lundi 16 mai 2022

Bilan médical du lundi neuf au dimanche 15 mai 2022 : réintégrer les soignants non vaccinés ?, CNGE, pansements, chagrin, BPCO, score calcique, MG

Rio de Janeiro : cabinet royal portugais


 Faut-il réintégrer les soignant.e.s non vacciné.es ?


J'ai été considéré à tort comme un antivaxx (et pour certains, dont le caractère binaire, buté, sponsorisé, meutier, bas du front, et, pour tout dire, assez crétins, je suis toujours considéré comme).

La lecture de ce blog montre à l'évidence combien j'ai été sceptique et le suis resté en lisant la propagande vaccinale, en lisant des confrères qui se sont moqués de moi quand les premiers résultats des vaccins Pfizer et Moderna sont apparus et que j'ai osé  poser des questions sur le contenu de leur efficacité (mortalité, morbidité, transmission, immunité, et cetera...), bref, je suis vacciné (2 + 1), et je suis toujours aussi sceptique quand je n'ai pas de données, quand je lis des données peu ragoûtantes, quand je lis des communiqués de presse destinés aux actionnaires, quand le lis des articles que les éditeurs auraient mieux fait de garder dans les poubelles de la bêtise, bla-bla-bla...

Bref, je suis vacciné (2 + 1) et je connais des soignants respectables qui ont refusé le booster et qui ont été "désintégrés".

J'ai parlé avec elleux et j'ai compris certains de leurs arguments mais j'ai trouvé qu'illes se trompaient.

J'ai trouvé anormal qu'illes se coupent du milieu des soins car je savais combien illes pouvaient rendre des services au-delà de ce refus vaccinal. 

(Je ne vous parle pas, bien entendu, des soignants délirant sur les puces nazies, la 5G, les forces quantiques et autres idioties qui témoignent à l'envi de l'incompétence de la formation médicale

Et pourtant, tous les arguments des soignants respectables m'ont paru futiles en considérant les enjeux, pas seulement les enjeux en termes de diffusion du virus et de protection des patients fragiles qui fréquentent volontiers les établissements de soins, mais aussi en termes de santé publique en général.

Illes se trompent à mon avis.

Illes pouvaient se faire vacciner en continuant de regarder d'un oeil critique les déclarations fracassantes et les publicités.

Mais, imaginons que je me mette à leur place, peut-être était-ce la goutte, pour eux, qui a fait déborder le vase, imaginons que j'ai raisonné ainsi depuis le jour où je me suis installé (en 1979)...

Eh bien, je ne ferais plus de médecine... depuis longtemps.

Si j'avais dû, en conscience, me mettre en retrait chaque fois que la médecine déraillait...

Si mes collègues avaient dû se mettre en retrait chaque fois que la médecine déraillait, il y aurait encore moins de soignants en France...

J'ai travaillé avec des correspondants de merdre. J'ai parfois dû adresser, en désespoir de cause, à des correspondants de merdre.

J'ai adressé des patients à des urologues fous de la gâchette.

J'ai adressé des patient.e.s à des chirurgiens viscéraux fous de la gâchette.

J'ai adressé des patient.e.s à des cardiologues fous de la gâchette.

J'ai adressé des patient.e.s à des oncologues fous de la gâchette.

J'ai adressé des patient.e.s à des masseurs-kinésithérapeutes fous de la gâchette.

Je ne pouvais faire autrement.

Et quand je constate ce qui continue de se passer, je me dis que si ce n'était pas mieux avant ce n'était pas non plus pire...

Je ne pense pas qu'il faille réintégrer les soignants non vaccinés pour des raisons de manque de personnel mais je ne doute pas qu'un certain nombre d'entre elleux sont des personnes respectables qui ont refusé la vaccination pour des raisons non délirantes.


Est-ce qu'une société savante peut et doit collaborer avec la Caisse nationale d'Assurance Maladie ?

Bien entendu oui.

Est-ce qu'une société savante doit accepter un financement de la CNAM ? 

A mon avis : non.

Le Collège national de Médecine générale (CNGE) et l'ebmfrance.net ont renouvelé (ICI) leur convention pour trois ans.

Est-ce que ce sponsoring peut avoir des effets sur l'indépendance de la société savante ?

Sans doute.

Personne ne met en doute l'intégrité des membres de cette société savante mais tout le monde peut penser qu'il pourra exister, ici ou là, des conflits d'intérêts. Surtout quand sont citées en exemple les recommandations de la HAS dont on connaît, parfois, la non pertinence et la soumission aux lobbys.

Voici, en anglais, les différents biais qui peuvent intéresser les associations médicales lorsqu'elles participent à des recommandations.



