dimanche 19 mars 2023

Bilan médical du lundi 13 au dimanche 19 mars 2023 : fluoroquinolones, médicalisation du corps des femmes, méta-analyses, corruption, covid long, AME, auriculothérapie, sages-femmes et homéopathie, psychiatrie et psychiatres.


 

109. Les fluoroquinolones : ne pas prescrire en première intention dans les infections urinaires, les bronchites aiguës et les sinusites.

Philippe Coville dénonce l'utilisation open bar des fluoroquinolones (LA).

Scandale pour un certain nombre de médecins dont les réactions sur twitter font frémir.

Voir mon fil sur twitter : LA.

Les réactions indignées de médecins (sur twitter mais c'est ailleurs la même chose, "Je fais ce que je veux quand je veux car je suis le meilleur à 25 comme à 50 balles") à propos de la sur prescription des fluoroquinolones : hors AMM, hors primum non nocere, hors écologie bactérienne, hors tout bon sens commun, hors intérêt des patients, hors prise en compte des potentiels événements indésirables, hors liens d'intérêts, montrent leur porosité intellectuelle (à condition bien entendu qu'un cerveau ait été détecté) avec les ex prescripteurs de mediator qui coulent des jours heureux dans le déni et qui sont déjà, entre 2 régimes alakhon, des prescripteurs d'ozempic, avec les prescripteurs du cocktail ivermectine, azithromycine, zinc et autres fariboles dans le traitement précoce du Covid, et si vous voulez qu'on rajoute les prescripteurs de troisième ligne de chimiothérapie... ... pour des malades pesant 42 kilos et demi, sans oublier ta ta ta et ta ta ta... Donc, la sur prescription de fluoroquinolones dans des indications futiles et les réactions franchement débiles des médecins qui ont le droit de tout prescrire car ils sont médecins, parce que je le vaux bien, et les stenteurs de patients asymptomatiques ou les paiements en liquide dans les cliniques bcbg du 8° arrondissement de Paris montrent l'étendue du désastre de la santé publique, l'absence d'éthique, et expliquent comment les espèces menacées disparaissent au profit de vrais prédateurs : par pure khonnerie. rappelons ceci : même si les recommandations sont remplies de conflits d'intérêts, il vaut mieux les suivre que de faire n'importe quoi. PS : un certain nombre de soignants (et malheureusement aussi de soignés) pensent que critiquer les fluoroquinolones en cas de mésusage c'est critiquer l'antibiothérapie : ils s'enfoncent dans leur khonnerie.

Aux USA les fluoroquinolones sont aussi "trop" prescrites. Une étude (rétrospective (ICI), analyse les effets sur leurs prescriptions communautaires après que la FDA a mentionné un avertissement sur les boîtes concernant l'utilisation de cette classe pharmacologique dans trois indications : infections urinaires, bronchites aiguës et sinusites. Il ne s'est rien passé.

En Europe, selon l'EMA, 66 % des prescriptions de fluoroquinolones sont faites hors AMM.

Les articles de blog de février (ICI) et novembre 2008 (LA) en parlaient. Mais que faire quand les médecins n'écoutent pas la FDA ?

Une réflexion débile sur twitter : 




110. Le désinformateur en chef : 


Voici l'argumentation de ce crétin : 

  • Il était possible que le Covid ne tue personne (même avant le vaccin)
  • Il était possible que le Covid ne tue personne (avec des masques en tissu)
  • Il était possible que le Covid ne tue personne (avec des masques chirurgicaux bien portés)
  • Il était possible que le Covid ne tue personne (avec un confinement généralisé)
  • Il était possible que le Covid ne tue personne (avec des masques FFP2 bien portés)
  • Il était possible que le Covid ne tue personne (avec la vaccination)


111. L'employée de la Macronie de la semaine : Stéphanie Rist 

@stephanie_rist

Stéphanie Rist est l'autrice de la loi du même nom qui a fait descendre plusieurs milliers de médecins dans la rue. Ici, elle pose en doctoresse.


112. Médicalisation du corps des femmes


La médicalisation de la santé est une donnée forte de la société moderne.

Le corps des femmes est un objet de préoccupation majeur en médecine.

Ce sujet a déjà été débattu cent fois.

Ma position d'homme rend mon discours a priori, ontologiquement, inapproprié.

La médicalisation du corps des femmes est une pratique masculiniste. C'est dit.

On peut dire plus précisément ceci : la médicalisation de la santé des femmes (donc de leur corps) fait partie du pouvoir patriarcal.

A suivre.


