samedi 16 juillet 2011

L'alcoolisme : est-ce oui ou non une maladie ?


J'aime bien poser des questions auxquelles je ne sais pas répondre (voir les effets du tabagisme passif : ICI). Questions dont certains sont persuadés du bien fondé de leur réponse. Et qui, en fonction de ce que vous répondrez, oui ou non, vous considèreront de façon définitive comme in ou out.
Je dois dire que la prise en charge des sur consommateurs d'alcool, je ne sais pas bien comment il faut les appeler, est une question relativement simple dans ma pratique : soit je suis un supplétif pour un patient / malade (citoyen ?) qui a déjà pris sa décision, c'est à dire arrêter ou ne pas arriver à s'arrêter, soit je suis un relai pour permettre au patient / malade (citoyen ?) d'aller consulter un ou une alcoologue distingué (e) qui, au gré des modes et des nouvelles parutions va entamer une pychothérapie non analytique ou analytique, une chimiothérapie légère ou lourde, et cetera.
Je ne me posais aucune question existentielle, qui est malade, qui ne l'est pas, et je lis un article publié sur le site Atoute, L'alcool, ce n'est pas un problème : LA. Et je dois avouer, à ma grande confusion, que je n'ai rien compris à ce texte. Je me suis gratté le caillou plusieurs fois et j'ai eu l'impression de lire un texte ésotérique, écrit pour quelques happy few (les alcooliques et les aidants d'alcooliques), ou pour des hyper spécialistes, ou pour des patients / malades (citoyens) qui avaient besoin qu'on leur dise que tout est dans tout et réciproquement. Ainsi, à la fin de cette lecture puis de cette relecture, j'avais plusieurs options : a) je suis un crétin fini ; b) les enjeux de ce problème me dépassent ; c) je ne suis pas devenu plus opérationnel ; d) dans les dîners en ville (où je vais peu) il faut affirmer de façon péremptoire : L'alcoolisme est une maladie ; et on finit par trouver des arguments ; e) voilà un sujet qui me dépasse...
M'intéressant récemment au blog de Claude Béraud pour des raisons que vous pouvez lire ICI, je "tombe" sur un article qui s'appelle : L'alcoolisme n'est pas une maladie et que vous pouvez lire LA.
Je n'avais pratiquement rien compris à l'article d'Atoute et je suis plutôt en phase avec ce qu'écrit Claude Béraud, beaucoup plus consensuel.
Mais, arrivé à ce stade de raisonnement (?), je me dis que je suis incapable de trancher : il y a un article obscur et un article limpide, qui dit la vérité ?
Parlons alors de préjugés :
1) commençons par Atoute : je remercie le site de m'avoir informé d'une question que j'ignorais et de m'avoir fait douter ; et de me permettre de ne pas conclure ; si un forum d'alcoolique parle de cela, il doit bien y avoir une raison ; ce doit être un point fondamental pour la prise en charge des dits alcoolique, qui, il faut l'avouer, sont de désespérants consultants en clientèle de médecine générale. J'ai donc plutôt une impression favorable. MAIS ! Mais je sais que Dominique Dupagne, l'administrateur, est, dans une autre addiction que je connais mieux, favorable, je dirais même inconditionnellement favorable, aux thèses de Robert Molimard sur le tabagisme, thèse qui m'ont toujours paru touffues et fumeuses (voir ICI) ; donc, c'est simple : Dominique Dupagne publie un article non signé par lui émanant d'un Forum Alcool qui est hébergé par son site, il doit (mais rien n'est moins sûr) y être favorable même si aucune réserve n'a été émise par lui, et cet article ne me "parle" pas même si je pense qu'il doit bien y avoir une raison pour qu'il ait éventuellement raison ; ensuite : Dominique Dupagne promeut dur comme fer les théories molimardiennes auxquelles je ne crois pas ; cela signifie-t-il que, pensant qu'il a tort pour le tabac, je doive penser qu'il a forcément tort pour l'alcool ?
2) continuons par Béraud : son article sur l'alcool m'a paru équilibré et m'a séduit ; pourtant, sur un autre sujet, celui des dépenses de Santé, il ne m'a pas convaincu et il est, selon moi, passé à côté de l'essentiel ; donc, le préjugé défavorable que j'avais sur Claude Béraud va-t-il me faire douter de son article sur l'alcool, tout en sachant que je connais mieux les dépenses de santé que l'alcool ?
A l'aide !