La"Science" ne serait-elle pas universelle ? La prise en charge de l'infarctus du myocarde dans 6 pays ou régions à hauts revenus

Une étude parue dans le BMJ (LA) compare 


les traitements et les devenirs de patients admis à l'hôpital pour un diagnostic initial d'IdM avec élévation ou non de ST. Etats-Unis, Canada (Manitoba et Ontario), Angleterre, Pays-Bas, Israël et Taïwan.


Grosso modo, les performances sont bonnes mais ne sont pas "régulières" : il existe des différences en fonction des items choisis.


Le CNGE conseille de ne pas utiliser en routine le score calcique

pour évaluer le risque cardiovasculaire en complément d'un score clinico-biologique (SCORE2 validé en Europe de l'Ouest). Voir ICI pour le communiqué et LA pour le score.


Quand un dermatologue sur twitter parle de sa pratique pour les pansements (Ce n'est pas EBM sur la forme mais on s'en moque)


Et voici le fil : LA.

Quand le chagrin ne devrait plus être considéré comme un trouble mental (DSM-V)

Allen Frances (voir ICI) critique le DSM-V à propos du "chagrin". Cela pourrait paraître curieux mais le chagrin (grief) est inclus dans les maladies mentales à prendre en compte et à traiter !
  1. Il n'y a pas de date de péremption
  2. Cela insulte la dignité de la perte
  3. Cela stigmatise les émotions normales
  4. Cela augmente les prescriptions inutiles

Les morts du Covid par classes d'âge aux US


L'article : ICI

L'agence américaine de prévention (USPSTF) ne recommande pas le dépistage de la BPCO chez les personnes asymptomatiques


Où sont passés les médecins généralistes ? Une interrogation britannique.

Un commentaire d'Helen Salisbury dans le BMJ (ICI) sur la "disparition" des MG dans le NHS me permet de faire les commentaires suivants :
  1. La "crise" de la médecine générale est mondiale
  2. Cette crise est présente quels que soient les modes d'exercice (libéral, salarié, étatisé) 
  3. La crise de la médecine générale est une crise de santé publique
  4. Les médecins généralistes ne font pas une meilleure médecine en étant mieux payés, ils font une meilleure médecine en étant mieux formés et en sachant quelles sont leurs tâches dans le système de santé
  5. Les médecins généralistes, une hypothèse, feraient de la meilleure médecine s'ils travaillaient moins or ils sont de moins en moins nombreux.


dimanche 8 mai 2022

Bilan médical du lundi deux au dimanche huit mai 2022 : les morts du Covid, des études mal fichues, les MG et les courriers et Mon espace santé, Lombalgies, Covid long.

Stella Assange #FreeAssangeNOW


Combien de personnes sont mortes du Covid (en France).

Il y a longtemps s'était posé (en France comme en Grande-Bretagne) le problème du comptage des personnes mortes de la grippe. Et, effectivement, en fonction du mode de recueil (certificats de décès, statistiques hospitalières, données de son date, mortalité globale, sur mortalité en fonction de la moyenne des années précédentes...

Il ne s'agit pas d'entrer dans la polémique décès avec Covid et/ou décès par Covid.

Quand on connaît les incertitudes françaises (et malgré le fait que nous avions la meilleure médecine du monde), les comparaisons avec l'étranger sont redoutablement dangereuses.

Voici des données INSEE - Nicolas Berrod


Voir un thread de Yann Rebouleau qui apporte des données originales sur la mortalité : à lire ICI en totalité.



Et un autre quelques jours plus tard : LA.

Et là, pour le coup, on en perd notre latin...


Et selon des sources américaines (OWID) les morts du Covid en comparaison internationale : ETONNANT : en France, le total des morts en excès est inférieur au nombre de morts du Covid ! Lié au confinement ?



Nous y reviendrons...


L'OMS/WHO est désormais financée à 80 % par des fonds privés dont l'industrie pharmaceutique.


Une modélisation à partir de données israéliennes indique qu'il faut vacciner les jeunes non à risques de formes sévères pour limiter la transmission : qu'en penser ?

L'étude est ICI.

Elle est financée par un institut (Israel Science Foundation) dont le financement est peu pharmaceutique mais un peu.

Qu'en penser ? Rien. L'expérience montre que les modélisations, surtout quand plusieurs hypothèses sont envisagées, servent à avoir toujours raison quelles que soient le futur.

Les personnes favorables au tout vaccinal la trouvent acceptable.


Au même moment une étude israélo-étatsunienne  montre une augmentation des événements cardiovasculaires post vaccination Covid chez les moins de 40 ans : qu'en penser ? 

L'étude est LA.

Qu'en penser ? Rien. Cette étude "écologique" est très discutable sur un plan méthodologique et notamment la qualité des informations recueillies (appels téléphoniques), la gravité des cas et le faible nombre de cas.

