jeudi 21 juin 2018

La médecine m'inquiète : microf(r)ictions (90)



Voici donc ce que prétendent les 124 (ou l'un d'entre eux) à propos de leur mouvement. 

Je rappelle que le régime du concordat existe toujours en Alsace-Moselle.

Faut-il être assez ignorant pour penser que la médecine serait une sorte d'entité hors sol, non construite, bien entendu, pure comme un théorème, sans croyances ?

Nous demandons la séparation de la Médecine et de l'Eglise de Dépistologie.

Expulsion du grand séminaire des idolâtres du dépistage organisé du cancer du sein par mammographie

Légende réelle : Expulsion du grand séminaire de Quimper en 1906 (à la suite de la loi de 1905)


19 commentaires:

  1. Je me disais que c’est drôle parce que l’image qu’on a de moi, de mon positionnement vis-à-vis des thérapies non conventionnelles (TNC), change complètement selon la personne qui me regarde et le lieu où je me trouve.

    Sur Twitter, c’est entendu, je suis une traître à la cause, la cause de la lutte contre les #fakemed. Auprès de mes collègues, je ne suis pas loin d’être une ayatollah de la médecine conventionnelle plutôt bornée.

    Ainsi, l’autre jour, je me trouvais en réunion où plusieurs collègues présentaient des formations qu’elles avaient faites. L’une d’elles, ce fut un peu incongru, présenta une formation en aromathérapie qu’elle avait effectué à titre personnel. Notre responsable l’y avait autorisée. Elle était visiblement très passionnée par son sujet. En deux jours, elle avait donc acquis toutes les bases de l’aromathérapie, avec force formules chimiques, les précautions à prendre, les posologies, les indications…
    Visiblement cette formation mélangeait des éléments scientifiques et ascientifiques, c’est-à-dire des pures spéculations. Mais comment ne pas être séduite par un discours et une formation qui vous raconte une histoire et qui vous propulse quasi expert en deux jours seulement ? Elle était totalement persuadée que tout cela était fondé scientifiquement. Evidemment personne n’avait pensé, pendant cette formation, à afficher un panneau « danger » au moment où, dans le fil du storytelling on franchissait une frontière et on passait du scientifique à la pure spéculation. La manière dont cela était présenté, l’histoire qui était ainsi racontée, semblait présenter une cohérence et une continuité.
    Tout de même ! Quelle satisfaction d’acquérir en seulement deux jours, et pour le prix modique de quelques centaines d’euros ( ?), la capacité de soigner par la puissance des huiles essentielles !

    Ca m’a un peu énervée, je l’avoue, pas contre ma collègue, mais contre l’incongruité de cette présentation et, alors que je n’étais même pas masquée (j’avais prévu le gilet pare-balles au cas où les chose se seraient envenimées), j’ai affronté une vingtaine d’illuminées. Heureusement pour moi elles avaient dû prendre leur potion à base d’huiles essentielles de mandarine et elles sont restées plutôt calmes...

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  2. suite
    Un autre épisode qui me vient, c’est une maman vue dans le cadre d’un bilan de santé avec son unique enfant de 4 ans. Une maman de niveau universitaire ayant une activité dans un domaine scientifique .

    Un enfant arrivé difficilement avec l’aide de la technique, donc très précieux. Une maman que je sentais anxieuse voire dépassée. Son enfant avait eu de très nombreux épisodes d’infections ORL depuis son entrée à la crèche mais elle le soignait par homéopathie. Et grâce à ça, me dit-elle, cette année cela commençait à aller mieux. Je n’ai pas changé d’expression (souriante), je n’ai fait aucune remarque, et, d’elle-même elle s’est reprise : « enfin, je pense que c’est à cause de l’homéopathie, même si on ne sait pas trop ».

    De plus, ce petit garçon, posait quelques problèmes à la maison. Il était incapable de jouer seul plus de 10 mn, il ne pouvait manger qu’avec la tablette, il se levait plusieurs fois par nuit et sollicitait ses parents, il se réveillait tous les jours, semaine comme week-end à 5h45. A chaque énonciation de ces « particularités » de son fils, la maman appuyait cela par un sourire crispé qui semblait dire : « vous voyez comme c’est horriblement difficile d’élever cet enfant ».
    Il prenait aussi du Flixotide, depuis des mois, mais la maman ne savait pas vraiment pourquoi et ne s’était jamais posée la question.
    Lorsque j’ai proposé, avec toutes les précautions oratoires d’usage, de l’orienter chez un psychologue, elle battit en retraite, nia en bloc tout ce qu’elle venait de me dire et se justifia en disant que « de toutes façons, il était déjà traité pour tout ça par homéopathie ».
    On voit bien avec cette maman, la fonction de réassurance que peuvent avoir les TNC, et aussi la fonction d’évitement, éviter de se confronter vraiment aux problèmes de les traiter vraiment.
    Pour autant cette maman multiplie les suivis médicaux et ne se pose aucune question sur les traitements de son fils. Elle agit en consommatrice de soins ayant perdu toute autonomie pour se gérer.

