jeudi 3 janvier 2013

Pilules : quand l'ANSM montre sa triple incompétence et son ignorance


L'ANSM est bien embêtée. Voir son communiqué du 21 décembre 2012 : LA.
Elle est embêtée car l'irruption dans la presse grand public d'affaires tragiques (voir ICI) concernant la tolérance des pilules dites de troisième et / ou de quatrième génération (respectivement PG3 et PG4) chez les jeunes femmes sans facteurs de risque montre sa triple incompétence.
Rappelons-nous quand même que la notion même de pilule de troisième et / ou de quatrième génération n'est qu'un argument marketing. Rien de plus. L'industrie pharmaceutique a simplement commercialisé de nouvelles molécules pour augmenter le prix des pilules et pour augmenter ses marges.

Mais, braves gens, dormez sur vos deux oreilles, un Conseil d'Administration va bientôt être réuni sur le sujet : LA. Le grand docteur Maraninchi a fait des déclarations préliminaires, des coups de sonde dirait-on pour des professionnels coupés du terrain, et les grands sages envisagent : 1) De laisser la prescription des PG3 et des PG4 aux seuls spécialistes (Christian Lehmann suggérait, dans le même style, que le PSA ne puisse plus être prescrit que par les urologues et j'ajoute, les mammographies par les mammographies) ; 2) de dérembourser les PG3 (qui l'étaient déjà !)

Première incompétence : s'être fait avoir par Big Pharma et ses experts infiltrés au centre de l'appareil d'Etat (comme on l'a vu pour les coxibs, le mediator ou le pandemrix), mais comme toutes les agences internationales, sur l'intérêt et l'innocuité de ces nouvelles molécules.

Deuxième incompétence : ne pas avoir fait son travail de suivi de pharmacovigilance de ces nouvelles molécules en laissant le bébé aux industriels eux-mêmes.

Mais la troisième incompétence est encore plus grave. L'ASNM, dépassée et prise au dépourvu, a réagi à contre-courant en annonçant vouloir réserver la prescription des PG3 et PG4 aux seuls spécialistes. Et contre toute logique, comme nous allons le montrer.

Un rapport de l'HAS publié en 2012 (ICI) et qui nous a été signalé et commenté par Dominique Dupagne en son site (LA) analyse l'évolution des prescriptions des différentes pilules selon que les prescripteurs sont médecins généralistes ou spécialistes.


Ces chiffres ne sont interprétables qu'en fonction a) du nombre absolu de prescripteurs généralistes et spécialistes (les gynécologues médicales sont, selon cette source (ICI) 2100 et les gynéco-obstétriciens 5032. Versus 70 000 médecins généralistes. Soit une proportion de 1 sur 10 ; en fonction b) du nombre de primo-prescriptions (en langage marketing : initiation de la prescription) : en effet le poids des spécialistes hospitaliers ou libéraux est fort pour la patiente, il est plus facile pour un spécialiste de changer (autorité de l'expert) la prescription d'un généraliste que l'inverse.

Nous avons repris les chiffres bruts du rapport de l'HAS et les avons analysés ainsi.

Voici d'abord l'évolution globale des prescriptions de PG1, PG2 et PG3 entre 2009 et 2011.

Evolution globale des prescriptions de PG1, PG2 et PG3 entre 2009 et 2011


Ces chiffres montrent, finalement, une grande stabilité des prescriptions et la pénétration constante liée au marketing des PG3 sur le marché malgré leur non remboursement (sauf varnoline et génériques)

Voici l'évolution des prescriptions de PG2 selon les MG et les spécialistes : là aussi, on constate une grande stabilité.

Evolution des prescriptions de PG2 selon MG et spécialistes


 Pour ce qui est des PG3 on se rend compte que dix fois moins de spécialistes (7000) prescrivent plus de PG3 que 70 000 médecins généralistes !


Evolution des prescriptions de PG3 selon MG et spécialistes

Mais, pour couronner le tout, voici l'évolution des parts de marché des PG1, PG2, PG3 et PG4 qui éclaire un peu mieux sur le glissement des prescriptions vers les PG4 (et notamment l'acétate de cyproterone à forte dose, androcur utilisé comme un bonbon), PG4 très prescrites par les spécialistes dans des indications étendues et notamment chez les jeunes femmes brunes d'origine méditerranéenne (disease mongering).

Evolution des parts de marché des différentes pilules.

En conclusion, l'ANSM plane. Elle ne lit même pas les documents de l'HAS. Elle méprise les médecins généralistes.
C'est son ignorance.

Enfin, mais c'est annexe, l'inflation des génériques avec noms de fantaisie, rend la prescription et, plus encore, le suivi de prescriptions extérieures absolument difficiles. Il serait tellement plus simple que l'on prescrive ethynil estradiol 0,03 / levonorgestrel 0,15 (Minidril, ma favorite).

Pour finir : que les femmes qui prennent des PG3 et des PG4 continuent de les prendre et aillent rapidement consulter leur médecin traitant pour qu'ils évaluent ensemble les risques et les avantages de leur contraception estro-progestative et qu'ils s'accordent pour la sécuriser (et y compris en envisageant le DIU ou autres).

HAS been ?

(Crédit photographique : Sur 20 Minutes : PHILIPPE HUGUEN AFP.COM)

Des commentaires sur des blogs : ICI


53 commentaires:

jb chenique a dit…

Totalement d'accord avec toi et avec le pb des noms fantaisistes des pilules génériques ! On a vu à ce sujet des responsables de grosses associations de FMC traiter de c... ceux du Formindep qui reclamaient normalement que les cahier des charges FPC/exOGC soit appliqué ( DCI), aussi concernant les CO.Il y a longtemps...

Dominique Dupagne a dit…

Merci pour les graphiques complémentaires.

J'ai pensé aussi tenir compte du nombre de gynécologues/généralistes. Mais ce qui compte, c'est le nombre de consultations pour contraception.

Ce qui est intéressant, c'est de voir que si les gynécologues prescrivent moins de C3G, ils prescrivent aussi moins de C2G. Cela montre que les prescriptions ont glissé vers d'autres contraceptifs non présents (ou dans la catégorie "autres") et qu'il ne s'agit pas d'un retour vers des contraceptifs éprouvés et moins dangereux.

Il faudrait affiner ces chiffres.

Abie a dit…

"notamment chez les jeunes femmes brunes d'origine méditerranéenne (disease mongering)"

A quoi cela correspond-il ? Existe-t-l une raison spécifique de leur prescrire des PG4 ? Je rentre moi-même dans cette catégorie, d'où mon étonnement.

@Dominique Dupagne :
"Cela montre qu'il ne s'agit pas d'un retour vers des contraceptifs éprouvés et moins dangereux." Ne pourrait-il pas s'agir, au moins en partie, de la prise en compte du stérilet comme choix légitime pour les nullipares ? (pour le coup, éprouvé, et peu dangereux, sauf erreur de ma part)

CMT a dit…

Très intéressants tous ces chiffres.
Je trouve tout de même intéressant de signaler que ce ne sont ni les médecins (peut-être pas faute d'avoir essayé pour Prescrire), ni l'ANSM qui ont pris le taureau par les cornes, mais une courageuse jeune-femme qui a mis tout le monde devant ses responsabilités.

Il est utile de donner des chiffres car la désinformation commence déjà: 50% des femmes prenant la pilule prendraient une pilule de deuxième génération pour Reuters http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5E9C35PM20130103.
Pour l'IGAS en 2009, le problème venait de l'attitude stéréotypée des médecins qui s'inscrivaient dans une norme contraceptive en faveur de la pilule http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/104000049/0000.pdf. Norme dictée par les labos.
Et il est aussi intéressant de savoir que sur quelques 360 000 grossesses non désirées en France, la deuxième cause de ces grossesses est l'oubli de pilule, après l'absence de contraception.

Et en ce qui concerne les IVG, quelques 220 000 chaque année (1 IVG pour 4 naissances) il est aussi intéressant de noter, que la Finlande, avec un niveau de contraception égal à celui de la France (p11 http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2011-11/note_cadrage_cu_vf.pdf) A REUSSI A DIMINUER LE TAUX D'IVG DE MANIERE CONSTANTE, et que ce qui caractérise le plus ce pays par rapport à la France, c'est UNE DIVERSITE BIEN PLUS IMPORTANTE DES MOYENS DE CONTRACEPTION. Moyennant quoi le taux d'IVG pour 1000 femmes de 15 à 49 ans est de 8,9 contre presque le double en France http://www.johnstonsarchive.net/policy/abortion/ab-finland.html.

Docteurdu16 a dit…

@ Abie
Il n'est pas douteux que Diane 35 est utilisée (mais aussi et surtout l'androcur, beaucoup trop prescrit) pour ses propriétés anti androgéniques et, notamment, pour des hypertrichoses réelles ou supposées dont les magazines féminins ne cessent de dénoncer la laideur.
Second point : il ne faut pas non plus banaliser le stérilet (là, je ne suis pas dans la norme et je tends déjà le dos aux coups des DIUolâtres) qui présente des inconvénients et des effets indésirables. J'entend ici ou là que les stérilets sont sûrs à 100 % pour les nullipares. Je veux bien mais comme on manque de données de pharmacovigilance... je suis prudent.
Bonne soirée.

Anonyme a dit…

J'ai une hypertricose réelle sur le menton, les joues, les seins, les reins, et pour le reste du corps une pilosité beaucoup plus proche de celle d'un homme que d'une femme.
On m'a prescrit la fameuse pilule Androcure, + une crème à mettre matin et soir. On c'est mon endocrinologue.
Pas eu beaucoup de temps pour discuter avec lui MAIS...
Je me suis souvenue d'une conversation avec feu mon généraliste qui m'avait bien expliqu" les dangers de la pilule avec mon tabagisme. Il est mort le pauvre, j'ai donc changé de généraliste. Le nouveau m'a confirmé le risque accru de prendre ce traitement avec ma consommation de tabac.

Je lutte toujours contre ma pilosité excessive, c'est disgracieux, contraignant, douloureux quand il faut épiler mais j'ai fait un choix parce que deux généralistes m'ont conseillé et répondu à mes questions là ou un spécialiste m'a expédié.

Je rage de voir que seuls les spécialistes pourront prescrire ces pilules, prendront ils le temps d'informer ? Prendront ils le temps de faire le suivi ? Je ne sais pourquoi mais je doute....

Anonyme a dit…

Ps : Je sais que le tabagisme est néfaste à la santé, que les risques sont de facto accrus, pour le moment je n'arrive pas à arrêter mais je trouve juste anormal qu'on multiplie les facteurs de risques là où on peut faire autrement.

Il serait temps aussi d'accepter le stérilet même sur nullipare ... C'est encore loin d'être proposé, pourtant avec ça, on est tranquille et sur le long terme !