Les personnes défavorables au tout vaccinal la trouvent acceptable.

Les MG doivent-ils cesser d'écrire des courriers à l'intention des médecins de deuxième intention ?

C'est un médecin généraliste qui pose la question : 


Ma réponse est "Non !" Pour de multiples raisons.

Les lettres d'adressage sont une façon de bien comprendre ses propres patients et de les faire comprendre aux correspondants. Cela permet (pas toujours) d'éviter des examens redondants. Cela permet d'améliorer la VPP (valeur prédictive positive).

@NicoKluger fournit de la littérature en France (ICI) et en GB (LA)


Pourquoi s'opposer à la création de Mon Espace Santé ?

Article à lire ICI.

C'est plus une critique informatique (contenu, diffusion, sécurité) qu'une critique médicale.

Pour la critique médicale, contre tout bon sens, elles sont nombreuses. En effet il semble normal de penser que fournir des données médicales aux professionnels de santé est un gage de meilleure compréhension (cf. supra les courriers d'adressage).

Quand on lit les recommandations de l'Assurance Maladie et les contraintes obligatoires (voir LA sur LegiFrance), on ne peut qu'être inquiet sur l'aspect "déversoir" de cet espace. Trop d'informations nuit à l'information en raison d'absence de hiérarchisation et des regards divers et peu unifié des professionnels.

Voici ce que j'écrivais : Le principe théorique du DMP est l'agrégation de 2 mythes : le mythe du "patient" qui serait un objet médical (centré ou non) qui se penserait comme tel et le mythe de la bonne santé imposé par la société.

Mais les médecins fonctionnaires et politiciens veulent aller plus loin.




Les idées reçues et fausses sur la façon d'aborder les lombalgies (en anglais)


L'article : ICI

Qui peut croire que le taux de pauvreté n'influence pas la santé des patients ?



L'automesure de la pression artérielle par les femmes enceintes à risque d'éclampsie n'apporte rien selon une étude 

L'étude est randomisée mais non aveugle. Voir LA (abstract seulement)

Elle compare l'automesure associée au télémonitorage contre une surveillance "normale" chez des femmes enceintes à haut risque de prééclampsie : le diagnostic d'HTA n'est pas différent.

On peut critiquer l'étude mais, encore une fois, le bon sens ne vaut pas une étude comparative contrôlée !



La désinfection des surfaces ne sert à rien pour diminuer la transmission du Covid

Une nouvelle étude : LA.

On le savait (sur le Professeur Pittet de Genève)

Le risque de contamination par le SARS-CoV-19 est mille fois plus importante par voie aérienne que par un contact sur une surface contaminée...

Vous avez quand même le droit de vous laver les mains.


Covid long : on a besoin d'un consensus pour le définir.

Voir ICI l'article.

Il faut dire qu'une méta-analyse récente (LA) rapporte, sans rire, que 56,9 % des patients ayant présenté le Covid présente un Covid long à 6 mois !

Cela illustre la fameuse devise associée aux méta-analyses : GIGO (Garbage In, Garbage Out)


C'est fini pour cette semaine. Et, je vous le dis, si j'avais tout rapporté, nous en serions encore là demain !

vendredi 6 mai 2022

Hors sujet : la première division (littéraire). L'Europe. Un écrivain, une oeuvre. Travail en cours.

16 mai 2022

Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) Kislovodsk (URSS)

Une journée d'Ivan Denissovich (1962 et 1963 en français)


14 mai 2022


Julien Gracq (1910-2007)

Le Rivage des Syrtes (1951)

12 mai 2022


Milan Kundera (1929-) Brno (Moravie, Tchécoslovaquie, Tchéquie)

L'immortalité (1990)

11 mai 2022

Salman Rushdie (1947-) Bombay (Inde)

Les enfants de minuit (1981)

9 mai 2022

W.G. Sebald (1944-2001) Wertach (Allemagne)

Les anneaux de Saturne (1995 ; trad française : 1999)

7 mai 2022


Sandor Maraï (1900-1989) Kassa (Hongrie puis Košice, Slovaquie)

Divorce à Buda (1935 ; trad française : 2002)

6 mai 2022


Thomas Bernhard (1931-1989) Heerlen (Pays-Bas)

Extinction (1986)

5 mai 2022

Witold Gombrowicz (1904-1969)

Ferdydurke (1937 ; trad française : 1958)

4 mai 2022


Czesław Miłosz (1911-2004)



3 mai 2022


Bohumil Hrabal (1914-1997)




dimanche 1 mai 2022

Bilan médical du lundi 25 avril au dimanche premier mai 2022 : hépatite aiguë mystérieuse, sur prescriptions pédiatriques, frénectomie linguale, corruptions en tout genre.

Je n'ai pas retrouvé qui créditer.