(Le jugement de Salomon - Raphaël : 1518)

4 commentaires:

Dominique Dupagne a dit…

Bonjour JC,
Je ne répondrai pas à ta question ;-)

Juste un éclairage sur l'article collectif que tu as cité : sa genèse spontanée sur le forum alcool est ici http://www.atoute.org/n/forum/showthread.php?t=131835 Je n'ai fait que le publier et financer l'impression du document à 1000 exemplaires (avec le revenu des pubs sur l'ancien forum).

DB débé ;=) a dit…

Pour etre alcoolique , il faut consommer de grosses quantités d'alcool ,non?
Celui qui se contente d'un verre de vin à midi et le soir aux repas ne deviendra alcoolique...
Quand on voit les jeunes descendre des bouteilles d'alcool tous les soirs ou presque pour "faire la fete" , il y a de fortes chances qu'ils deviennent alcooliques si cela dure des mois voire des années....
Je suis ahurie de voir qu'ON laisse faire...Mais bon, il est vrai que ça rapporte à pas mal de monde...
Maladie ou pas maladie, les résultats sont les memes !!

Anonyme a dit…

http://13dfgsdfg57.com/

Dr bill a dit…

Plusieurs réflexions basées sur une expérience de vingt ans auprès des personnes souffrant ou supposées souffrir de leur usage d'alcool apparaissent:
Le premier point est l'hétérogénéité des personnes et de leur usage d'alcool. Certaines personnes ont des usages d'alcool qu'ils parviennent facilement a modifier à la suite d'un simple conseil de modération ou d'abstention.
D'autres auront des difficultés majeures (moins liées à la quantité d'alcool consommée qu'aux comorbidités psychiques ou psychiatriques dont elles souffrent en même temps, ou au contexte psycho social ou les deux.
Une autre catégorie est représentée par des personnes ayant eu dans leur vie des usages simultanés et/ou successifs de différents produits addictogènes et/ou des troubles du comportement alimentaire, conduites dopantes et autres troubles du comportement sans produits.
l'arrivée du concept d'addiction à la fin des années 90 a permis d'unifier tous ces comportements grâce à l'observation clinique. Cette observation a tenu compte non plus du produit, mais de l'usage de ce produit et du comportement.
Ce concept a fait flores, allant jusqu'à influencer les politiques d'organisation des soins pour ces personnes.
Cette réalité clinique et l'arrivée du concept d'addiction se sont accompagnées de recherches neuro biologiques qui ont commencé à vouloir expliquer le comportement addictif par des perturbations du système dit de récompense avec une sécrétion de dopamine inappropriée.(mécanisme que je pense être bien plus complexe).
Beaucoup d'autres recherches neuro biologiques sur le sujet des addictions sont apparues. Au point qu'on a pu croire que l'addiction serait une maladie purement organique caractérisée par un défaut de fonctionnement neuro biologique.
Puis est arrivé le baclofene.
Le médicament qui guéri les personnes dépendantes de l'alcool en les rendant indifférentes et en leur permettant de boire modérément.
Le baclofene qui guéri la dépendance à la cocaïne, qui guéri les troubles du comportement alimentaire, qui guéri les addictions...
Cette évolution laisse à penser que les personnes souffrant de leur usage d'alcool souffrent en réalité d'un dérèglement interne qu'une molécule permet de guérir.
La réalité de l'efficacité de ce traitement est certainement bien plus complexe que ce que l'on peut croire.
Mon expérience me laisse à penser que dans certaines situation ce traitement est efficace mais pas dans d'autres sans que l'on sache très bien pourquoi. je reste prudent quand à l'interprétation de ces observations.
Ce que je veux exprimer, c'est que la phénoménologie des comportements addictifs est multifactorielle.
Réduire ce phénomène à un dérèglement neuro biologique ou croire qu'un traitement unique va permettre de guérir toutes les personnes ne tient pas compte des causalités exogènes et endogènes voir psychogène à la question de l'origine de l'addiction.