Anonyme a dit…

Les pilules contraceptives
de 3e génération
et estroprogestatives
de 4e génération

C'est pas fait pour les gros nazes
les médecins généralistes
savent prescrire que Beconase
aux morveux de RMIstes

Heureusement les gynécols
y-z-ont compris 5 sur 5
y vont sauver Marisol
en prescrivant Diane 35

plutôt qu'un r'trait du marché
pour protéger les pépées
on va pouvoir leur fourguer
not'camelote plusieurs années

Pis un jour on arrêtera
y'aura plus d'femmes pour acheter,
y'aura plus de femme à soigner
Elles s'ront toutes mortes d'une EP !

Dr Goro

Gaëtan D'AILLIERES a dit…

@anonyme, bonjour, je suis un peu gêné par la tendance -mais peut-être que j’interprète mal- que nous avons à nous gargariser du fait que les gynécologues ont merdé dans leurs prescriptions.
On a beau être 10 fois plus nombreux, "nous" sommes malgré tout responsables de près de 45% des prescriptions de C3G et ce, malgré les alertes anciennes et les recommandations existantes. Je ne vois pas ce qu'il y a de glorieux.
Comme plusieurs l'ont souligné ici, il serait intéressant d'avoir plus de chiffres, par exemple savoir quelle probabilité a une femme sans facteurs de risque de thrombose A/V, venant pour une première prescription, de recevoir d'emblée une C3G, selon qu'elle soit chez sont med G ou chez son gynéco.
Je suis d'accord, la proposition politicienne de réserver ces prescriptions aux spécialistes est grotesque et énervante vus les chiffres ci-dessus, et véhicule -une fois de plus- l'idée que les med Gé sont des gros nazes qui ne savent ni lire, ni réfléchir ni prescrire. Il faut bien reconnaitre que c'est parfois le cas, et ne pas -trop- se réfugier derrière le fait que "changer une prescription de spécialiste" est difficile.
Enfin, après les responsabilités des laboratoires, des autorités sanitaires et des prescripteurs, est-il politiquement incorrect d'évoquer -très loin derrière évidemment, celle de certaines patientes qui certes sont sous emprise de la publicité mensongère et du culte sociétal du tout maigre-lisse-sansbouton-et-sans poil, mais qui néanmoins, une fois informées, veulent quand même le "dernier-cri". Ou quand les conflits d'intérêts et l'influence sur nos prescriptions ne viennent pas uniquement des laboratoires...

Cordialement

CMT a dit…

Je suis catastrophée que les discussions tournent encore sur les rivalités entre généralistes et spécialistes d'une part, et sur, faut-il plutôt prescrire des pilules de 2ème ou 3ème génération? On dirait que les médecins français sont totalement englués dans des modes de pensée qui leur sont inculqués par l'industrie pharmaceutique.
La question est plutôt quand est-ce que les médecins français apprendront à prescrire des moyens de contraception adaptés?Et qui leur apprendra? Puisque à l'évidence, ils ne savent pas. Autrement dit, quand ne pas prescrire ou arrêter la pilule?
Je reviens à la Finlande où les prescriptions de pilule sont 4 à 5 fois moindres qu'en France. Et je rappelle encore, taux d'IVG DEUX FOIS MOINDRE. Donc, la comparaison du risque de thrombose veineuse sous pilule et chez la femme enceinte n'a aucun rapport avec la choucroute. Les DIU, sont autant utilisés en Finlande qu'en France. Mais ce sont les préservatifs et la stérilisation qui sont beaucoup plus utilisés en Finlande.
En France, on a décidé une fois pour toutes que les préservatifs étaient un mauvais moyen de contraception. Combien de médecins s'assurent que les ados connaissent l'utilisation du préservatif? Le préservatif a un avantage non négligeable pour des jeunes, il prévient les Infection sexuelt transmissibles, ce que la pilule est incapable de faire.
La responsabilité première de ce gâchis revient aux agences de contrôle: autoriser la mise sur le marché de pilules qui n'améliorent pas le service médical rendu et ensuite laisser le champ libre aux labos pour en faire la promotion auprès des médecins. Dans un pays où beaucoup de jeunes filles et femmes fument c'est irresponsable.
Ce n'est pas parce qu'un traitement est sur le marché qu'il a un intérêt et qu'il doit être promu auprès des patientes.Et cette partie là est tout de même de la responsabilité des médecins.

BG a dit…

"Olé ben vrai ça!" aurait dit la mère Denis à propos des propos de CMT. Et c'est bien envoyé !

Anonyme a dit…

@Gaetan : ben c'est dur de trouver une rime en "ol" pour marisol, d'où les gynécols
Je m'aperçois trop tard que cette chansonnette pourrait faire croire à une rivalité MG/spécialistes, loin de moi cette idée, nous sommes tous dans le même bain
Mea culpa
Dr Goro

Docteurdu16 a dit…

@CMT
Deux points : la Finlande n'est quand même pas le Paradis sur terre. Tu la signales et pour l'éducation et pour le nombre d'IVG comme le wonderland. Je rappelle ici que les premières études sur les statines ont été faites en karélie où le taux d'infarctus est, avec la région de Glasgow, le plus élevé du monde et à cholestérol égal... Les premières tueries dans les écoles ont eu lieu en Finlande... le binge drinking, c'est une pratique très Cercle Polaire...
Deuxième point : l'éloge de la capote (dont je ne nie pas les qualités en pathologie infectieuse) me rend songeur. Moi qui connais la période pré sida et déjà contraception moderne, il n'y a pas photo...
Il serait intéressant, par ailleurs, de comparer les courbes d'IVG dans les différents pays avec le taux de fécondité par femme (depuis le dix-huitième siècle par exemple), on verrait que la structure familiale anthropologique joue un rôle majeur... Mais ce sera un autre développement.
@ Goro marisol et tartignole, ça te va ?

CMT a dit…

A JCG
Tu dis : » Les premières tueries dans les écoles ont eu lieu en Finlande. ». Tu trouves que c’est un argument ça ?
L’exemple de la Finlande était simplement destiné à s’inscrire en faux par rapport au discours ambiant. A savoir, hors la pilule point de salut.
Ben oui. Améliorer l’efficacité contraceptive à l’échelle d’une population est possible en prescrivant 4 à 5 fois moins la pilule. Il serait temps que les médecins G ou spé, reconnaissent qu’ils ont un sacré conflit d’intérêts sur le sujet. 5 millions de femmes sous contraception orale cela représente un presque 20 millions de consultations par an pour prescription ou renouvellement de contraception. Cela rend les femmes très dépendantes des médecins. Sans qu’il en ressorte un bénéfice clair pour les femmes.
On sait à quel point les conflits d’intérêts entravent la capacité à penser. Et font l’objet d’un déni. Les MG ne font pas exception
L’indice de Pearls (nombre de grossesses pour 100 femmes pour 12 mois d’utilisation d’un moyen contraceptif) est très trompeur. C’est un indice purement théorique qui arrange visiblement pas mal de monde. En réalité, d’après l’OMS (et MW) un préservatif bien utilisé est plus efficace qu’une pilule mal utilisée http://martinwinckler.com/IMG/pdf/Efficacite_des_methodes_contraceptives.pdf . Les pilules microdosées accroissent le risque de mauvaise utilisation . Et protège contre les IST, même si les hommes de plus de 40 ans ont du mal avec le préservatif. C’est leur problème.
Si on regarde le nombre de grossesses sous pilule il y en aurait environ 120 000 par an en France (30% des quelques 370 000 grossesses non désirées) C’est déjà moins flatteur en termes d’efficacité contraceptive que les 1 pour 1000 femmes de l’indice de Pearls. Environ 10 fois plus de grossesses non désirées sous pilule que ce qui est annoncé par l’indice de Pearls.
Je n’ai pas aimé la précipitation des MG pour défendre leur droit à prescrire les pilules de troisième génération. On dirait que maintenant que les autorités reculent là-dessus le problème est résolu pour eux.
On oublie de dire qu’historiquement, le principal argument de promotion des pilules de troisième et quatrième génération était une diminution des risques cardio-vasculaires et thromboembolique. Sans ça ces pilules n’avaient pas de raison d’être puisqu’elles provoquent plus d’effets secondaires que leurs prédécesseurs (règles anarchiques, risque thrombo-embolique) et ont une moindre praticité d’emploi (pas de droit à l’erreur, un décalage de quelques heures dans la prise suffit à les rendre inefficaces). http://www.ethique.inserm.fr/serveur/asdes.nsf/397fe8563d75f39bc12563f60028ec43/491d284840fd0281c1256a450044790e/$FILE/ATTV6EQG/texte.pdf
Sensibles aux arguments promotionnels et puisque les agences de contrôle avaient donnée leur quitus les médecins européens se sont mis à prescrire ces pilules à tour de bras aux femmes jeunes et aux femmes ayant des facteurs de risque cardio-vasculaires http://www.lesjta.com/article.php?ar_id=80 . Quel est le grand intérêt de ces pilules à part un intérêt marketing ? C'est-à-dire donner l’impression aux femmes qu’elles ont un large choix et que leur médecin leur propose des moyens de contraception à la pointe de l’innovation ?

CMT a dit…

Et tout le monde parle des risques sous pilules alors qu’il faudrait parler des risques sous pilule et tabac. D’après une enquête du CREDES (2003) http://www.gyneweb.fr/Sources/contraception/pilule-tabac.htm il y a plus de femmes sous contraception orale qui fument que de femmes sans contraception orale qui fument. 35% des femmes prenant la pilule fumaient dans cette enquête contre 25%. Ce n’est pas très flatteur pour les médecins parce que cela veut dire que les médecins ne jouent absolument pas leur rôle de conseil vis-à-vis des femmes qui demandent une contraception, et ne respectent probablement pas les contre-indications de la pilule.
Il n’est pas indifférent de parler du tabagisme quand on parle des risques de la pilule. Parce que pour ces 35% de femmes les risques à la fois les risques thrombo emboliques, d’infarctus et d’AVC sont démultipliés http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ajh.21059/abstract . Les chiffres annoncés par Maraninchi doivent donc être très largement majorés. Le tabac et les contraceptifs oraux sont à la fois un facteur de risque veineux (phlébite, embolie pulmonaire, certains AVC) et artériel (infarctus, AVC, trhombose artérielle…).
Ces risques sont aussi majorés par l’âge. Or, en 2005, 43% des femmes de 35 à 49 ans prenant une contraception utilisaient une contraception orale. Et il est probable qu’une proportion non négligeable d’entre elles fumaient http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/104000049/0000.pdf . Je me pose une question : pourquoi les MG et les gynécos ne proposent pas à ces femmes de plus de 40 ans ou au couple une stérilisation si elles ne souhaitent plus avoir d’enfants ?
Il est difficile d’établir des relations entre des chiffres globaux de mortalité et des facteurs de risque à l’échelle d’une population. Mais l’augmentation de la mortalité cardio-vasculaire, qui a été multipliée par 3 chez les femmes de moins de 50 (passant de 3,7% à 11,6%) ans entre 1995 et 2010 (cela en a fait la première cause de mortalité dans cette tranche d’âge), ce qui représente environ un millier de décès supplémentaires peut-être probablement attribuée en grande partie à l’association tabagisme et pilule. Si on prend les chiffres de Maraninchi on arrive au maximum à quelques dizaines de décès. Mais Maraninchi n’est pas neutre. La pharmacovigilance et l’ANSM n’ont (encore) rien vu. Aucun « signal de pharmacovigilance » n’a été détecté.
D’où l’intérêt de ne pas regarder les choses par le petit bout de la lorgnette. Et de ne pas avoir de conflits d’intérêts…
Heureusement, nous sommes sauvés par des journalistes indépendants, comme Anne Jeanblanc, qui expliquent aux femmes que prendre la pilule, non seulement ne présente pas de risques, mais est au contraire une sorte d’élixir de jeunesse qui protège à peu près contre tout http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/la-pilule-contraceptive-ameliore-la-sante-des-femmes-16-03-2011-1307342_57.php .


