lundi 31 janvier 2011

LECONS DE H1N1 : ET SI UNE IMMUNISATION PARTIELLE POUVAIT ETRE CONTRE PRODUCTIVE...


(Je reprends et traduis les commentaires faits dans La revue Inside Vaccines à propos d'un article que j'ai pu lire dans la revue Nature )
L'article : Monsalvo, A.C., et al, Severe pandemic 2009 H1N1 influenza disease due to pathogenic immune complexes. Nature Medicine (2010)
Voici les commentaires :

L'essai : a) comprenait des malades hospitalisés en 2009 en Argentine pour grippe H1N1, des malades témoins hospitalisés sans grippe H1N1, et étudiait des tissus pulmonaires de patients décédés de la grippe en 1957 ; b) tentait de comprendre pourquoi la grippe H1N1 de 2009 avait touché une faible partie d'adultes d'âge moyen et pas les plus jeunes et les plus âgés, contrairement aux modèles typiques de la grippe et étudiait une série de marqueurs immunitaires parmi des patients ayant présenté différentes sévérités de grippes.

Les résultats fondamentaux :
  1. La charge virale du H1N1 2009 était plus faible que celle constatée dans les épidémies saisonnières antérieures. Ce résultat était cohérent parmi tous les patients atteints même dans les formes les plus sévères. La pandémie H1N1 2009 fut effectivement moins sévère et moins dangereuse que que les épidémies saisonnières antérieures.
  2. Les personnes âgées avaient un haut niveau d'anticorps protecteurs contre H1N1 2009 qu'ils avaient acquis lors d'expositions à des virus identiques dans le passé.
  3. Dans les cas les plus sévères (adultes d'âge moyen) il existait de forts taux d'anticorps non protecteurs contre H1 (une faible avidité antigénique incapable de neutraliser les antigènes). En revanche les patients d'âge moyen avaient des anticorps à forte avidité pour H1 1999. Une exposition antérieure à une maladie identique (ou à un vaccin) a entraîné la formation d'anticorps se fixant sur les antigènes mais incapables de les neutraliser.
  4. Les cas les plus sévères avaient de hautes concentrations de marqueurs de la maladie des complexes immuns : le système immunitaire s'attaque aux complexes immuns (AC/Ag) dus à la maladie initiale. Dans le cas de H1N1 cette maladie des complexes immuns a conduit aux formes respiratoires les plus sévères, voire à la mort alors que les cas sévères non H1N1 ne présentaient pas ces marqueurs. Les anticorps anti H1N1 non protecteurs ont entraîné la maladie des complexes immuns qui a causé les cas les plus sévères.
  5. Les études sur les tissus pulmonaires de la pandémie H2 1957 ont aussi retrouvé des marqueurs de la maladie des complexes immuns.
CONCLUSION : la maladie des complexes immuns est un candidat sérieux à la survenue de pandémies grippales où, globalement, le virus est léger mais peut entraîner des maladies sévères dans une population atypique comme celle des adultes d'âge moyen.

(Il est à noter que la maladie des complexes immuns avait été à l'origine de l'arrêt des essais du vaccin contre le VRS (virus respiratoire syncitial) dans les années soixante.)

Cette étude n'est pas une preuve définitive.
Il s'agit d'une piste. Sérieuse.
Mais elle invite à se rappeler les opinions toutes faites débitées par les experts pendant la pandémie grippale, experts qui devaient connaître de tels faits mais qui ne pouvaient se permettre de mettre des bâtons dans les roues de la grande machine OMS / Big Pharma lancée à grand frais sur l'autoroute de la connaissance et du bien-être des populations.

Voici les questions, cependant, que l'on doit se poser à la lumière de ces faits :
  1. Est-ce que les études faites sur les vaccins antigrippaux vérifient que les anticorps produits ont une forte avidité ?
  2. Est-ce que les anticorps à faible avidité retrouvés chez les adultes présentant une maladie sévère sont dus au vaccin ou à des expositions précédentes à la grippe ?
  3. Est-il réellement avisé de proposer la vaccination de toute la population au risque de rendre toute la population vulnérable si un virus identique survient et que les anticorps ont une faible avidité ?
Cette étude a le mérite de poser de vraies questions.
Cette étude renforce l'idée que le raisonnement scientifique se doit d'être en première ligne et non les solutions militaires : on vaccine tout le monde et personne ne bouge.
Trouver des solutions sanitaires efficaces fondées sur des approches pragmatiques et ciblées en ciblant les populations à risque est probablement le meilleur moyen de sauver des vies et d'éviter les dégâts collatéraux des initiatives médicales de masse volontiers non nécessaires et pobablement contre productives.

