samedi 30 octobre 2010

VACCINS : S'ILS N'ONT PAS DE PAIN, QU'ILS SE FASSENT VACCINER !


On dit que Winston Churchill a dit : "La démocratie est le pire de tous les régimes à l'exception de tous les autres", ça, c'est la version répandue partout et même dans les sujets de philosophie, mais ce n'est pas tout à fait vrai : il aurait dit exactement selon Wikiquote: "Democracy is the worst form of government except all those other forms that have been tried from times to times", phrase prononcée à Londres le 11 novembre 1947 à la Chambre des Communes (The Official Report, House of Commons (5th Series), 11 November 1947, vol. 444, cc. 206–07). Ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Pourquoi vous dis-je cela ?
Parce que Big Pharma est la pire de toutes les industries à l'exception de toutes celles qui ont déjà été essayées.
Mais : Pourquoi serais-je opposé à Big Pharma ? Suis-je opposé aux constructeurs de voitures ? Suis-je opposé à la grande distribution ? Suis-je opposé au capitalisme ? Je suis simplement favorable à un contrôle de leurs activités.
Je n'ai rien contre Big Pharma en tant qu'industrie : je m'oppose à l'absence de contrôle ou à un contrôle orienté par des Agences Gouvernementales non indépendantes. C'est différent. Je voudrais que la séparation des pouvoirs s'exerce et que les gouvernements en charge de la politique de la ou des Nations, puisque nous sommes en Europe, définissent les politiques de Santé Publique pas seulement en fonction des intérêts financiers de Big Pharma mais, excusez de l'approximation, en fonction de l'intérêt général.
Est-ce un rêve ?
Cela dit, et puisque nous sommes loin du Grand Soir, et qu'imaginer Jean-Luc Mélenchon en Ministre de la Santé réaffirmant "On vaccine et on discute ensuite.", me donnerait envie de faire un pèlerinage auprès du Dalaï Lama pour déplaire à Margaret Chan, ci-devant Directrice de l'OMS nommée avec l'assentiment de son gouvernement chinois communiste démocratique, me donnerait une éruption incontrôlable, donc, il faudrait d'abord que la démocratie s'applique.
Que signifie la démocratie en l'espèce ?
Comme je l'ai dit, définir des politiques claires de Santé Publique (ce qui n'est pas une mince affaire, reconnaissons-le) en se fondant sur l'Etat de la Science, les expériences personnelles et les choix des patients / malades. Mais aussi, les impératifs industriels et politiques, ne soyons pas naïfs. Car définir des politiques, c'est faire des choix, parfois déchirants, tenant compte et des mentalités et des infrastructures.
Mais aussi disposer d'Agences gouvernementales indépendantes (je sais, l'oxymore est trop facile à détecter). Pourquoi des Agences gouvernementales indépendantes ? Pour que les décisions de ces Agences se fassent sur des critères scientifiques (sans prétendre que des choix politiques ne puissent interpréter ou prioriser ces critères, il ne faut pas faire de démagogie) et non en raison de considérations autres.
Nous pourrions, grâce à la démocratie, obtenir des Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) conformes à l'Etat de la Science et moins soumises au lobbying de Big Pharma à Saint-Denis (où plus rien ou presque ne se passe) mais surtout à Londres (EMEA) et à Bruxelles (Commission Européenne), nous pourrions, grâce à la démocratie, disposer de données incontestables publiées par une INVS libre et scientifiquement du niveau des autres Agences internationales afin de pouvoir fonder les politiques publiques, nous pourrions, toujours grâce à la démocratie, contrôler de façon indépendante la sécurité d'emploi des médicaments avec une Commission Nationale de Pharmacovigilance qui étudie les dossiers avant, pendant et après l'obtention de l'AMM et qui ne fonde pas toute sa politique sur le recueil spontané des événements indésirables mais sur des programmes prospectifs pré et post commercialisation, nous pourrions, toujours grâce et encore à la démocratie, initier des travaux prospectifs cliniques contrôlés en dehors de Big Pharma (sur des sujets de Santé Publique majeurs : HTA, diabète, et cetera...) qui tiennent compte non plus seulement de la nouveauté mais du coût efficience des thérapeutiques, nous pourrions, nous pourrions, nous pourrions, toujours grâce à la démocratie...

Pourquoi être parti si loin de mon propos initial, les déclarations célèbres de Marie-Antoinette sur la brioche, sinon pour aborder le paternalisme et les intimidations de Big Pharma dans le domaine vaccinal ?

Parce que je voudrais, à la lumière d'une réponse de Jabob Puliyel (JP) faite dans le Guardian (ici), qui m'a été signalée par Marc Girard (je recommande encore et une fois son blog), souligner combien Big Pharma mène un jeu pervers ici dans les pays développés et ailleurs dans les pays où mortalité infantile et état sanitaire ne sont pas dans les standards européens.

