jeudi 28 août 2014

Brèves (médicales) de vacances


Pour ceux qui auraient vraiment déconnecté pendant les vacances, ce qui semble être une solution élégante pour prévenir le burn-out, voici quelques idées glanées ici et là que je tenterai de développer plus tard (mais je suis certain que je n'en aurai pas le temps).

Mes amis les oncologues...
Je tenterai d'éclaircir le cas Nicole Delépine que j'avais encensée ICI pour les questions qu'elle posait sur la protocolisation extensive des patients. Il semble, d'après des sources dignes de foi, qu'il faudrait se méfier. Se méfier de la personnalité elle-même de la professeure et se méfier de ses soutiens (anti vaccinalistes et extrême-droite). Mais il est évident que les constatations que je fais constamment sur la façon dont les patients porteurs d'un cancer sont pris en charge ne peuvent que me rendre attentif à quelqu'un du sérail qui ose dire ce que personne ne dit.
Si quelqu'un veut bien s'y mettre...
Je suggère également à la personne qui aurait le temps de se pencher sur le sujet d'une enquête sur les financements, les pratiques, les médecins de l'Institut Gustave Roussy qui fait la pluie et le beau temps sur les prises en charge et les traitements dans le cancer : une fondation privée implantée au centre de l'Etat et profitant des décisions de l'Etat. A suivre.
Toujours est-il que je découvre un article estomaquant dans le JAMA (ICI pour l'abstract et LA pour l'article) : les 71 molécules anti cancéreuses (tumeurs solides réfractaires et / ou métastasées et / ou avancées) approuvées par la FDA entre 2002 et 2014 ont augmenté l'espérance de vie de 2,1 mois en moyenne et au prix moyen de 10 000 dollars par traitement sans compter de sévères effets indésirables (voir LA un commentaire Minerva). Merveilleux !

La pilule estro-progestative pourrait entraîner un sur risque de cancer du sein. L'article publié dans le journal américain Cancer Research est lisible in extenso LA. Il pose de réelles questions même s'il concerne les forts dosages en estrogènes. J'avais abordé ce sujet lors d'une réunion Prescrire en 2012 où intervenait Peter Götzsche (voir LA). Il m'avait dit ne pas avoir d'informations sur le sujet et un chercheur français, Philippe Autier (ICI), m'avait renvoyé dans les cordes avec autorité. Nul doute que les données japonaises (pays où il y avait peu de cancers du seins et peu de contraception estro-progestative, ce qui achangé désormais) sur les liens entre cancer du sein et contraception devront être envisagés dans les années qui viennent... à moins que l'augmentation considérable du nombre des cancers du sein au Japon ne soit liée, comme le suggère Götzsche, qu'à l'augmentation du nombre des mammographes...
Il est évident que nous avons besoin de confirmations et d'autres travaux mais, pour le moment, cette information doit être cachée, les femmes ne doivent pas le savoir, car, selon les socio-historico-anti hygiénistes (voir LA), l'avancée majeure scientifico-sociétale de la contraception ne saurait se satisfaire de propos contraires au progrès.


Formidable offensive pro vaccin anti HPV dans le British Medical Journal.
Dans le même numéro un éditorial (ICI) et un point de vue (LA) insistent sur l'impérieuse nécessité de vacciner les garçons contre le HPV. Je suis choqué. Non par seulement par le contenu de ces articles mais par le fait qu'il s'agit de publi-reportages :
L'éditorial est écrit par trois auteurs (Margaret Stanley, Colm O'Mahony et Simon Barton). MS signale comme liens d'intérêts : "member of scientific advisory boards for GSK Biologicals, MSD Merck, and Sanofi Pasteur MSD and has received consultancy fees from these companies)" ; CO : has received lecture fees from GlaxoSmithKline and Sanofi Pasteur MSD) ; SB : no competing interests. Ils s'autocitent (première référence) avec un éditorial de 2013 où CO et SB have received lecture fees from GSK and SPMSD. On comprend mal que SB, entre 2013 et 2014, soit passé du statut de liens d'intérêts à indépendant de big vaccine.
Quant au point de vue personnel de Gillian Prue (affiliée au HPVAction.org dont il n'est pas possible de savoir s'il y a ou non des sponsors, il ne cesse de citer des articles sponsorisés par GSK, Sanofi Pasteur MSD...
Que fait le BMJ ?