 

Quand les hypothèses sur l'origine des hépatites aiguës d'étiologie (encore) inconnues chez des enfants "sains" fourmillent et convainquent a priori les convaincus d'avance.

L'article de l'European Center for Disease Prevention and Control (ICI) résume les hypothèses possibles.

  1. Un cofacteur affectant les jeunes enfants rendant les infections modérées à adénovirus plus sévères ou les provoquant en déclenchant un phénomène immun pathologique. Le cofacteur peut  être : a) une susceptibilité particulière due à un manque d'exposition antérieure aux adénovirus lié à la pandémie ; b) une infection antérieure à SARS-CoV-2 ou une autre infection incluant un effet limité de l'omicron ; c) une coinfection par SARS-CoV-2 ou une autre infection ; d) l'exposition à une toxine, une molécule ou un facteur environnemental
  2. Un nouveau variant d'adénovirus avec la contribution on non d'un cofacteur (cf. supra)
  3. Une toxine, une molécule ou un facteur environnemental
  4. Un nouveau pathogène agissant seul ou en confection
  5. Un nouveau variant de SARS-CoV-2

A suivre.


Quand les autorités de régulation britanniques ne tiennent pas compte des conflits d'intérêts : alteplase et Starflex

Peter Whilmhurst rapporte ICI que malgré le fait que certains auteurs aient omis de déclarer leurs liens d'intérêts, ni le MHRA (Medicines and Health Care products Regulatory Agency), ni la revue Circulation ne sont revenus en arrière sur la publication, respectivement de recommandations concernant alteplase et de la publication d'un article concernant Starflex.


Quand la mortalité liée au cancer du sein diminue quelles que soient les tranches d'âge à partir de 1987

En rappelant ceci : 


Le dépistage du cancer du sein a commencé en 1990 et ne concernait que la tranche d'âge 50-65 ans !


Quand la France va mal ! Comparaison des prescriptions pédiatriques communautaires dans 11 pays et régions du monde.

Désolé de rapporter toujours et encore des statistiques catastrophiques concernant nos pratiques médicales et de santé publique dans un pays, la France, qui cultive à la fois l'autosatisfaction et le mépris de soi-même selon les saisons.

Vous lirez LA l'article dans le détail si vous osez vous y risquer.

Parce que c'est inquiétant !

Les tableaux comparatifs entre la France et les différents pays pour la prescription en fonction des classes pharmaco-thérapeutiques (voir ICI) est, dans l'immense majorité des cas, la France est dans le peloton du haut..

Regardez les tableaux 5, 6, et 7.

Prenons l'exemple des antibiotiques : au dessus : la Nouvelle-Zélande (93,7/100 000 patients) et les Pays-Bas (75,8), quant la France elle a des taux de prescription de 64 contre respectivement 33,2 (Danemark), 12,5 (Norvège) et 6,7 (Suède)

Pour les corticoïdes : NZ (178,9), F (98,5), NL (81,4), DK(79,2), N(71,4) et S (57,1)

Pour les préparations nasales : NZ (40,6), F (331,4), NL (7,7) , DK(39,2), N(64) et S (36,9)

Pour les anti histaminiques : NZ (178,9), F (245,9), NL (60), DK(41,2), N(114,2) et S (90)


Quand un quart des patients hospitalisés pour Covid est guéri complètement à un an : est-ce vrai ? Est-ce faux ?

Un commentaire d'article dans le BMJ qui n'a ni queue ni tête sur les séquelles covid post hospitalisation car il ne précise ni le statut des patients hospitalisés (j'imagine que l'on peut trouver ces informations dans le papier originel -- je n'ai pu le lire (protégé) et il avoue en tout e franchise qu'il s'agit d'une étudeouverte avec 63,7 % de sortie d'essai !


Quand une étude pourrait changer le jeu ou pourrait se tromper sur la mortalité globale.

L'article de Maryanne Demasi ICI : et l'article en pre print lui-même : LA.

Le pitch de cet article : les vaccins anti Covid ARNm et adénovirus diminuent la mortalité relative mais seuls les seconds vaccins diminuent la mortalité globale.

Je ne sais pas quoi en penser : à vos plumes.


Quand un journal sponsorisé rapporte un congrès d'une société savante sponsorisée.

Egora #326 du 18 au 24 avril 2022  est un journal gratuit reçu par la poste dont l'équilibre financier ne tient que grâce à l'industrie pharmaceutique et à celle des matériels. Il rend compte, au milieu de publicités pour des produits à visée diabétique et pour des dispositifs médicaux destinés aux diabétiques, des communications entendues au Congrès de la SFD (Société francophone du diabète - dont je vous avais déjà parlé ICI). Il y a à la fois des articles sur des communications en théorie académiques et des articles tirés de symposiums sponsorisés par des laboratoires et des fabricants de matériel (Roche, Sanofi, Medtronic)...

