lundi 11 novembre 2013

J'ai reçu un mél d'un étudiant en médecine. Vrai ou faux ?


J'ai reçu un mél d'un étudiant en médecine qui m'a surpris. Je lui ai dit que je lui répondrai plus tard.
Le mél était signé, il s'agit à priori d'un homme.
Est-ce une interrogation réelle, une provocation, une naïveté ou un troll ?
Merci de me faire des commentaires.

Bonjour, je suis actuellement en 5eme année de médecine et j'ai une question à laquelle je n'ai pas trouvé de réponse exacte à travers mes recherches et je sais que ce n'est surement pas votre rôle mais je pense que vous êtes partisan de promouvoir la médecine générale donc cela vous intéressera sûrement un peu. 
Voilà , je suis plutôt studieux et sur la bonne voie visiblement et je fais parti de ces gens ( rares malheureusement ) qui aimeraient pratiquer la médecine générale par choix . Cependant les rumeurs ainsi que diverses discussions sur internet refroidissent légèrement . 
Je ne suis pas intéressé par l'argent loin de là , mais je suis attaché à ma famille et mes proches et j'ai besoin d'être présent pour mes futurs enfants . Mes ambitions ne sont pas extraordinaires car je veux vivre "juste" confortablement non dans l'excès . Ma question est : Est-il possible en travaillant 30-36h/ semaine et finir vers 16 H pour aller chercher ses enfants et de gagner net 2500-3000€ ? Tout en faisant correctement son travail ? Cela est-il possible en s'installant en libéral et non uniquement en remplacement , ou alors en salarié ? Est il facile de trouver un poste salarié ? ou alors en faisant une activité mixte médecine générale et DU : échographiste ou autre ?

Voilà je vous serai extrêmement reconnaissant si vous pouviez répondre à mes questions afin de confirmer la cohabitation de mon intérêt pour la médecine générale et de mon mode de vie recherché .

Merci de votre intérêt pour mon message et de votre temps accordé , 

Cordialement .

Je ne lui ai pas demandé son avis pour publier puisque je le fais de façon anonyme.

A vos commentaires.

(Photographie reproduite à partir d'un article de LADEPECHE.fr, ICI : docteur Jacques Roumat, via @MedGeOuest) 

44 commentaires:

docmamz a dit…

À mon avis ce sont de vraies questions telles que je pouvais me les poser en 5ème année également. Elles sont naïves et peuvent faire sourire (ou pleurer) mais c'est également quasiment ce que j'ai demandé à mon maitre de stage en 5ème année. Combien tu gagnes ? Avec quelles horaires ? On n'a vraiment aucune idée de tout ça quand on est externe.

Baptiste le Bougnat a dit…

Je plussoie... Beaucoup de question de ce genre quand on rencontre des externes ou quand on se balade sur e-carabin ou remede ! Déjà qu'on ne sait pas combien gagnent les chefs à l'hôpital alors qu'on les croise tous les jours, alors les revenus des MG que l'on ne voit (avec de la chance) que 3 mois sur 3 ans...
Tu peux le renvoyer vers le blog de Borée, il avait fait un article qui parle de ses bénéfices et revenus.

ICH8412 a dit…

Et oui, on peut gagner sa vie en travaillant peu. Il faut que les charges soient proportionnelles: petit loyer, pas de secrétaire. Les cotisations et impots sont alors plus faibles que si on travaille plus...
J'ai fait le choix de travailler à mi temps quand j'ai eu mes enfants. Depuis ils ont grandi et je fais autrement. Mais à l'époque, mon revenu net me permettait de vivre correctement. Mais bien sur en faisant des choix: on ne peut pas à la fois travailler à mi temps et se payer des vacances au ski !
Je comprends que les jeunes se posent la question.

christian lehmann a dit…

Je ne vois rien qui puisse faire penser à un troll. Ce sont des questions sensées, que l'on se pose à cet âge, sans aucune visibilité sur la pratique en ville. Ce qui m'intéresse, maintenant, c'est ta réponse ;-)))))

bon, maintenant je vais prouver que je ne suis pas un robot ( avec un peu de chance) :-)

MedGéOuest a dit…

Ces questions peuvent paraître naïves au premier abord, mais elles sont posées par un étudiant en 5ème année qui ne connait pas la MG.
Comme le disent Docmamz et BaptouB se sont des questions qui sont souvent posées. Les conditions de travail, les horaires, ce qu'on gagne.
La réflexion semble simple : comment bosser le minimum pour gagner ce dont j'ai juste besoin.
La réponse qui vient en premier est la collaboration. On peut décider du nombre de jours travaillés tout en gardant une continuité des soins.
Ou alors un "mi-temps" de 30 et quelques heures en bossant avec un confrère qui fait l'autre mi-temps.
Mais cela est difficile à mettre en place dans certaines zones (dans ma campagne j'ai en tête une expérience difficile).
En revanche terminer à 16 heures est juste impossible sauf à ne travailler que le matin avec des confrères qui assurent l'après-midi. Je n'arrive jamais à finir avant 19 heures même en tentant de finir tôt!
Et ne pas oublier les charges qui nécessitent de bosser un minimum sous peine de galérer.
Voilà.
Réponds lui gentiment, sans coups de griffes docduseiziens, je trouve son courrier sincère mais nécessitant des réponses concrètes sous peine de désillusions.
MedGé

Anonyme a dit…

A mon avis ce sont de vraies questions. Elles reflètent un état d'esprit général que j'ai souvent vu, lu, côtoyé.
Je lui dirais que c'est une bonne chose que de vouloir pratiquer la médecine générale.
Toutefois, si ses interrogations ont le mérite d'être franches et directes je dirais que les choses ne sont pas si simples et qu'il me semble ne pas prendre le problème par le bon bout.
Je lui dirais :
- qu'il y a autant de façon de pratiquer que de praticiens.
- que ce concept "d'exercer correctement son travail" est très personne dépendant (Cf la vitesse de travail qui est une donnée très subjective et variable)
- qu'en médecine on peut gagner très correctement sa vie et de même ne rien gagner ou si peu si on ne travaille pas un minimum,
- que le salariat existe, que les postes sont rares, que certains permettent en effet de réaliser ses exigences horaires salariales et de protections
- que la profession va beaucoup changer dans les prochaines années et que je ne suis pas bien sûr que la médecine générale telle que nous la pratiquons persistera longtemps sous cette forme, même si nous seront toujours médecins.
- que travailler 30-36 h est possible mais que ce qui parait être un temps plein pour un salarié et un temps de travail respectable pour la communauté n'est pas compatible avec la médecine générale (ou alors dans le cadre d'un exercice noyé dans un cabinet de groupe...). Je ne pense vraiment pas qu'on puisse faire de la slow médecine, gérer toutes les paperasses, assumer la continuité et la permanence des soins seul et à ce rythme.
- que théoriquement oui on peut travailler avec les conditions actuelles en libéral et gagner 2500 / 3000/mois
- que passer outre les réponses concrètes que je peux lui apporter sur la faisabilité, je lui dirais que quand je me suis lancé certes j'ai pensé à organiser mon rythme selon mes choix et en respectant mes limites mais qu'une grande partie de mon questionnement s'est aussi focalisé sur le service rendu à la communauté. Je ne suis pas en train de servir le discours des trolls du serment d’Hippocrate/hypocrite voulant que les médecins aient pour leurs concitoyens vocation, dévotion et abnégation jusqu'au bout mais je ne pense pas qu'un tel exercice ait bonne grâce aux yeux des patients (qui ne relèveront que les absences/indisponibilités...)
- que j'exerce en ville dans un cabinet de 4 où globalement nous travaillons au double de ce qui est décrit dans les désidérata dont 50 h par semaine de consultations (car il y a tout un temps à compter pour gérer tout les reste visites, papiers, activités annexes dont formation...) et un tel profil correspondant à un mi temps serait adapté (c'est d'ailleurs l'objet de pourparlers avec une consœur) en compléments de nos activités et sous la réserve que les praticiens temps plein acceptent de recevoir en urgence -ou pas- les patients désirant consulter hors plages dispo (et que rien que ce point précis peut être source de conflit (de gros sous) avec les rémunérations forfaitaires qui de plus en plus se développent).
- que faire une médecine mixte libé / salariée ou libé MG / libé autre est possible mais suis pas bien sûr que ce soit moins chronophage ou plus simple à gérer.
- et qu'à mon sens le plus sincère il ne faut pas, sauf conditions exceptionnelles, s'installer avec ces désidératas au risque d'être rattrapé par la réalité :
-- des charges fixes,
-- des demandes des patients (refuser est possible ç'en n'est pas moins délicat/risqué)
-- des exigences réglementaires de permanence des soins avec le spectre des réquisitions dans certains coins.
Voilà, c'est juste mon avis. Je sais que ces interrogations se font de plus en plus fréquentes et que bon nombre de jeunes souhaiteraient y inscrire leurs modes de vie mais je ne suis vraiment pas sûr que la médecine générale actuelle telle que je la pratique tous les jours permette ça (ou alors à petite échelle).