Docteurdu16 a dit…

@ CMT Juste un point, pour le reste, je vérifie certains chiffres et, notamment, ceux du DIU... Je ne fais pas partie des MG qui revendiquent les P3G et les P4G, je fais partie des MG qui revendiquent leur exceptionnelle utilisation...
Bonne soirée.

CMT a dit…

Je ne parlais pas de toi, en l'occurrence,parce que j'ai cru comprendre que tu n'utilisais que des pilules de deuxième génération. Mais j'avoue que j'ai trouvé l'attitude de DD agaçante et déplacée. On annonce que des femmes ont des accidents cardio-vasculaires et meurent à cause de l'utilisation intempestive des pilules de dernière génération et il n'a rien de plus urgent à faire que de revendiquer l'utilisation de ces pilules pour les MG. En précisant que le médecin doit continuer à laisser le choix à la patiente.
Le choix de quoi? De faire une embolie pulmonaire à 20 ans ou un infarctus à 45? Parce que si l'utilisation de ces pilules, particulièrement chez les fumeuses, explique les quelques mille décès supplémentaires CHAQUE ANNEE, on peut penser qu'elles sont aussi responsables de quelques dizaines de milliers d'accidents cardio-vasculaires qui peuvent aller de la phlébite à l'AVC et qui peuvent ne pas être mortels mais laisser des séquelles graves. Comme ce fut le cas pour Marion Larat.
Je trouve qu'il faut arrêter un peu les bêtises et se rappeler quel est le B-A BA du travail de médecin.
Le Formindep demande le retrait. C'est la seule attitude cohérente.

Docteurdu16 a dit…

@ CMT Tu as raison : je ne primo prescris jamais de P3G ou de P4G.
Sans entamer une polémique stérile, je dois dire que l'attitude de Dominique Dupagne me rend perplexe. Je pense de plus en plus qu'il est libertarien et avec quelques contradictions. Quant au commentaire d'irène Frachon sur Atoute (http://www.atoute.org/n/Faut-il-reserver-la-prescription.html), sa dernière phrase en particulier, il me rend perplexe : ce sont les femmes informées qui doivent prendre une décision... Les femmes informées sur les risques du Mediator ?
Amitiés matitudinales.

Anonyme a dit…

Dans le journal Libération daté du vendredi 4 janvier paraissait en page 22 un article intitulé " Du bon usage de la pilule".( auteurs : Nathalie Bajos sociologue démographe inserm), Danielle Hassoun (gynéco), Caroline Moreau ( épidémiologiste inserm)et Alfred Spira (épidémio Paris-sud)).

L'article commence par s'alarmer des conséquences de l'écho médiatique généré par la plainte de la jeune femme victime ; en 1995 un rapport sur les risques de la P3G se serait accompagné d'une baisse de l'utilisation de la pilule et d'une augmentation de grossesses non prévues et d'IVG : d'abord, ce constat est-il avéré ?

L'article, après s'être fait un devoir de rappeler "que la pilule contraceptive est une des plus grandes avancées médicales et sociales du XXème siècle"..., met encore en avant les effets bénéfiques sur la santé ( kystes ovariens,douleurs liées aux règles,acné,cancers ovariens ou de l'endomètre).

Mais surtout il pose que les risques thromboemboliques des PG3 - ou même des PG4 - ce n'est pas clair pour moi- "reste toutefois inférieur à celui qu'encourt une femme enceinte, et plus encore au risque enregistré juste après l'accouchement." C'est l'argument central. Fâché avec les statistiques, et ayant également en tête l'opinion affirmée plus haut par CMT ( " Donc, la comparaison du risque de thrombose veineuse sous pilule et chez la femme enceinte n'a aucun rapport avec la choucroute.") je serais curieux de lire vos réflexions à ce sujet si toutefois vous jugez utile de l'examiner.

J'ai bien compris l'argument de CMT qu'elle tire de l'observation de la situation en Finlande ( qu'il faudrait affiner par tranche d'âge pour comparer les effets différenciés du préservatif et de la stérilisation). Soit dit en passant, l'article de Libération, cossigné pourtant par des épidémiologistes, n'évoque quasiment pas ces autres moyens contraceptifs . Seul le stérilet est nommé, en une occurence très brêve tandis qu'ailleurs les auteurs souhaitent que les autorités promeuvent " les autres moyens de contraceptions." , sans plus de précision/discussion.

Les auteurs développent un autre argument d'ordre comportemental : le déremboursement des PG3 pourrait conduire certaines femmes habituées à ce type de pilule à arrêter toute contraception ???( les auteurs n'hésitent pas à invoquer un risque d'inégalité social d'accès à la pilule ????)

Anonyme a dit…

précision . "en 1995 un rapport sur les risques de la P3G se serait accompagné d'une baisse de l'utilisation de la pilule et d'une augmentation de grossesses non prévues et d'IVG "

C'était au Royaume Uni.

Docteurdu16 a dit…

@ Anonyme du 6 janvier 2013 11:31
Cet article de Libération est symptomatique d'une conscience divisée. Ecrire que "la pilule contraceptive est une des plus grandes avancées médicales et sociales du XXème siècle " c'est quand même se foutre de la gueule du monde. Je ne ferai pas de classement. Je rappellerai simplement que si la cause des femmes se résume à ceci, je suis sidéré.
Il faudrait de longs développements.
La comparaison phénomènes trombe-emboliques ( T / E) pendant une grossesse (condition naturelle me semble-t-il de la femme qui veut avoir des enfants à part les vedettes d'Hollywood qui, marchandisant leur corps, marchandassent le corps des autres femmes pour avoir des enfants) et sous pilule me paraît le comble de la bêtise.
Ainsi la pilule aurait-elle comme AMM de diminuer les phénomènes T / E pendant la grossesse ?
Pour en revenir aux phénomènes sociétaux : la contraception, ce n'est pas que la pilule. Et la baisse des naissances en France est apparue au 17° siècle dans la vallée de la Seine bien avant les moyens modernes contraceptifs.
Mais je reviendrai sur toute cette affaire.
Dernier point : pense-t-on, hors contraception et IVG, que la misère sexuelle soit moins grande maintenant qu'il y a un siècle ? Pense-t-on que l'on fasse "mieux" l'amour maintenant qu'à l'époque de Madame de La Fayette ou de Vivant Denon ?
La contraception moderne (et y compris l'IVG) ne diminue pas le nombre de grossesses désirées mais les déplace dans le temps.
J'écrirai un post là dessus.
Bonne journée.

CMT a dit…

A anonyme,
C'est le type d'arguments que développe Big Pharma et ses serviteurs, quand elle est à court d'arguments scientifiques crédibles pour défendre des médicaments. On sort les violons et on menace("mais vous vous rendez compte de ce qui se passerait si on utilisait moins la pilule...?"). On oublie juste de dire que la catastrophe est déjà en train de se produire. Sous forme d'accidents cardio-vasculaires et de décès prématurés qui pourraient être évités.
On a eu droit au même scénario après la pseudo-pandémie de 2009.Les gens doivent commencer à être habitués. Je pose une question simple:est-il plus préoccupant que les gens n'aient pas confiance ou qu'ils aient de bonnes raisons de ne pas avoir confiance?
Il est certain qu'en l'absence de politique cohérente en matière de contraception une crise comme celle-ci, peut avoir des conséquences néfastes. Mais il ne faut pas inverser les rôles. Ces conséquences ne seront pas la faute des femmes mais dues au fait que les autorités auront trop longtemps occulté les risques de la contraception orale. Et dues au traitement sensationnaliste de l'information.
Je ne suis pas prescriptrice de pilule et j'ai moins de connaissances techniques que mes petits camarades. Siary, sur atoute, dit que le risque de thrombose ARTERIELLE est moins élevé avec les C3G parce que les oestrogènes sont moins dosés. Mais il oublie de mentionner que ce risque est toujours plus élevé que sans pilule, que c'est typiquement un risque qui augmente avec l'âge, qu'il est aussi démultiplié par l'association avec le tabac.
Comparer le risque thrombo-embolique veineux sous contraception orale à celui d'une femmes enceinte suppose, implicitement, que toute réduction de l'utilisation de la pilule se solderait automatiquement par plus de grossesses et que le risque trhombo-embolique dû à ces grossesses, dépasserait celui dû aux pilules. Ce qui n'est pas évident du tout du tout. Un contre exemple est la Finalnde: moins de pilule, moins de grossesses non désirées.
Je corrige une erreur de calcul, d'après les "vrais chiffres" le risque moyen annuel de tomber enceinte pour une femmes sous contraception orale est de plus de 2%, soit plus de 20 fois supérieur à ce qu'annonce l'indice de Pearls.

A JCG,
ce que dit Irène Frachon est totalement contradictoire. Elle dit que les mesures de restriction pour un mauvais médicament ne sont pas efficaces.Ce qui signifie que seul un retrait serait efficace. Et elle déclare qu'elle est d'accord avec DD.
Je me félicite tous les jours de ne pas m'encombrer de considérations mondaines quand je fais des commentaires (ne pas offusquer celui-ci, ne pas contrarier celui-là...) même s'il peut arriver que cela me vaille des menaces de poursuites par des personnes qui refusent de reconnaître leurs conflits d'intérêts.
Quand à DD et son idée que toutes les merdes mises sur le marché par les laboratoires sur la base d'études biaisées doivent être indistinctement proposées aux patients, je propose d'aller jusqu'au bout du raisonnement, de mettre les médicaments en vente libre, de laisser les labos faire l’information aux patients et de supprimer les médecins.
Bon après midi.