113. Les méta-analyses peuvent aussi être de la daube

Comprenons bien, nous l'avons développé cent fois ici, les méta-analyses ne sont au sommet de la pyramide des preuves que si le contenu des études retenues ou non retenues (sans oublier bien entendu les études de qualité non publiées) est analysé avec équipoise.

La lecture de cet article (LA) démontre, me semble-t-il, que les méta-analyses, sauf dans les cas où il n'est pas besoin d'en faire (une ou deux études contrôlées de qualité qui prouvent que telle prise en charge, médicamenteuse ou non, est efficace par rapport à une autre façon de faire) sont plus faciles à manipuler, je veux dire les conclusions, que des études uniques...



Lance Reddick : 1962 - 2023


114. Le conseil de l'ordre britannique investit et ce n'est pas beau.


Un article raconte comment l'équivalent du conseil de l'ordre français investit dans des firmes qui ne vont pas dans le sens de la santé publique (Nestlé, Mac Do, Coca-cola, Pepsico, Starbucks) ou dans des laboratoires pharmaceutiques (Abbott, Merck et Roche par exemple) ou dans des fabricants de matériel (Medtronic, Davinci), bref des sociétés dont l'argent pourrait changer quelque chose aux choix des médecins et aux dirigeants du General Medical Council : LA. . 

Auteur ignoré.


115. Les cadeaux de l'industrie n'influencent pas les médecins (trouze mille épisodes) disent les médecins honorés.

Le formindep remet le couvert en citant un rapport de la HAS (LA).

L'argument le plus pété que je lis sous la plume ou dans le discours de certains médecins est le suivant : "J'ai accepté un stylo bille du laboratoire Duchmol, comment cela pourrait-il m'influencer ?" Je ne leur réponds jamais ceci (ils ne comprendraient pas mais pourraient m'enfoncer la pointe du stylo dans un de mes yeux) : "Si vous n'avez pas les moyens de refuser un stylo bille où est écrit Izilox il faut changer de métier ou de comptable.

Douglas R. Gilbert, Bob Dylan and Allen Ginsberg, 1964… Via @RPanh


116. Covid long : les désinformateurs continuent


via @dlang57500

L'extrême-gauche sanitairement autoproclamé, pour montrer l'authenticité du Covid long (et ceux qui voudraient m'attaquer sur ce point peuvent relire ce que j'ai déjà écrit), cite le Financial Times, Fortune et Bloomberg : LA.

Que personne ne s'esclaffe.


117. Suppression de l'AME : Françoise Dumont est l'employée de la semaine de Marine Le Pen

Françoise Dumont s'en vante.


ICI

Une polémique est apparue sur twitter sur qui était le plus contre la suppression de l'AME. La vraie gauche ou la fausse gauche.

Ainsi me suis-je fait une nouvelle amie : 


118. Une nouvelle amie.



Ajouter une légende de santé publique.


119. Auriculothérapie : les oncologues toujours en pointe 





Les oncologues et leurs institutions qui sont à la pointe de la corruption généralisée par l'industrie pharmaceutique (l'oncologie est la première source de cash pour l'industrie) et à la pointe des études biaisées par des erreurs méthodologiques majeures et par des critères d'efficacité controversés et peu fiables (les fameux critères de substitution devenus des gold standard pour les agences gouvernementales) abandonnant les deux critères majeurs d'efficacité à savoir la mortalité globale et la qualité de Vie, continuent sur la voie du charlatanisme.


MG accompagnant un MG sur la route du déconventionnement


120. Homéopathie : les sages-femmes aussi

Selon Biba (journal scientifique lu par les oncologues et les sages-femmes) 78 % des sages-femmes libérales prescrivent de l'homéopathie. Une des réponses : les médecins aussi.

Que dire d'autre ?


Félix Vallotton. Chemin ensoleillé (1914).


121. Attaque frontale contre les psychiatres et la fonctionnalité.

Pas le temps de répondre.

Avec le lien : ICI



122. Les psychiatres sponsorisés par la sérotonine défendent la sérotonine dans The Guardian

Tous les psychiatres cités dans cet article (LA), sauf J Moncrieff, sont sponsorisés, voire, pour l'un, salarié de Lundbeck.


dimanche 12 mars 2023

Bilan médical entre le lundi 6 et le dimanche 12 mars 2023 : l'employé de la Macronie de la semaine, Big Onco et les associations de patients, antidépresseurs : efficacité et syndrome de sevrage, ozempic, cancer de la prostate, pression artérielle, sur prescriptions

97. L'employé de la Macronie de la semaine


98. Les menteurs de la macronie en une image



99. Les associations de patients au secours de Big Onco.

Cette tribune du journal Le Monde est un bijou : ICI.