    Je pense que cette dépendance aux médicaments, cette absence de questionnement, ce consumérisme, ce n’est pas auprès des thérapeutes non conventionnels que les patients les ont d’abord appris. C’est auprès des médecins qui leur ont appris l’équation un symptôme>un traitement magique, donné souvent sans aucune explication mais avec des sous entendus sur l’importance extrême de prendre ce traitement.
    Je fais le parallèle avec la manière dont la médecine envisage la maladie : si on veut guérir une maladie il faut s’attaquer à ses causes et non aux symptômes. Pour traiter le problème du charlatanisme, il ne faut pas s’attaquer aux symptômes, il faut s’attaquer aux causes. Et ça, les pourfendeurs des #fakemed n’ont aucune envie de l’entendre.

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    1. Tout à fait d'accord sur le consumérisme comme une des causes de l'ancrage du rituel "malade-> voir le guérisseur PAYER->aller à la pharmacie PAYER--> ingérer des granules" .. par contre je suis dépité de voir que nous n'aurions "aucune envie" d'entendre qu'il faille attaquer les cause plutôt que les symptômes. Pour discuter fréquemment avec les 124 (pas tous, mais les plus virulents) je sais qu'ils ne sont pas du tout les suppôts de Big Pharma qu'on imagine.
      Si l'homéopathie est un symptôme de société qui va mal, elle coûte 126 millions par an à la sécu. C'est déjà ça de gagné. Si l'ignorance est une cause, au moins notre action médiatisée a permis à des millions de gens de commencer une ébauche de discussion sur le contenu (ou l'absence de contenu) des granulés homéopathiques, et par la suite, j'espère bien que les patients poseront la même question sur le reste de la "pharmacopée" qui alourdit le VIDAL depuis tant d'années... chaque chose en son temps !

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  3. @CMT

    Je n'ai toujours pas compris pourquoi la priorité des pourfendeurs des Fakemeds est la lutte contre l'homéopathie.
    Je suis d'accord avec toi que ce consumérisme médical n'a pas pour origine les médecines non conventionnelles mais que l'exercice actuel de la médecine dans son ensemble pousse à la médicalisation de l'ensemble de la vie et au surtraitement et focaliser sur l'homéopathie c'est avoir une vision très orientée de l'exercice de la médecine.
    Tu parlais de l'irrationnel dans les médecines non conventionnelles.
    C'est indéniable.
    Mais il y a aussi beaucoup d'irrationnel dans la médecine que défende les pourfendeurs des Fakemeds et dans ce domaine, ils sont plutôt silencieux.

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  4. Si les pseudo-sceptiques et leurs maîtres attaquent constamment l'homéopathie c'est parce qu'il faut profiter à fond du système des brevets moléculaires. Quand les sciences vont inévitablement évoluer, et qu'on va comprendre que l'approche biochimique n'est pas la seule disponible dans un arsenal médical évolué, va se créer un manque à gagner pour les labos pharma. Lesquels impulsent beaucoup d'ingénierie sociale pour retarder, décourager, publi-désinformer, en gros. Le moins d'étudiants et de scientifiques s'intéressent aux "pseudo-sciences", le moins vite le paradigme du tout-biochimique sera dépassé.
    L'homéopathie a des bases physiques plus étudiables et étudiées que les autres médecines "alternatives", elle ne coûte rien et traite le terrain. Du point de vue d'un labo pharma, c'est insupportable.