CMT a dit…

Il y a trois lignes de défense pour préserver les intérêts des patients contre des pratiques commerciales de plus en plus agressives, envahissantes, cohérentes des laboratoires.
La première sont les agences de contrôle.
On a vu dans d’autres discussions, que les politiques d’influence auprès des instances européennes (paquet pharmaceutique), un lobbying de plus en plus marqué cohérent, la multiplication des conflits d’intérêts ont vidé les réglementations de leur sens et de leur portée. Désormais c’est la permissivité qui fait loi. Tandis qu’en France, le comité économique des produits de santé, contourne délibérément la réglementation pour fixer des prix le plus élevés possibles à des médicaments qui n’apportent rien. Ce qui est une manière d’encourager les labos à continuer dans le même sens. Exit les agences de contrôle.
La deuxième ligne de protection ce sont les médecins. Des médecins formés par les labos ne jouent pas leur rôle. Exit les médecins.
Après, il ne reste que la voie judiciaire. Elle ne permet pas de faire de prévention. C’est de la réparation. La prévention s’est jouée (ou pas) en amont. Les gros labos ont les épaules très larges. Des amendes de plusieurs milliards d’euros aux Etats Unis n’ont rien modifié dans leur comportement. Le recours à la loi montre que tout le système dysfonctionne .
La voie judiciaire n’est pas un moyen de gérer les politiques de santé publique. C’est un pis aller. Mais si c’est le seul moyen pour que les autorités entendent l’intérêt des patientes, je plébiscite.
Moi je suis médecin de médecine préventive. Un exercice de la médecine totalement méprisé en France, toujours très indigent en termes de moyens financiers, par rapport à d’autres pays européens, et qui est en train de disparaître, puisque il n’est assumé que par les services publics et que les moyens des services publics sont constamment restreints, depuis de nombreuses années.
Le rôle de la médecine préventive est, plus particulièrement, dans le cadre de la prévention précoce, de tenter de prévenir les problèmes de santé évitables avant qu’ils ne surviennent.
La prévention précoce se différencie de la prévention secondaire, qui est celle qui a le vent en poupe, et qui consiste à constater les dégâts alors qu’ils sont déjà là afin de mettre en route de gros moyens techniques qui font marcher le commerce, sans toujours justifier de leur utilité, comme dans le dépistage organisé du cancer du sein.

CMT a dit…

Non seulement la médecine préventive n’intéresse pas, elle ne promeut pas la compétitivité de l’industrie pharmaceutique, ce qui, comme chacun sait, est l’objectif premier de tout système de santé, mais parfois elle dérange, justement parce qu’elle pourrait empêcher les gens de tomber malades, qui sait ? http://csht.medicalistes.org/IMG/pdf/28_RQ_14_avril.pdf
Apparemment l’ANAES avait constaté depuis 2004 que la prescription contraceptive en France était inadaptée et avait émis des recommandations pour faire participer davantage les femmes au choix de leur contraception. On voit que c’ est un franc succès. On prescrit toujours autant, de plus en plus, la contraception hormonale en France.
Ceci s’explique par l’ambigüité des recommandations .Tout en prônant de laisser plus de choix aux femmes c’est pilule à tous les étages (la pilule est la contraception de choix pour l’ado, il faudrait l’associer de préférence avec le préservatif, la stérilisation à réserver aux cas très particuliers) . Finalement, diversifier, oui à condition de garder toujours à l’esprit que la pilule est le meilleur moyen de contraception pour tout le monde.http://clge.fr/IMG/pdf/contraception_RP_versus_recommandations_HAS.pdf
Difficile de changer les habitudes avec des messages aussi ambivalents.
http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/784.pdf
Et on ne mentionne jamais que la contraception hormonale présente des CONTRE-INDICATIONS, notamment FUMER APRES 35 ANS.
On peut tergiverser sur les mérites relatifs de telle ou telle pilule, mais, pour ce que j’ai pu voir, toutes les études coïncident sur ce point, CHEZ LES FUMEUSES, le risque trhombo-embolique, d’AVC, d’infarctus est grandement majoré par la prise de contraception oestro-progestative après 35 ans.
http://martinwinckler.com/spip.php?article570
http://www.contraceptionjournal.org/article/S0010-7824%2898%2900019-5/abstract
Le simple respect des contre-indications, permettrait surement de réduire déjà drastiquement les inconvénients de la CO.
Je me pose les questions suivantes.
Est-ce que les médecins demandent toujours aux patientes si elles veulent arrêter de fumer avant de leur prescrire une contraception ?
Est-ce qu’ils sont formés pour les aider à s’arrêter de fumer ?
Est-ce qu’ils prévoient une transition vers un autre moyen de contraception autour de 35 ans ?
A la clé, non seulement la réduction d’accidents cardio-vasculaires, mais aussi de cancer du sein, de cancer des poumons.
Il faudrait y penser sérieusement.




CMT a dit…

Un commentaire intéressant de Philippe Nicot sur "atoute" http://www.atoute.org/n/Faut-il-reserver-la-prescription.html .
Il pense que le fait que les Pharmas n'aient pas contesté l'absence d'amélioration du service médical rendu des pilules de dernière génération est un argument sur leur manque d'intérêt. Ces pilules ne devraient être prescrites, éventuellement, qu'à 5% des patientes.

Maraninchi se retranche derrière l'avis de l'agence européenne du médicament pour ne pas prendre de décision de retrait. L'agence européenne du médicament est un vivier d'anciens et futurs cadres et conseillers scientifiques de l'industrie pharmaceutique.

Pourquoi est-ce que l'agence européenne du médicament n'a pas constitué un obstacle pour les retraits récents de médicaments utiles et pas chers? Comme le Diantalvic par exemple?

J'ai une interprétation beaucoup moins optimiste du fait que les Pharmas n'aient pas contesté.
Elles n'ont pas contesté parce qu'elles savaient déjà que les médecins feraient le boulot pour elles. Qu'une pilule qui était destinée à 5% des femmes serait prescrite à 50%. Que les médecins à 50 ou 60 consultations par jour, dont une bonne partie ne devraient pas être vues par un médecin, savent que le moyen le plus efficace de conclure une consultation rapidement c'est de sortir une ordonnance en évitant de discuter du pourquoi et du comment.
On aurait pu imaginer ceci dans un monde idéal:
-les autorités prennent conscience des dangers que leur laisser-faire fait courir aux 14 millions de femmes qui demandent une contraception
-les autorités annoncent le retrait des pilules de dernière génération dans un délai de un an
- en attendant les autorités font une grande campagne de formation à la contraception à l'égard des médecins prescripteurs
- pour ce faire, ils vont chercher des formateurs bilingues en Finlande, qui apprennent aux médecins français que oui, avoir une contraception efficace sans pilule c'est possible, quand et comment la prescrire, et que oui, respecter les contre-indications de la pilule c'est possible et que ça évite beaucoup de bobos aux femmes, même si ça prend 5 mn de plus par consultation
- dernière acte, la réduction des risques se fait progressivement mais sûrement, les IVG diminuent et les Pharmas ruminent leur vengeance
J'ai vu tout à l'heure un gynécologue qui flippait comme un fou à la TV et ça m'a fait très plaisir.
Je conseille aux femmes victimes d'effet secondaires de porter plainte. Cela nous tiendra lieu désormais de pharmacovigilance et cela semble très incitatif pour faire réfléchir les médecins à ce qu'ils prescrivent.
Je conseille aux autres de poser plein de questions, quitte à faire "perdre" une demi heure à leur médecin.
Malgré tout, je conseille aussi de continuer à lire les médecins qui écrivent sur des blogs, qui sont parmi les très rares à se poser parfois des questions.

Anonyme a dit…

CMT vous écrivez : "Comparer le risque thrombo-embolique veineux sous contraception orale à celui d'une femmes enceinte suppose, implicitement, que toute réduction de l'utilisation de la pilule se solderait automatiquement par plus de grossesses et que le risque trhombo-embolique dû à ces grossesses, dépasserait celui dû aux pilules. Ce qui n'est pas évident du tout du tout."

Excusez moi de ne pas comprendre avec certitude ce sur quoi porte votre doute. j'ai bien compris que l'exemple Finlandais montre que toute réduction de l'utilisation de la pilule ne se solde pas automatiquement par plus de grossesses inopportunes (moyennant un temps d'adaptation, de communication, d'éducation...). Mais, ce que vous ne trouvez pas évident est-ce aussi le constat même que "le risque trhombo-embolique dû à ces grossesses, dépasserait celui dû aux pilules." ? A vous lire ce constat n'est pas une évidence mais est sujet à discussion...Vous ai-je bien lu ?

Anonyme a dit…

Lydia Guirous, qui n'est pas de la majorité parlementaire, y va à belles dents : "Comment ne pas être indignée de votre absence de réaction, lorsque l'on entend les médias (alimentés par votre cabinet), une larme à l'œil, dire que par manque d'information et d'accès les jeunes filles sont obligées de se contenter du préservatif comme mode de contraception ?...Il est de votre responsabilité de rappeler que la pilule et l'IVG ne protègent en rien des MST et que seul le préservatif peut le faire. A force de faire de la retape auprès des vieilles féministes, en vous focalisant sur l'IVG, auriez-vous oublié qu'un des enjeux majeurs de santé publique chez les jeunes, est la prévention des MST ?

C'est peut-être les préservatifs que vous devriez totalement rendre gratuits et accessibles dans toutes les officines de pharmacie." http://www.huffingtonpost.fr/lydia-guirous/pilules-marisol-touraine_b_2016195.html

Plus c'est simple plus c'est compliqué (ou l'inverse ?). Pas de veine pour les artères !

Anonyme a dit…

Gérard Bapt est interrogé sur ActuToulouse le dimanche 06 janvier : http://00l.fr/2VKgjd3h/

"J’ai été stupéfait de voir que certaines patientes découvrent dans la presse, en lisant des témoignages, qu’elles sont elles-mêmes malades... Les médecins comme les patientes manquent d’information"

" Les statistiques donnent 8% de la population féminine génétiquement plus exposée à ces complications"

"Enfin, les longs voyages en avion sont un autre facteur à prendre en compte."

la réunion extraordinaire de l’ANSM est prévue le jeudi 14 février.

Anonyme a dit…

Reste à voir comment réagiront les femmes :
-soit elles se détournent de la pillule par peur d'un problème de santé

-Soit elles se disent que depuis le temps qu'elles prennent la pillule, rien n'étant arrivé, pas de raison de changer.