35 commentaires:

voix medicale a dit…

sait-on le pourcentage de gens vaccinés dans les cas graves répertoriés à l'hôpital?

Docteurdu16 a dit…

Personne n'était vacciné... C'était l'épidémie de 2009, avant le vaccin.

Anonyme a dit…

Très intéressant, Dr Grange.
Je résume, voir si j'ai bien compris: les personnes préalablement exposées à un virus ou un vaccin et qui ont fabriqué des anticorps contre ce virus, peuvent, quand un virus pandémique bénin comme le H1N1 survient, virus bénin dont les antigènes sont légèrement différents de ceux du virus ou vaccin précédents, déclencher une maladie des complexes immuns. Maladie où les anticorps de la personne s'attaquent au complexe formé par les antigènes et les anticorps de la maladie actuelle. Cette maladie pourrait être la cause des cas sévères de grippe. D'où, l'idée qu'en vaccinant tout le monde on risquerait d'augmenter le nombre de syndromes grippaux sévères. D'autant plus que la vaccination est censée avoir lieu tous les ans ce qui n'est pas le cas de la grippe naturelle. Et je pense que c'était le sens de la question de voix médicale: les personnes ont elles été vaccinées pendant les années précédentes?
La vaccination de masse contre la grippe pose d'autres questions:
- son efficacité est de faible à nulle selon l'âge si on se réfère aux méta-analyses de la collaboration Cochrane (d'autant plus discutée que les études montrant une certaine efficacité ont en majorité, été financées par les labs pharmaceutiques).
- les effets secondaires proches dans le temps relevés sont quantitativement importants pour les effets secondaires qualifiés de gênants avec les vaccins avec adjuvant (douleurs, vertiges, syndromes pseudo-grippaux, céphalées), et parfois très graves (paralysies, infarctus, avortements pour les femmes enceinte....) et probablement sous-estimés
- l'on ne sait pas comment la vaccination, notamment avec les vaccins fractionnés, peut interférer avec l'immunité naturelle, notamment chez le nourrisson. L'immunité conférée par le vaccin est uniquement humorale et pas forcément bien ajustée au virus réel. Et cette immunité vaccinale peut-elle interférer avec le phénomène de "pêché originel"qui met en route l'immunisation chez le nourrisson et qui implique une immunité cellulaire à la fois beaucoup plus complexe , complète et durable que la seule immunité humorale due aux anticorps?
- et cela mène à l'idée que le problème de l'avidité (ajustement des anticorps générés avec les antigènes du virus réel) se pose de manière beaucoup plus aigüe avec le vaccin puisque celui-ci ne répond pas à un virus réel mais essaye de l'anticiper.
Et, autre chose concernant la "pandémie grippale". Une réunion a eu lieu le 29 juin 2009 (Congrès sur les maladies infectieuse au sujet de la grippe réunissant des représentants de l'INVS, de l'INSERM, des médecins hospitaliers. Les bonnes questions étaient déjà posées: disproportion des mesures et des procédures par rapport à la bénignité du virus avec la désorganisations des services induite, risque d'un rapport bénéfice/risque défavorable dans le cas d'une vaccination de masse, intérêt limité de l'ostéalmivir et risque d'effets secondaires, importance de s'appuyer sur les médecins libéraux...
Comment ça se fait que les gens de terrain se posaient si tôt les bonnes questions et que lorsque le gouvernement et les "experts" s'en sont mêlés on n'a apporté que des mauvaise réponses?
http://www.em-consulte.com/article/226982#N10051
CMT

Anonyme a dit…

Je me résigne à poster ici - dernier billet en date sur H1N1 - une information au demeurant incomplète : le CDC aurait publié une étude , basée sur un modèle mathématique, estimant à la hausse le nombre de victimes de la grippe porcine de 2009. il y aurait eu 15 fois plus de victimes, rien que cela !? Sur le site du CDC je n'arrive pas à retrouver cette étude ! ???

Anonyme a dit…

L'article du Lancet : http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099%2812%2970121-4/fulltext
Le journal Le Monde mentionnait ceci il y a quatre jours : http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/06/26/la-grippe-h1n1-aurait-fait-15-fois-plus-de-morts-qu-annonce_1724460_1651302.html

Qui saura interroger la modélisation mathématique ? ( BG venez-nous en aide !)