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  5. A CMT concernant l'aromathérapie : je la rejoins, à la différence près qu'ayant trempée là dedans depuis 30ans, je connais mieux le sujet de l'évaluation des TC. Je suis moi passablement stupéfaite de ces pratiques qui étaient jusque là confidentielles et réservées à de "fins connaisseurs", et qui se sont aussi vite vulgarisées pour le meilleur et donc aussi pour le pire, dans le sens consumériste. Les formation en TC ont rarement un socle commun scientifique de niveau infimièr.e par exemple, ce qui serait le minimum, même si certains écoles le font. Ensuite, ces formations ne dispensent pas d'enseignement sur l'évaluation des pratiques (le minium à savoir sur la manière dont on réalise un essai clinique en double aveugle et comment on pourrait l'adapter à certaines pratiques. Leur expliquer la différence entre méthode inductive et deductive, leur apprendre à developper un esprit critique, à se tenir informé, leur apprendre à rechercher une information fiable ailleurs que dans les premiers pages de Google où vous tombez sur le pire, la charlatanisme commercial et la vulgarisation pseudo scientifique. Mais ces formations ne sont pas les seules coupables. Il y a surtout un marché des Huiles essentielles qui s'est développé en 10 ans (époque de la mise en place du réglement REACH et COSMETIQUE). Une foultitude de microentreprises, d'autoentrepreneurs se sont engouffrés là dedans, surfant à la limite des réglement , n'ayant pas beaucoup d'argent à mettre dans le mise en conformité, ce faisant épinglé par la repression des fraudes... Ces gens là ont des sites web et des pages Face book rutilants, avec des conseils de "pro" qui me laisse pantoise. Bref, une belle pagaille actuellement, qui , je l'espère, va s'auto-organiser de manière darwinienne. Je suis allée récemment à un colloque de toxicologues français sur la thématique des molécules odorantes, donc nous avons évoqué les Huiles essentielles. Les professionnels, dont je fais partie, sont d'accord pour dire que c'est le bazar. Des gens vont jusqu'à prendre 6 gouttes d'huile essentielle par jour, avec que ce sont pour certaines des petites bombes chimiques, allergisantes, genotoxiques, nephro et hepato-toxiques, etc. On nous a fait le report des accidents de pharmacovigilance récents: une augmentation des cas d'asthme chez l'enfant, des tentatives de suicides et une jeune fille de 18 ans qui a tenté un avortement en avalant 3 bouteilles d'huile essentielle et qui en est morte dans d'atroces souffrances (hepatotoxicité irréversible). alors oui, je suis moi aussi interpelée par ces aromathérapeutes "certiifés" après un WE de formation et qui dispensent des "ateliers" cuisine et bien être, alors qu'il existe des DU de 2 ans comme à la faculté de médecine de Strasbourg reservés à des professionnels .

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  6. A CMT ... suite : Quand on conseille , comme j'ai pu le lire sur une page Face book d'une autoentrepreneure, de prendre 6 gouttes d'Huile essentielle d'estragon (directement comme çà dans la bouche) sans dire que le metabolite de l'estragol est hepatocarcinogène chez le rat, anti aggregant plaquettaire et qu'il est indispensable de respecter des doses orale et dermales, alors oui, il y a nécessité de mettre de l'ordre. La vrai aromathérapie , comme la vraie phytothérapie existe et a un socle important d'études d'efficacité et de toxicité. Elle ne devrait pas être autorisée à tout un chacun de s'en procurer comme çà pour soigner les "bobos du quotidien avec le minium d'étiquetage et de conseil d'utilisation. Certains en mettent directement sur leur peau, en donnent à leurs animaux, leurs enfants.. Les mélanges doivent être faits avec une grande prudence, du fait des risque de potentialisation. Et je ne parle pas des filières de production, car quand on voit la quantité qui est mise sur le marché, il est impossible que toutes ces huiles soient de qualité pharmacologique . Les tests in vitro souffrent de mauvais adaptation (mettre de l'huile essentielle sur des cellules n'a aucun sens ) et là aussi , tout est en chantier actuellement . Mais le grand public l'ignore; In fine, au colloque, nous avons appris que TOUS les ouvrages actuellement en français sur le marché dispensent des données fausses, relevant plus de la tradition que de l'évaluation. En anglais, il y a des ouvrages sérieux, mais comme nous avons des problèmes avec la langue de shakespeare, nous nous refermons sur nous, nous regressons, comme dans bien des domaines; Pour résumer, je pense que l'aromathérapie ne devrait être réservé qu'à des professionnels aguerris . Et les #fakemeds s'en tamponnent apparemment, et alertent sur la dangerosité de l'homeopathie. J'attend qu'on me cite une tentative avortement fatal aux granules d'homeopathie.

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  7. Très intéressant Mme Lexa, ça fait peur ! Avez vous une référence sur la mort de la personne de 18 ans ?

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  8. non. ces données sont confidentielles. Ce sont des reports de toxicovigilance nationales pour l'années dernière.

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    1. Merci ! En revanche, il ne me paraît pas très plausible d’attribuer une hausse de l’asthme chez l’enfant aux huiles essentielles.