Pardon de faire de la publicité pour cette revue dont l'impact factor... 

A noter qu'une certaine Karen Ramsay, rédactrice en chef, fait un édito sur Ramsay Santé.

Quand la frénectomie/frénotomie linguale est devenue un objectif de santé publique (???) dans les maternités.

Une réaction SALUTAIRE de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes.


A la suite du communiqué de l'Académie de médecine dénonçant ces pratiques inappropriées dans la majorité des cas : LA.

La lecture est édifiante : comment profiter de la crédulité des mamans et des papas.



Quand la plupart des interventions de soins analysées par Cochrane ne répondent pas aux meilleurs critères de qualité.

Cette analyse, voir ICI, montre :

Results: Of 1567 eligible interventions, 87 (5.6%) had high quality evidence on first-listed primary outcomes, positive, statistically significant results and were rated by review authors as beneficial. Harms were measured for 577 (36.8%) interventions, 127 of which (8.1%) had statistically significant evidence of harm. Our dependence on the reliability of Cochrane author assessments (including their GRADE assessments) was a potential limitation of our study.


Quand les médecins belges sont aussi corrompus que les autres et que, comme les autres...



Plusieurs études de MEDOR, dont celle-ci, parlent de l'influence de l'industrie pharmaceutique sur les médecins.

Mais le WHO dit pareil en oncologie.



Quand les patients influenceurs sont la nouvelle frontière du marketing direct industrie vers consommateurs


C'est tout pour ce soir mais il y avait encore tellement de choses à commenter...






jeudi 28 avril 2022

Pourquoi il est nécessaire de mener des études contrôlées étudiant les effets du port du masque en période de pandémie Covid.

Belphégor - 1965 © AFP / COLLECTION CHRISTOPHEL 


Le port du masque a été, dès les débuts de la pandémie, une des mesures-phares non pharmacologiques (il n'y avait pas grand chose d'autre) appelées aussi mesures-barrières.

Il s'agissait d'une mesure de bon sens.

Le port du masque n'entrait pas dans le cadre du principe de précaution puisqu'il existait des éléments concrets indiquant que le port du masque avait un effet filtrant pour les particules virales qu'elles soient grosses comme pour la grippe saisonnière ou fines comme pour le covid-19.

Le port du masque ressortait du principe de prévention.

Le port du masque pose un certain nombre de questions :

  1. Quel type de masque ? Tissu, chirurgical, FFP2, FFP3
  2. Où les porter ? A l'intérieur, à l'extérieur en général, à l'extérieur en milieu concentré (foule)
  3. Comment les porter ? Bien, mal, plutôt bien, plutôt mal
Or, contrairement à toute logique, aucune étude robuste n'a montré quelque chose de probant sur la transmission, les formes symptomatiques ou asymptomatiques, la séroconversion, les hospitalisations en services de soins intensifs et/ou de réanimation, les décès et... les covid longs.

Aucune étude robuste n'a été menée car il est difficile, n'en doutons pas, de mener de telles études en raison du nombre de facteurs qui interviennent : statut vaccinal, quel vaccin, respect de la distanciation sociale, variété et concomitance des souches, lieux de possibles contaminations, et cetera... âge, facteurs de risque...

Il est étonnant que des recommandations universelles, plusieurs milliards d'individus, ne soient pas étayées par des études de qualité.

Le biais cognitif des vrais scientifiques dépositaires du savoir tiré de l'expérience est celui-ci : je me contente d'essais non robustes quand leurs résultats confortent mes opinions.

Quant aux objections qu'ils produisent, ces scientifiques qui avancent l'effet parachute pour justifier leurs arguments, trop de facteurs, pas possible de tout envisager, elles seraient balayées par la mise au point de protocoles contrôlés, randomisés, localisés qui rendraient ces objections caduques puisqu'elles seraient également réparties dans des groupes homogènes de patients...

L'absence d'études robustes nourrit les malentendus, les incompréhensions, et aggrave les idées anti science expérimentale.

La gestion catastrophique du port du masque par les autorités gouvernementales et de santé publique (on a vu que c'était la même chose) ET par les bien-disants scientifiques a créé la confusion et le doute, le grand public ayant du mal à comprendre que les prétendus scientifiques ou que les vrais scientifiques puissent au même moment et successivement dire des choses contradictoires et ne pas revenir sur leurs erreurs au lieu de répéter en boucle : "Si nous changeons d'avis, c'est en raison des données de la science." Alors que c'est faux.

L'analyse actuelle ICI des études plus robustes que d'autres mais peu robustes quand même...