Il est vrai qu'une pillule bien tolérée libère l'esprit et permet des rapports sans peur de grossesse ..IMPORTANT .
Qu'en est il des implants contraceptifs ? Dangereux aussi ? Personne n'aborde cette méthode .
DB

siary a dit…

Il ne faut pas surestimer la mortalité cardiovasculaire chez les femmes demoins de 50 ans : elle n'est pas la première cause de mortalité, loin de là dans cette tranche d'âge :
En 2008 chez les femmes de 25 à 44 ans , les tumeurs représentent 37.5% des décès, suivies des suicides : 12 % et des maladies cardiovasculaires : 10.3 % ( BEH du 07/06/2011 N° 22 page 254 )
La mortalité par infarctus des femmes n'a pas progressé entre 2000 et 2008 : pour les 35- 44 ans elle est de 2 pour 100 000 et pour les 45-54 ans de 8 à 9 pour 100 000.Pour les mêmes tranches d'âge , elle est 4 à 5 fois supérieure chez les hommes ( BEH 8/11/2011 N° 40-41 ). Ce qui relativise beaucoup le risque attribuable à la contraception oestroprogestative .
Quant au débat sur les générations de pilule, j'insiste pour dire que le risque artériel n'est pas augmenté par les pilules de 3 ème génération, même si ce risque est augmenté par la prise d'une COP .
Par ailleurs le tabagisme n'a aucune influence sur le risque veineux thromboembolique . Thromboses veineuses et thromboses artérielles sont le fait de mécanismes en grande partie différents . La prescription massive de pilules de 3 ème génération relève de avant tout des campagnes de marketing des fabricants , mais aussi de la croyance scientiste, déplorable chez beaucoup de médecins et plus souvent quand ils sont spécialistes que toute nouveauté est une innovation thérapeutique : d'où le succès des glitazones , puis des gliptines en diabétologie, des nouveaux antiagrégants et anticoagulants en cardiologie, du Viox en rhumatologie etc les exemples seraient très nombreux . Les precriptions de pilules de 3 ème génération ne devraient pas dépasser 5%, et surtout les autres moyens de contraception, comme le stérilet devraient être promus de façon plus marquée, mais il est vrai que c'est la contraception la moins chère et que ça n'intéresse pas les labo .

BT a dit…

Merci Siary pour cette argumentation pondérée et non partisane.

Anonyme a dit…

J'ai vécu 10 ans en Allemagne. Je devais changer de pilule tous les 18 mois environ (saignements anarchiques, désagréables quand on fait pas mal de sport)
Mon gyné de l'époque m'a prescrit un diaphragme. Evidemment, il doit prévoir un RV plus long, choisir la taille et expliquer la pose et le retrait dudit diaphragme.
Lorsque je suis revenue en France, les médecins que j'ai consultés étaient très surpris. Quelques années plus tard, on ne trouvait plus de diaphragmes dans les pharmarcies, j'ai dû en faire venir d'Allemagne...
C'est un moyen de contraception simple, sûr, sans chimie hormonale mais... pas cher. Pas d'intolérance (sauf parfois avec le gel spermicide) mais pas de revenus pour big pharma, entre les pilules et les prises de sang de contrôle.
N'avez-vous Mesdames, Messieurs aucune formation pour prescrire cet objet, qui d'ailleurs n'existe plus chez nous ? Je m'étais heurtée à des regards rigolards ou franchement méprisants, alors que ce système fonctionne très bien dans les pays scandinaves par exemple.
GB

CMT a dit…

A anonyme,
Même si la formulation pouvait le faire penser, je n’ai aucun doute sur le fait que la comparaison entre risque thrombo-embolique veineux (TEV) sous pilule et chez la femme enceinte est totalement fallacieuse. C’est le type même de la PSEDUO-EVIDENCE qui va faire dire au lecteur pressé : « ah, ben oui, alors, en effet ».
Mais c’est une comparaison injustifiée reprise dans un article de libération, intitulé « du bon usage de la pilule » qui est une sorte de tribune conjointe de plusieurs « experts ». Présentée comme un modèle de bon sens cette tribune est en réalité surtout un magnifique exemple de langue de bois et une accumulation de lieux-communs et d’ »évidences » qui apparaissent fausses dès qu’on fait un examen approfondi http://www.liberation.fr/societe/2013/01/03/du-bon-usage-de-la-pilule_871482
Dire que, finalement, la grossesse provoque plus de risques d’accident TEV que la pilule est une affirmation que je trouve particulièrement perverse car elle est à la fois fausse d’un point de vue de santé publique et crée une confusion des notions et des valeurs susceptible de brouiller complètement le débat.
Pour être plus claire, si on n’est pas malhonnête, idéologiquement partisan, ou sous l’influence de conflits d’intérêts on ne devrait pas faire ce genre de comparaison.
Pourquoi ?
Parce que premièrement on ne devrait pas comparer un risque dû a un état physiologique, généralement souhaitable et désiré à un risque iatrogène dû à l’exposition à un médicament au titre de la prévention et non du traitement (les femmes sous pilule ne sont pas malades) comme le soulignait JCG. Là on entre déjà dans la mauvaise foi.
Parce que comparaison est faite sur la base du risque individuel annuel c'est-à-dire, le risque par femme alors que c’est au niveau collectif qu’il faut raisonner.
Selon les chiffres officiels, les ordres de grandeur sont que la pilule de deuxième génération multiplie par 2, les pilules de dernières génération par 4 et la grossesse par 5 le risque trhombo-emboliquehttp://pro.gyneweb.fr/sources/congres/jta/98/divers/prev-thr.htm .
Ou encore, le risque d’accident TEV pendant la grossesse est de 25% supérieur au risque sous pilule C3G ou C4G
Ce raisonnement est faux car :
1 Cela suppose implicitement que la pilule serait le seul moyen de contraception et qu’en l’absence de pilule toutes les femmes tomberaient enceinte avec des grossesses non désirées. Ce qui est évidemment faux. Il y a beaucoup d’alternatives à la pilule, alternatives très peu diffusées par les médecins, très mal utilisées en France. En particulier les moyens mécaniques et la stérilisation. C’était le constat du rapport de l’IGAS de 2009 sur les grossesses non désirées.
2 De plus on parle d’un risque. Un risque est généralement exprimé en termes d’incidence, c'est-à-dire de nombre annuel de cas pour 100 000. Or, si une femme passe 2 à 4 ans peut-être, de sa vie enceinte, dans la majorité des cas, parce qu’elle l’a voulu, en France beaucoup femmes peuvent passer de 20 à 40 années de leur vie sous pilule. Le risque cumulé pour une femme sous pilule est très très très supérieur au risque provoqué par ses grossesses. D’autant que la prise de pilule est accompagnée de tabagisme
3 Cela suppose aussi que la pilule est toujours un moyen de contraception très efficace. Or, c’est faux aussi.

CMT a dit…

La France, avec un taux de couverture contraceptive très élevé de 90%, est mal située en matière d’efficacité contraceptive estimé en fonction du taux d’IVG, 22ème sur 35 pays européens. La France se caractérise, par rapport a beaucoup d’autres pays européens, par un niveau très élevé d’utilisation de la pilule et une faible diversification des moyens de contraception. Et par un taux d’IVG et de grossesses non désirées qui stagne.
La question qu’il faudrait se poser est donc quels moyens faudrait-il mettre en place pour que les femmes et les couples puissent avoir accès à une contraception efficace en prenant le minimum de risques pour la santé ?
Là, on prend peur parce que la France se caractérise vraiment par le règne du n’importe quoi, de l’absence de contrôle, de l’absence de sanctions. Les médecins, la majorité des médecins, le cas de la pilule oblige à faire ce constat se comportent , comme s’il s’agissait de choisir dans l’immense supermarché de médicaments qui s’offre à eux, très bien achalandé parce que tout entre dans ce marché de plus en plus facilement, quelque chose pour que la patiente-cliente sorte satisfaite du cabinet en un minimum de temps.
Le système de santé français est tout de même très particulier. Des médecins libéraux payés à l’acte mais très largement subventionnés par l’Etat, qui sont livrés tout au long de leur carrière aux laboratoires, ceux-ci étant libres de les former et de les « informer » comme ils l’entendent. Le résultat est réellement désastreux en termes de prescription médicamenteuse. Car de l’autre côté la surveillance des médecins est financière et jamais qualitative.
Ce qui fait que dès qu’un médicament entre sur le marché les médecins se sentent libres de le prescrire n’importe comment, y compris en dépit des contre-indications, y compris hors AMM. Et les médecins se comportent de plus en plus comme le veulent ceux qui les forment, comme des commerçants. Il s’est créé une sorte d’alliance objective entre les médecins et leurs intérêts commerciaux ou, éventuellement, académiques (à l(hôpital), les laboratoires et les autorités qui veulent favoriser l’industrie pharmaceutique. Tout cela sur le dos des patients.
En France ce sont bien les laboratoires qui dictent quelle contraception les femmes vont avo