Souristine a dit…

Même avis que les autres concernant la naïveté des questions.

Pour rebondir sur la question des horaires : j'ai dans ma région un confrère, qui pour des raisons familiales ne consulte que le matin. Il démarre tôt, genre 7h30, arrête à 13h et fait les éventuelles visites avant de récupérer ses enfants à l'école. Seul médecin de son village, il a expliqué aux patients qu'il ne pouvait pas être là tôt le matin ET tard le soir, et ça se passe bien.

Autre solution, l'installation à temps partiel, en partageant le bureau (et les frais inhérents) avec un(e) confrère (sœur). C'est ce que j'ai choisi, pour avoir du temps pour ma famille, et pour ne pas m'épuiser, afin de continuer à aimer mon métier et son exercice.

Anonyme a dit…

Bonjour à tous, je suis l'auteur de ces questions apparemment "naïves".
Pour commencer merci beaucoup de vos réponses qui m'ont apporté beaucoup d'informations.
Je vais juste revenir sur la forme avant de m'intéresser au fond.
Est-ce vrai ou faux , troll ou pas , naïveté , ces questions me forcent à croire que les médecins généralistes sortis du système hospitalo-universitaire n'ont pas d'écho de la vision de médecine générale qu'il s'y fait au sein des hôpitaux. Je suis dans une de ces facs parisiennes élitistes qui finissent les mieux classées aux ECNs,entourés de PH élitistes et carriéristes qui à longueur d'années rabaissent insatiablement la médecine générale. Qui lorsqu'ils testent vos connaissances vous disent " bon bah pour l'instant avec les réponses que tu m'as donné t'es médecin généraliste dans la Creuse" ( puis on atteint Paris et si on est fort on peux atteindre une spécialité médicale autre), qui n'évoquent même pas la médecine générale comme une des possibilités quand le sujet de l'orientation est abordé . Donc mes questions sont surement naïves de votre point de vue extérieur mais essentiellement parce qu'aucune information, je dis bien aucune information sur ce métier nous est donné. Le stage chez le praticien est limité en place et donc peu nombreux sont ceux qui ont vu de l'intérieur avant de devoir se prononcer sur leur choix .
Et le seul maigre avis que l'on peut se faire est à travers les yeux d'internet et son biais de sélection.
C'est ainsi que pour moi la question des généralistes sur pourquoi les jeunes médecins ne sont pas attirés par la médecine générale est naïve de mon côté de la barrière. Quand le matin on entend le CCA d'ophtalmo qui touche un nombre à trois chiffres pour avoir appuyé sur le bouton de sa machine à phakoémulsification et que le soir on se renseigne sur la MG sur internet et que ce même nombre est atteint par un MG qui travaille de 8h à 21h et que pendant les 4 ans d'externat on dénigre la MG et la présente comme un sacerdoce accompagné de son vide de vie personnelle, des semaines à 60h, du taux de suicide élevé. Bah j'ai l'honnêteté de dire que ça laisse à réfléchir après 6 ans de sacrifices à être à la bibliothèque de la fin du stage à 13h à la fermeture à 23h 6 à 7 jours sur 7 et se laisser 1 sortie non dans l'excès par semaine de 18 à 24 ans.

Anonyme a dit…

Après vient le fond , je pense qu'il y a méprise sur ma question et ou je l'accorde je m'étais mal exprimé car ce jour là mes questions tournaient depuis longtemps dans ma tête et elles sont sorties brutes et légèrement déformées afin de soulager ce poids. C'est pas que je veux en faire le moins possible et pour me prélasser, c'est juste que mon père rentrait à 21h30 du travail et je l'ai mal vécu et ma mère aussi. Et je n'ai pas envie de faire endurer ça à mes enfants et ma femme et aussi j'ai besoin d'avoir un peu de temps libre à côté afin de ne pas saturer et que cela se répercute sur ma prise en charge. Je ne suis pas contre terminer un jour ou 2 maximum jusqu'à 19h30 et les autres jours terminer à 17h et si besoin est de travailler le samedi matin. Par ailleurs la paperasse et le côté gestion je ne l'intégrait pas dans ces horaires car le fait que je puisse le réaliser à mon domicile fait que je peux l'accepter plus facilement. Je veux juste ne pas faire du 8h-20h tous les jours avec en supplément des gardes et astreintes. Je ne trouve pas ma vision des choses choquante, certains sont prêts à sacrifier leur vie personnel pour le "service rendu" et j'ai énormément de respect pour ces gens là mais moi je n'en suis pas capable mais ce n'est pas pour autant que je ne rend aucun service, non ? La médecine est centrée sur une certaine omerta et la loi du bon paraître sous couvert du serment d'Hippocrate. J'ai l'honnêteté de dire les choses tel que je les pense à l'instar des 200 premiers aux ECNs qui vont choisir comme chaque année Radio ou Ophtalmo pour l'aspect physiopathologique(ment rentable) de la spécialité.

Ma question était plus de l'ordre du Peux-t-on être un médecin généraliste heureux ne se tuant pas au travail et pouvant être là pour sa famille au prix d'un salaire convenablement peu élevé.
Ou alors vais-je devoir rentrer dans le moule et prendre une spécialité médicale qui ne me plaît pas pour avoir une bonne qualité de vie qui ( et désolé si ça choque ) à une place importante à mes yeux.

1bouffeematinetsoir a dit…

Ta demande est tout à fait légitime, même si certains qui ont voué leur vie à leurs patients et sacrifié leurs familles ne le voient pas forcément du même oeil.
Merci de la poser!
Je pense que tu peux tirer un revenu suffisant pour vivre de 30 heures de boulot libéral non administratif, tout dépend aussi de la situation de ton conjoint et du coût de la vie sur place pour ce qui est des extras comme les vacances...
Pour le côté organisationnel et nitre obligation de pds, je ne le vois pas autrement pour le moment qu'en partageant un plein-temps avec un confrère ou en exercice de groupe.
Je te souhaite de trouver un mode de fonctionnement idéal...