Un professeur et un président d'association de patients crient au scandale car la HAS, dont on connaît la proverbiale indépendance, ne conseille pas un nouveau médicament "innovant" dans le traitement du myélome (Carvytki). 

Les arguments sont assez gratinés : 

  • Essai de phase 2
  • Essai non randomisé
  • Traitement de quatrième ligne
  • Pas de prix évoqué

Au-delà de l'efficacité elle-même du traitement, problématique (voir le communiqué de la HAS LA), et de son prix, regardons avec attention les deux déclarations de liens d'intérêts.


C'est à mourir de rire.

Rappelons que le produit est commercialisé par Janssen.

Le professeur Hervé Avet-Loiseau est un menteur et ne respecte pas la loi. C'est un visiteur médical de Janssen. Voici des informations recueillies sur le site d'Hervé Maisonneuve (LA)

"En bref, plus de 270 déclarations pour probablement plus de 200 000 € (à la louche) dont des liens avec le labo supporté dans la tribune."

Edward Hopper : Bateau à vapeur (1908)


100. Les antidépresseurs et David Masson

David Masson est un bon informateur sur twitter (@psy_massondavid).

Voici un fil sur les antidépresseurs (LA)

Il fait des fils toujours très intéressants et notamment pour les non-psychiatres.

L'article cité : LA

Je rappelle ceci, et vous pourrez utilement lire le point suivant : les antidépresseurs semblent avoir démontré leur efficacité que dans les dépressions sévères.

David Masson est optimiste.

Zino Francescatti : un son inimitable de la première division


101. Le syndrome de sevrage post IRS utilisés dans la dépression


Commentaires : 

  • Il n'y a pas que les IRS dans la vie
  • Quand on prescrit des IRS dans des dépression légères à modérées il faut retenir leur faible efficacité et la possibilité d'un syndrome de sevrage
  • Se méfier des surdiagnostics et des prescriptions hâtives.

102. Ozempic : le nouveau Mediator


Le moniteur des pharmacies : ICI

L'ozempic (semaglutide est un anti diabétique qui dispose de l'AMM en France). Il est désormais prôné par des influenceurs des réseaux sociaux pour perdre du poids. En sachant qu'à l'arrêt du traitement les bénéfices pondéraux sont perdus.

Ainsi, des influenceurs influences des médecins qui prescrivent hors AMM de l'ozempic hors AMM, pour faire plaisir à leurs patient.e.s Sont-ce les mêmes qui prescrivaient du Mediator parce que nous le valons bien, ou les mêmes que ceux qui prescrivaient (et qui prescrivent toujours selon des sources bien informées) de l'ivermectine et/ou de l'azithromycine dans l'indication Covid non hospitalisé ?

Attention, ces propos sont capables d'entraîner de violentes réactions : 

  • Les réflexions sur les faillites du système de prescription et de de pharmacovigilance ont peut-être été menées à propos du Mediator mais aucune conséquence n'en a été tirée d'un point de vue pratique
  • La stigmatisation de la grossophobie rend plus difficile l'abord du problème du surpoids, de l'obésité, bla-bla, et les médecins sont sommés de ne pas faire de la morale (ce qui est au moins un point positif. Rappelons ceci : chaque fois qu'un médecin fait la morale à un patient il s'éloigne autant de la médecine que de la morale)
  • L'obésité est un marqueur social (plus t'es pauvre plus t'es gros) mais aussi une tendance sociétale.
  • Les partisans de l'ozempic (semaglutide) et d'autres molécules appartenant à la famille des analogues du GLP-1, rappelons qu'aux États-Unis d'Amérique les pédiatres souhaitent le prescrire aux enfants dès l'âge de 12 ans !, veulent sortir, disent-ils du diptyque régime/exercice physique.
  • L'obésité n'est plus une maladie sociétale (due à la malbouffe et au manque d'exercice physique) : il existe une pilule miracle.
  • Donc, chers amis médecins et/ou pharmaciens et/ou obésologues, vous pouvez investir dans des fonds de pension qui vont vous aider à améliorer votre maigre retraite liée à la répartition, contenant à la fois des actions KFC et Novo/Nordisk.

Brillant podcast de la BBC sur le sujet : LA.



103. Une personne qui en a assez des personnes qui ne portent pas de masques en lieux clos.

LA

Mon commentaire : La personne n'est pas médecin, semble-t-il. Elle a le droit de faire de la morale.

Est-ce que ce genre d'admonestations morales fera plus porter de masques ? Nous n'en savons rien.