1) montre que le port du masque en tissu est inefficace pour la transmission du Covid chez des personnes adultes non vaccinées (LA), étude qui comparait le port du masque en tissu vs le port de masques chirurgicaux et, pour les deux groupes, il y avait un groupe contrôle sans conseils et un groupe intervention (avec éducation au port du masque et aux enjeux des autres mesures-barrières dans la stratégie Covid) 

A noter également dans cette étude menée au Bangladesh que les masques étaient distribués gratuitement et que cette gratuité n'a eu aucune influence sur le port du masque : ce sont les informations données aux citoyens (il n'y avait que des hommes) qui ont fait augmenter le port du masque de 28 % ! 



Cette étude a fait également l'objet de critiques féroces : ICI

2) montre que le port du masque chirurgical en extérieur chez les adultes et en association avec les mesures-barrières (étude non randomisée) ne diminue pas significativement l'incidence des infections par covid-19 à un mois : LA. Etude DAN MASK. Chez des adultes. 

Cette étude présente de nombreux biais méthodologiques.

3) Il existe aussi une étude "écologique" (octobre 2021) qui montre aux US que le port du masque dans les écoles chez les enfants de moins de 18 ans une diminution du nombre des contaminations. Mais il y a tellement de biais qu'il vaut mieux ne pas trop prendre en compte les résultats (pas assez de participants, non prise en compte du statut vaccinal, hétérogénéité des environnements...)

4) enfin une méta-analyse dans le BMJ était peu conclusive : LA en raison de l'hétérogénéité des essais (8 ont été retenus) et de leur manque de robustesse.

5) A noter qu'une étude française (Qualimask) a tenté d'analyser ICI chez des adultes (nous n'avons qu'une prépublication) les perceptions, représentations et les pratiques concernant le port du masque en population générale: les premiers résultats sont tout à fait intéressants notamment sur ce que pensent les participants sur l'acquisition de la façon de porter un masque (savoir expérimentiel). On imagine la même chose chez les enfants ! 

Il est difficile de comprendre comment il n'a pas été possible, depuis janvier 2020 (et avant si on parle de la grippe saisonnière) de mener des essais contrôlés en France (mais c'est la même chose ailleurs) :

  1. Dans les bureaux (ARS Ile-de-France vs ARS Occitanie)
  2. Dans les entreprises (Renault vs Peugeot dans des ateliers de soudure)
  3. Dans les lycées (lycée Louis-Le-Grand versus lycée du Parc)
  4. Dans les collèges (93 vs 78)
  5. Dans les écoles...
  6. Dans le métro parisien (ligne 7 vs ligne 13)
  7. Dans les établissements de soins (Necker vs Avicenne)
  8. Dans les EHPADS (public vs Orpea)
  9. Chez les professionnels de santé...
  10. Et cetera...
Il existe des explications simples : l'anesthésie des épidémiologistes par la politique du tout vaccin, l'absence d'argent pour la recherche publique en épidémiologie puisqu'il n'y a pas de molécules à commercialiser... La faillite des agences gouvernementales qui, comme leur nom l'indique, obéissent, doivent obéir aux injonctions du gouvernement.


Est-il possible de faire autrement ? 

Publier le nombre de morts tous les jours, publier le nombre de contaminations tous les jours, publier le nombre (estimé) de covid longs tous les jours, très bien.

Publier le nombre d'études contrôlées en cours évaluant l'efficacité et l'efficience du port du masque : pourquoi non ?


dimanche 24 avril 2022

Bilan médical de la semaine du lundi 18 au dimanche 24 avril 2022 : les MG méprisés, la fin du procubitus ?, valproate de sodium, Pfizer, la distribution des vaccins.

 

L'avenir de la santé publique en France (ici, à Versailles)

Un journal publicitaire destiné aux médecins généralistes où aucun article n'est écrit par un médecin généraliste

Je reçois gratuitement dans ma boîte à lettres la Revue du Praticien Médecine Générale et le classement vertical est souvent la réponse à mon ennui d'avance.

L'autre jour j'ouvre le numéro 1066 (Rev Prat MG 2022 ; 36 : 157-208) . Je parcours les titres des articles et je me rends compte, mais ce n'est pas nouveau, qu'il ne s'agit pas d'une revue destinée aux préoccupations des médecins généralistes

Imagine-ton des revues de cardiologie ou de pneumologie qui soient rédigées par des non-cardiologues et des non-pneumologues ?

Quand je répète que les MG sont les méprisés du système... 

Imagine-t-on un journal féminin rédigé par des hommes ? 


Un essai contrôlé non randomisé qui remet en cause le procubitus...

... chez les patients hypoxiques atteints de Covid nécessitant une supplémentation en oxygène et ne nécessitant pas une ventilation mécanique. En ne trouvant aucune différence à J 5 sur les critères de gravité entre le procubitus et le décubitus dorsal.