Les médicaments pour traiter l'hépatite C sont trop chers.
Nous avons assisté à un feuilleton politico-médiatique concernant cette affaire et c'est un repenti, JF Bergmann, lui qui fut au centre d'un système qui se tut pour le Mediator, qui a écrit un article lumineux  sur le sujet : big pharma met le paquet sur le prix des médicaments anti hépatite C car la maladie est en train de disparaître ! Lire LA.

La génétique au service de la médecine "prédictive" est une imposture.
Un numéro de la Revue Esprit est consacré à ce sujet (ICI). Je retiendrai essentiellement ceci : il n'existe pas d'un point de vue génétique de médecine "individualisée" (pour 1000 dollars il est possible d'obtenir de décryptage de son génome) car la génétique est avant tout, et sauf exceptions, une science des populations. J'essaierai d'expliquer les deux versants du pari génétique : épistémique et ontologique. C'est fait ! ICI

Une note littéraire.
Je lis le Dictionnaire amoureux de Marcel Proust écrit par les Enthoven père et fils et je tombe sur une entrée consacrée au docteur du Boulbon ou plutôt à l'albumine mentale. Je ne me rappelais pas que ce médecin était l'ancêtre de Knock de Jules Romains (et du disease mongering anglo-saxon, voir LA) et je vérifie que Proust a bien écrit avant Jules Romains : avant, mais de peu (1922). Les Enthoven m'apprennent que le docteur du Boulbon faisait parfois attendre ses patients jusqu'à ce qu'il ait terminé la lecture d'un livre...
Passage savoureux dans Proust (La Recherche Tome II, p 303 - La Pléiade 1952). La grand mère du narrateur, malade, s'adresse au docteur :
"Mais j'ai aussi un peu d'albumine.
- Vous ne devriez pas le savoir. Vous avez ce que j'ai décrit sous le nom de l'albumine mentale. Nous avons tous eu, au cours d'une indisposition, notre petite crise d'albumine que notre médecin s'est empressé de rendre durable en nous la signalant. Pour une affection que les médecins guérissent avec des médicaments (on assure, du moins, que cela est déjà arrivé quelquefois), ils en produisent dix chez des sujets bien portants en leur inoculant cet agent pathogène, plus virulent mille fois que tous les microbes, l'idée qu'on est malade..."
Je propose donc que la stratégie de Knock soit remplacée par la stratégie de du Boulbon (voir LA) et que l'on rende à Marcel (dont le père et le frère étaient médecins) ce que l'on attribue à tort à Jules.

Un article de blog utile.
J'étais passé à côté d'un billet remarquable (un peu trop enthousiaste à mon goût sur les vertus de l'administration) du docteur Milie (ICI) qui concerne le travail de nos patients et ce qui peut leur arriver (arrêts, invalidité). On y trouve des conseils pertinents.

(Chicago : photographie du docteur du 16)

14 commentaires:

Anonyme a dit…

En 1996 -c'est déjà loin !- un article de l'Express, publié dans le sillage du scandale de l'ARC, signalait déjà : "Il est vrai que le statut de l'institut Gustave-Roussy, comme celui des autres centres anticancéreux, est très particulier. Ni une association ni une fondation, mais un
"établissement privé à mission de service public", dont l'agrément remonte à 1945 (voir l'encadré). Ce qui permet de recevoir dons et legs (35 millions, en 1995, sur le budget général, et 9 millions placés sur les comptes 75 000), et de fonctionner sur un pied qu'envient bien des directeurs d'hôpital public. "Quand j'ai vu le budget considérable - 1 milliard de francs par an - et la gestion exercée, j'ai été épouvanté. J'ai pris mes jambes à mon cou", confie l'un d'eux, qui a récemment refusé le poste de secrétaire général à Gustave-Roussy. En outre, il faut savoir que certains chefs de service ont des comptes personnels non seulement à l'institut, mais aussi à l'ARC. Des comptes qu'ils gèrent, en fait, sans réel contrôle et qui assurent au total à quelques-uns un sacré train de vie."
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/informations/les-surprenants-circuits-de-l-argent-du-cancer_612667.html#bv8AJOD55fh7iTmw.99