“Diagnostic specimens are not always obtained from people who die with influenza and the viruses might no longer be detectable by the time of death in some people.”=“We don’t know what we’re talking about when we jack up the estimates on deaths from Swine Flu because, well, there are a lot of dead people who died without ever having been tested for the H1N1 Swine Flu virus, and we can’t dig up their bodies now and run the tests. But our computer models can somehow perform post-mortem exams.”???

BG a dit…

En France, avant la ''pandémie 2009'', le nombre annuel de décès attribués à la grippe saisonnière était de l'ordre de 3000. Ce nombre était obtenu en évaluant l'excès de décès au cours de la période hivernale et en évaluant la part attribuable à la grippe. Calcul pour le moins scabreux et sans doute très contestable...

Quand la ''pandémie'' a donné 312 décès (élevés à 350 plus tard) ça a jeté comme un froid : la pandémie aurait-elle été 10 fois moins grave que la grippe saisonnière. ''Ils'' ont alors sorti une étude tout à fait à propos pour dire qu'en réalité la grippe faisait entre (je cite de mémoire) 170 et 500 décès par an (c'était de cet ordre) et que donc la ''pandémie 2009'' était bien à classer parmi les épisodes particulièrement graves (CQFD a-t-on envie de dire...)

Arrive aussi sous les projecteurs l'étude de Cécile Viboud (une québécoise élève de Flahault) qui, au moyen des AVP (années de vie perdues) établit que la ''pandémie 2009'' fut aussi grave que celle de 1957. Le procédé est pour le moins cavalier et contestable et j'en avais directement discuté avec Flahault sur son blog [1] alors que celui-ci avait présenté les résultats au cours d'une audition parlementaire avec le député JP Door.

Un an plus tard, le 4 mai 2011, au colloque organisé par des parlementaires sur les vaccinations, Durut, mathématicien-économiste invité par JP Door et membre du CTV, dit que le concept des AVP venait d'être abandonné par les américains car trop aisément manipulable. C'est bien ce qu'on avait expliqué sur le blog de Flahault et c'est d'ailleurs assez facilement évident, nul besoin de qualités exceptionnelles pour cela. Durut m'a d'ailleurs dit ensuite qu'il s'était opposé à ce concept dès sa création 15 ans auparavant.

Cette ''pandémie'' a été un véritable traumatisme pour les pronostiqueurs qui, encore cette année, en ont été pour leurs frais et leur prestige après avoir annoncé que le H1N1-2009 allait supplanter tous ces concurrents, comme au cours des pandémies précédentes. Cette année, le H3N2 a plus que largement dominé les débats en France, démontrant ainsi a posteriori que le H1N1-2009 n'avait pas les caractéristiques d'un virus pandémiques et ce avec les critères avancés par les experts les plus pro-pandémiques comme Bruno Lina.

[1] http://blog.slate.fr/h1n1/2010/04/23/bilan-la-pandemie-des-temps-modernes/
et aussi http://blog.slate.fr/h1n1/2010/07/01/pandemie-est-ce-grave-docteur/#comments

BG a dit…

SUITE ...

C'est donc dans ce contexte de traumatismes et d'échecs cuisants infligés par le virus lui-même et non par les opposants, qu'une nouvelle étude sort pour ... multiplier par 15 le nombre de décès... Il m'est impossible de rechercher précisément l'erreur dans ce genre d'estimation, d'autant plus que seul le résumé est gratuitement disponible. Mais je vais seulement rappeler ceci :

Une étude a été menée dans la province d'Ontario au Canada entre le 1er juillet et le 31 décembre 2009, donc en pleine période dite pandémique. Elle a été réalisée par ''The Ontario Public Health Laboratory'' et portait sur 297 infections respiratoires sévères ou prolongées pour lesquelles une analyse virale avait été demandée par des médecins. Un pathogène a été identifié pour 234 de ces prélèvements et le tableau 1 de la publication [3] récapitule les résultats que voici  :

174 (58,6% des 297 cas étudiés) correspondaient à des entérovirus ou rhinovirus.
22 pour l'influenza A de type H1N1 2009 (7,4%)
26 aux para-influenza de types 1, 2, 3 ou 4 (8,75%)
2 au métapneumovirus
2 au  virus syncytial A ou B.

