mardi 12 janvier 2010

LE TRAMADOL EST UNE MOLECULE DANGEREUSEMENT TROP PRESCRITE

Au moment où va être effective la disparition du dextropropoxyphène-paracetamol sans ou avec caféine (DIANTALVIC et autre PROPOFAN) sous toutes ces formes (voir ce blog) en raison de décès et d'addiction essentiellement en Grande-Bretagne et dans les pays du Nord de l'Europe, je voulais souligner la dangerosité du tramadol, en général et essentiellement chez les personnes âgées.

En regardant mes chiffres d'effets indésirables pour l'année 2008 (non publié) je remarque qu'une classe pharmacologique (les antiinflammatoires non stéroïdiens) et une molécule (le tramadol) sont en tête des effets. Alors que je prescris extrêmement peu de tramadol.

Une de mes patientes, 86 ans, est hospitalisée dans un service de gériatrie aiguë (sic) de l'Assistance Publique. Au quatrième jour elle a des difficultés à parler, elle confond le jour et la nuit, elle a des trous de mémoire, elle est désorientée, a du mal à reconnaître ses proches.
On peut, à juste titre, invoquer l'hospitalisme, la difficulté du déracinement, le fait de dormir à deux dans une chambre et... la maladie elle-même qui l'a conduite à l'hôpital. Son fils, médecin, assiste à 21 heures à la distribution des médicaments et se rend compte que la patiente, sa mère, reçoit un demi lexomil et un tramadol à longue durée d'action dosé à 100 mg.

Damned !

L'infirmière confirme, en regardant l'ordinateur (les pancartes ont disparu du lit des malades) que les troubles ont commencé depuis la prescription conjointe de bromazepam / lexomil et de tramadol. Le fils, médecin, arrive à négocier le fait que l'on ne lui donne pas de tramadol le soir même et se fait engueuler le lendemain matin par une autre infirmière lui affirmant que puisque la patiente a toujours des troubles ce matin cela ne pouvait être le tramadol et qu'il faut faire confiance aux médecins (sic).

Le fils, médecin, finit par parler à l'interne à 15 heures qui fait l'étonnée et qui finit par avouer qu'elle ne savait pas pourquoi on avait prescrit du tramadol car la patiente ne souffrait de rien !

Le fils, médecin, fait remarquer à l'interne et à la chef de clinique venue à la rescousse pour sauver le corps médical universitaire, que les généralistes qui le veulent bien, pas ce médecin qui refuse, ont signé un contrat de Paiement à la Performance (CAPI) pour ne pas prescrire, entre autres de benzodiazépines à demi vie longue chez les personnes âgées !

Mais revenons à nos moutons.

Quel est l'intérêt de prescrire du tramadol ?

J'engage les confrères et les patients à déclarer leurs effets indésirables et notamment ceux dus au tramadol et, plus généralement, à refuser qu'on leur en prescrive pour des douleurs banales.

J'ajoute que trouver des profils de pharmacovigilance du tramadol sur Internet tient du parcours du combattant. Bien entendu l'AFSSAPS ne dit rien, ne fait rien, ne publie rien. La pharmacovigilance française est dans un tel état de déliquescence, comme le fiasco grippal nous l'a appris (Fiches de Pharmacovigilance rédigées par le cabinet de Roselyne Glaxo), qu'il ne faut s'étonner de rien. Sur le site de l'EMEA, pas grand chose, sinon que l'intérêt du tramadol dans les douleurs neuropathiques est nul, mais il n'y a pas d'AMM européenne pour ce produit. Deux agences se distinguent par leur transparence. L'Agence britannique et l'Agence néerlandaise (Lareb).
J'ai recherché sur le site néerlandais ce qui pouvait avoir trait à la patiente de 86 ans.
Et j'ai trouvé ceci dont on peut lire la conclusion : "18 notifications d'hallucinations ont été reçues par Lareb. Ces rapports sont retrouvés de façon disproportionnée dans les bases de données du WHO et de Lareb. Les rapports retrouvés dans la littérature sont convergents. La plupart de ces rapports concernent des patients âgés prenant des substances psychotropes associées. Bien que ces facteurs puissent être confondants, en pratique le tramadol est utilisé chez ce type de patients. Les hallucinations surviennent généralement dans la semaine de l'initiation et disparaissent généralement après l'arrêt du traitement."