Anonyme a dit…

dans les milieux bien informés, il se dit que Plastic bertrand c 'est pas lui qui danse!!!

Anonyme a dit…

On dirait que c'est la reprise.
Beaucoup de choses dans ce post, merci pour le résumé de l'actualité.
Sur le vaccin contre le papillomavirus, la pression des deux laboratoires, Merck et GSK, non pas concurrents mais solidaires, GSK touchant une bonne part du chiffre d'affaires généré par le Gardasil sous forme de royalties après un arrangement amiable, se poursuit. Nul doute que d'ici peu le CTV nous expliquera qu'il y a une telle unanimité des experts sur le rôle essentiel du vaccin contre le HPV dans la lutte contre le cancer de l'anus et autres condylomes que la France ne peut rester plus longtemps à la traîne du "progrès" et doit inscrire la vaccination des garçons parmi les priorités du plan cancer au même titre que celle des filles.
Sur les revues médicales, il serait illusoire de penser qu'elles peuvent être épargnées par les conflits d'intérêts, quelles que soient les volontés individuelles de résistance, comme celle de la rédactrice en chef du BMJ , Fiona Goodlee, alors que ces revues représentent un enjeu majeur de la stratégie d'influence de Big Pharma et que la majorité (75% ai je lu) des études publiées sont financées, de manière transparente ou occulte, par Big Pharma. Outre la publicité, les milliers de copies des articles payées par Big Pharma pour être distribués larga manu, seraient une source de revenus majeure pour ces revues et donc, le gage qu'elles ne pourront pas, quoiqu'elles pensent de la qualité des articles proposés, faire abstraction de ces études dans leur politique éditoriale.
... à suivre...
CMT

Anonyme a dit…

...Sur Nicole Délépine, mon opinion est que lorsque quelqu'un s'érige en porte parole voir en égérie d'une cause juste, cette personne doit mettre ses actes en adéquation avec ses discours et veiller a la cohérence globale de son propos.

Je ne sais pas vraiment comment interpréter le fait que ce personnage public, très médiatisé, ait jugé nécessaire de se prêter à une interview avec un représentant de l'extrême droite grand défenseur de Dieudonné ( je parle d'Alain Soral) . Dans le meilleur des cas on peut se dire que c'est une sorte de naïveté politique?

Pourtant la cause défendue vaut la peine. Elle mériterait d'être mieux servie. L'article du JAMA ( dont je n'ai pu voir que le résumé ) semble confirmer ce qui transparaît à travers tous les rapports français que j'ai pu lire sur le sujet: mis à part l'hématologie il y a très peu de progrès tangibles dans les traitements médicamenteux du cancer pendant ces 15 dernières années où le chiffre d'affaires de cette classe de médicaments a pourtant explosé grâce , à la fois, à l'explosion des coûts unitaires, et à l'explosion du nombre de patients traités qui doit beaucoup au dépistage systématique des cancers du sein et de la prostate. L'effervescence et la fébrilité entretenues artificiellement dans les services de cancérologie où on est toujours "sur le point" de découvrir le traitement miracle contraste avec ce constat. L'extension permanente du champ des essais cliniques à une proportion de plus en plus grande de patients efface la frontière entre patient et cobaye dans l'esprit du médecin. Et c'est très grave et contraire à tous les principes éthiques et déontologiques puisque le patient est quelqu'un à qui le médecin doit les meilleurs soins possibles selon les données actuelles de la science mais le cobaye est, cela a été débattu publiquement à l'occasion de l'affaire des traitements expérimentaux contre le virus Ebola, quelqu'un qui se sacrifie, avec son consentement informé, pour établir l'efficacité d'un traitement, afin que celui-ci ne soit diffusé que si l'on peut offrir aux patients la garantie que les chances qu'il a d'en tirer des bénéfices sont supérieures aux risques que le médicament provoque des effets indésirables.
Malgré cette évidence éthique les agences et fondations de lutte contre le cancer s'entêtent à présenter les essais cliniques comme une chance offerte aux patients de bénéficier d'un traitement innovant. "Bénéficier" est dans ce cas un argument de vente et un artifice marketing puisqu'on ne sait pas, par définition, avant d'avoir fait l'essai clinique, si le patient va en bénéficier ou en pâtir .
Or, le seul moyen dont on dispose pour le savoir, le plus fiable, sont les essais cliniques randomisés et indépendants.
...à suivre...
CMT