C'est ICI.


Le valproate de sodium frappe encore (GB)  : 20 000 bébés seraient nés avec des difformités 

pour cause de déficit d'informations délivrées auprès des femmes enceintes..


Et malgré tout le valproate de sodium continue d'être prescrit aux femmes enceintes en Grande-Bretagne sans aucune notice ou avertissement à l'intérieur des paquets des médicament commercialisées contenant du valproate de sodium. 


Pfizer "distribuant" ses vaccins aux pays pauvres.




Est-il encore possible de distribuer des vaccins de façon égalitaire à travers le monde ? 

Un article du BMJ analyse (LA) les raisons pour lesquelles les vaccins n'ont pas été équitablement distribués (vendus ?) dans le monde entier et imagine avec beaucoup d'idéalisme que c'est encore possible. A vous de juger.




Le capitalisme triomphant.


L'industrie pharmaceutique résumée en un dessin.


Hors sujet : l'exposition Eugène Leroy au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris


Auto-portrait

Un peintre majeur du vingtième siècle (1910 - 2000)

C'est tout pour ce soir où Marine Le Pen a perdu.




lundi 18 avril 2022

Bilan médical de la semaine du lundi 11 au dimanche 17 avril 2022 : Macron, liens d'intérêts, restriction sodée, dépistage des cancers, covid long, Sacubitril/valsartan

Je n'ai pas trouvé le nom du dessinateur...


Le Collège National des Généralistes Enseignants s'engage.


Le communiqué : LA.

Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle me feront voter Macron au second.

Nul ne saurait ignorer combien ce blog a publié de billets critiquant à la fois la politique économique violente d'Emmanuel Macron à l'égard des plus précaires (que l'on a vus être les plus fragiles par rapport au Covid en termes de nombre de cas, de sévérité de la maladie, d'hospitalisations et de décès) et l'incompréhensible politique de santé publique vis à vis du Covid (prise en compte de gourous, refus des données, initiatives curieuses, manque de cohérence, électoralisme...) et pourtant, en raison du danger que l'extrême-droite prenne le pouvoir en France, il me paraît utile de voter Macron au deuxième tour.

Marc Gozlan et l'industrie.

Nous avons toujours beaucoup apprécié  les billets de Marc Gozlan en son blog (ICI) "Réalités Biomédicales" et nous continuerons de le lire avec attention malgré ce qui suit (ou, plutôt en en tenant compte).

En revanche, ne voilà-t-il pas qu'il promeut sur son compte twitter (désormais il m'a verrouillé, je ne peux plus y accéder) un site consacré au diabète (LA) dont il loue l'indépendance, un centre dirigé par le professeur Philippe Froguel et qui s'intitule Preci Diab, National Center for Precision Diabetic dans lequel il publie un blog "Le diabète dans tous ses états" (LA).

Voici les partenaires industriels du site.


J'avais signalé qu'il ne pouvait pas mettre en avant son indépendance et ne pas signaler que le site est sponsorisé par l'industrie (bien que le site en fasse mention). Cela n'enlève rien sans doutes aux qualités éditoriales de Marc Gozlan mais, pour le diabète, cela invite à la prudence.


Pourquoi les psychologues sont opposés au nouveau remboursement des consultations de psychologie.

Depuis le 5 avril 2022 les consultations de psychologie sont désormais remboursées par l'Assurance maladie, ce qui pourrait être une bonne nouvelle pour la profession, mais ce qui lui pose manifestement des problèmes.

Un psychologue explique dans La République du Centre  (LA) les raisons pour lesquelles la profession s'y oppose.

Quand Vinay Prasad attaque frontalement la politique #ZeroCovid à partir de la politique de santé publique chinoise : effrayant.

Vinay Prasad est désormais très contesté pour ses prises de position contre la fermeture des écoles, contre le port du masque dans l'Etat de New-York pour les enfants de 2 à 4 ans, et cetera. Mais il est toujours très important de l'écouter. (ICI pour twitter et LA pour YouTube)


La restriction sodée dans l'insuffisance cardiaque : un dogme mis à mal par la randomisation.

John Mandrola commente (LA) un essai publié dans Lancet (ICI) (dont on voit ICI le protocole).

Conclusion (rapide) : En médecine ambulatoire la restriction sodée ne diminue pas les "événements" cliniques.

Il s'agit d'un essai pragmatique randomisé testant les conseils habituels vs un régime faible en sodium à 1500 mg/jour.

Il n'y avait pas d'essai contrôlé auparavant.