Anonyme a dit…

Je ne trouve pas ces questions naïves. Et je trouve même ça assez mûr de se les poser maintenant... Ce que je n'ai bien entendu pas fait moi-même! Haha.
Elles sont légitimes, et, tu as raison, il n'est pas facile de trouver des réponses objectives. Les "conditions de vie" ou "de travail", c'est quelque chose d'assez subjectif. Mais le choix existe. Oui, tu peux travailler à mi-temps 30h/semaine, en t'organisant bien. Mais oui, tu gagneras moins de 3000€. Et oui, tu devras t'associer avec un autre mi-temps, car la demande sera plus forte que ce que tu pourras absorber dans ce temps imparti là.
Si tu comptes rester dans le coin, tes charges fixes seront plus élevées (+ grande différence entre revenu brut et net). Et les horaires de consultations des franciliens sont assez larges le soir ("bonjour, je voudrais un RDV à partir de 19h SVP"). En revanche tu ne seras pas seul. Le temps partiel a peut-être plus de chances de pouvoir s'organiser sans culpabilité dans ces conditions.
Parce que la culpabilité, faudra de toutes façons la choisir. Travailler trop, ou avoir à refuser des rdv, ou pas gagner beaucoup pour ta famille, ou céder pour un salariat aux horaires fixes et sûrs (mais avec un patron et ce n'est plus "exactement" de la MG). Mais le choix, tu l'auras. Vu le nombre qu'on est, en plus, je peux te dire, que tu feras bien ce que tu veux.
Par ailleurs les chiffres que tu as trouvés sont exacts. 24€/h net, en comptant les heures de travail hors consultations et les vacances, c'est à peu près ça.
Bienvenue chez nous en tous cas! ;-) A très bientôt
DrLaeti

Docteurdu16 a dit…

Je réponds (partiellement) à l'auteur du mél et à ses commentaires.
Eh bien oui, la question était mal formulée, elle pouvait passer pour fumiste : connais-tu des ingénieurs de grandes écoles qui vont chercher leurs enfants à 16 H 30 tous les jours ? Connais-tu des cadres dirigeants qui sont à la sortie de l'école à 16 H 30 ? Connais-tu des experts comptables qui font de même ? Non.
Eh bien oui, je sais combien les académiques méprisent les médecins généralistes et c'est pourquoi j'ai proposé la Sécession. Et d'ailleurs, ils ne m'impressionnent pas du tout. Je les laisse dans leur tour d'ivoire.
Eh bien oui je sais que la formation aux métiers de la médecine est absente des facultés.
La question que tu poses demande des éclaircissements car, comme l'ont signalé les commentaires, tout dépend de l'endroit où tu t'installes, seul ou en association, aves on non un secrétariat physique, avec ou non PDS, et cetera. Tu es parisien et tu sais que le prix des loyers n'est pas le même dans le seizième ou à Aubervilliers...
Il faut que tu saches que, grosso modo, sur une C à 23 euro, il y a 50 % de frais (à adapter aux prix des loyers, du secrétariat,...). Qu'en gros les MG font entre 4 et 3 C de l'heure, soit entre 92 et 69 euro de l'heure en heures de consultation (sans compter la faible part du ROSP, des rémunérations ALD, plus les gardes éventuellement). Plus l'administratif.
Il faut aussi savoir, puisque tu parles des enfants, qu'il est important de savoir, mais on ne le sait pas, et la vie entraîne des surprises, quelle sera la profession de ta femme (ou de ton mari, soyons in), ses revenus, ses disponibilités, et cetera.
J'espère que d'autres te répondront mieux que moi. Je ne regrette rien à mon installation qui fut difficile, à ma vie qui fut "bien remplie" et, aujourd'hui, j'ai un temps de présence au cabinet (et je te conseille, sauf au moment des impôts, de ne rien emporter chez toi, chez toi, c'est chez toi) d'environ 50 heures en ne travaillant ni le jeudi, ni le mardi matin et en arrêtant à 15 heures le samedi.
Bonne journée et à +

Eric Guerber a dit…

Bonjour, je suis médecin g rural en Morbihan depuis 1994, d'abord en association puis Dans le cadre d'une maison médicale polyvalente depuis 2006. Je ne Suis pas du tout d'accord avec les affirmations du style "tu ne peux pas être médecin g en travaillant 36h par semaine" d'abord car il y a autant de façon de fais que de médecin, ensuite parce que c'est ce qui va arriver avec les confrères qui vont sortir de fac. Alors oui nous les anciens Nous devons accepter que notre mode d'exercice ne soit pas porté au panthéon et oui Nous devons accepter de voir ce que nous pouvons changer. Est-ce qu'une infection des Voies aériennes doit être traitée à 20h car le patient sort de son boulot à 19h? Etc.. Dans beaucoup d'autres Pays le patient sait que l'offre de soin n'a pas d'horaires expansible à désir. Et ce n'est pas parce que nous avons accepté de travailler avec des horaires de 10 a 12h quotidiens que notre population est en meilleure santé. Il est vrai que le médecin rural que je suis souffre moins de la concurrence que le parisien! Mais je ne pense pas que nous liberté d'installation dure encore des Décades.

Anonyme a dit…

Merci de toutes vos réponses qui lèvent le voile sur cette profession très peu connue et apportent de vraies réponses à mes questions .
Pour docdu16 : La vrai question est pourquoi voir le fumiste à chaque coin de mot et employer des termes comme provocation, naïveté devant ma démarche envers vous qui prônez promouvoir la médecine générale . A la limite si vous vouliez taper de votre caducée de jeunes médecins dénoncez le fait que la plupart des jeunes travaillent comme remplaçant pour gagner plus plus en travaillant moins moins et paperasse moins moins , pas en répondant avec une pointe d'acidité et d'accusation sur un jeune non informé qui recherche des informations sur l'installation et son organisation afin de possiblement prendre votre relève.
A chacun sa tour d'ivoire, la vôtre étant celle du dévouement corps et âme aux patients et quiconque ne remplit pas ce contrat à 110% manque au serment d'Hippocrate et au "service rendu".
Après mes 2 frères sont ingénieurs centraliens et oui ils peuvent être sorti à 16h30 s'ils sont prêt à accepter le salaire (qui me convient) qui va avec mais bon cette comparaison n'est que peu constructive .
Par la suite si vous lisez mon dernier message je suis prêt à travailler 46h par semaine ,tant que c'est réparti de façon harmonieuse sans empiéter trop sur la soirée, pour un salaire acceptable donc je ne pense pas être fumiste. Si j'étais fumiste je serais remplaçant avec une rétrocession à 70% en travaillant 3 jours dans la semaine .
Et pour finir, je ne suis pas Parisien au sens strict, je viens de banlieue parisienne délicate et je souhaiterai m'installer dans cette région délaissée car banlieue = vie en collectivité et mauvaises CSE = BCG + éducation VIH + dépistage cancer pulmonaire et cirrhose mais cette banlieue je l'aime pour ses valeurs et ses différents cultures.
Dans un monde parfait j'aurai aimé avoir mon cabinet dans le même immeuble que mon appartement en banlieue , commencer à 8h finir à 17h 3 jours dans la semaine avec une heure de pause déjeuner , si besoin finir à 19h les deux autres jours et le samedi de 9 heures à 13 heures pour un salaire de 3000 euros, si je peux avoir une secrétaire tant mieux sinon tant pis, et au mieux je préférerai ne pas avoir d'associé car sinon mon cabinet ne serait pas en dessous de mon appartement. Je pense que dans ces conditions je serai heureux et serait apte à bien prendre en charge mes patients sans saturer à plus ou moins longue échéance.
Ma façon de prévoir autant les choses peut déconcerter mais ma vie a été bercée de difficultés et j'aime à prévoir une vie telle que je l'espère depuis longtemps, afin de ne pas avoir de désillusion une fois que j'aurais fait ce choix sans retour.

Désolé si ce dernier message est un peu plus direct mais je trouve ça un peu dur de juger hâtivement par écran interposé un des jeunes étudiants qui vient à votre rencontre et aimerait faire votre métier respectable par choix et non par dépit pour l'unique raison qu'il ne partage pas votre idée sur le dévouement absolu aux patients, que j'assume complètement et sans aucun complexe. Si le seul soucis en MG était cela, je pense que la MG serait bien mieux portante qu'à l'heure actuelle.

Je tiens encore à vous remercier tous et toutes pour le temps accordé à mes questions et pour vos réponses contenant des lueurs de couleurs qui redorent le tableau ternis par les PH et CCA de CHU élitistes et carriéristes qui dépeignent votre métier.