Ce cas d'espèce ne doit pas nous faire oublier la dangerosité potentielle du tramadol, notamment les formes à libération prolongée en raison de la durée des effets.
Il faut donc peser avec attention la prescription de ce genre de molécule, seule ou associée, préférer la codéine et savoir qu'il existe des effets croisésentre codéine et tramadol.
Le tramadol est commercialisé en France sous plusieurs noms de marque : contramal, topalgic, zamudol, ixprim, zaldiar et autres...

8 commentaires:

Delphine ouh pinaise! a dit…

bonjour, je me permet d'emmettre un commentaire, ayant travaillé de l'autre coté du miroir (en laboratoire pharmaceutique)je peut vous dire que l'afssaps c'est un peu une illusion de sécurité puisque ceux qui y travaillent ont partie prenante avec les laboratoires pharmaceutiques, soit en y ayant des action soit en ayant travaillé pour eux. Le personnel de l'agence du médicament n'a rien d'indépendant par rapport aux fabricants...
J'apprécie beaucoup votre blog, au cas où l'adresse du mien est ici
http://tout-ce-qui-menerve.blogspot.com/

Marc a dit…

Merci pour cette information

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je souhaite partager mon expérience du tramadol, sous la forme du topalgic.
Je me suis rendu dans un service d'urgence de l'APHP pour des douleurs intense du à une fistule. Il m'a été prescrit 100mg de topalgic L.P matin et soir et 50mg à prendre 3 fois dans la journée. L'effet antalgique à mis quelque jour à faire effet et m'a permis d'attendre l'opération sans trop souffrir.
Les soins post opératoires étant bigrement long voilà trois bon mois que je suis ce traitement (mon généraliste m'a invité à augmenter la dose au début soit 200mg matin et soir, ce que j'ai vite arrété pour reprendre 100 mg matin et soir) en effet je suis sujet à des effets secondaire génénts mais incomparablement moins pénible que la douleur brut.
Les fameux effets secondaire sont chez moi un regain d'énergie finissant en insomnie systématique, troubles de la concentration, irritabilité, trous de mémoire. Je précise car il me semble que ces effets peuvent être qualifiés de paradoxal.
Je suis aujourd'hui sur la fin de mes soins post opératoire et j'estime qu'il est temps d'arrêter ce médicament qui m'a bien aidé jusqu'à maintenant même si à force de me "speeder", celui ci à fini par me creuser des cernes à force de ne pas me trouver le sommeil.
Le sevrage est un calvaire, mon corps me fait mal, je suis épuisé, extrêmement irritable, bref, pour avoir expérimenté quelques drogues, c'est de loin la pire descente que j'ai jamais connu, je situerai le sevrage entre une longue grippe agrémenté de dépression et un sevrage d'opiacée.
Comme je le disais plus haut, le topalgic m'a été fort utile pour lutter contre de très forte douleur, mais il ne m'a pas été proposé d'alternative, ni ne m'a été exposé les effets secondaire, l'accoutumance physique... Reste que je ne pouvais plus continuer sans antalgique, alors je me demande si des alternatives efficace existent contre la douleur, et surtout si celles ci pouvaient avoir lieu sans donner l'impression qu'au sevrage "on paye" le soulagement de la douleur passée.