CMT a dit…

A Siary
Ce que vous dites est en partie juste mais très partiellement seulement.
J’ai fait une erreur et j’aurais dû citer mes sources (quand on veut aller vitre on fait mal et ça m’arrive aussi).
L’erreur était précisément, celle-ci : de dire que les maladies cardio-vasculaires étaient devenues la première cause de mortalité féminine chez les femmes de moins de 50 ans. C’est faux et j’avais mal lu. En réalité, les MCV SONT DEPUIS LOGNTEMPS LA PREMIERE CAUSE DE MORTALITE FEMININE GLOBALEMENT et non chez les femmes de moins de 50 ans.
Je citais, sans le dire, les propos tenus au dernier congrès de cardiologie de Villepinte en 2011.
Les cardiologues se disaient très inquiets de l’augmentation des maladies cardio-vasculaires chez les jeunes-femmes et ils citaient l’apparition d’infarctus à un âge précoce.
Je cite : » Première cause de mortalité féminine après 60 ans dans les pays développés, l’augmentation des maladies cardiovasculaires chez les femmes est directement liée aux modifications du style de vie. Ainsi, la conjonction du tabac et de la contraception orale multiplie 3 à 20 fois le risque cardiovasculaire. Pour le Pr Nicolas Danchin : « il est aujourd’hui nécessaire que l’ensemble des professionnels de santé prennent en compte le risque et les spécificités des maladies cardiovasculaires chez la femme ». Il poursuit « il est tout de même surprenant de constater qu’il y a de plus en plus de femmes très jeunes victimes d’infarctus… »
http://www.lauma-communication.com/2011/08/25/2731-aout-congres-europeen-de-cardiologie-faire-reculer-les-maladies-cardiovasculaires/
Plus d’infos sur le caractère spécifique des infarctus féminins, souvent à bas bruit mais plus souvent mortels que chez les hommes : http://www.canalacademie.com/ida8015-Maladies-cardio-vasculaires-les-femmes-plus-exposees-que-les-hommes.html
Le bain d’hormones de synthèse où les médecins font baigner les femmes en permanence joue le rôle principal dans cette augmentation pour les cardiologues. Là il s’agit du risque artériel pour des jeunes-femmes. Les traitements de l’infarctus s’améliorent aussi, donc cela ne va pas forcément se traduire directement en termes de mortalité.
Vous dites aussi : » Par ailleurs le tabagisme n'a aucune influence sur le risque veineux thromboembolique . Thromboses veineuses et thromboses artérielles sont le fait de mécanismes en grande partie différents ». Et là vous avez tort.
Je vous le montre avec cette étude http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ajh.21059/abstract
Une étude cas témoin qui a été publiée dans une revue d’hématologie américaine et qui paraît tout à fait sérieuse et pertinente. Elle montre que si le tabac seul, produit une augmentation modérée du risque d’accident TEV de l’ordre de 20%, la COMBINAISON TABAC ET PILULE FAIT LITTERALEMENT EXPLOSER CE RISQUE en le multipliant presque par 9 (+880%) par rapport aux JF qui ne fument pas et ne prennent pas la pilule. De plus ce risque est CUMULATIF et augmente avec le nombre de paquets-année.
Alors que la combinaison facteur V et de la pilule oestro-porgestative le multiplie seulement par 5 (+500%) par rapport aux JF ne présentant pas de facteur de risque.
JE PENSE CLAIREMENT QU’ALORS QUE LES AUTORITES SE PREPARENT A ENTERRER L’AFFAIRE APRES N’AVOIR RIEN FAIT POUR DIMINUER LES RISQUES , ALORS QUE LES MEDECINS SE PROPOSENT DE NE RIEN CHANGER A LEURS HABITUDES, IL EST BIEN INUTILE DE VENIR RASSURER FAUSSEMENT LES FEMMES . LES RISQUES SONT BIEN LA ET SONT BIEN SUPERIEURS A CEUX QUI SONT OFFICIELLEMENT RECONNUS .
D’ici quelques jours les médias vont se mettre à nous parler de la dernière petite phrase d’un tel, du dernier évadé fiscal, ou de quelque chose d’aussi anecdotique qui va les occuper, et nous distraire, pendant des semaines. Alors faisons en sorte que les femmes soient au moins correctement informées. Car visiblement beaucoup de femmes ont appris par la presse que leurs problèmes de santé étaient très probablement dus à la pilule.

Anonyme a dit…

Bonjour

Je prends moi-même la pilule Diane 35, depuis des années et j'ai une tolérance absolument parfaite à cette pilule qui m'est bénéfique, oui, j'ose le dire.
Elle m'a été prescrite alors que je souffrais d'acné terrible par le gynécologue de ma famille, en province. Un excellent gynécologue qui m'a fait passer des batteries d'analyses avant la prescription, puis après. Il y a quelques années deux amies me disent "tu es folle de prendre ça !". Effrayée, je me rends chez mon gynéco, un autre, une femme également, tout aussi sérieuse. Elle ne m'a pas menti et m'a expliquée tous les effets aujourd'hui connus grâce aux médias, avant de préciser que dans mon cas et étant donner 1) ma bonne réaction au traitement 2) les années de prise 3) l'absence TOTALE du moindre symptôme, douleur ou autres, cette pilule m'était en effet adaptée.

Je ne me la suis pas fait prescrire par un généraliste, toujours par un spécialiste qui m'a informée et suivie toujours avec sérieux.

Très peu de journalistes informent que le risque d'accident lié à ces pilules survient lors des premiers mois-première année de prise, période où j'ai été particulièrement accompagnée.
Et personne ne parle des pilules de 1e et 2e génération provoquant des alopécies androgénétiques, oh certes non mortelles, mais terrifiantes pour une femme.
Mo même, j'ai été diagnostiquée de cette "maladie" l'an passé, le fait de prendre la Diane 35 a pour conséquence que je ne perds pas mes cheveux par poignée. Aujourd'hui grâce à un traitement, l'alopécie étant déjà quasi invisible chez moi, j'ai tout retrouvé.

Je ne dis pas qu'il faut prescrire cette pilule, qu'elle est anodine, j'ai moi-même été dès le départ au courant de ses risques terrifiants, mais pour certaines personnes, oui, elle est adaptée. C'est mon cas. Je souhaiterais à toutes les femmes d'avoir été aussi bien accompagnées que moi.

CMT a dit…

A anonyme,
C'est assez compliqué en fait, puisqu'on trouvera toujours des personnes à qui un médicament est utile. Et il y a certainement des patients qui ont regretté le retrait du Mediator.
Dès qu'on introduit un nouveau produit on génère un marché et de nouveaux "besoins". Des gens vont être individuellement et subjectivement convaincus qu'ils doivent tout à tel médicament. Et ce sera parfois vrai. Mais seulement parfois.
Le risque d'accident thrombo-embolique est plus élevé pendant les premières années, mais pas seulement. L'étude que j'ai cité montrait que le risque, pour toutes les pilules, augmentait avec le nombre de paquets/année fumés. Il augmente aussi physiologiquement avec l'âge.

C'est aux autorités de faire une régulation en amont, ne pas introduire de produit qui n'apportent pas de bénéfice substantiel. Et aux médecins de faire une régulation en aval. Mais dans les deux cas ce n'est pas fait. Statistiquement, il semble que les gynécologues aient pris plus de risques par rapport aux pilules de troisième génération, que les généralistes.
Les gynécologues semblent aussi plus dogmatiquement convaincus que la pilule est le seul moyen de contraception efficace et utile.Ils semblent être plus largement et profondément sous l'influence des laboratoires.

Je voulais revenir à la source de mon erreur. Un article de "la croix" rendait compte du congrès de cardiologie de 2011.
Il expliquait que le Pr Danchin avait fait des études montrant que les HOSPITALISATIONS DES FEMMES pour accidents cardiaques avaient beaucoup augmenté entre 1995 et 2010, de 3,7 à 11,6%.
Il a été mal repris par d'autres journaux,parlant du même congrés, notamment un article de l'express où cela a été transformé en "décès" http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/tabac-et-pilule-un-melange-mortel_1024818.html.
J'ai fait des calculs, qui étaient forcément faux, à partir de ces chiffres et des données Cépidc.
Mais comme je le disais, même si cela n'est pas visible sur les chiffres de la mortalité, une multiplication par 3 des accidents cardiaques c'est déjà très préoccupant. Et les cardiologues l'attribuent très clairement à l'association de la contraception orale et du tabac.

siary a dit…

En ce qui concerne la majoration du risque thromboembolique veineux et du tabac , il s'agit d'études cas témoins avec des biais. Donc les résultats sont variables d'une étude à l'autre
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20404252?dopt=Abstract Copenhague City Heart
Tabagisme : RR de TVP 1.52

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16207808?dopt=AbstractComparison of risk factors for the competing risks of coronary heart disease, stroke, and venous thromboembolism
Pas de surrisque de TVP avec la tabac

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19566546?dopt=AbstractSmoking and venous thromboembolism: a Danish follow-up study

Tabagisme : RR de TVP : 1.52

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18086925?dopt=Abstract

Cardiovascular risk factors and venous thromboembolism: a meta-analysis
Tabagisme : RR 1.18 ( 0.95- 1.46)

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1538-7836.2012.04880.x/abstract;jsessionid=C9274EDFD605BE7B1FB05007C8E040E7.d04t02
Cigarette smoking and the risk of venous thromboembolism: The Tromsø Study

RR de 1.46 à 1.75 mais disparait si l’on prend en compte les pathologies associées au tabac cancers et infarctus du myocarde

http://www.lidegaard.dk/Publ/99%20Smok%20Am%20J.pdf
Smoking and use of oral contraceptives: Impact on thrombotic
Diseases

Pas de surrisque d’accident thromboembolique veineux du au tabac chez les femmes qui prennent une contraception op

Or ces divergences n'existent pas pour le risque artériel: il est retrouvé constamment dans toutes les études ( des centaines !) sans exception .
Donc il faut être prudent avant d'affirmer ou d'infirmer le risque du tabagisme pour le risque veineux .
En France la contraception OP est la plus utilisée , loin devant le DIU qui n'est un moyen contraceptif dans 15% des cas . Le nombre de grossesses non désirées avec le DIU est rès nettement inférieur à la contraception orale ( 22 fois moins d'après une étude récente) . Il ne pose pas de problème cardiovasculaire et si un certain nombre de femmes ne le tolérent pas , ce chiffre de 15 % ridiculement bas serait supérieur si les généralistes étaient formés à poser des DIU et à surveiller les femmes qui l'utilisent .
Je pense que les autorités sanitaires devraient absolument promouvoir cette contraception mécanique en allant contre l'interet de l'industrie pharmaceutique et de ses leaders d'opinion

CMT a dit…

A Siary
On ne peut pas mettre toutes les études sur le même plan et en conclure qu'on ne peut pas en tirer de conclusion.
Cette étude, que j'ai cité, est une étude importante, portant sur environ 4000 malades et témoins. Les "malignancies" cancers, ont été exclus.
On ne trouve pas de sur-risque important avec le tabac seul, il n'y a donc pas de biais associé au tabagisme. La différence de risque entre le tabagisme seul et l'association avec la pilule est tout de même très spectaculaire. Il faudrait assumer qu'il y aurait un biais uniquement associé aux femmes prenant la pilule?
Le fait qu'on n'arrive pas à mettre le sur-risque en évidence systématiquement s'explique facilement par la moindre fréquence globale des accidents TEV par rapport aux accidents artériels.
D'autre part, j'insiste lourdement, il n'y a pas que la pilule et le DIU dans la vie. Il y a aussi les MOYENS MECANIQUES (préservatif masculin féminin, diaphragme) et la STERILISATION. Les médecins français semblent avoir été programmés pour ne pas l'entendre.
Une femme qui choisit d'être stérilisé vers 40 ans, peut gagner une quinzaine d'années de sur-risque associé à la pilule, à un âge où c'est particulièrement intéressant, surtout si elle fume.
L'adolescence semble la période de choix pour l'utilisation du préservatif, à condition que son utilisation soit correctement expliquée et aussi quoi faire en cas d'incident.
Ces méthodes sont utilisées avec succès dans d'autres pays plus performants que la France en matière de capacité à éviter les grossesses non désirées.