Les "hygiénistes" sont à la ramasse : 

ICI

Et le fil : LA

104. Cancer de la prostate : une étude sur 15 ans sur la mortalité en fonction des modalités de suivi.

LA dans le NEJM






Faut-il commenter ce que nous savons depuis de nombreuses années (vous pouvez lire les différents billets que j'ai écrits sur la question avec l'expression clé Cancer de la prostate) ?

105. Variabilité des mesures de la pression artérielle d'une consultation à une autre : quelles conséquences en tirer ?

Très belle étude rétrospective parue aux USA (ICI) chez 537 218 patients hypertendus ou non (et donc traités ou non) qui montre que les variations de pression artérielle systolique intervisite  sont de 10,6 mm Hg.

Le fil twitter de Harlan Krumholz (@hmkyale) commente : ICI

Conclusions : 

  • Ne pas se hâter pour initier ou modifier un traitement
  • Plus la mesure de la pression artérielle (ici en moyenne 13 fois chez les patients) est faite et moins il existe de certitudes sur les variations.
  • D'autres études sont nécessaires.

106. Plus d'1 examen médical sur 4 serait inutile

Ne vous inquiétez pas : ce n'est pas en France mais au Québec (voir LA)

107. Les médecins généralistes sont de la merdre en barre.



108. Hors sujet Michael Zemmour interrogé par Apolline de Malherbe sur la réforme des retraites



C'est clair et net.



dimanche 5 mars 2023

Le dernier bilan entre le lundi 27 février et le dimanche 5 Mars 2023 : pour cause de vacances je n'ai pas pu développer : immunité naturelle, Vinay Prasad (bonne et mauvaise nouvelle), Cochrane, déconventionnement, épurateurs d'air, Emmanuel Macron et HPV, HPV (calendrier vaccinal), EHPAD

 

Un Fear Monger pur jus.



86. L'immunité naturelle, ça existe ou ça n'existe pas ?

Carl heneghan : https://trusttheevidence.substack.com/p/natural-protection-from-sars-cov?utm_source=twitter&utm_campaign=auto_share&r=1gw241

Article du Monde qui commente Epiphare et Lancet https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/02/21/quelle-est-l-efficacite-des-doses-de-rappel-contre-les-formes-graves-du-covid-19_6162652_3244.html

Avec des citations de la HAS



87. Maskolâtrie


Attention las masques doivent être portés sous la douche !

88. Dr. Jay Bhattacharya

Il m'est arrivé de le citer quand il pensait la même chose que moi.

Voici une critique en règle de ses positions politiques très proches de l'extrême-droite : https://misinformationkills.substack.com/p/dr-jay-bhattacharya-interviewed-with?utm_source=substack&utm_medium=email



 


89. Vinay Prasad continue de déconner politiquement.


Lire LA.

90. Vinay Prasad ne déconne pas scientifiquement quand il parle de la randomisation.


Une video d'une grande qualité : LA.

91. Cochrane ne sert à rien (ironie et vérité).

Les analyses de la Cochrane ne servent à rien. Non pas par manque de compétence des collaborateurs de la Cochrane (je suis d'une gentillesse extrême) mais parce qu'ils n'ont rien à se mettre sous la dent en termes d'études de qualité.

J'avais rapporté ICI le fait que nombre de prises en charge hospitalière n'étaient soutenues par aucun essai de qualité (en soulignant qu'en ville, c'était encore pire) : cela se confirme. L'agenda de la recherche est purement industriel et ne s'intéresse pas aux pathologies courantes. 

Voir LA une collection de mesures insensées contre le covid


92. Jérôme Marty menace : 15000 médecins libéraux sont prêts à se déconventionner.

Je m'imagine, je suis médecin généraliste au Val Fourré, j'était médecin généraliste au Val Fourré, me déconventionnant.

Ne parlons que des médecins généralistes qui sont tous en secteur 1 au Val Fourré et dans les zones avoisinantes.

Car les spécialistes libéraux non MG, les spécialistes de spécialités sont regroupés dans une ex clinique, où ils "profitent" de la zone franche. Certains sont en secteur 2 ou apparenté.

Je pense que ce serait une magnifique opportunité d'augmenter l'offre de soins en se déconventionnant au milieu d'une population pauvre !

Jérôme Marty est le président de l’Union française pour une médecine libre. (LUC NOBOUT / MAXPPP)


93. Faire des études sur les épurateurs d'air intérieur : une nécessité.

Indépendamment des essais cliniques randomisés nécessaires à propos de l'épuration de l'air contre les virus respiratoires, j'apprends (c'est une plaisanterie) que tous les épurateurs ne se valent pas.