Anonyme a dit…

merci de pouvoir m'exprimer mais par pitié revenons au di antalvic
que j'ai pris pendant plusieurs années sans jamais dépasser 3 cachets par jour.
cordialement

Tony a dit…

Le tramadol m'a tuer après un accident de sport où j'avais eu un traumatisme crânien convulsions suivi d’arrêt cardiaque ce médicament doit être interdit !

isa a dit…

Bonjour,
Dupuis un an et demi je souffre de fibromyalgie.
Celle ci s'est installée progressivement, puis au fur et à mesure à touché 1é des 18 points de contrôle. Mon corps n'étais que douleurs. Depuis un an et demi et jusqu'à la semaine dernière, je prenais du contramal LP (au début je prenais de l'IXPRIM). j'en suis à 450mg par jour, auquel j'associe parfois du dafalgan, quand les douleurs sont trop fortes.
Je n'ai pas eu beaucoup d'effets indésirables, à part la constipation récurrente, les petites pertes de mémoire.
Aujourd'hui j'ai décidé d'arrêter, car je fais un e dépression respiratoire. J'ai du mal à prendre mon air pour respirer, et j'avoue que j'ai un peu peur. Les douleurs sont revenues dès le deuxième jour d'arrêt, et j'avais oublié à quel point la douleur pouvait être terrible. Mais voilà, je préfère avoir mal à mon corps. En effet, le sevrage est douloureux lui aussi, insomnies, suées, frissons, perte de mémoire (aussi!), maux de ventre,fatigue, irritabilité. Mais le pire reste cette dépression respiratoire.
Je ne sais pas si je vais tenir longtemps comme ça, je n'ai jamais pris de drogue avant et je ne sais pas ce qu'est un sevrage. Au moins maintenant je me mets à la place de certains drogués qui souhaitent s'en sortir.
Il est 9h15 et je vais retourner me coucher, je suis trop fatiguée.
Sincèrement si on m'avait parlé de tout ça je n'aurais certainement jamais pris de Tramadol.
Je suis punie deux fois: une fois par les douleurs de la fibro, et maintenant à cause du tramadol, qui me faisait pourtant du bien, avant..... Aujourd'hui j'essaye de faire sans , j'ai un substitut que je ne prends que le soir, des compléments alimentaires, et je vais aller me faire aider par un psy. On me dit qu'il faut compter 7 à 10 jours, mais je n'en suis pas sûre. A mon niveau j'ai bien peur que le sevrage dure plus longtemps. Sincèrement ne prenez jamais de Tramadol, c'est une drogue, une vraie.
Isa

Anonyme a dit…

après tous les commentaires fait sur ce médicament je tiens également à apporter ma contribution , depuis 2ans et demi je prenais du TRAMADOL sous forme d'IXPRIM suite à une opération du genoux, depuis 6 jours on m'a supprimé se médicament et horreur les effets indésirables sont vite apparu ,pénible à supporter tel que des frissons sur tout le corps , des douleurs articulaires des nausées une irritabilité très dense combien de jours va duré cet enfer et quand les pouvoirs de la santé se rendrons-t-ils compte qu'il joue avec notre santé la molécule contenu dans l'exprim est un dérivé de la morphine donc de qui se moque-t-on ? pourquoi a-t-on supprimé le di anyalvic qui selon mon rhumatologue était un très bon médicament mais voilà les grandes instances de Bruxel ne prenne pas la peine de demander l'avis de praticiens confirmé au nom de quel étique se base-t-il et pour quel profit fait-on ses choix et d'après un communiqué télévisé se médicament va être lui aussi supprimé donc plus d'antidouleurs efficaces qui répondra ?

Anonyme a dit…

topalgic 1,5lp/ 1 cp x2 jours.pendant 2 mois.J'ai arrêté sec fin 07 2011:descente en enfer angoisse de mort imminente hallucinations,sudations importantes(j'ai perdu en 5 jours 4kg).Il m'avait été prescrit pour une rupture de la coiffe, après l'arrêt je n'en avait nul besoin???.. 5.02.2012je suis passé à un suivi homeopathique depuis aout.A ce jour persistent:irritabilité et un état "frébile"insupportable,l'impression d'exploser,une grande fatigabilité