Quelques remarques (de John Mandrola) : cet essai ne montre pas de différence, il est possible qu'il n'y en ait pas (vrai négatif) et il est possible que l'essai n'arrive pas à démontrer cette différence (faux négatif). Mandrola penche pour la deuxième hypothèse : 
  1. Le groupe contrôle consommait peu de sel (avec une différence quotidienne de 500 mg) (en moyenne les Etats-uniens consomment 3 g/jour)
  2. Le nombre de patients inclus était trop faible car l'estimation des événements cliniques avait été sous-estimé au départ
  3. Les patients inclus n'étaient pas assez sévères.
Quoi qu'il en soit : un dogme fondé sur le bon-sens est malmené par un essai contrôlé.

En d'autres domaines (covid, par exemple) on pourrait s'y intéresser.


Cancer screening: the good, the bad and the ugly. Mille repetita placent.

Cent fois sur le métier Gilbert Welch remet son ouvrage dans le JAMA: LA.

Cet article est fondamental. il devrait être enseigné dans toutes les facultés de médecine de France et de Navarre.

En voici la traduction française sur le site de Cancer Rose (LA).

Discussions passionnées sur Twitter, où l'on se rend compte que le dépistage et ses supposés bienfaits reculent un peu dans l'esprit des scientistes et des bonsensistes. 

Je faisais remarquer que :
  1. Le dépistage organisé du K du colon ne sauvait pas de vies et l'on m'a répondu que le critère mortalité globale était sans doute dépassé (cela m'a évoqué l'abandon ou presque du critère Survie Globale dans les essais de cancérologie au profit de critères de substitution afin de pouvoir commercialiser des molécules non efficaces)
  2. Qu'il y avait également un sur diagnostic dans le dépistage du cancer du colon mais qu'il concernait effectivement peu les lésions cancéreuses mais surtout les lésions précancéreuses et on m'a répondu qu'il n'était pas éthique de faire des essais randomisés et qu'on devrait m'inclure dans le bras contrôle d'un essai contrôlé (l'empathie des scientistes) et que, finalement, si j'étais si malin, pourquoi n'avais-je pas mené de tels essais ?
  3. Les arguments des défenseurs du dépistage organisé du cancer du colon ressemblent à ceux des urologues pour le dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA (dont on sait qu'il entraîne trop de sur diagnostics et de sur traitements) ou des gynécologues-obstétriciens pour le dépistage organisé du cancer du sein ou pour le dépistage sauvage du cancer du sein (quel que que soit l'âge et à des fréquences curieuses), sans oublier les oncologues et les marchands de mammographes, ou des pneumologues pour le dépistage organisé et ciblé du cancer du poumon chez le fumeur.

Covid long : une étude de cohorte ouverte mal fichue et inquiétante qui fait partie de la désinformation des Faiseurs de Peur.

Un article de Sciences et Avenir (LA) commenté sur twitter par l'auteur, Nicolas Gutieriez, à partir d'un essai français de cohorte (ICI) rapporte, dès la deuxième phrase que

Le Covid long (...) toucherait près de la moitié des personnes ayant développé le Covid.
Or, que nous apprend l'article princeps ?

... qu'environ 10 % des personnes ayant présenté un syndrome respiratoire sévère dû au covid ont présenté un Covid long...

On arrête là ? 

Je ne suis pas ici pour négliger les covid longs.
Je ne suis pas ici pour nier les covid longs.
Je ne suis pas ici pour ne pas prendre en compte et en charge et en soin les covid longs.
Je demande des données issues d'essais robustes.


Sur diagnostic (anxiété) chez les enfants/adolescents.  

Un article du New-York Times (LA) rapporte qu'un panel d'experts états-uniens recommande le dépistage de l'anxiété chez les enfants de 8 à 18 ans en soulignant l'intérêt d'un diagnostic et d'un traitement précoces.

Voici la réponse d'Allen Frances (ICI)



Hors sujet

Félix Valloton. Paysage avec paysan. Honfleur. 1912


Sacubitril et insuffisance cardiaque par Florian Zores

Lire ICI

L'association Sacubitril/valsartan est un très bon traitement de l'insuffisance cardiaque à Fraction d'éjection du ventricule gauche altérée si l'on reste dans le cadre de l'étude PARADIGM (LA).

Pour les questions en suspens lire l'article de Florian Zores.

A propos des maux de gorge non compliqués en téléconsultation : ni TDR ? ni antibiotiques ?

Sur twitter le docteur Licha montre le résultat d'une télé consultation sans visio avec prescription de céfixime pour des maux de gorge (ICI).

Lisez toute la conversation.

Et Didier Boussageon pose la question à 25 euros : était-il nécessaire de pratiquer un TDR ? Etait-il même nécessaire, sans TDR, de prescrire des antibiotiques ? 

Dans le cadre de la décision partagée, voici un document australien qu'il faut prendre en considération et qui pourrait changer nos pratiques.



C'est tout pour cette semaine mais c'était beaucoup.