LA



94. Quand Emmanuel Macron se fait le visiteur Médical de Gardasil (même niveau scientifique)

Source : Libération


95. Quand le calendrier vaccinal international anti HPV n'obéit pas à des données scientifiques



Pourquoi un calendrier vaccinal seraitdifférent selon les pays alors que les données sont identiques dans les essais cliniques ?

96. Comment choisir un bon EHPAD

La docteure Hélène Rossinot donne des conseils.

Je conseille de passer à l'improviste dans l'EHPAD au moment des toilettes.



Ce sont les vacances mais vous ne perdez rien pour attendre.

dimanche 26 février 2023

Bilan médical du lundi 20 au dimanche 26 février 2023 : tsundoku, vaccins covid nourrissons et enfants, HAS, allergologie, élevage des nourrissons, obésité, CET, patient-bashing, fentanyl, masquolâtrie.

Loup.


74. Tsundoku

Le tsundoku ou, selon Wikipedia (ICI), le syndrome de la pile à lire, est le fait d'accumuler sous forme de piles, des livres qu'on n'a jamais lus.




Eh bien, twitter, pourrait suggérer un nouveau terme : twitdoku. Le syndrome de la pile d'articles qu'il faut avoir lus pour être à jour après qu'ils ont été signalés par twitter via les comptes que vous suivez. Avec le cherry-picking habituel.


75. Encore une étude randomisée sans critères cliniques. Vaccins Covid.

Malgré ce qu'affirment partout les covido-vaccinolâtres dont les caractéristiques sont les suivantes (toutes les études sur les vaccins à ARNm contre le covid sont de bonne qualité, quelle que soit la méthodologie utilisée, quels que soient les critères d'efficacité envisagés et quelle que soit la façon dont les résultats sont interprétés, parce que la moindre critique pourrait donner des arguments aux antivaxx et aux covidosceptiques), leur but ultime est la vaccination se toute la population et y compris les nourrissons.

Ils se sont jetés comme des meurs de faim sur la dernière étude de Pfizer (rappelons que la majorité des vaccinolâtres font de la visite médicale pour Pfizer de façon gratuite, ce qui est une preuve de moralité et de bêtise) : ICI.

Que nous dit cet essai : L'immunogénicité est meilleure quand on donne le vaccin que lorsqu'on donne un placebo.

Voilà comment on teste les vaccins chez les enfants. 




76. Et voilà comment la HAS définit une nouvelle stratégie vaccinale.

Répétons les choses pour la centième, pour la millième, pour la millionième fois : les stratégies vaccinales sont des stratégies politiques et non des stratégies scientifiques.

Je suis content de constater que les vaccinolâtres s'en rendent compte à propos du covid : la nouvelle stratégie de la HAS ne s'appuie sur rien de concret et que vous soyez vaccinolâtre, pro vaccins, pro preuves sur des critères épidémiologiques et non sur des critères de substitution (les taux d'anticorps), ou sur des critères de substitution, rien ne va dans cette décision. Et le fait de mécontenter tout le monde ne donne pas le totem d'immunité.



77. L'allergologie, cette discipline naufrageuse

Un article du formindep : LA

La Société Française d’Allergologie (SFA) suggère de donner 10 ml de “lait 1er âge”, chaque jour, aux nouveau-nés allaités à risque atopique (c’est-à-dire aux bébés ayant des antécédents familiaux d’allergie). Cette récente recommandation s’applique dès la première semaine de vie, et ce jusqu’à la diversification (1,2). Ainsi, cette introduction de lait industriel servirait, selon la SFA, à prévenir l’allergie aux protéines de lait de vache. Le “lait 1er âge”, également appelé “préparation pour nourrissons” ou PPN contient notamment des protéines du lait de vache.

Je vous laisse lire la suite qui se situe dans un contexte de manipulation de l'information par le lobby du lait.

Nous sommes en pleine désinformation.

La santé des nouveaux-nés est livrée à la fausse science, aux ostéopathes, aux coupeurs de freins de langue, aux lobbys du lait, ce blog en est rempli d'exemple. Y a-t-il des solutions ? 



78. Obésité : ça monte (en France)




La lecture de cet article (ICI) rend perplexe quant aux possibilités d'agir sur les lobby agro-alimentaires qui sucrent, qui se sucrent et qui vivent dans l'impunité.

J'espère que personne en viendra me parler d'obésophobie ou de grossophobie.