Ajoutons qu'il y a eu 13 décès dont 4 ont été associés au rhinovirus. Des données cliniques sont disponibles pour 7 de ces 13 décès. Six d'entre-eux ont été attribués à une pneumonie ou une infection respiratoire. Pour résumer, le rhume aurait été beaucoup plus dangereux que la grippe pandémique !
Alors, quand ils font leurs estimations en l'absence d'analyse virale ils font quoi ? Je ne sais pas mais on est en droit d'avoir quelques doutes, du moins il me semble ?

[3] http://www.cdc.gov/eid/content/16/9/PDFs/10-0476.pdf

Anonyme a dit…

Merci BG pour cette esquisse de réponse . Sur la Radio télévision suisse un récent reportage revient sur la "pandémie" : http://blog.rts.ch/enquetes/2012/06/pand%C3%A9mie-h1n1-la-gestion-de-loms-s%C3%A9v%C3%A8rement-critiqu%C3%A9e.html#more

Docteurdu16 a dit…

Merci à BG pour ces informations éclairantes.

Anonyme a dit…

à BG : De quel Durut parlez vous? De Xavier Durut ? Ce serait l'occasion de recueillir son avis au sujet de cette étude !? Et si vous tentiez de ressusciter le blog de Flahaut "le journal de la pandémie" ;) ?

BG a dit…

Il s'agit de Gérard Duru. De mémoire j'avais fait une faute sur son nom. Voici la présentation faite de lui à l'occasion du colloque parlementaire du 4 mai 2011 auquel j'ai assisté [1]:

"Docteur d’Etat ès science en mathématique, Gérard DURU a dirigé pendant 12 ans le Groupement de Recherche « Santé » créé par le CNRS, les Hospices Civils de Lyon, et l’Université Claude Bernard. Il a également dirigé durant 20 ans la formation doctorale « Méthodes d’Analyse des Systèmes de Santé ». Il préside actuellement une société de recherche développement. Il est ou a été membre du Comité Technique sur la Vaccination, membre du Comité de Surveillance et du Comité Scientifique de l’Agence Régionale de Santé de Corse, Président de la Société Française d’Economie de la Santé, Président de l’International Society for System Science in Health Care, il est aussi rédacteur en chef de la revue « Santé, Décision, Management ».

[1] http://www.agoraeurope.com/colloque-173.html?09h0

Quant à ressusciter le blog Flahault, vous rêver ! Il y a eu une conjonction particulières d’évènements avec la formidable passion collective crée autour de cette pandémie, la personnalité de Flahault et la stimulation intellectuelle et émotionnelle que tout cela a engendré. Cela ne se refait pas, il faut être lucide. Je garde un très bon souvenir de ''l'expérience humaine'' que j'ai eu en participant à ce blog pendant toute une année. Je crois l'avoir déjà dit ici, Flahault a été courageux (ou téméraire ou inconscient) en se lançant ainsi vu sa position et le virus lui a joué quelques mauvais tours. Mais il l'a fait et on peut lui reconnaitre cela. Ses "chers bloggueurs" ne lui ont pour autant jamais fait de concessions sur l'argumentation et nous nous sommes toujours respecté. Nous cherchions et nous interrogions en direct. Tout est toujours en ligne.

BG a dit…

Flahault a commenté l'étude qui annonçait 15 fois plus de décès :

http://blog.ehesp.fr/blog/2012/06/27/lang-pref/en/

Anonyme a dit…

Merci BG pour la mention du billet de Flahaut , qui, tout en rapprochant les résultats de cette étude de ceux qu'il avait pu lui même obtenir auparavant, reste assez prudent concernant la validité du modèle .
Tranchant avec le ton mesuré,il avance : "Peut-être retiendrons-nous que si l’on veut être rassurant dans une crise sanitaire, mieux vaut commencer par être catastrophistes, car alors toutes les nouvelles apparaîtront être de bonnes nouvelles, fussent-elles corrigées d’un facteur 15, puis 4 par la suite. Il n’y aura pas de scandale par la suite. Alors que la trop rapide réassurance, le “tout est sous contrôle” de la canicule étaient moins bien passé en 2003."!!!
( outre que cette manière d'envisager la gestion de crise ne ma plaît guère, la comparaison me semble spécieuse ) .

Ses réflexions sur l’Afrique me semblent plus intéressantes ( mais si générales qu'elles n'engagent à rien , à son niveau ).