Anonyme a dit…

... Big Pharma a obtenu beaucoup de choses ces dernières années. Procédures d'AMM accélérées et bâclées, prix exorbitants pour des traitements dont l'efficacité était soit inexistante soit marginale...
Mais l'étape suivante, celle qui commence à poindre au travers d'une campagne discrète mais destinée à s'amplifier par des publications dans des journaux scientifiques, c'est de faire en sorte que les anticancéreux bénéficient de la même complaisance que les traitements homéopathiques. C'est à dire que n'importe quel traitement "innovant" non évalué puisse être donné à n'importe quel patient parce que "on ne sait jamais", puisque l'efficacité d'un médicament est purement individuelle, alors pourquoi ne pas essayer toute molécule nouvelle sur chaque patient?
Que les anticancéreux bénéficient du même régime de faveur que les médicaments homéopathiques, voilà le voeu le plus cher, dans tous les sens du terme, de Big Pharma.

C'est un peu le rêve libertarien: chaque patient contractualisant "librement" avec chaque médecin, des cancéreux contractualisant " librement" avec des médecins hospitaliers transformés en VRP de Big Pharma à coups de lavage de cerveau, de milliers d'euros payés pour des essais cliniques et de la perspective d'une publication dans une revue médicale prestigieuse, des ouvriers ou employés libres de contractualiser avec les multinationales qui seraient tout aussi libres de les mettre à la porte sans indemnités...
Un monde parfait, en quelque sorte...
Fin.
CMT

BG a dit…

A propos du Gardasil et de son efficacité, il y a l'avis du HCSP du 21/10/2011 qui débute ainsi :

« Le ministre de la Santé a saisi le Haut Conseil de la santé publique en date du 16 septembre
2011 et l’interroge sur l’existence de données nouvelles susceptibles de :
- remettre en cause l’efficacité du vaccin Gardasil® ;
- justifier des recommandations particulières chez certaines femmes ;
- remettre en cause la sécurité du vaccin ;
- faire reconsidérer les places respectives du dépistage et de la vaccination dans la
stratégie de prévention des cancers du col de l’utérus.
Le questionnement du ministre est justifié par les inquiétudes exprimées par certains
professionnels de santé faisant état d’une « absence de preuve d’efficacité du vaccin, d’un
risque de favoriser la survenue de cancers chez les femmes vaccinées alors que déjà infectées et
du fait que la firme produisant le vaccin Gardasil® n’aurait pas publié dans la littérature certaines
données concernant l’évaluation de ce vaccin ».
En réponse à cette saisine, un groupe de travail du Comité technique des vaccinations (CTV) a
rédigé un rapport sur lequel s’appuie le présent avis. »