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  9. "Pour discuter fréquemment avec les 124 (pas tous, mais les plus virulents) je sais qu'ils ne sont pas du tout les suppôts de Big Pharma qu'on imagine"
    Pourquoi mentir, "Docteur Mathieu"?
    Vous savez pertinemment que les deux youtubeurs-santé à l'origine de la tribune "fakemeds", François Morel "Primum non nocere" (LOL), et Jérémy Descoux "Asclépios", font partie de la secte des "zététiciens" 2.0, très liés à l'AFIS, identifiée depuis une bonne décennie, par des sceptiques eux-mêmes, comme une officine de publi-désinformation industrielle. On trouve d'ailleurs à l'ASTEC, dont dépend la Tronche en Biais, grands amis des youtubeurs-santé sus-cités, un ingénieur social larbinant de façon flagrante pour l'industrie agrochimique: Paul Gosselin "Bunker D".
    Ces créatures sont des ennemis du vivant, de l'environnement, des malades (voir comment l'AFIS tente de faire taire les malades de Lyme sur les réseaux sociaux, par l'intermédiaire de leur goule Ariane Beldi), et aussi de la science, qu'ils travestissent et instrumentalisent.
    Et vous, "Docteur Mathieu"? Etes-vous également un larbin de lobbies tentant de faire croire le contraire, ou un benêt très naïf?

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    1. Docteur Mathieu est courageux mais pas téméraire.

      Il est acceptable pour lui de prendre un peu de temps sur ses loisirs pour lutter contre la "fakemed" (autre nom de l'homeopathie apparement) par contre il ne prendra pas une minute pour lutter contre l'église de vaccinologie...

      https://twitter.com/docteurmathieu/status/984733723026391041

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  10. A Xavier Blog :Il n'y a pas de hausse de l'asthme de l'enfant du aux huiles essentielles mais il y a une augmentation des cas d'asthme chez l'enfant en relation avec des expositions au Huiles essentielles . Ce n'est pas pareil.. ;-)

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  11. François Morel "Primum non nocere", La Tronche En Biais et les zététiciens, moi c'est en les lisant/écoutant que je suis devenu anti vaccinaliste, un tel niveau de foutage de gueule ne peut que servir de repoussoir.

    "église de vaccinologie" je ne connaissais pas cette expression, moi j'utilise le terme d' "adepte de la secte vaccinale".

    Je ne peux m'empêcher de penser que c'est à cause de personnes dans leur genre qu'il y a eu de véritables catastrophes... Voir la publication des témoignages des victimes d'Engerix sur le site de Marc Girard en ce moment. Comment ne pas être révolté quand on lit des choses pareilles. la "truemed" qui soigne, elles en pensent quoi les familles des victimes ?

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  12. A Dr Mathieu

    Vous avez choisi, pour ce combat, un plus petit commun dénominateur. Ce qui est logique quand on veut rassembler. Mais cela ne garantit aucunement l'homogénéité des signataires sur d'autres plans qui me paraissent au moins tout aussi importants et même plus si on se place d'un point de vue de santé publique.

    D'après ce que j'ai compris, une personne que je ne citerai pas , mais qui fait l'objet du post suivant (89), fait partie des signataires. Et, comme m'explique le post, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'est pas exemplaire à bien des égards. Ce n'est pas de cette médecine là dont j'ai envie, pour les patients, dans l'avenir.

    Quant aux informations livrées par anonyme sur la proximité de certains signataires avec l'AFIS et avec la mouvance scientiste fondamentaliste (fascisante même d'après les propres dires d'une zététicienne qui se qualifie de "technofasciste") elles sont plutôt édifiantes. Mais je dirais que le fait qu'on puisse mettre en doute les motivations et lers accointances de certains ne garantit en aucun cas la pertinence des thèses de ceux qui s'opposent à eux.

    Et quant au Dr Mathieu, il choisit les combats qu'il veut. A ce niveau, chacun est libre et c'est ce qu'on appelle la société civile.

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  13. Ce qui me dérange dans ce combat c'est que ces personnes ne fassent pas la même chose pour l'absence de preuve des médicaments comme le phloroglucinol, l'acetylleucine et les antidiabétiques dans le DT2. La méthode et l'évaluation scientifique (via l'essai clinique randomisé) s'applique à toutes les thérapeutiques, quelque soit la rationalité qui sous-tend l'explication de leurs mécanismes d'actions. Il y a 2 poids et 2 mesures, sans justification.
    Maintenant le fait qu'on utilise des médicaments sans preuve d'efficacité ne légitime pas pour autant les autres thérapeutiques...
    RB

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    1. La tribune anti fakemeds c'est juste une manière de detourner le regard des vrais problèmes.