Big Pharma tente d'intimider les rares critiques de la politique vaccinale mondiale qui soient issus du sérail scientifique (ceux qui sont d'accord sont des experts rémunérés, les autres sont indépendants). Cette intimidation est vieille comme le monde et elle est articulée de cette façon : la mortalité infantile est très forte dans certains pays ; un certain nombre de solutions existent dont la solution vaccinale ; les enfants de ces pays sont insuffisamment vaccinés ; les critiques des vaccins augmentent la peur de ces populations à l'égard de la vaccination, ce qui en fait chuter le taux de couverture et ce qui augmente la mortalité. CQFD. Big Pharma a ses rédacteurs grand public, même pas fantômes, comme Vivienne Perry dans le Guardian (ici). Elle cite de nombreux exemples, fait des amalgames et la lecture de cet article montre à l'envi que se poser des questions sur les vaccins entraîne de nombreux morts chez les enfants du Tiers-Monde. C'est pourquoi la réponse de Jacob Puliyel est intéressante. Avant d'y venir, je voudrais quand même remettre les choses à l'endroit : Vivienne Perry prend comme argent comptant le fait que tous les vaccins sont efficaces et sans danger ; et que donc, les esprits critiques sont des illuminés qui font du mal ; Vivienne Perry pourrait sièger au Comité Technique des Vaccinations où l'idéologie est la même. Il suffirait, chère Vivienne Perry, pour que les esprits critiques ne soient pas sceptiques, et je m'adresse ici également aux experts vaccinaux français, que les études fussent convaincantes pour que nous fussions convaincus ; c'est tout simple.
Vivienne Perry écrit en substance ceci : "Le gouvernement indien, cédant à des lobbys menés par des partis d'opposition, a renoncé à inclure le vaccin anti Hib dans les programmes de vaccination en dépit du fait que l'OMS indique que 20 % des 400000 enfants qui meurent de pneumonie due à Hib chaque année dans le monde soient indiens." Et elle poursuit : "En Grande-Bretagne, grâce à ce vaccin, les méningites à Hib n'existent plus... La peur induite par les anti vaccins conduit à ce que les campagnes de vaccination échouent encore plus..."
JP lui répond : "En tant que membre du National Technical Advisory Group on Immunisation du gouvernement indien je peux affirmer que pour qu'un vaccin soit introduit dans le programme de vaccination il faut que son efficacité justifie ses coûts. Or, pour le vaccin anti Hib il a été montré en Asie que parmi ceux qui recevaient ce vaccin on ne constatait pas d'une réduction du nombre de pneumonies ou de méningites... En particulier un essai réalisé au Bengaladesh sur 68000 enfants de moins de deux ans n'a pas montré de réduction significative du nombre de décès par pneumonie par rapport au groupe contrôle. Malgré cela Global Alliance for Vaccines and Immunisation (Gavi) a affirmé l'intérêt du vaccin grâce à cet essai.... Une analyse dans le Lancet a montré que le vaccin Hib diminuait les cas de pneumonie de 4 cas pour 1000 enfants. Selon les calculs de Gavi le coût de la vaccination de 1000 enfants est de 12750 dollars. Traiter les 4 cas de pneumonie aurait coûté, en Inde, 1 dollar en utilisant le protocole de l'OMS. Quant aux souches de pneumonie prévalentes en Inde elles sont sensibles à des antibiotiques bon marché comme la pénicilline. Aux Etats-Unis l'utilisation du vaccin a entraîné l'apparition de nouvelles souches résistantes... Mais on pousse le vaccin en Afrique et en Asie... 50 % de la population indienne ne reçoit pas les six vaccins de base contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la polio, la tuberculose et la rougeole... Pourquoi rajouter de nouveaux vaccins inefficaces quand les vaccinations de base ne sont pas assumées ?... Pas plus que le tout à l'égout..."
Dans un autre article non publié JP disait ceci, à l'instar de Marie-Antoinette, s'adressant au peuple / pauvre : "S'ils n'ont pas de pain, qu'ils se fassent vacciner !"