Docteurdu16 a dit…

@ Anonyme.
Je crois que vous avez la tête près du bonnet.
Comme vous l'avez écrit votre message a changé entre le mél que vous m'avez adressé et le commentaire que vous avez fait.
Je suis désolé pour ne pas avoir anticipé... et que vous soyez pssé de 35 à 46 heures.
Je ne vante pas la médecine générale, je pense même qu'elle va disparaître, je décris celle que je pratique.
Ensuite, j'exerce en banlieue (très) sensible, au coeur du Val Fourré, et depuis 34 ans. Je connais la musique.
Je ne vous conseille pas d'installer votre cabinet au bas de votre appartement. Enfin, ce que je dis... C'est la meilleure façon d'être débordé.
Quant à me dire que je suis dévoué absolument aux patients, non, non et non.
Je vous décris ma condition dont je ne suis ni fier ni honteux. Je ne vous considère pas comme un fumiste, je me suis fondé sur les 35 heures.
Je ne fais pas non plus de la médecine "sociale" parce que je suis installé au Val Fourré, je fais de la médecine générale, c'est tout. Et, by the way, je suis très dubitatif sur la vaccination par le BCG.
Je pense que vous devez faire des stages en médecine générale et vous vous ferez votre idée en vie réelle car il y a autant de médecines générales que de médecins généralistes. Heureusement et malheureusement.
Moi, j'ai quitté l'hôpital par choix parce que je ne supportais pas l'arrogance des chefs et le mépris pour le petit personnel et... pour les patients considérés comme du gibier.
J'espère que la publication de votre mél entraînera encore plus de réponses, notamment sur d'autres blogs.
Vous avez raison : la vraie vie c'est mieux que les échanges informatiques. Je suis plutôt quelqu'un d'ouvert, de chaleureux IRL et vous pouvez m'appeler et venir à mon cabinet du 16 rue Blaise Pascal à Mantes-La-Jolie. Le docteur Grange est dans l'annuaire.
Bonne fin de journée et... à bientôt.


NP a dit…

Je me permets d'intervenir, bien que pas MG.
Dire avant d'avoir lancé sa vie professionnelle, comme personnelle, qu'on veut tel niveau donné de revenu me surprend. Je le comprends très bien venant d'un sujet jeune, pas marié à une femme qui, pour diverses raisons, a du laisser son emploi, sans enfant(s) à l'age des études supérieures et loin d'une retraite hypothétique.
Je le comprends parfois moins venant d'un professionnel de haut niveau de compétence, de responsabilité et d'engagement personnel. Et qu'on ne me dise pas qu'on ne connait pas le chomage, qu'on ne fait pas cela pour l'argent, et que nombre d'autres gagnent beaucoup moins, le jour où l'on sera tous à 2 k€/ mois la société sera bien avancée... Le problème est plutôt ce qu'on donne en contrepartie, et c'est là vraiment qu'on peut discuter.
Si, en libéral, vous souhaitez avoir une prévoyance à la hauteur (pertes d'exploitation, pertes de revenu, complémentaire santé), que vous devez assurer la retraite de votre conjoint en plus de la vôtre, que vous avez beaucoup d'enfants, et que vous devez investir dans votre cabinet en matériel et en personnel, il faut que vous ayez un potentiel de chiffre d'affaire pour payer tout ça en plus du revenu.
Et il n'est ni illégitime ni scandaleux, à mon avis, de vouloir se situer quelque part entre Zigmund et Fraslin, et même à leur niveau. C'est un choix qui se respecte si l'on fait bien son travail.
Je peux les citer, ce qu'ils ont publié est public.
Mais ce qui me semble primordial, avant de s'installer, c'est de remplacer pour voir du pays, des médecins et des patients, décider dans quel exercice on se reconnait et quels en sont les conditions. Que voulez-vous faire ? C'est la première question à mon avis.

Anonyme a dit…

Bonjour, je suis le confrère cité plus haut qui travaille seulement le matin. J'ouvre à 6h30, je viens consulter à 7h tapantes et je ferme le cabinet à 13h, s'il reste deux ou 3 personnes en salle d'attente, il m'arrive donc de finir à 13h30 ou au pire 14 h. En moyenne une à 2 visites par mois, uniquement des personnes âgées dépendantes ou des gens en fauteuil roulant/fin de vie, pas de visite de confort. Et oui, cela passe très bien. Au contraire, cela me permet de travailler avec une bonne humeur absolue et de prendre un plaisir considérable, et je pèse mes mots, à consulter. L'après-midi et le soir je fais du sport, de la peinture, de la musique. Jamais je ne reviendrai en arrière. Et autant j'ai trouvé normal de finir pendant 10 ans à 20h ou 21 h, autant j'apprécie à présent mon temps libre. Je gagne moins qu'à l'époque de mon temps plein bien sûr...mais assez pour vivre correctement, que demander de plus ? C'est bien un avantage de la médecine libérale, de pouvoir travailler à sa guise...

murmure a dit…

Je vais faire un peu de provoc aussi: je vais chercher mes enfants à 16 h 3 jours /semaine, je ne travaille pas le mercredi après-midi et je suis MG. MAIS je travaille de 17h à 19h ensuite...
Je travaille solo mais plus pour longtemps. (et mon nouveau cabinet sera à 2km de notre domicile)
Terminer à 17h tous les jours, c'est ok aux Pays Bas (en tant que touriste, c'est un peu effrayant à lire leur organisation des soins mais après 17h, c'est uniquement la garde pour les cas urgents)
Pour les autres pays que je connais, ben, la solution c'est le cabinet de groupe. On se répartit les matins tôt et les soirs et voilà!
Chacun peut trouver son organisation (et qui peut changer en fonction de l'âge des enfants)
s'il laisse évidemment tomber d'autres choses (considération parfois des collègues, finances..)
Mais c'est clair qu'à l'heure de travail, mon mari, spécialiste, gagne nettement plus que moi!

Docteurdu16 a dit…

@Anonyme du 11 novembre à 18H20
Bravo.
Combien d'entre nous font ainsi ?
S'agit-il d'une exception ?
Car vous êtes une exception dans la société française. Pas seulement chez les médecins.
Je vous envie de n'avoir à faire que 2 visites par mois. Exerçant depuis 34 ans, j'ai des personnes très âgées, des personnes dans des foyers logements, des patients qui meurent à domicile... Je fais donc des visites : 300 par an.
Mais je vous rassure : j'écris, je lis des livres, je voyage, je regarde de la peinture, j'écoute de a musique, je ne suis pas un monstre.
Vous êtes aux extrêmes de la courbe de Gauss, mais si tout le monde était comme vous, la courbe de Gauss serait différente. Ah, j'oubliais, je pars en vacances dix semaines par an.
Merci pour votre témoignage.
Mais vous ne dites pas combien d'actes vous faites par an.
Moi, avec dix semaines de vacances et en étant remplacé pendant ces dix semaines, c'est 7000.
Et j ne me plains pas.
Bonne soirée.

Anonyme a dit…

Bonsoir, 4500 actes, 5 semaines de congés annuels et tous les ponts ;) et finis les remplaçants, trop de galère par le passé, et 10 confrères sur la ville proche, l'été, toujours la moitié ouvert sur juillet ou août, pas de problème comme ça. @Docteurdu16, bravo pour votre blog, EBM toussa, une mine pour les vaccins...

Docteurdu16 a dit…

L'anonymat me pèse. Identifiez-vous avec un pseudo. On saura avec qui l'on parle.
Est-ce que l'anonyme qui arrive à 6h30 du matin à son cabinet (et après on dira que je suis un stakhanoviste) est celui qui fait 4500 actes par jour ?
Je donne quelques chiffres que j'ai déjà fournis.
7000 actes par an (dont 300 visites), dix semaines de congé (et je suis remplacé), une associée, une secrétaire, une femme de ménage. Environ 50 % de frais.
bonne soirée à tous.

M. Anonyme a dit…

Bonjour, oui c'est bien le même anonyme.

Pas d'associé, pas de secrétaire, pas de loyer (proprio des murs), et je fais mon ménage moi-même, 35 % de frais.

Et j'ai bien déjà du monde en salle d'attente ;)

Bonne journée !

M. Anonyme a dit…

Et je ne travaille que sans RDV, les patients s'arrêtent quand le parking n'est pas trop rempli, sinon ils repassent plus tard, j'en ai qui arrivent toujours à 12h50 par exemple, c'est le jeu, je ne me plains pas.

nfkb a dit…

La question des revenus n'est pas simple.