79. L'incentive et le Contrat d'Engagement Territorial (CET) : le docteur Michaël Rochoy dégomme.


La convention sera-t-elle signée, oui ou non ? 

J'avais écrit il y a longtemps (le 24 décembre 2011) un billet de blog concernant la ROSP et expliquant en quoi l'incentive était le pire du pire du managériat moderne : LA 



Notre ami Michaël, presque 12 ans après, enfonce le clou (ICI) avec son brio habituel.



80. Un comité de pilotage alakhon pour la nouvelle convention

source : @ANEMF

81. Patient-bashing : épisode Trouzemille

On comprend parfaitement pourquoi les patients préfèrent aller chez un ostéopathe...


Via @vonbateman : Petit tutoriel à l'usage des patients avec exemples illustrés de comment s'allonger  sur une table d'examen en consultation.


83. Comment se faire des amis :


Par @VPrasadMDMPH

84. Le fentanyl tue aux US (et en France : rien)

Cela n'arrivera pas en France !

France : la meilleure pharmacovigilance du monde.

France : les meilleurs addictologues du monde. 

ICI Via @DrGomi

85. La masquolâtrie




NB : il y avait encore mille sujets à traiter...



mercredi 22 février 2023

Misère de l'épidémiologie, épidémiologie de la misère : Deuxième partie

Via ICI


2. Epidémiologie de la misère. 

(Voir ICI pour la première partie Misère de l'épidémiologie.)


L'âge d'or de l'épidémiologie.

Avant l'irruption du Covid il était dit et écrit partout, qu'il s'agisse des épidémiologistes médecins ou non, des économistes de la santé, des médecins en général, des statisticiens, des géographes, des démographes, des historiens, des membres des agences gouvernementales comme Santé Publique France, l'INED ou la DREES, sans oublier la Cour des comptes ou le Conseil économique et social, que la santé publique était quasiment arrivée à son âge d'or puisque l'espérance de vie en bonne santé ne cessait d'augmenter et que les deux autres indices historiques de l'épidémiologie, la mortalité infantile et la mortalité en couches n'avaient jamais été aussi basses dans les pays développés (mais aussi ailleurs) depuis que des courbes existaient.

C'est ce qu'on appelait l'achèvement de la transition épidémiologique ou la transition sanitaire : ICI.

Période de baisse de la mortalité qui accompagne la transition démographique. Elle s’accompagne d’une amélioration de l’hygiène, de l’alimentation et de l’organisation des services de santé et d’une transformation des causes de décès, les maladies infectieuses disparaissant progressivement au profit des maladies chroniques et dégénératives et des accidents.

Cet âge d'or de la Santé publique était l'arbre qui cachait la forêt des inégalités de santé. Le retour violent du social dans le mythe de la Bonne Santé.


Les déterminants non médicaux du mythe de la Bonne santé

L'âge d'or de l'épidémiologie que j'appelle, en référence à Francis Fukuyama, La fin de l'épidémiologie et le dernier homme, était un mythe, comme le titre du livre.



Un mythe qui s'auto-détruisait en observant les inégalités entre pays riches et pays pauvres sur les 3 critères historiques de l'épidémiologie, mais aussi en analysant les inégalités à l'intérieur des pays riches, et notamment en France.

Rappelons encore que 80 % des déterminants de santé sont non médicaux.


Cette figure est tirée de cet article : LA.

Un article états-unien de 2016 et consacré aux USA en avait fait déjà le tour : LA

Et enfin un article, toujours états-unien, de 2023, disait la même chose : ICI

La DREES dit cela depuis des années (ICI) et rien ne change dans les politiques publiques (en France et pas qu'en France).

Les médecins en ont conclu, contre toute évidence, qu'il fallait intensifier la médecine.


La fin de l'âge d'or.

Il y avait bien quelques voix divergentes qui tentaient de modérer cet enthousiasme en parlant de la stagnation de la courbe d'amélioration de l'espérance de vie à la naissance, de la stagnation de l'espérance de vie en bonne santé (LA) ou du fait que dans certains pays certains groupes sociaux perdaient en espérance de vie à la naissance (voir le rapport complet de l'OCDE : LA). 

Il y avait aussi quelques voies divergentes qui, en France, malgré le vieux mythe du meilleur système de santé du monde, soulignaient des inégalités de santé publique majeures (taux de mortalité infantile dans le 93 par rapport à celui de la métropole entière et/ou celui de Mayotte). Sans oublier l'espérance de vie à 35 ans qui montrait que la profession et les conditions socio-économiques étaient un de facteurs majeurs de la santé publique.