      D'ailleurs à part sur Twitter et la blogosphère médicale bien pensante j'ai l'impression que tout le monde s'en fout de leur tribune...

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  14. Ce mouvement a débuté aux USA. Il existe des sites dédiés "Respectful Insolence" et "Science Based Medicine", dont on ne sait pas trop bien comment ils sont financés, qui ont pour but de s'attaquer à des charlatanismes loufoques dont on ne pouvait même pas soupçonner l'existence. Plutôt que de parler du désastre de la démolition de l'activité scientifique par la dépendance aux investisseurs industriels, ils préfèrent discuter ad nauseam sur l'inefficacité des pilules de sucres et des aiguilles pleines.
    A mon avis, il existe effectivement un problème en France concernant le remboursement de certaines pratiques à l'heure des restrictions budgétaires, mais le mouvement américain relève plutôt de la conquête des parts de marchés et de la protection de la poule aux oeufs d'or : trop de charlatanisme tue le charlatanisme.

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  15. A Annette Lexa, car vous me laissez un peu pantoise...

    Il y a bien 20 ans au moins que l'aromathérapie est une pratique assez répandue, et non pas seulement quelques années.
    Que les formations proposées soient peu performantes, c'est possible, je l'ignore car je n'en ai pas suivi bien que j'utilise les HE depuis plus de 30 ans.

    Ce qui m'incite à vous répondre, c'est le cas de "la jeune fille morte dans d'atroces souffrances suite à l'ingestion de 3 bouteilles d'HE", les incidents (graves et nombreux?) qui feraient suite à la surconsommation (volontaire et fréquente?) par voie orale d'HE et l'augmentation des cas d'asthme chez l'enfant en rapport avec les HE, entre autres facteurs environnementaux...
    A part les 3 cas de gynécomastie chez des enfants attribués à l'usage d'HE de lavande et de tea-tree régulièrement cités depuis 15 ans dans la presse médicale, la majorité des accidents signalés concerne l'exposition accidentelle d'enfants à des flacons mal rangés, avec des effets neuro et hépatotoxiques réversibles ou des problèmes de dermocausticité.

    Une thèse de pharmacie sur le sujet évoque effectivement deux tentatives de suicides: http://docnum.univ-lorraine.fr/public/BUPHA_T_2016_POIROT_TONY.pdf

    [ Chez l'adulte, l’intoxication peut être volontaire comme lors d’une tentative de suicide.
    Deux exemples à l'appui : celui d’une jeune femme de 18 ans, décédée d'une défaillance hépatique 6 jours après avoir absorbé 30 ml d’HE de Mentha pulegium (Sullivan et al., 1979), et celui d’un homme ayant ingéré 750 ml d’HE de Pelargonium roseum, qui s’en sortira avec une simple gène laryngée après 46 jours d’hospitalisation dont 27 passés en service de réanimation (Janin, 2006).]

    Il s'agit effectivement de cas graves, mais si nous les mettons en rapport avec les fréquents et graves accidents domestiques dus aux produits ménagers (ammoniaque, Javel, phosphates, néonicotinoïdes, acide chlorhydrique, soude caustique, acétone et autres détergents, désinfectants, etc...) qui sont en vente libre, le danger paraît tout de même très dilué...

    Vous souhaiteriez que les HE soient prescrites et non plus en vente libre, mais qui aurait la compétence de ces prescriptions? Et pour quelle raison tolérer quantité de produits infiniment plus dangereux qui pullulent sur le marché, et vouloir que le péquin se soumette encore à un professionnel détenteur du savoir alors qu'il peut se prendre en charge lui-même?

    Je tiens à vous signaler qu'il existe plusieurs livres en français sur l'utilisation des HE: "L'aromathérapie exactement", de Pierre Franchomme et Daniel Pénoël, et plusieurs plus abordables dont celui de Roulier, et que je tiens à votre disposition un lien où acheter des huiles essentielles et végétales de très bonne qualité...

    Les HE ne relèvent pas de la médecine mais plutôt du soin. Les sites commerciaux recommandant leur usage interne sont rares, l'ensemble se cantonnant à l'usage externe, et signalant habituellement les problèmes de dermocausticité et de photosensibilisation. Il serait possible de légiférer en interdisant les recommandations par voie orale, sachant que ces produits très concentrés entraînent souvent une méfiance voire une intolérance spontanées.

    Je n'ai pas de connaissance académique, je suis infirmière, mais vous ne me donnez pas l'impression de bien connaître le sujet que vous abordez, bien que vous en tiriez des conclusions catégoriques...

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