Surtout que je trouve qu'en France on a beaucoup de pudeur (de pudibonderie ?) vis à vis de ses revenus annuels.

On n'ose pas afficher ses revenus, soit par discrétion, soit par crainte de représailles d'avoir libérer un secret sur la place publique. Je ne sais pas si bien ou pas.

Pour les médecins hospitaliers, les revenus sont bien expliqués par la FHF https://drive.google.com/file/d/0BzS0E5yfWgyvUFlhOGFsZ0FwMzQ/edit?usp=sharing

bon courage pour faire vos choix

NOTill a dit…

DD16, je tombe des nues, vous avez un site à votre nom sous la bannière de Merck/MSD !?
Dîtes-moi que vous n'y êtes pour rien...

BambiBag a dit…

Très cher Anonyme étudiant de 5ème année.
Tout d'abord, merci d'avoir lancé ce débat sur temps de travail et rémunération.
Je suis interne MG en dernière année, suis en train de faire mon 2ème stage en cabinet (SASPAS) et ai fait quelques remplas au cours d'un dispo de 1 an. J'ai donc eu l'occasion de tester le cabinet de groupe, la maison de santé, le pôle de santé et la maison de santé universitaire (ce label n'a encore rien de formel mais puisqu'ils y font recherche et enseignement...). J'ai également eu l'occasion d'explorer le fonctionnement des centres de santé (=médecine salariée) municipaux.
Comme tu as pu le lire ci-dessus, la médecine générale se cherche, se diversifie, se perd aussi parfois. Comme tout PH hospitalier (que tu ne rencontre que trop dans tes stages) et qui pense humblement que sa spé est la seule qui vaille, le médecin généraliste a aussi tendance à penser que son mode d'exercice est le plus pertinent. Et en réalité ... il a raison ! Faisons un peu d'Evidence Based Exercice. Tout comme l'EBM, elle est régie par trois composantes (et pas seulement par les données actuelles de la science comme trop souvent entendu). La partie chiffrée, oh my God, tu peux en trouver sur le site de la DRESS, dans l'atlas du CNOM, auprès des syndicats, Ministères... et bien sur tous détiennent LA vérité. Pour la partie propre au médecin : combien ne sont pas capable de se lever suffisamment tôt pour ouvrir le cabinet à 7h ? Combien ne veulent pas prendre plus de 3 semaines de vacances par an ? ... Si tu as un exercice qui ne te correspond pas, je ne te vois pas tenir la baraque jusqu'à 70 ans. Et les patients dans tout ça ? Ils s'adaptent... quand l'offre de soins leur permet un choix c'est plus facile, certes, mais sur 40h d'ouverture hebdomadaire, il y a moyen de moyenner. On peste tous contre la poste, mais au final on arrive à lui parler à ce put... de guichetier.
Je fais parti des innombrables fous qui ont fait médecine générale pour accéder aux DESC d'urgence. Puis j'ai découvert l'exercice de la MG et tout ce qui en fait un métier excitant et stimulant au premier rang desquels une nécessité permanente d'adaptation. Le MG est à la théorie de l'évolution ce que la tartine de confiture est à la loi de murphy. Il faut s'adapter au patient, à l'offre de soins, à la pathologie, à l'évolution des récos. S'adapter sur son mode d'exercice n'est qu'une composante supplémentaire.
Alors, no stress, tu feras bien ce que tu voudras avec tes galères (comme tout le monde), tes moments de joie (comme tout le monde), tes doutes (comme tout le monde).

Docteurdu16 a dit…

@ NOTill Si vous me donniez l'adresse du site, je saurais. Mais pas à ma connaissance...

Anonyme a dit…

Bonjour. Autre exemple : 2 ans à exercer à mi-temps (mardi, vendredi, un mercredi sur 2 et un samedi matin sur 2) ; l'autre mi-temps fait par une collègue, donc continuité des soins parfaite. Pas de permanence des soins (elle existe, mais je n'y participe pas). Horaires 9h-19h avec grande pause à midi (sieste, + 0 à 2 visites, formation continue). Exercice en groupe (5 MG) secrétariat temps plein, charges mensuelles 2300 euros (moitié pour moi donc). Consultations 20 minutes sur RV, urgences très rares à intercaler, visites 45 minutes par personne. Milieu rural, exercice "particulier" car hôpital local 6h par semaine +EHPAD 1h/semaine (sur les créneaux décrits). 8 semaines de congés annuels.
total de cet inventaire à la Prévert : 2000 euros dans ma poche par mois en moyenne, rien pendant les congés.
Après 2 ans à ce rythme, et suite à un déménagement en ville, je m'installe temps plein, ça change, j'ai besoin de gagner plus d'argent, etc; Probablemetn que je lèverai le pied dans 2 à 3 ans en prenant un collaborateur…
Bonne réflexion
Mais je suis d'accord avec certains des commentaires lus : il faut remplacer avant de se poser, ça fait relativiser les choses et ressortir parfois d'autres motivations que les revenus (par exemple bosser EBM avec secrétariat, c'est précieux !)
Dr Goro

nfkb a dit…

le billet de borée intéressant est celui là : http://boree.eu/?p=1487

Chantal a dit…

Il y a eu Borée et Zigmund qui ont fait un article sur leur revenu. Même un spécialiste travaille beaucoup pour pas tant que cela.

Mon médecin spécialisé orthopédie, et bien à deux, ils travaillent 5 à 6 jours la semaines (hures ouverture de 8h à 12 les matins, les après-midi 14Hà 18 sauf le mercredi et vendredi où cela s'arrête vers 16H - entre midi et 14, le cabinet reste disponible pour les urgence et accident de travail, et vers midi rarement les consultation du matin sont fini). Le 6e est le samedi, soit la visite de sortie de leur opérés hospitalisés soit une formation professionnelle. rarement, il a un vrai week end pour lui et sa famille. Le cabinet médical est une PME avec une douzaine d’employées médicaux où il y a une salle d'opération ambulante.

Ces questions ont irréels, surtout cette distinction MG ou spécialiste. Ces toujours une profession entreprenant et qui prend sur la vie familiale, mais quelle profession à partir un certain niveau d'étude, de charge et obligation, de responsabilité ne l'ai pas?!

Ma mère fut gérante d'un restaurant, elle travailla 7 jours sur 7, 18 à 20 heures par jour. Je ne l'ai que rarement vu, personne ne demandera que dans cette professions le personnel travaille moins pour profitez de leu famille. Au contraire, les gens qui ont du temps libre pour leur famille trouvent qu'eux de la gastronomie devrait travailler plus et être ouvert 24/24H, 7j/7j!

Alors les futurs médecins sachez que vous allez faire un très beau métier, mais qui prendra de votre temps, de votre vie privée - si vous ne pouvez/voulez pas assumer alors il faut être soit un médecin dans une administration, soit changer de profession et surtout plein de professions sont autant astreignant avec moins de considération sociale attachée.

Ce que je trouve dans les divers point soulevés, lors des divers articles, personne des médecin ne parle du patient et des obligations envers lui. Seul ses propres attentes, espérances et droits sont débattues et qu'en est-il d'icelles de leur patients qui leur confie le bien le plus précieux: leur santé ou leur vulnérabilité en maladie?

