui ont la pédagogie dans le sang et d’autres qui peinent terriblement.
    Mais au-delà du talent naturel il y a des techniques à apprendre, des mécanismes de pensée à acquérir, comme dans tout apprentissage. Ce serait sans doute possible au travers de jeux de rôles et des commentaires qui s’en suivraient sous la supervision, pourquoi pas ? de psychologues ou de cliniciens chevronnés. Je ne suis pas férue des jeux de rôles, je déteste ça en fait. Mais il faut reconnaître les mérites de ce genre d’approche.
    Encore maintenant, après pas mal d’années d’expérience, j’en suis à me dire que j’aimerais avoir eu l’occasion de réfléchir à la manière d’ aborder telle situation.
    D’autre part, je n’aime pas quand les femmes essaient de s’ériger en martyrs. Popper nous a montré qu’un homme aussi pouvait supporter très mal une situation semblable.
    Il me faudrait un professeur de lettre modernes pour analyser les champs sémantiques du texte de Solène. Mais je pense qu’ elle y projette un monde totalement fantasmé. Un monde clivé. D’un côté un conjoint parfait, une femme martyre et un enfant imaginaire angélique. Et de l’autre côté, tout le mal concentré dans ce monde hospitalier hostile et chez ses représentants, visiblement diabolisés.
    Rien de mal à ça. Il m’arrive de pester dans ma voiture au milieu des embouteillages, contre les autres, tous les autres. On fantasme de la même manière tout le temps, pour gérer le stress.
    On a besoin de mauvais objets sur lesquels pouvoir projeter notre colère pour pouvoir gérer et avancer. En médico-social on connaît bien ça, le mauvais objet. Il faut parfois que nous acceptions d’être le mauvais objet pour qu’une famille puisse tisser des liens avec d’autres professionnels, qui lui permettront d’avancer.
    Une fois, une mère d’un nourrisson que je suivais, une mère au passé très chargé en termes de protection de l’enfance, aux traits tellement marqués qu’on lui aurait donné vingt ans de plus que son âge, m’appelle au téléphone pour me dire qu’elle ne voulait plus que je suive son enfant car j’étais le plus mauvais médecin de la terre, et qu’elle en avait trouvé un bien meilleur. Je lui dis » pas de problème » mais qu’il faudrait que je contacte ce nouveau médecin pour lui passer le relais. Six mois plus tard elle revient me voir en critiquant le médecin tant encensé. Je n’ai pas fait de commentaire.
    Il y a des choses moches, de très grosses maladresses, qui se sont produites lors de ce passage aux urgences. Mais je suis persuadée, car le remarques de Solène sont par moments si visiblement outrancières et injustes, que même si l’externe et l’interne avaient été exemplaires de sollicitude et de tact, elle leur en aurait voulu tout de même. Parce qu’à ce moment là c’était la manière qu’elle avait trouvé d’affronter son angoisse et sa souffrance.
    Parfois, il faut simplement que les patients assument ce qui leur appartient. Et que les médecins ne se sentent pas nécessairement responsables de tout ce qui arrive au malade. Ce qui est aussi de leur part une forme, une manifestation d’un sentiment de toute puissance.

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  11. @ tous
    Il ne faudrait pas oublier que le billet de Solène est aussi commenté sur le site de 2 garçons, une fille.

    Je voudrais dire ceci : les urgences ne sont pas le lieu le plus agréable pour exercer et subir la médecine. Et ce sont les plus jeunes qui sont le plus souvent aux manettes.
    Et d'ailleurs, parle-t-on de médecine en ce cas ?
    Il n'y a pas non plus de bon endroit pour apprendre une mauvaise nouvelle.
    Et y a-t-il une bonne façon d'annoncer une mauvaise nouvelle ? On sait que l'on a protocolisé les consultations d'annonce mais qui peut croire une seconde que la protocolisation va rendre les relations meilleures ?
    Le moindre mot, la moindre expression, le moindre geste, peuvent corrompre la relation tout entière.
    Qu'est-ce qu'on peut attendre d'une mauvaise nouvelle ?
    Et si la grossesse n'avait pas été interrompue, Solène se serait-elle rappelée le coup de téléphone intempestif, sa nudité, et son homme vexé dans le couloir ?
    Je n'excuse rien, je suis le premier, en tant qu'observateur extérieur, à m'insurger de la façon dont "mes" patients sont reçus à l'hôpital, en clinique ou ailleurs.
    Je crois que chaque patient passant par les urgences est dans un grand état de stress, qu'il attend quelque chose, d'être sauvé ou, ici, d'être mère, mais ce n'est pas la médecine qui est dure, c'est la société et que la médecine, les soignants et les soignés ne peuvent y échapper, à cette dureté.

    L'exhibitionisme ambiant, l'hystérisation des rapports sociétaux, rendent la pudeur, la gentillesse, les bonnes paroles, out, voire suspectes. Il faut hurler sa joie ou hurler son malheur.
    Quant à la colère, je crois, selon l'adage ancien, qu'elle est toujours mauvaise conseillère, car elle fait sortir de nous ce qui n'est pas le meilleur, l'impensé, le ça, et que, loin d'être une circonstance atténuante, elle est une circonstance aggravante.

    Les urgences ne sont pas le paradigme de la retenue et de la décence mais le reflet des souffrances aiguës de la société.

    Pour répondre à Popper, quand j'accompagne un proche en milieu hospitalier urgent, je ne traite jamais, même in petto, les gens de khonnard ou de tête de gland, mais plutôt de nullité interspatiale, d'ignare arrogant, de crétin des Andes ou de diplômé de la fac de médecine d'Oulan Bator (Mongolie), mes proches peuvent en témoigner.

    A plus.

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  12. @Docdu16

    Plutôt que "nullité" interspatiale" je vous suggère "nullité intersidérale", le spatial limitant le propos à la petite banlieue terrestre accessible aux cosmonautes.
    Il y a aussi le répertoire du capitaine Haddock ...

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  13. Effectivement, beaucoup de gros mots, pour un évènement somme toute banale. Mais je ne peux que constater qu'on a ce que l'on mérite. Moi aussi, j'ai connu deux fcp ici en France.
    J'en ai discuté avec mes amies d'enfance de la Finlande profonde. Savez-vous comment ça se passe là-bas, surtout à la campagne ? Eh bien, la patiente ne va pas tout de suite aux régences gynéco. Elle se rend plutôt à une structure qui ressemble à une antenne de pmi. Une infirmière l'accueille et lui explique qu'elle est en train de faire une fausse couche. S'il n'y a rien de grave (hémorrhagie, pb de tension, fièvre), on lui consille de prendre du paracétamol si besoin. Elle aura droit aux examens -échographie et prise de sang- seulement après TROIS fc successifs ! Bien ou pas bien, je ne sais pas, les avis sont partagés. Respect de l'intimité pour les un(e)s, économies douteuses pour les autres.
    Parfois je ne comprends pas la logique des Françaises : elles sont très demandeuses des examens gynécos pour un oui pour un non, et puis elles se plaignent de la perte d'intimité. Faudrait savoir...

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