Cet avis avait évidemment été préparé par le CTV. Deux semaines après, du 4 au 6 novembre 2012, se déroulait à Lille le congrès bisannuel de la SFSP avec une session vaccination réservée au CTV et une autre réservée aux sans-grades où je présentais une communication sur les enseignements de l'éradication de la variole... On a eu droit à une communication du président du CTV, comme 2 ans plus tard à Bordeaux. Après sa communication, en dehors des questions réponses, il fera une allusion à l'absence d'efficacité du Gardasil en disant qu'il y avait un avis sur la question qui allait bientôt être publié. J'avais cru comprendre, à l'époque, qu'il s'agissait de sa part d'une affirmation, ce qui était pour le moins inattendue !!! A lire l'avis je fus obligé de nuancer mon interprétation : peut-être (ou peut-être pas …) voulait-il seulement faire allusion aux bruits circulant à ce sujet et que l'avis contredit :
« Le HCSP considère en effet que :
il n’existe aucune donnée actuelle susceptible de remettre en cause l’efficacité de ces vaccins ; »
En principe un avis du HCSP, s'il peut être librement cité, doit l'être alors dans son intégralité. Les extraits que je donne ici ne prêtent pas à confusion et sont dans le rapport associé qui n'est pas frappé par cette restriction. Ce qui distingue fondamentalement un avis d'un rapport est qu'un rapport dresse l'état des lieux alors qu'un avis formule des recommandations pour l'autorité. Je ne rapporte pas des extraits des recommandations.

http://hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=230

BG

BG a dit…

A propos du Gardasil, je vous suggère d'aller lire dans le rapport du 21/10/2011 du HCSP, page 5, la saisine que le ministre Xavier Bertrand avait envoyé au président du HCSP.

BG a dit…

Bon, je corrige quand même, j'ai écrit :

"Deux semaines après, du 4 au 6 novembre 2012, se déroulait à Lille"

Il s'agissait bien sûr de 2011 ...

CMT a dit…

Je me rappelle que, en 2008, 2009, je recevais, à mon travail, des invitations pour des symposiums sur la vaccination organisés ouvertement par GSK, avec Daniel Floret, qui était alors déjà élu, depuis 2007, président du Comité Technique de vaccination, donc chargé d’élaborer des recommandations vaccinales définissant les politiques vaccinales, et Robert Cohen, encore actuellement expert éminent et « indépendant » d’Infovac, comme orateurs principaux.
A l’époque cela ne gênait personne que quelqu’un qui était chargé de décider, pour ainsi dire seul, des politiques vaccinales qui engagent la responsabilité des médecins et peuvent entrer en contradiction avec les objectifs de santé publique d’amélioration de la santé des populations, puisse être chargé par un laboratoire de donner des conférences aux mêmes médecins, éventuellement appointé pour cela. Je rappelle, encore une fois, que le CTV peut s’auto-saisir, c'est-à-dire décider seul d’émettre des avis que personne ne lui a demandé et que les avis du CTV n’ont jamais été contredits par le Haut Conseil de la santé publique à ma connaissance.
Je signale une évidence : jamais un laboratoire n’invitera une personnalité, dans le cadre d’un symposium organisé par lui (le mot « symposium » vient en fait du grec, et signifie banquet, et porte bien son nom en l’occurrence), pour tenir un discours qui serait en contradiction avec ses visées commerciales. Dans le cas où un leader d’opinion est invité à un symposium, ce qui se produit est plutôt le contraire : le laboratoire en question lui dicte son intervention où, il s’assure, à minima, que rien ne sera dit par cet expert qui puisse contrarier ses visées commerciales. On peut lire, pour s’en convaincre, le témoignage de Françoise Tourmen, responsable d’un centre de planification, sur le site du Formindep sur « comment j’ai failli être leader d’opinion » http://www.formindep.org/Comment-j-ai-failli-etre-leader-d.html , mais il y en a des dizaines d’autres, et ces témoignages se multiplient au fur et à mesure que des lanceurs d’alerte ou des « repentis » se dévoilent, notamment aux Etats Unis. La raison est très simple, c’est que les multinationales, comme toute société à but lucratif, fonctionnent selon un principe extrêmement basique : il y a d’un côté les recettes et de l’autre côté les dépenses et si une dépense est engagée (les « banquets » médicaux coûtent cher) il faut qu’elle génère des revenus plus importants. Ne pas comprendre ce fait basique c’est faire la démonstration qu’on ne comprend rien aux impératifs des firmes et, curieusement, ce sont les experts les plus proches des firmes qui semblent le comprendre le moins.
En 2008, 2009 on ne voyait aucun inconvénient, encore moins les pédiatres, qui n’en voient toujours pas, à ce mélange des genres. Mais la pseudo-pandémie est passée par là, et il y a eu une brutale prise de conscience, par la population, et par elle seulement, de ce que les visées commerciales de Big Pharma pouvaient être en contradiction avec leurs propres intérêts et l’intérêt global de la santé publique.
Cela n’a empêché en rien la politique de coopération entre les politiques et Big Pharma de se poursuivre, et le mélange toujours croissant des genres : recherche publique asservie aux intérêts d’entreprises privées, multiplication des « partenariats » dont les seuls bénéficiaires sont les Pharmas et invasion des services publics par de la documentation à visée « informative » élaborée par les services marketing de Big Pharma ( à titre d’exp, je me suis aperçue que j’avais, sur mon tout nouvel ordinateur portable, une base de données en vaccinologie appelée Datavax, conçue par Sanofi Pasteur).
...