Bonne soirée à tous

Anonyme a dit…

Chère Chantal , j'ose à croire que vous ne faites pas parti du corps médical . Je suis navré si mes propos vont être francs mais votre mél regroupe toutes les fausses idées possibles qui ne font que salir cette profession.
1) J'ai réalisé un stage chez un orthopédiste : 2 jours d'opération, 1 jour de consulte : une montre à 12 000 euros au poignet et une voiture dont je vous laisse estimer la valeur en proportion.
2)Laissez moi douter d'un 20 heures sur 24 , 7 jours sur 7. Ce qui lui laisse 4 heures pour manger, faire ses besoins naturels et son hygiène ainsi que dormir . Pourquoi toujours aller dans le caricatural quand nous parlons de faits réels.
D'autant que j'ai peine à croire qu'elle fasse 12 services complets dans la journée, j'ai rarement vu un restaurant complet de 15h à 19h enfin bon passons .
3) Vos remarques laissent à penser que certaines professions sont supérieures à d'autre.
Si on part du postulat que chaque métier est indispensable au fonctionnement économique d'un pays ce qui est absolument vrai, si l'on suit votre logique la notion même de vie personnelle s'évanouirait et il n'y aurait aucune raison qu'un médecin travaille plus que n'importe quelle autre profession.
D'autre part , s'il vous est possible d'avoir recours à un médecin même tard, en quoi vous regarde l'organisation des différents médecins pour assumer cette tâche.
Vous tombez dans le cliché du " T'as commencé à donner ta vie aux autres, autant y aller complètement et sacrifier ta vie".
J'ai le regret de vous dire que le médecin est avant tout humain , et son surmenage peut amener à des situations tragiques pour lui comme pour les patients.
J'ose espérer que vous ne vous rendez pas compte de l'énormité de non sens et d'illogisme que vous avancez. C'est à cause de la pression de tels discours que la vision du médecin se déforme au cours du temps et que le médecin en souffre.
4) L'obligation envers le patient.. Je ne vous souhaite pas de ressentir la pression quotidienne d'un médecin et d'un étudiant en médecine ayant peur de faire une erreur, de passer à côté d'un diagnostic, la pensée omniprésente même en dehors du travail et j'en passe. J'espère pour vous que vous n'aurez pas à faire une garde de 24h aux urgences à vous faire vomir dessus, crier dessus par les patients car ils attendent depuis une heure, suturer des personnes sous stupéfiants qui vous crache à la figure devant les policiers qui attendent de l'emporter. Nous passons la plupart de notre temps à penser au patient, mais comment vous permettez vous de juger en étant extérieur à tout ça ? Nous accordez vous de parler d'autre chose que du patient ou bien retourne-t-on vers votre idée que " sacrifiée pour sacrifiée autant donner toute votre vie"
5) Et enfin la considération sociale : Au pays de la sécurité sociale ou la carte verte est considéré comme une carte gold à crédit illimité . Le médecin de nos jours est perçu comme un du. En 4 ans d'hôpital j'ai entendu 9 merci , oui malheureusement je les compte. Certes certains nous considèrent mais cela n'est pas la tendance majoritaire.
6) Si nous sommes si bien , pourquoi la moyenne du taux de suicide chez les médecins est 2 fois celle de la moyenne nationale ?

Je sais malheureusement que vous n'êtes ni la première ni la dernière à tenir ce discours désolant d'immaturité et d'illogisme.

Avec tout le respect que je vous doit, bonne soirée

hexdoc a dit…

Le choc des générations ...
En 5 ème année de médecine, j'étais un externe qui se destinait à la médecine générale comme plus de la moitié de ma promotion, sans nécessité de passer l'internat. Notre rémunération était maigre, mais avions peu de besoin (pas de téléphone portable, pas d'internet ...), mais aussi peu de dépense (pas le temps de dépenser). J'avoue que je ne me suis jamais demandé avant de m'installer combien je gagnerais, ni combien d'heure je travaillerais. Pour mes premiers remplacements le C était à 80 francs (12 euros), et le travail d'une journée (20 à 30 actes) représentait une fortune,et il me semblait parfois gênant de demander cette valeur pour un simple vaccin par exemple.
Après 3 ans de remplacements, on s'installait, et le rachat de patientèle était la bienvenue, car cela permettait de travailler d'emblée a un certain niveau d'acte. Mais on s'endettait pour 10 à 15 ans (650 000 francs - 99000 euros - pour moi : part de SCI, SCM et patientèle), et pour rembourser cela et faire vivre une famille, il fallait bosser, et 35 heures par semaines n'auraient pas suffit, d'autant plus que la disponibilité était une condition nécessaire a la fidélisation d'une patientèle.
Alors, questions naïves ? questions générationnelles ?
J'étais sans conteste naïf a cet âge, mais tous mes collègues d'alors (enfin la plupart) l'étaient aussi, et nous avons appris sur le tas que l'essence d'une activité libérale, c'est que si l'on veut bien gagner sa vie, il faut beaucoup travailler. Mais il en est ainsi des autres activités libérales ainsi que pour les artisans et les commerçants.
Le salariat par contrat permet de fixer une rémunération correspondant plus ou moins a un volume horaire de travail; c'est rassurant, car cela permet de savoir dans quoi on s'engage, et la question de l'auteur du mail pose implicitement la question d'une forme d’exercice salariée de médecine générale
Je pense que l'on va vers cela : des dispensaires avec des horaires balisés et des médecins salariés en médecine générale. Ca commencera par les zones rurales désertées et les zones urbaines déshéritées, puis ça deviendra le mode d'exercice quasi exclusif. Sous l'obédience des organismes complémentaires privés ??

Fluorette a dit…

Le mail de cet étudiant ne me choque pas. Je ne me suis jamais posée ces questions pendant mes études. Maintenant je bosse 45 à 50 heures par semaine, plus l'administratif, plus les astreintes, j'en tire un revenu confortable.
Mais, il est très difficile de concilier tout ça avec ma vie privée, difficile de s'imaginer avec des enfants dans ces conditions. Et les patients pensent encore que je n'en fais pas assez et qu'il faudrait que je leur donne mon numéro pour qu'ils m'appellent la nuit... J'ai trop de charges pour diminuer mon activité, je suis un peu coincée.
Il aurait été judicieux de se poser ces questions plus tôt.

Je trouve choquant qu'on passe pour "un fumiste", si on souhaite s'occuper de ses enfants. Ou même juste pour travailler moins.
Quand je vois les conditions de travail de mes confrères dans d'autres pays, je constate qu'en France, les patients sont chanceux et ne s'en rendent pas compte. Et quand je lis Chantal, ça me confirme que, quoi qu'un médecin fasse, ce ne sera jamais assez.
Le monde change.

Le fait que ce jeune médecin ait modifié de 35 à 45 heures par semaine son projet ne change rien. C'est toujours le même refrain : "un médecin qui ne se tue pas à la tâche est un branleur". Et pourtant, si tant de jeunes médecins ne s'installent pas, si tant d'eux restent remplaçants, c'est probablement qu'il y a un problème de ce côté-là.

On peut être un bon médecin sans se tuer à la tâche. La seule vraie question est la continuité des soins.

BG a dit…

Certaines réactions sont révélatrices de l'état d'esprit de nos médecins dans le présent et l'avenir proche comme par exemple, si la continuité des soins est reconnu comme un problème très important, en quoi cela vous regarde (vous les patients) de savoir comment les médecins vont s'organiser pour y parvenir. Les patients potentiels que nous sommes tous peuvent aussi légitimement se demander à quelle sauce ils vont être mangé. Il est sans doute vrai que la relation patient-médecin est souvent une relation particulière complexe où le médecin n'est pas forcément immédiatement interchangeable. On ne peut nier cela ni l'effet placebo lié à la confiance que le patient place dans SON médecin. Tout cela pourrait disparaître à court terme et on peut avoir le droit de s'interroger sur les conséquences. J'ai essayé d'en trouver quelques unes :

Autrefois l'exercice de la médecine était pratiquement considéré comme un sacerdoce. C'est visiblement fini si cela n'a jamais existé que dans l'imaginaire. Mais on ne peut avoir à la fois le beurre et l'argent du beurre, l'aura attachée au sacerdoce tout en ayant un statut de salarié plus ou moins fonctionnarisé qui rêve de vacances dans les îles.