Et ainsi, les progrès de la santé publique depuis la fin de la deuxième guerre mondiale étaient-ils surtout attribués à la médecine (antibiotiques, vaccins, progrès de l'anesthésie et de la chirurgie), le triomphe de la médecine comme le disait Knock en 1926 et par l'intermédiaire de Jules Romain), et non aux progrès ininterrompus de l'hygiène publique et privée.

Quels étaient les médecins qui osaient affirmer clairement que le triomphe de la médecine avait atteint son acmé, que l'augmentation de l'espérance de vie ne pouvait pas continuer à progresser éternellement (les transhumanistes s'étaient même emparés de l'affaire), qu'il y avait des limites et que la seule façon de progresser était se s'attaquer aux inégalités de santé ?

Alors qu'à juste titre des économistes de la santé de gauche comme de droite (on attend les économistes de la santé atterrés) se focalisent sur l'accès aux soins, sur le reste à charge (ce que le patient doit payer de sa poche en plus de ses assurances publiques ou privées), sur les délais pour obtenir un rendez-vous avec un professionnel de santé, sur les dépassements d'honoraires, sur les conditions d'accueil inacceptables aux urgences hospitalières, sur le fait que les détenteurs de droits sociaux (CMU) aient plus de difficultés que d'autres à prendre des rendez-vous dans certaines spécialités, bla-bla-bla, peu d'économistes, pour des raisons idéologiques qu'il n'est pas très difficile d'analyser (et, après tout, ce n'est pas leur métier) s'interrogeaient sur la validité interne de la qualité des soins et surtout sur les inégalités de santé avant d'être malades.

Nous ne parlerons pas ici des inégalités nord-sud qui sont pourtant au centre de l'économie mondiale et, notamment, du marché des médicaments (utilisés au nord et fabriqués au sud). Sans oublier le pillage des médecins de leur pays d'origine pour suppléer aux défaillances du système de santé.

Nous parlerons des inégalités franco-françaises, entre métropole et DOM-TOM, et à l'intérieur même de la métropole.


La situation de la France


Or, nous l'avons déjà dit plusieurs fois ici sur ce blog, la France va mal (LA) pour ce qui est des indices classiques de l'épidémiologie par rapport aux autres pays de l'OCDE.

Faisons un peu le tour des performances d'un pays qui, en Europe, dépense la part la plus importante de son PIB aux dépenses de santé :

Nous sommes les numéros 1 en termes de pourcentage du PIB consacré à la santé (11,3 %), devant l'Allemagne (11,25), la Suède (11), l'Autriche (10,4), la Belgique (10,3), le Danemark et les Pays-Bas (10,1).

Inventaire : 

Espérance de vie à la naissance (OCDE) : 82,9 ans/10° sur 45 pays 

Espérance de vie à la naissance (femmes) (référence INSEE) : 85,2 ans/sur 26 pays

Espérance de vie à la naissance (hommes) : 80,3 ans/ sur 26

Mortalité infantile en 2019 (ICI) : 3,4/ 30° sur 193 (détérioration de la mortalité infantile en France selon une source INSERM, LA, depuis 2012 !)

Mortalité en couches (encore une fois les inégalités sociales et territoriales sont flagrantes en France : ICI):   8/26° sur 183 pays (source : LA)

Espérance de vie en bonne santé (les chiffres sont sujets à caution dans la mesure où les critères retenus sont variables) (source : LA) avec les derniers chiffres de la DREES parus le 23/02/2023 : LA

Femmes (en Europe et en 2019) : 64,7 ans/ sur 25

Hommes (idem) : 62,6 ans/15° sur 26

Consommation d'alcool : numéro 2 en Europe

Consommation de tabac : Numéro 3 en Europe

Consommation de cannabis : Numéro 1 en Europe

Consommation de benzodiazépines : Numéro 2 en Europe


L'irruption du Covid ou la revanche de l'hygiène.

Le covid, selon nous, a exacerbé un certain nombre de faits sociaux et de santé (pardon pour les redites pour les familiers de ce blog) qui sont des erreurs fondamentales pour la santé publique.