Docteurdu16 a dit…

@ Merci Siary pour ces précisions.
Il est temps de faire le point sur la contraception en France.
Qui le fera ?
Il ne s'agit pas d'un problème médical. La régulation des naissances, ne parlons pas de la contraception oestro-progestative ou des DIU (et de l'IVG), qui sont des moyens modernes et supplémentaires qui participent au phénomène (universel) de la transition démographique, n'est pas médicale.
Le rôle des médecins est de présenter des solutions techniques sans imposer un contenu idéologique ou marchand à des femmes effectivement informées.
Qui les informera ?
La démédicalisation de la régulation des naissances est une nécessité.
Les femmes et les couples doivent gérer eux-mêmes leurs désirs d'enfants.
Les moyens existent.
Nous y reviendrons.
Mais le problème est difficile car cela participe de notions anthropologiques fortes (qui expliquent aussi mais pas seulement les différences d'approche de la régulation des naissances dans différents pays développés), de notions sociologiques également fortes (rappelons par exemple que l'IVG est encore très répandue dans les ex pays de l'est parce que c'était considéré, sociétalement, comme un moyen contraceptif comme un autre), de considérations sociales, idéologiques, et cetera.
A plus.

Anonyme a dit…

CMT,
le 9 janvier vous écriviez : "Or, si une femme passe 2 à 4 ans peut-être, de sa vie enceinte, dans la majorité des cas, parce qu’elle l’a voulu, en France beaucoup femmes peuvent passer de 20 à 40 années de leur vie sous pilule. Le risque cumulé pour une femme sous pilule est très très très supérieur au risque provoqué par ses grossesses."

C'est effectivement un rappel qui me semble pertinent et de poids mais qui suscite en moi la question suivante : le risque inhérent à la prise de la pilule a-t-il été effectivement évalué en fonction de la durée de "consommation" ? Autrement dit votre argument n'est-il que théorique ou peut-il être appuyé sur des études biologiques et/ ou épidémiologiques ?

Cette affaire (comparaison risque TE grossesse/ pilule) mériterait un article spécifique tant elle me paraît - fût-ce illégitimement- centrale.

Enfin, vous écriviez "Quand à DD et son idée que toutes les merdes mises sur le marché par les laboratoires sur la base d'études biaisées doivent être indistinctement proposées aux patients, je propose d'aller jusqu'au bout du raisonnement, de mettre les médicaments en vente libre, de laisser les labos faire l’information aux patients et de supprimer les médecins. " : votre proposition me semble un peu outrée ; la position de DD ne me semble pas impliquer la suppression des médecins, juste peut-être de l'Ordre des médecins....ce qui à terme entrainerait une confusion entre vrais et faux médecins sans doute...

D'ailleurs a-t-on entendu l'ordre se prononcer sur le sujet qui préside à ce billet ?...

Anonyme a dit…

Bonjour,
j'ai eu la chance de croiser un medecin qui m'a informée sur les différents moyens de contraception.
A 33 ans, étant fumeuse et déjà mamn de deux enfants, j'ai pris la décision ( apres une trés mûre réflexion) de me faire stériliser.
J'ai aujourd'hui 41 ans et jamais, depuis, je ne me suis sentie aussi bien dans mon corps et ma tête de femme.
Je pense que, en france, le gros soucis est le manque d'information sur les différents moyens de contraception et le cout de celles ci. Si les jeunes filles et femmes en situation précaire avaient un meilleurs accés sur ces deux points, les IVG seraient moins nombreux

CMT a dit…

J'ai fait quelques séances d'éducation à la sexualité au collège du temps où cela rentrait dans le cadre de mon travail.
Les plannings familiaux, les Centres de planification et d'éducation familiale, et les médecins scolaires sont habilités à participer à ça. La loi dit 2hs par an à partir du CM2, si je me rappelle bien, avec un contenu adapté à l'âge. En réalité c'est plutôt deux heures dans toute la scolarité. Et cela va encore se réduire.
Pourtant les besoins sont aussi immenses que l'ignorance des ados sur ces sujets est abyssale.
Les ados apprécient beaucoup ces échanges semi-informels avec des adultes où l'on arrive à faire passer plein d'informations (sur la loi,protection de l'enfance, la contraception...) et plein de messages rassurants et de tolérance (vis à vis de soi-même et de des autres).
Dommage, vraiment dommage qu'on n'ait plus les moyens...
A anonyme de 10h53,
non, je ne suis pas d'accord. Elle n'est pas centrale. Elle est rendue centrale par ceux qui veulent brouiller le débat. Point besoin d'études. C'est purement mécanique et dû à la définition même du risque, si vous réfléchissez un peu, car quand on parle de "risque" c'est calculé de manière individuelle et annuelle.

Pour la suppression des médecins c'était un peu une provocation.
Mais sur le fond je me fais la réflexion que, avec des médecins formés par les laboratoires qui se comportent comme des commerçants, se positionnant comme ceux qui veulent que le patient retire un maximum de satisfaction de la consultation, quitte à lui prescrire des médicaments hors AMM, prescription dont ils ne connaissent en réalité ni les avantages ni les inconvénients, cela pourrait être un avantage relatif en termes de santé de ne pas avoir accès à tous ces nouveaux médicaments.
Le fait que beaucoup de médecins sont totalement formatés pour penser que les médicaments n'ont pas d'effets indésirables est bien illustré par le cas de cette JF mise sous pilule et essouflée. Ni son médecin traitant n'a voulu tenir compte de ses dires, tellement l'idée d'un effet indésirable de la pilule lui paraissait invrasemblable, ni le médecin hospitalier n'a d'abord voulu pratiques les examens nécessaires pour éliminer une embolie pulmonaire, qui pourtant existait bien. C'était un article du "monde" je crois.

Anonyme a dit…

A propos d'article du journal Le Monde, aujourd'hui ce dernier consacre deux pleines pages au sujet de la pilule avec un appel en Une intitulé : Pilule: ces gynécologues sous influence - Leur notoriété et leurs liens avec les laboratoires ont retardé la prise en compte des recommandations sanitaires.

Anonyme a dit…

C'est pas deux pages mais trois que le Monde consacre au sujet.

En date d'hier l'ordre des médecins expose sur son site les recommandations de l'ANSM du 21 12 2012: http://www.conseil-national.medecin.fr/article/point-de-l-ansm-sur-les-contraceptifs-oraux-1292

CMT a dit…

Dans l'article du Monde, intitulé, "pilule: enquête sur ces médecins liés aus laboratoires", la journaliste Pascale Krémer explique comment les voix des vedettes de la gynécologie ont étouffé les avertissements de la HAS.

Dans les faits, ces leaders d'opinion sont à la fois prestigieux et proches des médecins, qui peuvent lire des articles sous leur signature dans les journaux médicaux qu'ils reçoivent et qui sont conviés à des formations financées par des laboratoires où ce sont ces leaders d'opinion qui répandent la bonne parole sur la pilule.

Ce sont aussi eux qui sont interviewés par les journalistes tant à propos du dépistage organisé du cancer du sein, que pour recueillir leur opinion sur tout nouveau médicament, tout évènement marquant en gynécologie.

Cette journaliste, Pascale Krémer, montre qu'ils sont tous très étroitement liés à des laboratoires, qui les rémunèrent très grassement pour leurs prestations comme formateurs auprès des médecins.

Des noms! Des noms!

On retrouve les mêmes qui défendent le dépistage organisé du cancer du sein:
-Israël Nissand
- David Elia (qui n'est pas un sein: http://docteurdu16.blogspot.fr/search/label/ELIA%20DAVID)
-Brigitte Letombe
- Sylvain Mimoun
- Christian Jamin

et je pense qu'on a dû faire le tour du gratin de la gynécologie, qui siège dans les instances officielles de la spécialité.

C'est Roselyne Bachelot, qui, tout en se faisant vacciner à un bras devant les caméras, signait de l'autre, en octobre 2009, l'accord pour le remboursement de la pilule Varnoline http://www.cadredesante.com/spip/profession/Roselyne-BACHELOT-NARQUIN-tient.html. Quelle femme!
Celle-ci a été reconvertie à quoi déjà? Au journalisme. Et quoi encore? A plancher sur la "moralisation de la vie politique" dans une commission ad hoc avec Lionel Jospin.

Le petit groupe des gynécologues leaders d'opinion n'est pas unique. Il y a les mêmes en vaccinologie. Une sorte de groupe miroir. Les inamovibles Daniel Floret, Anne-Claire Suegrist, Robert Cohen, Catherine Weil-Olivier...
Des jumeaux. Exprimant le même inébranlable optimisme que leurs vis à vis, la même foi dans les vaccins qu'aucun effet indésirable ne peut tempérer.

Le jour où les journalistes cesseront de leur tendre leurs micros, ces leaders d'opinion perdront une bonne partie de leur raison d'être.
Mais le plus incompréhensible, c'est que les médecins soient toujours formés par les laboratoires avec le plein aval des politiques.

Anonyme a dit…

Juste pour une anecdote (?) : Mme Bachelot ne s'est pas seulement convertie au journalisme : elle prépare un livre sur les relations de Verdi avec sa fille ; elle a l'air de s'y connaître en opéra.

Anonyme a dit…

Dans son article Pascale Krémer rapporte des propos que le Pr Israël Nisand aurait tenus sur France Inter le 14 décembre . Selon Nisand, Marion Larat avait un terrain prédisposé , "elle aurait probablement fait son AVC ["son"] aussi avec une pilule de 2éme génération et encore plus avec une grossesse".

CMT, j'ai bien compris que la comparaison du risque TE lié à la prise de pilule et celui lié à la grossesse ne vous semblait pas pertinent. J'ai bien compris que cette comparaison à vous lire n'était que le fait d'experts (trop étroitement ?) liés à des labos comme la lecture du Monde semble l'attester. Mais précisément, si un expert d'une telle importance reprend cet argument on peut supposer qu'il est partagé par bien des toubibs spécialisés ou non qui se sont rangés à ses avis. Et ils seraient nombreux si l'on en croit la dérive des prescriptions ! Aussi quand bien même cet argument ne vous paraît pas central, il me semble dommage de ne pas prendre le temps de le contredire précisément. Aborder cette question présente clairement le risque de centrer le débat sur une fausse question et de laisser par exemple dans l'ombre les autres possibilités de contraception . L'article du journal Le Monde est sous cet aspect exemplaire : rien n'y est dit, malgré trois pages de texte - et une image qui prend beaucoup de place!!!!- de ces autres moyens !