De multiples raisons vont entrainer inéluctablement une réduction du remboursement des soins et des médicaments. Le très généreux remboursement des médicaments, d'ailleurs vendus beaucoup plus chers en France qu'ailleurs, a plus bénéficié à l'industrie, aux pharmacies et aux microbes (développement des résistances) qu'aux patients. Le remboursement des consultations a conduit à une inflation des consultations. Quand j'étais jeune on ne faisait pas très souvent appel au médecin. J'ai plusieurs fois été alité avec une forte fièvre sans que le médecin passe, pour une varicelle par exemple voire une rougeole. Il existait une sorte de médecine familiale qui était d'ailleurs nécessaire vu les conditions. J'ai assisté à la destruction de ces traditions familiales et à la très forte incitation à la consultation systématique du médecin.

Là aussi, les conditions économiques, la possibilité de consulter gratuitement des sites internet consacrés à la santé ou aux maladies, d'échanger sur des blogs type maman-bébé pour les enfants par exemple mais aussi, sans doute un jour prochain si cela n'existe pas encore, des blogs de "vieux" qui échangeront sur leur état et les réponses qu'ils tentent d'apporter, une autre forme de médecine familiale ou individuelle est sans doute en train de se reconstituer. Certains produits dont on parlait très peu il n'y a pas si longtemps ont émergé depuis quelques années comme le rôle antibactérien ou antiviral des huiles essentielles, ce qui peut permettre de traiter certains problèmes infectieux sans prescription médicale.

Aussi, l'évolution qui se dessine à travers les propos rapportés ici pourrait avoir des conséquences profondes que vous ne soupçonniez peut-être pas car la nature a horreur du vide et, d'une manière ou d'une autre, le patient cherchera à retrouver ce qui lui manquera.

Chantal a dit…

@Anonyme: vous doutez que ma mère a travaillé 18 à 20h par jour et cela 7j/7j? Merci! en Allemagne, les restaurants sont en discontinue. Depuis des années des débats se font afin que les restaurant et les magasins alimentaires doivent être ouvert 24/24h 7/7j! Des essais avec ouverture des commerces jusque 23H n'ont pas donné une hausse du CA, mais une diminution du salaire du personnel et une hausse du frais de fonctionnement.

Mes médecins n'ont pas de rolex, mais des enfants qu'ils ne voyent peu ou sont désillusionnés! Donc, leurs homologues français gagnent bien mieux leur vie qu'eux. Mon MG qui ne me voit jamais et m’envoie une facture par trimestre de 30 euro pour les ordonnances nécessaires pour mon traitement ophtalmologique, établi par son personnel. Ainsi il est moins cher que mon ophtalmologue qui me facture rien que le plan médical avec 5 euro!

J'ai de l'estime pour mes médecins et je côtoie le milieu médical depuis des décennies (les années 1980) puisque j'ai d'abord soigner mon père, maintenant ma mère. Les villes où j'habitais, les endroits connues furent malheureusement les hôpitaux.

D'ailleurs, mon droit d'assuré du système d'assurance de maladie privé fait que je dois payer entièrement mon traitement anti-douleur de ma poche. Heureusement que mon médecin me fait un petit prix, car 800 euro chaque mois, je ne peux me le permettre! Chaque consultation chez l'ophtalmologue est facturé avec 300 euro, donc point la "carte vitale est un dû", des soins gratuits. Mes soins médicaux me coûtent biens des sous et cela permet surtout à big pharma de bien vivre, même pas à mon pharmacien.

Celui qui a du mépris est vous-même qui ne voit le monde par la complexité du milieu médical et non global. Vous savez que le métier de médecin est prenant à c'est à prendre ou à laisser. Vous vous ne poser pas la question comment est la vie pour les IDE? Eux ont les même charges, les même heures de travail que vous, veulent aussi voir leur enfant grandir et ne gagnent pas autant que les médecins. Est-ce que vous vous êtes poser la question comment font les IDE et les AS?

Chantal a dit…

Suite:
@Fluorette: je déplore souvent que mon médecin ne puisse pas prendre plus de vacances, parce qu'il est humain et se met à la place de ses patients, il les comprends. C#est rare, ce humanisme.

Vous vous méprenez sur mes mots. Je ne méprise et je n'attends point que le médecin soit toujours là, mais dans vos remarques je n#ai jamais lu un seul mot, un seul lien impliquant vos patients! Vous parlez de vos attentes, mais vous faites quasiment tous un silence blanc sur votre clientèle.

Que vous voulez des congés de maternités, etc je n'ai rien contre mais comment voulez-vous l'organiser en tant que libéral? La confiance se tisse et ne se transmet pas entre deux parties. Je pense au cabinet de mon ophtalmologue où ils étaient 3 médecins en 2012, là il en reste 1. L'un est décédé en 2012, l'autre en congé de maternité (avec annonce de reprise de son travail d'abord en mai, puis en aout 2013 et actuellement l’annonce est pour juin 2014). Alors, un médecin avec la clientèle de 3 médecins - comment doit-il faire? Les frais restent les mêmes (il faut voir le matériel OCT, des Lasers, etc), mais point les revenus pour le cabinet. Lui, veut bien prendre des vacances, son jour de repos car tout les X semaines il est de garde le week end pour les urgence ophtalmologique. Je comprends sa collègue avec ses 18 mois de congé de maternité, mais pense-t-elle comment lui arrive à faire tourner le cabinet afin qu'elle ait encore une clientèle et un emploi? et ses patients, si ce n#est qu'une visite de contrôle par an pas trop de soucis, mais quand il s'agit d'un suivi serré (genre consultation tout les 3 à 4 mois), les liens de confiance sont autres. Surtout qu'elle est la spécialiste pour les injections oculaires. Il faut dire le cabinet a perdu pas mal de clients et le personnel a diminué.

Ici, il y aussi des gens qui ne vont chez le médecins parce que cela leur coute trop cher. Ils ne peuvent point se le permettent (les divers franchises ou contributions grèvent rapidement un portefeuille).

Il y a 4 ou 5 ans, il y a eu une grève des médecin hospitaliers. Ils exigeaient plus de personnel, moins d'heures de travail, etc car en surcharge permanent qui met en danger la vie des patients. Les négociations entre personnel médical (médecin) et l'employeur (les hôpitaux) ont aboutis à une hausse du salaire, avec le même temps de travail et raplapla plus de plaintes sur les condition de travail par les médecins qui n'avaient pourtant pas changer. Soit les conditions étaient inhumaines et le sont toujours, soit ce fut un slogan pour faire pression et obtenir plus facilement la hausse du salaire exigée.

Pour une amélioration de leur condition de travail par exemple plus avoir des gardes de 48h qui peut encore réfléchir après 48H non stop? Le chauffeur de poids lourd doit faire une pause au bout de 8h de conduite - théoriquement) j'étais et suis de leur coté, mais seulement faire la gréve pour obtenir une hausse du salaire non.

Je vous pose à vous tous une question: si vous arrivez à ce système parfait d'exercice de votre profession. Quelle considération attendez-vous alors de votre clientèle envers vous? Oú mettez-vous les IDE et AS? quels seront leur conditions de travail? Les même que les votre?

Bonne soirée

Doc Ally a dit…

J'ai du mal à comprendre en quoi ces questions paraissent illégitimes.
Les anciennes générations n'ont peut-être pas eu la possibilité de se les poser.
La principale préoccupation des nouveaux médecins est l'équilibre entre vie privée et vie professionnelle.
Remplaçante depuis 1 an, mon installation est prévue l'année prochaine. Je me pose exactement les mêmes questions que cet étudiant : suis-je obligée de faire des journées complètes ? Puis-je me libérer des demi-journées ou faire un "mi-temps" ? Je n'ai pas encore d'enfants mais j'espère en avoir dans quelques années. Qui s'occupera de leur garde, d'aller les chercher à l'école, de leur donner à manger ? Pourrai-je les voir grandir ?
Même sans enfants, je vois bien que dans certains remplacements, si je rentre à la maison après 20h, qui fait à manger, qui fait le ménage, qui s'occupe des soucis administratifs divers, des problèmes de voiture ou autres ?
J'ai envie de commencer des cours d'accordéon, quand ?
Les études de médecine sont prenantes, je pense seulement médecine depuis dix ans. Est-ce qu'un médecin a le droit de prendre du temps pour soi ?
Dois-je faire de mon compagnon, un homme au foyer ou lui faire peser toutes les responsabilités du quotidien sur ses épaules ?
Pour le moment, mes remplacements me laissent quelques semaines de libre. Mais les semaines travaillées de 8h à 20 h ne me laissent aucun temps pour le non-professionnel. Rentrée à la maison, je n'ai plus aucune capacité de concentration et ne suis même pas capable d'un peu d'attention envers mon homme. Je suis peut-être fragile, ou tout autre terme que vous voudriez utiliser. Je ne pense pas être la seule dans ce cas.
Oui, je connais des ingénieurs avec un emploi du temps et des revenus confortables. Pourquoi un médecin ne pourrait pas faire de même ? Je connais aussi des médecins qui ont décidé de faire un "mi-temps". Les patients s'adaptent. Tant que l'on propose une solution pour la continuité de soins, je ne vois pas où se situe le problème. Les patients préfèrent-ils un médecin épanoui ou en burn-out ?