CMT a dit…

suite
En février 2007, la décision de Xavier Bertrand de rembourser le Gardasil avant l’avis du groupe de travail de la HAS, qui n’était, soit dit entre parenthèses, pas très favorable au vaccin, est arrivée comme un cheveu sur la soupe. Parce que Sanofi et Merck n’avaient pas pu déployer toute leur puissance marketing en France et en Europe, comme ils l’avaient fait aux Etats Unis, où la publicité directe de Big Pharma au public est autorisée, et qu’ils n’avaient pas pu créer le même sentiment d’urgence qu’aux Etats Unis, où des agences de publicité payées à cet effet par le laboratoires avaient orchestré des campagnes utilisant, notamment, les réseaux sociaux, pour donner le sentiment d’une menace méconnue planant sur les jeunes filles et que le vaccin avait seul le pouvoir de juguler. Tout ceci est bien expliqué dans le livre de Catherine Riva et Jean Pierre Spinoza, « la piqure de trop ».
Le rapport du groupe de travail du HCSP, de octobre 2011, que signale BG est, de toute évidence, un rapport « politique » et non pas scientifique, destiné à donner l’impression qu’on prend en considération les préoccupations et à rassurer.
Mais il souffre d’un défaut conceptuel majeur, comme tous les débats actuels sur le Gardasil, en tous cas comme les dimensions auxquelles les représentants du HCSP, les membres d’Infovac, et Big Pharma essayent de réduire les débats actuels sur les vaccins contre le papillomavirus.
Le débat est un non sens, a des allures surréalistes,car on ne peut pas émettre un avis cohérent et scientifiquement fondé sur le sujet de savoir si le rapport bénéfice/risque du vaccin est modifié dès lors qu’on ne sait pas, au départ, quel est le bénéfice du vaccin sur le seul critère qui soit réellement pertinent, à savoir sur la diminution de l’incidence et de la mortalité par cancer du col de l’utérus .
Donc on peut tourner en rond à l’infini et tous les avis émis sur le sujet ne seront jamais que des opinions sans fondement tant que l’efficacité réelle du vaccin sur le seul critère pertinent cliniquement ne sera pas démontré. Et, le problème est bien qu’on nous explique qu’o ne peut le démontrer qu’en acceptant d’abandonner toute dimension éthique dans les politiques vaccinales. C'est-à-dire en acceptant de transformer l’ensemble de la population en cobayes .
Marc Girard a levé un lièvre qui rend compte de l’absurdité du processus qui a abouti à la mise sur le marché du vaccin, dans son article « Gardasil, éléments pour un vrai débat » http://www.rolandsimion.org/spip.php?article311#nb21 , où il montre que le service de la FDA chargé de l’évaluation du vaccin, a accepté, probablement à la demande du fabricant, de ne prendre en compte que les effets indésirables survenus chez au moins 2% des jeunes filles pendant les essais cliniques. Rendons nous bien compte que, appliqué au nombre de personnes vaccinées aux dernières nouvelles, et ce nombre ne cesse d’augmenter, cette manière d’évaluer les effets indésirables aboutirait à ce qu’on ne prenne en compte que des effets indésirables survenus chez au moins 800 000 (huit cent mille) personnes sur les 42 millions de personnes vaccinées.
Donc, pendant les procédures d’évaluation, on a accepté le principe qu’un vaccin n’ayant pas démontré le moindre bénéfice de santé publique pouvait provoquer une catastrophe sanitaire majeure.