P. Benkimoun en fin d'article rappelle : "Depuis les premières alertes de 1995, aucun des 31 centres régionaux de pharmacovigilance français n'a jamais été missionné par l'agence du médicament pour une enquête prospective, confie au Monde le responsable de l'un d'entre eux."............................

siary a dit…

La comparaison avec les risques liés à la grossesse ne sont pas aussi éronées que l'on peut croire . En effet si une grossesse ne dure que 9 mois alors que l'exposition aux contraceptifs oraux dure des années, il faut savoir que la grande majorité des accidents thromboemboliques des contraceptifs oraux surviennent la première année d'utilisation; cependant, la première année, le risque relatif n'est pas doublé, mais quintuplé voire décuplé .
Par ailleurs, en ce qui concerne les AVC , la quasitotalité des études ne montrent aucune différence QUELQUE SOIT LA GENERATION DE PILULES . Il s'agit dans l'écrasante majorité des cas d'accidents artériels, les accidents veineux ne représentant que 0.5 à 2% des cas . Or ils sont augmentés de la même façon avec tous les types de pilules . Voilà pourquoi la remise en cause des 3 ème génération par rapport aux premières ou deuxièmes n'est pas pertinente en ce qui concerne les AVC .Cette jeune femme aurait donc eu un AVC quelque soit le type de pilule : la déclaration du Pr Nisand n'est pas contestable .
CMT a raison de souligner le rôle délétère des leaders d'opinion concernant la formation médicale . On retrouve les noms de ces experts sur le site de formation Gynécole . Mais c'est aussi vrai dans les autres spécialités en cardio par exemple où le site the Heart. org met en exergue les recommandations de la société européenne de cardiologie qui propose un antiarythmique dangereux ( Multaq) pour le traitement de la fibrilation auriculaire, ou les derniers hypolipémiants malgré les résultats négatifs des essais ou les nouveaux antiagrégants qui augmentent les saignements sans apporter de bénéfices cliniques etc
Seules 3 revues indépendantes : Precrire, Minerva et Médecines informent objectivement les praticiens. Par ailleurs une formation réellement indépendant existe : c'est la formation conventionnelle financée par la sécurité sociale . J'interviens réguliérement en toute indépendance, n'ayant aucun conflit d'interet et l'influence éventuelle de la sécurité sociale sur le contenu est totalement absent ; j'ai pu le constater en prenant des positions contraires à un certain nombre de recommandations . Les seules limites sont les biais des études financées par les laboratoires . Il faut donc être très vigilant . Ainsi en ce qui concerne le risque thrombo-embolique veineux des 3 èmes générations par rapport aux précédentes :
une métanalyse de 5 essais indépendants montre un risque relatif de 2.3 alors qu'une métanalyse de 4 essais financés par l'industrie montre un risque relatif de seulement 1.3 . Cherchez l'erreur http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC34722/figure/F2/

CMT a dit…

A Siary,
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous, au vu de l’étude de Lindegaard au Danemark. Les danois, pays où chaque citoyen possède un numéro propre sous lequel sont enregistrés tous les évènements médicaux le concernant, sont capables de faire des choses merveilleuses en matière d’études épidémiologiques, dont nous ne sommes absolument pas capables.
Voici l’article en PDF http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2726928/pdf/bmj.b2890.pdf de 2009. Il y est bien écrit que le risque trhombo-embolique augmente de manière significative avec l’âge, de 1,84 pour 10 000 de 15 à 19 ans, à 6,59 pour 10 000 de 45 à 49 ans. Le risque moyen diminue mais pas tant que ça chez les femmes après une première année d’utilisation. Il passe de 4,17 pendant la première année à 2,76 au-delà de 4 ans d’utilisation.
Par rapport à l’utilisation du levonorgestrel (C2G) les pilules de troisième génération augmentent le risque, après ajustement pour la durée de 19 à 88% avec un risque plus élevé pour Diane et les pilules 4G.

La pertinence de la remise en cause des pilules 3G vient de ce qu'elles n'apportent rien, si ce n'est des risques supplémentaires pour les femmes qui les prennent.
Le but poursuivi par cette JF a déjà été atteint. Nous obliger à nous poser des questions et à informer les patientes.

Je sais bien qu’il existe des formations indépendantes. Mais je crois comprendre qu’elles rencontrent des très grosses difficultés de financement. Quelle proportion des formations cela représente-t-elles réellement ? Moins de 5% je crois.

A anonyme,
Je ne peux pas vous faire un dessin dans les commentaires mais je peux faire quelques calculs.
Je ne crois pas que le problème des accidents TEV ait joué un rôle majeur dans les choix de prescription des médecins. Simplement les médecins se sont abstenus de se poser trop de questions tant que les patientes sortaient contentes du cabinet, avec leurs pilules « dernier cri » de l’innovation. Ils étaient sans doute vaguement convaincus, sans avoir trop cherché, mais en ayant bien écouté les formations des leaders d’opinion que j’ai cité ci-dessus, bien lu leurs articles dans la presse médicale, qu’ils prescrivaient des pilules qui étaient globalement mieux tolérées que les anciennes.
Et chaque fois qu’un doute était émis, qu’un article paraissait dans la presse mettant en doute l’excellence du rapport bénéfice/risque de ces pilules ils (Nissand, Letombe, Elias, Jamin, Mimoun) montaient au créneau pour parler de « désinformation ». Quand la journaliste les interroge frontalement ou fouille un peu elle découvre que tous ces leaders d’opinion sont aussi liés aux laboratoires qu’on peut l’être. Qu’ils ne voient vraiment pas en quoi ce serait un problème et n’envisagent pas que cela puisse influencer leurs prises de position. C’est tout de même remarquable un tel niveau d’irresponsabilité et ce n’est pas donné à tout le monde. C’est là qu’on voit que les leaders d’opinion sont vraiment triés sur le volet.
Je pense que le journal « le monde » est en train de faire du bon travail. Il essaye de faire progressivement le tour de la question de manière sérieuse et argumentée.
Une discussion intéressante sur le chat qui peut répondre à certaines questions que se posent les patientes. Je serais moins optimiste dans les conclusions car je ne vois rien venir au sujet d’un quelconque changement des politiques contraceptives. La place de la pilule n’a cessé d’augmenter en France depuis 40 ans, au détriment de la plupart des autres moyens de contraception
http://www.lemonde.fr/sante/chat/2013/01/10/pilule-de-3e-generation-pourquoi-a-t-on-attendu-2012-pour-s-alarmer_1814987_1651302.html

CMT a dit…

DES INFOS INTERESSANTES POUR COMPRENDRE CE QUI SE PASSE
On peut trouver ici http://www.contraceptions.org/html/tab_pil.htm un tabelau des différentes pilules contraceptives. Et ici http://www.wk-pharma.fr/produits/html/pilules-remboursables/remboursements-pilules-contraceptives.html un tableau présentant celles qui sont remboursées. On a fait beaucoup de battage autour du déremboursement mais en réalité seulement 4 pillules sur plus de 20 de troisième et quatrième génération étaient remboursées. Et pas parmi les plus prescrites. Il s’agissait de Carlin, Désobel, Efezial et Varnoline continue.

Pour les risques d’accident trhombo-emoliques. Ils sont quantifiés dans l’article du « monde » en fonction des progestatifs présents dans la spécialité. Si le risque moyen est de 1 pour une femme hors pilule le risque sera de 1,91 pour les pilules contenant du levonorgestrel (deuxième g) . Pour les pilules de 3G, il sera de 3,37, pour contenant du Norgestimate, de 4,38 pour les pilules contenant du Gestodène, de 5,58 pour les pilules contenant du désogestrel (ET A PARTIR DE LA ON DEPASSE LE RISQUE ANNUEL POUR LES FEMMES ENCEINTE), de 6,68 pour les pilules à la cyprotérone(Diane), de 7,9 pour les pilules avec Drospérinone (4G). Comme les femmes ne passent pas leur vie à être enceinte mais prennent souvent la pilule pendant plusieurs décennies, le risque moyen cumulé de la prise de pilule pour une femme donnée dépasse très largement le risque induit par une grossesse non désirée (un tiers des grossesses en moyenne).

CMT a dit…

Il est aussi intéressant de savoir que l’EMA, agence européenne du médicament, dont le siège est à Londres, capitale du libéralisme économique, se comporte davantage comme un organisme dont le but est de permettre la libre circulation des « marchandises-médicaments » que comme un organisme qui doit garantir la sécurité du consommateur. Un des derniers scandales en date est celui concernant l’ancien directeur de l’EMA, Thomas Löngren, qui avait monté un cabinet de conseil à l’industrie pharmaceutique tout en exerçant ses fonctions au sein de l’EMA de 2001 à 2010 http://www.michele-rivasi.eu/au-parlement/conflits-dinterets-a-lagence-europeenne-du-medicament-de-nouvelles-preuves-accablantes/ .
La réglementation des procédures d’AMM est devenue de plus en plus contraignante vis-à-vis des agences comme l’ANSM au cours du temps, et de plus en plus libérale vis-à-vis des industriels. Dans deux des procédures courantes d’AMM les plus utilisées depuis les années 90, la procédure par reconnaissance mutuelle (les agences des autres pays doivent reconnaître l’AMM octroyée par un pays tiers de l’Union) et la procédure décentralisée (même chose mais ce sont plusieurs pays qui collaborent pour octroyer l’AMM), ce sont les laboratoires qui choisissent les agences des pays avec qui ils vont travailler. Or, les laboratoires sont des clients des agences qui les font vivre. Le bilan 2011 montre que sur un budget de 117 millions de l’AFSSAPS 95 millions proviennent des taxes et redevances payées par les firmes. Dont 40 millions de redevances au titre des AMM http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/948fce3249c9497a9ca1daaea049da53.pdf . Pour garder leurs clients les agences n’ont d’autre possibilité que de se montrer les moins exigeants possible avec eux. Les procédures d’AMM deviennent une formalité. Il est admis qu’une AMM peut être octroyée même si le bénéfice est inférieur au produit de référence.
De plus il y a des procédures d’AMM dérogatoires ou « conditionnelles » de plus en plus utilisées. En France des centaines de médicaments, utilisés notamment à l’hôpital, sont sous ATU (autorisation temporaire d’utilisation). Ils peuvent y rester indéfiniment.
L’ANSM pourrait faire une procédure de retrait en urgence si elle estime que les pilules 3 et 4G représentent un danger, d’après l’article 107. Elle se fera sermoner par l’EMA qui défend prioritairement les intérêts des industriels.
On peut douter que l’ANSM ait de telles velléités quand on voit qu’elle délègue à une émission grand public de France Culture sur la pilule un directeur recruté récemment, Joseph Emmerich, qui se caractérise par ses conflits d’intérêts , rémunérations personnelles par des multiples laboratoires, et qui se dit « indépendant » http://hippocrate-et-pindare.fr/2013/01/11/preuve-que-lansm-garde-des-liens-avec-lindustrie-pharmaceutique/?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter (bravo pour l’article).
IL FAUT SE RENDRE A L’EVIDENCE : IL EST DEVENU IMPOSSIBLE DE RETIRER UN MEDICAMENT DU MARCHE SANS L’ACCORD DES LABORATOIRES. SEULS LES CONSOMMATEURS PEUVENT OBLIGER UN LABORATOIRE A LE FAIRE.

Anonyme a dit…

Merci çà CMT pour ses commentaires réactifs et développés.

Merci à Siary pour son témoignage et ses réflexions.