Docteurdu16 a dit…

@ DocAlly
Il y a un gros malentendu.
Vous êtes en train de dire que les médecins de ma génération, je me suis installé en 79, étaient de gros khons qui ne refléchissaient pas, qui ne s'occupaient ni de leur femme, ni de leurs enfants, qui n'avaient aucune activité extra médicale, qui ne lisaient pas de livres, qui n'écoutaient pas de musique, qui n'allaient pas au cinéma, qui ne voyageaient pas, qui faisaient du chiffre et encore du chiffre ?
Il ne faut pas exagérer.
Certains d'entre nous ont été dépassés, peut-être, certains d'entre nous ont fait trop d'actes, certainement, mais pourquoi nous juger au fond ?
Nous avons aimé, divorcé ou pas, fait des enfants, nous sommes allés à la sortie de l'école, nous nous sommes occupés des devoirs, des activités péri scolaires, nous avons fait du sport, et cetera.
Pauvres médecins ?
Dans ma patientèle j'ai des femmes qui ont plus de trois heures de transport par jour, qui occupent des postes durs, qui gagnent 1200 euro par mois, qui s'occupent de leurs enfants, de leur "homme" comme vous dites, et je devrtais faire pleurer Margot sur mon sort ? Je suis un privilégié, je travaille assez (entre 46 et 50 heures par semaine), je ne me compare pas aux autres, se comparer c'est se minorer, c'est jalouser, c'est montrer son incompétence à changer les choses, je préfère être médecin qu'ingénieur, médecin que directeur commercial, c'est mon truc.
Et si j'aime la médecine, générale en plus, c'est parce que c'est un puits de connaissances et de méconnaissances sans fond, qu'on ne peut jamais être satisfait de soi, qu'on a toujours quelque chose à apprendre, qu'on a toujours un patient qui nous remet en question, je lis donc, pas seulement Proust, Kundera, Musil, Roth et consorts, je lis de la médecine...
Je ne me plains pas. Mais ne croyez pas que je sois un esclave consentant.
Ne nous méprisez pas.
La médecine générale alapapa est en train de mourir. Je n'y peux rien. Vous saurez inventer autre chose, j'en suis certain.
Mais ne nous prenez pas pour des crétins. Nous ne le méritons pas.
Dégagez-vous surtout de la gangue hospitalière (je n'ai pas écrit gang) qui ne mérite pas l'aura qui lui est attachée.
Bonne journée.

Olivier a dit…

Sans vouloir réagir aux propos de chantal qui me semble surréalistes, je voulais répondre à notre étudiant anonyme sur mon organisation personnelle.

J'ai 34 ans, je suis installé en MG dans un cabinet semi rural depuis 1 an 1/2. Nous sommes 3, avec partage du dossier informatique. Il y a une consultation libre le soir à partir de 18h30 que l'on assure à tour de rôle.
Je ne suis qu'a mis temps en libéral, j'ai un poste salarié à mi temps dans la petite HAD locale.
Je fais environ 4000 euros de CA par mois, avec 2000 euros de charges fixes + 2500 euros de salariat à côté.
Cela me permet de finir : à 18h un lundi sur 2 et un vendredi sur 2 (et l'autre lundi/vendredi je finis vers 21 h en raison de la consultation libre), à 17h30 le mardi et le mercredi, consultation libre le jeudi systématiquement. JE travaille 1 samedi sur 2 à mon cabinet. Pas de remplaçant.

J'ai gouté à a pas mal de types d'exercices pendant mes 4 ans de remplacements : du travail à la campagne en "désert" médical, de l'urbain pur sans visite, un peu de SOS ... C'est pour ça que je conseille vivement comme mes collègues de remplacer un peu avant de se fixer quelque part.

Ce qui m'a un peu incité à m'installer c'est aussi certaines rencontres...
Bref il y a quand même je pense moyen de trouver un exercice permettant de concilier les exigences de la continuité des soins et vie de famille.

Anonyme a dit…

J'ai 52 ans. Je suis MG libéral installé seul depuis 20 ans. Je travaille 4,5 jours par semaine de 8 h 30 à 12 h et de 15 h 30 à 19 h, uniquement sur RV de 20 mn. Mes revenus de 2012 sont de 36 000 euros net.
Je ne fais quasiment pas de visite à domicile (24 durant l'année 2012)
Je fais 1 heure 30 de sieste tous les midis, je mange chez moi.
Je ne vais plus chercher mes enfants à l'école car ils n'y vont plus.
C'est donc possible de faire de la médecine ET de vivre normalement.
Et au passage j'emmerde les stakhanovistes, sacrificiels, vieux cons, et autres donneurs de leçons aux jeunes.

Anonyme a dit…

Et je précise que je suis installé dans un "désert médical".

Johnson Bill a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Reconnaissance a dit…

"Moi, j'ai quitté l'hôpital par choix parce que je ne supportais pas l'arrogance des chefs et le mépris pour le petit personnel et... pour les patients considérés comme du gibier."
C'est la raison pour laquelle je suis "tombée" sur ce blog, après une visite aux urgences des QUINZE-VINGTS... Cette phrase illustre parfaitement ce qui peut être ressenti AUSSI par les patients, dont je fais partie de temps à autre.
Dommage @docteurdu16 que vous exerciez si loin de chez moi, j'aimerais tellement retrouver un MG tel que vous. Mais vous le dites vous-même, la profession est en mutation, et à mon sens les fameuses 35H dont les oreilles de tous les jeunes et un peu moins jeunes ont été rebattues, y sont pour beaucoup quelque soit le métier exercé d'ailleurs. En tant que DRH depuis 25 ans, j'en sais quelque chose !!!
Je suis heureuse aujourd'hui de pouvoir m'adresser à un médecin en lui disant : "je vous admire", "vous m'inspirez confiance", et...
"MERCI" !

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je crois bien percevoir le caractère potentiellement incongru de cette lettre. Néanmoins j’admire le pragmatisme de cet étudiant ! Pragmatisme qui tranche étonnamment avec l’idéalisme (angélisme ?) de ma fin d’étude et de mon installation… en 1993. Ses questions sont légitimes même si elles ne sont pas forcément tournées vers le « patient »… 20 ans d’exercice, des semaines de 50h, 4 semaines de congés au mieux (avec le rattrapage du retour de vacances !) un paiement à l’acte aussi débile qu’humiliant, un divorce, un contrôle de la sécurité sociale, des réformes (SS) qui ne viendront jamais et me voilà jetant l’éponge.
Je suis passé au salariat. Me voilà fonctionnaire contractuel. J’ai à nouveau le temps de me consacrer à mes quelques patients et j’ai cessé de fulminer après ces putains de 23€ au-delà des 20 minutes de consultations. J’ai certes du sacrifier 20 à 30 % de mes revenus, mais j’ai tellement gagné en qualité de vie et en tranquillité d’esprit qu’après 3 ans je ne regrette toujours rien.
Alors place aux jeunes médecins pragmatiques! Et toute mon admiration pour ceux qui y croient encore !