  1. La faillite de la recherche publique et privée sur les vaccins : le vaccin contre la grippe saisonnière existe depuis 50 ans et les études contrôlées sur son efficacité (sur différents critères qui n'étaient même pas évoqués avant le covid -PréCo- : mortalité, transmission populationnelle, familiale, au travail, dans les établissements scolaires, dans les structures de soins entre patients, patients vers soignants, soignants vers patients, formes sévères, moyennes et ou modérées, et cetera...) n'ont pas été menées dans de bonnes conditions "scientifiques". 
  2. La faillite de la promotion de l'hygiène et des études la concernant : pendant ces 50 ans, mais là on aurait pu le faire avant, pas d'études contrôlées robustes, de qualité, n'ont été menées sur le lavage des mains, la distanciation sociale, le port de masques (et quel type de masques), dans la rue, dans les transports, à la maison, au bureau, à l'usine, à la machine à café, l'aération des locaux, la purification de l'air...
  3. J'en profite pour dire à tous ceux qui ont dit, écrit, proclamé, ils se reconnaîtront, ce n'est pas la peine de les nommer, je ne voudrais pas risquer qu'ils se retrouvent avec des essaims de trolls sur le dos, tous ceux qui m'ont traité officiellement, officieusement, sous le manteau, voire depuis la Kommandantur, d'antivaxx, d'hygiéniste (pour les ignorants qui sont nombreux j'écrirais un jour la différence entre l'hygiène et l'hygiénisme), d'antiscience pendant la période PréCo, la période de la grippe saisonnière, parce que je posais les mêmes questions que j'ai posées pendant la période Covid, j'en profite pour dire à tous ces gens-là, ceux qui, pendant la période Covid m'ont traité officiellement, officieusement, sous le manteau, voire depuis la Kommandantur, d'antivaxx, de méthodolâtre EBM (parce que je ne me contentais pas d'études épidémiologiques cas-témoins rétrospectives sur dossiers électroniques avec comme critères d'efficacité des critères de substitution), de covidonégationniste, mais surtout de partisan de l'euthanasie sociale : que faisaient-ils pendant la période des grippes saisonnières ? Qu'ont-ils fait après la pandémie sinon compter les morts pour faire encore plus peur ? Avaient-ils piscine au conseil de l'Ordre, avaient-ils piscine avec Raoult et Perronne, avaient-ils piscine avec Sanofi et l'Institut Pasteur ? Non : ils pensaient que seul le chiffre d'affaires lié à la vente des vaccins comptait.
  4. L'hygiène, le lavage des mains (et ce n'est pas parce que le lavage des mains a peu d'impact qu'il ne faut pas continuer de se laver les mains), l'aération des locaux, la purification de l'air, la distanciation sociale, le port des masques, lesquels ?, où ?, en quelles occasions ?, est, tout le monde peut le reconnaître, un complément nécessaire mais pas suffisant de la vaccination contre le covid et pour lutter contre le covid. La lecture ou la relecture pour les plus instruits de Thomas McKeown semble nécessaire. Désormais, même les vaccinolâtres railleurs la prônent, cette satanée hygiène, puisque l'efficacité du vaccin n'est pas suffisante pour freiner la transmission.
  5. Remarquons que les épidémiologistes, infectiologues, virologues, démographes qui étaient en place pendant A(H1N1) lors de la pseudopandémie et qui ont menti et fait de fausses prévisions, qui n'ont pas engagé d'essais de qualité et surtout ont affirmé que ces essais ne servaient à rien puisqu'il suffisait de vacciner plus de monde, sont toujours en place.
  6. Pour terminer, n'oublions pas que cette pandémie Covid a touché en France, et notamment avant l'apparition de la vaccination, les plus pauvres, les plus démunis, les moins insérés dans le tissu social, les personnes qui ne sont pas nées en France, les moins éduqués, les CSP - et les fragiles classiques, c'est à dire les immunologies-déprimés.

Conclusion provisoire.

Ainsi, les progrès en santé publique dans les pays développés, se fera surtout par des actions concertées entre les pouvoirs publics, les acteurs du social et les professionnels de santé, sur les 80 % des problèmes de santé qui ne sont pas liés à la médecine.

Mais il est plus facile (quoique...) de demander de l'argent que d'agir vraiment avec l'argent que l'on nous a donné, il est plus facile de demander de l'argent que d'arbitrer son usage vers des actes moins valeureux que la transplantation cardiaque ou l'oncologie personnalisée : les conditions de travail, de logement, l'éducation, le niveau des salaires.

Car, à l'inverse, toutes les belles courbes historiques de la santé publique vont se dégrader inexorablement. Et les épidémiologistes qui tiennent la baraque en France, au lieu de peser de tout leur poids (qui est faible, avouons-le) pour initier des essais de qualité nous diront comme ont dit les grands pharmacologues présents dans les réunions du Comité de Pharmacovigilance de l'Agence, nous ne pouvions rien faire (ils sont restés, ils n'ont pas démissionné et ils font la morale à ceux qui les critiquaient à l'époque).

Les épidémiologistes ne servent donc qu'à compter les morts.