Anonyme a dit…

A titre préventif, la saison de vaccination n'étant pas encore entamée en France, je soumets ici un article, en anglais, qui n'est pas sans rapport avec le thème de ce déjà ancien billet : http://www.vancouversun.com/health/Vancouver+researcher+finds+shot+linked+H1N1+illness/7217609/story.html

Où une chercheuse canadienne, le Dr. Danuta Skowronski, dissipant les objections qui avaient été faites à certaines remarques formulées suite à la campagne de vaccination H1N1de 2009, montre, expérience à l'appui, que des furets vaccinés avec le vaccin contre grippe saisonnière sont plus affectés par une infection H1N1 que ceux qui n'auraient pas été préalablement vaccinés...

Certes ce travail - communiqué lors d'un colloque à San Francisco (Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy http://www.icaac.org/ )demande à être attentivement examiné ...

Anonyme a dit…

En 2010, dans International Reviews of Immunology,Simonetta salemi s'interrogeait : Could autoimmuunity be induced by Vaccination? et suggérait "However, the need to perform larger and well-constructed epidemiological studies on vaccine-related autoimmunity onset, in order to obtain more reliable data, should be underlined."

http://xa.yimg.com/kq/groups/1920818/862071591/name/08830181003746304.pdf

Un point sur lequel on pourrait mesurer le chemin parcouru depuis 2010:However, areas of research still include the need to develop autoimmune clinical and serological monitoring during preregistration studies"

Ma question donc : ces paramètres sont ils maintenant systématiquement pris en compte par les études avant le lancement des vaccins ?

CMT a dit…

A anonyme
Votre référence est très intéressante.
C’est un récapitulatif des maladies auto-immunes qui ont été attribuées aux vaccins fait par des immunologistes italiens qui déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts. L’article est intitulé : « est-ce que les maladies auto-immunes puevent être attribuées aux vaccins ? »
Je connaissais la plupart des cas qu’ils citent.
Pour récapituler ce qui est dit dans la conclusion, pour les auteurs, en 2009, les maladies auto-immune qui pouvaient être reliées de manière crédible aux vaccins étaient :
- Le syndrome de Guillain Barré dû au vaccin contre la grippe porcine expérimenté suite à la fausse alerte de 1976 aux Etat Unis
- Les thrombopénies (baisse des plaquettes sanguines, ces plaquettes jouant un rôle dans la coagulation du sang, leur diminution dans des proportions importantes peut induire des hémorragies) après vaccination par le vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole. [Officiellement la fréquence de ces thrombopénies à la suite de la vaccination est estimée à 1 pour 30 000 vaccinés.]
- La relation entre vaccin contre l’hépatite B et sclérose en plaques ne peut être définitivement écartée pour les auteurs
On peut ajouter à cette liste :
- Le risque de syndrome de Guillain Barré après surdosage en vaccin anti-tétanique (Professeur C-A Siegrist, professeur de vaccinologie, cours de vaccinologie 2008)
- Et la narcolepsie chez les enfants de moins de 17 ans suite au vaccin Pandemrix, vaccin contre la grippe comportant comme adjuvant le squalène. Relation démontrée magistralement par les systèmes de pharmacovigilance finlandais et suédois.
Les problèmes avec les études en vue de l’AMM sont multiples :
- Elles sont faites par les laboratoires qui veulent commercialiser les vaccins eux-mêmes, donc peu fiables
- Elles sont multicentriques (c'est à dire menées dans plusieurs pays) donc soumises à des très grandes variations de qualité dues aux variations dans les conditions locales et la réglementation. Notamment des variations dans le suivi des patients
- Le nombre de patients inclus dans les essais est insuffisant pour détecter des effets secondaires qui seraient inférieurs à 1 pour quelques milliers
Et, pour répondre à votre question, il n’y a pas d’attention supplémentaire portée à ce sujet des maladies auto-immunes à ma connaissance, ni d’exigences supplémentaires pour accorder une AMM alors que l’augmentation de leur fréquence induite par un vaccin peut-être très supérieure aux conséquences graves de la maladie que le vaccin est supposé combattre comme ce fut le cas avec le Pandemrix et la narcolepsie.
C’est un des problèmes de lancer des vaccin contre des maladies dont les conséquences graves sont extrêmement rares. Le rapport bénéfice/risque réel ne pourra être évalué que après que ces vaccins auront été administrés à des millions de personnes. Et encore, à condition de disposer d’un système de pharmacovigilance performant et dépourvu de conflits d’intérêts ce qui n’est visiblement pas le cas en France.

Anonyme a dit…

1. Concrètement, comment vous vous débrouillez en tant que médecin, dans votre pratique quotidienne? (je parle notamment à CMT et Docteurdu16?)