BG a dit…

@ CMT
Avez-vous vu le dernier InfoVac qui donne un lien vers une étude du CDC sur les vaccins HPV.

"Bien entendu, aucune association entre maladiea auto-immune et vaccin HPV n'a été retenue" dit InfoVac qui connait la réponse à l'avance (Un "Bien entendu" qui en dit long ...Voici le lien :

http://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm6329a3.htm?s_cid=mm6329a3_w

En voici un autre :
http://www.cdc.gov/mmwr/pdf/rr/rr6305.pdf

CMT a dit…

A BG
Oui, merci, j’ai reçu et lu l’article concernant le vaccin contre le HPV.
J’avoue que je ne comprends pas. C’est à se demander si les experts Infovac lisent les articles qu’ils mettent en lien. Ou s’ils comptent sur le fait que leurs lecteurs ne comprennent pas l’anglais ou ne se donneront pas la peine de les lire.
L’article, qui est présenté par Infovac comme une « excellente synthèse sur l’efficacité et la tolérance » du vaccin traite surtout de la couverture vaccinale, présentée comme trop faible, et du fait que cela serait dû à ce que les médecins ne savent pas saisir la moindre occasion où un ado se présente devant eux pour le vacciner. Le gros du sujet est comment augmenter cette couverture. Et, on apprend aussi, par déduction, puisque le sujet n’est pas du tout évoqué dans l’article que, huit ans après le début de la campagne de vaccination et après avoir administré 67 millions de doses à des adolescents ou jeunes adultes en bonne santé, on est toujours incapable de démontrer un début d’efficacité sur le critère pour lequel le vaccin a été mis sur le marché et promu par les pouvoirs publics, le seul qui ait un intérêt, même faible, en santé publique à savoir la diminution de l’incidence du cancer du col de l’utérus.
En revanche, les 1900 effets indésirables graves déclarés sont passés par pertes et profits. Toujours au nom des bénéfices potentiels, éventuels du vaccin. Selon l’article, le principal défaut de la pharmacovigilance passive serait que n’importe qui puisse déclarer n’importe quoi. En revanche, le fait qu’elle génère une sous estimation d’un facteur 10 à 500 des évènements indésirables réellement survenus est minimisé.
Pour la question de savoir pourquoi un tiers des adolescents qui reçoivent une première dose ne complètent pas leur vaccination (toujours trois doses aux Etats Unis, cette divergence de politiques vaccinales avec la France n’est pas non plus expliquée par Infovac), elle est simplement ignorée.
Juste rappeler que, les Etats Unis, première puissance mondiale, qui dépense le plus pour la santé et où l’on administre à la population et aux enfants en particulier le plus grand nombre de vaccins au monde, est classé à la 38ème position pour la mortalité infantile (décès d’enfants entre la naissance et un an), quelque part au milieu des pays d’Europe de l’Est.
Si on suppose que le but de la vaccination n’est pas la vaccination elle-même mais l’amélioration de la santé publique, vacciner beaucoup et sans discernement ne semble donc pas être la bonne stratégie pour améliorer la santé des enfants et diminuer la mortalité.
La teneur de l’article pourrait se résumer ainsi : « puisque ce vaccin, qui n’a pas démontré d’intérêt en termes de santé publique, n’a donné lieu, finalement, qu’à 1900 déclarations d’effets indésirables graves chez des ados en bonne santé aux Etats Unis, il est urgent d’élargir la couverture vaccinale. »

BG a dit…

J'ai retrouvé des notes que j'avais prises au congrès de Lille de la Sfsp, début novembre 2011.
Au cours de sa communication, le président du CTV dit :
"nous sommes dans une quasi crise sanitaire vis à vis de l'efficacité de la vaccination HPV. Une crise sanitaire mettant en jeu l'efficacité d'un vaccin recommandé ne s'était pas produite, du moins à ma connaissance, jusqu'à une période toute récente vis à vis le la vaccination HPV qui met en cause non seulement son innocuité mais son efficacité".