Big Pharma n'est pas une société secrète. Elle défend son cash-flow, ses marges, et elle infiltre et tente de corrompre. Ce qui est le plus étonnant, c'est combien les Jacob Puliyel ne sont pas plus nombreux pour affirmer des évidences : ne nous laissons pas intimider. Disons la vérité sur les études, n'ayons pas peur d'informer, ne craignons pas de "désespérer Billancourt", préférons avoir raison sans l'OMS que tort avec.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Toujours un plaisir de vous lire. Je parle pour moi en tous cas. Peut-être les autres se forcent ils par pur masochisme?
Votre exemple paraît particulièrement judicieux. Les essais cliniques sur les vaccins sont effectués par les Contract Research Organizations (CRO auxquels les laboratoires sous traitent en quelque sorte ces essais cliniques) dans des pays pauvres, où ça coûte bien moins cher. Ensuite les laboratoires essaient de les vendre aux pays riches, là où les gens, l'Etat sont (encore) solvables. Comme dans le cas du Gardasil.Sur le principe et indépendamment de la qualité intrinsèque des essais, des arguments tirés d'études dans des pays pauvres, où l'épidémiologie, l'état sanitaire de la population, la sensibilité des bactéries aux antibiotiques comme vous l'avez signalé etc sont totalement différents de ceux rencontrés dans les pays riches sont ils transposables aux pays riches? La réponse est clairement NON comme vous le montrez.Ils ne sont transposables ni dans un sens ni dans l'autre. Cette tentative qui consiste à vouloir faire croire que les BESOINS EN MATIERE DE SANTE SERAIENT GLOBAUX, les mêmes dans toutes les parties de la planète correspond davantage aux besoins de rentabilité des multinationales que à une quelconque réalité.
Pour le plaisir de la controverse, vous dites, précaution oratoire bien utile quand on s'adresse à des professions libérales: je ne suis pas contre l'industrie pharmaceutique. Moi non plus. Je ne suis pas non plus contre la peste et le choléra. Comme on ne peut pas être contre quelque chose qui existe. Ce serait un déni de réalité. L'acception initiale, de base, du terme industrie pharmaceutique est : industrie qui fabrique des médicaments. Sous entendu, qui fabrique des médicaments pour répondre aux besoins de santé des populations. Mais comme en toutes choses il faut apprendre à se méfier de ce qui est sous entendu, implicite et "évident". Parce que c'est souvent à ce niveau que se situe le problème. Et la stratégie marketing de Big Pharma est passée maître dans l'art de passer sous les radars, de se faufiler dans les mailles de l'esprit critique des médecins dont les mailles gagneraient peut-être à être un peu plus serrées. Le problème c'est bien que l'industrie pharmaceutique ne fabrique plus des médicaments pour répondre aux besoins de santé de la population mais qu'elle FABRIQUE DES PSEUDO BESOINS DE SANTE POUR REPONDRE AUX EXIGENCES DE RENTABILITE DE SES DIRIGEANTS ET ACTIONNAIRES.
CMT

Anonyme a dit…

Le problème c'est que les multinationales de l'industrie pharmaceutique sont devenues "too big to fail" mais aussi "too big to be controled". De la même manière qu'elles modèlent et contrôlent nos besoins de santé, elles modèlent et contrôlent les politiques de nos Etats. Et ceci est LA CAUSE plutôt que la conséquence de l'étiolement de la démocratie.
Pour prendre un exemple, si je veux faire une recherche sur un sujet précis de médecine je vais sur une base de données qui me donne accès à des milliers de références d'articles qui traitent du sujet. J'ai l'impression d'avoir une large palette d'informations, d'avoir la possibilité de me forger une opinion équilibrée sur le sujet. Mais s'il s'agit d'un sujet qui rentre dans les visées de la stratégie marketing des multinationales pharmaceutiques comme les vaccins ou un sujet concernant la psychiatrie, en réalité j'aurai accès quasi exclusivement à des articles financés par l'industrie pharmaceutique qui adoptent une perspective favorable aux visées stratégiques de celle-ci mais rarement favorables à une gestion raisonnable et rationnelle des ressources en vue de maximiser la relation coût/efficience. C'est comme au supermarché: beaucoup d'emballages différents mais des produits qui se ressemblent.Donc, finalement une ILLUSION DE CHOIX qui nous mène à penser qu'il n'existe pas d'autre manière de voir, pas d'autre choix possible.
Quant à l'"intérêt général", je n'ai jamais éprouvé le besoin de le définir tellement je suis persuadée, que, même si c'est une expression galvaudée, même si elle peut être mille fois détournée pour servir des objectifs inavouables, chacun, en son for intérieur sait exactement de quoi on parle, quand on parle d'intérêt général. Parce que cela renvoie à ce qu'il y a d'universel dans l'être humain, à ce qui nous est commun.
CMT

Anonyme a dit…

Pourrait-on avoir votre sentiment sur les nouvelles recommandations vaccinales concernant la rougeole et notamment sur l'"explosion" de cas chez les jeunes adultes, l'apparition de cas de rougeoles chez de jeunes femmes enceintes vaccinées avec une seule dose dans l'enfance....

Docteurdu16 a dit…

Mon attitude est la suivante pour la rougeole : je vaccine, je vaccine, je vaccine. Je connais les effets indésirables des vaccins combinés mais je vaccine.
Je sais aussi que la vaccination anti rougeoleuse n'est pas obligatoire et je me demande bien pourquoi : l'Etat craint-il devoir indemniser les complications de la vaccination ?
Je réponds brièvement mais je rappelle, de mémoire, qu'avant la vaccination le nombre de décès et de complications était très faible.
J'y reviendrai.