Au cours de la même session, le sociologue du CTV Didier Torny dira :
"Daniel Floret l'a bien dit tout à l'heure, il y a une critique à propos de l'efficacité de la vaccination HPV "

Des vidéos de ces exposés avaient été mises en ligne sur le site de la Sfsp. Il est possible qu'elles y soient toujours. J'avais recopié les extraits cités à partir de ces vidéos.

CMT a dit…

A BG
Il faut savoir qu’aux Etats Unis les vaccins contre le HPV continuent à être présentés officiellement par le CDC comme « protégeant contre le cancer du col » (« Two vaccines (Cervarix and Gardasil) protect against cervical cancers in women. » http://www.cdc.gov/hpv/vaccine.html ). Cette désinformation du public traduit certainement un manque de contre-pouvoir aux Etats Unis, et la proximité ancienne entre le gouvernement fédéral et les multinationles pharmaceutiques américaines, qui ont toujours été très protégées, bénéficiant, notamment, d’un régime fiscal très favorable.
Ces liens déjà anciens et contre-nature entre pouvoirs publics et pharmas (cela passe aussi, comme c’est habituel aux Etats Unis, par le financement direct des campagnes électorales de tel ou tel par Big Pharma), sont grandement renforcés, en ce qui concerne le Gardasil, par le versement de royalties par Merck à des institutions publiques qui ont participé aux innovations techniques permettant la mise au point du vaccin. Merck verse des royalties notamment au NIC, national institue of cancer, qui fait partie du NIH, national institute of Health, c'est-à-dire un des organismes publics gouvernementaux s’occupant de santé parmi les plus importants aux Etats Unis. Ce qui fait que quand Merck vend beaucoup de vaccins le NIC gagne de l’argent. Ca pose problème pour un organisme publique quant aux garanties de neutralité dans ses prises de position sur le vaccin.
Alors qu’en France, grâce, notamment à l’action de Med’ocean et de Philippe de Chazournes, qui avait organisé en octobre 2011 une réunion d’information à l’assemblée nationale http://www.medocean.re/2011/09/le-gardasil-a-l%E2%80%99assemblee-nationale/ , avec la participation, entre autres, de Catherine Riva et Jean-Pierre Spinoza, les « experts » ont été soumis à une certaine pression qui les a obligé à reconnaître, dans le bulletin Infovac rédigé en réponse à la pétition présentée par Med’ocean (pétition présentée afin qu’une mission parlementaire soit mise en place et qu’une enquête ait lieu sur les conditions dans lesquelles ce vaccin avait été recommandé et sur quelles bases ou absence de bases scientifiques) que « A ce jour, il n’est pas encore démontré que ces vaccins protègent contre le cancer du col : ». Ce n’était pas le discours tenu par Infovac lors de l’introduction du vaccin en France.
Il y a donc deux situations différentes des deux côtés de l’Atlantique : aux Etats Unis le vaccin peut être officiellement présenté comme protégeant contre le cancer du col, et la population comme les médecins peuvent être induits en erreur à ce sujet. En France, ce n’est pas possible, simplement parce que c’est faux et que si les « experts » s’avisaient de présenter le vaccin comme ayant démontré une efficacité contre le cancer du col, il y aurait un certain nombre de personnes capables de les démentir.
La référence, en France pour les allégations au sujet des vaccins, est l’AMM. Or l’AMM ne mentionne pas d’efficacité contre le cancer du col, simplement parce que elle n’a pas été démontrée par les essais cliniques.