Ex: vaccin hépatite B? Grippe?
Ce vaccin aurait-il un intérêt pour le personnel hospitalier à votre avis?

2. Par ailleurs, à quel moment de l'épisode de 2009 aurait-on pu se rendre compte qu'il ne fallait pas vacciner tout le monde?

ami89

CMT a dit…

JCG vous répondra, du moins j’espère, pour son cas.
Pour moi ce que je peux dire c’est que c’est très compliqué. Quand on ne suit pas les recommandations mais qu’on vaccine (des nourrissons pour moi) on est dans le faux pour tout le monde. Vis-à-vis des anti-vaccinalistes qui pensent que tous les vaccins sont du poison, vis-à-vis des pro-vaccinalistes qui pensent que tous les vaccins doivent être faits à tous les nourrissons, ne faisant que suivre en cela les recommandations de l’OMS, qui a institué la vaccination systématique et universelle contre toutes les maladies contre lesquelles les laboratoires proposent des vaccins en doctrine.
Donc, pour arriver à nuancer ces positions extrêmes, il faut être très sûr de la qualité de l’information dont on dispose et qu’on va transmettre au patient de la manière la plus claire possible. Cette information va évoluer au fur et à mesure de ce qu’on apprend, même si, pour moi, elle n’a pas fondamentalement changé depuis que je la donne. Il y a beaucoup de pression des confrères, pédiatres en particulier, pression qui s’exerce par le biais des parents. Je me borne pour ma part à donner l’information et à voir si elle a été bien comprise et les parents font leur choix.
L’important c’est d’avoir une relation de confiance. C'est-à-dire aussi qu’il faut renoncer à être prescripteur, au sens prescrire des comportements, et faire confiance aux parents, qui ont aussi leurs raisons. Et je laisse toujours le temps aux parents de réfléchir et je leur précise qu’ils peuvent changer d’avis et que je n’en serai pas offusquée.
Pour le vaccin contre la grippe, JCG en a parlé sur son blog, il faut consulter ses articles. Peut-on d’ailleurs parler de l’ efficacité « du » vaccin contre la grippe puisque celui-ci change tous les ans ?
Pour résumer, pour la collaboration Cochrane, intérêt nul chez les nourrissons, intérêt douteux pour prévenir les complications chez les personnes âgées, intérêt médiocre chez l’adulte d’âge moyen (de mémoire il faudrait vacciner une trentaine de personnes pour éviter une grippe, efficacité de 50 à 60% dans cette tranche d’âge).
Hépatite B obligatoire pour le personnel soignant. Mais il serait sage de nuancer cette obligation en fonction des antécédents de la personne .
Pour la grippe pseudo-pandémique, les médecins hospitaliers de terrain étaient au courant de sa bénignité dès fin juin, puisque cette bénignité a été évoquée à un congrès d’infectiologie le 29 juin
http://www.infectiologie.com/site/_actualite_detail.php?id_actualite=101.
En fait, les seuls infectiologues qui n’étaient pas au courant, apparemment c’étaient les experts qui participaient au groupe d’experts conseillant le gouvernement. Peut-on imaginer que leur ignorance était en rapport avec leur proximité avec les laboratoires pharmaceutiques commercialisant les vaccins ? Cela me paraît une hypothèse bien osée.
L’un des participants à ce congrès avait donné une interview http://seroposition.canalblog.com/archives/2009/07/08/14331100.html
Pour ma part, j’avais écrit un article, en collaboration, à l’époque avec Elena Pasca, sur la pandémie et le vaccin intitulé Grippe A H1N1 et vaccin pandémique adjuvanté au squalène, où je montrais, grâce aux données de l’hémisphère sud, que la grippe était bénigne, article écrit en août et publié en septembre.




BG a dit…

Vous pouvez consulter le REH du 21 août 2009 où l'OMS fait alors le point en reconnaissant la gravité modérée de la pandémie à venir [1]. Le même jour sortait la première circulaire signée les ministres de l'Intérieur et de la Santé sur l'organisation de la campagne généralisée de vaccination en France [2] qui donnait les cadences de vaccination qui devraient être respectées, y compris dans les crèches par des équipes mobiles, et présentait la vaccination des équipes vaccinales comme devant être obligatoire alors qu'il était répété tous les jours que nul ne serait contraint … Cette disposition (qui avait à être validée par un décret signé du premier ministre pour devenir légale) fut annulée par la circulaire du 28 octobre et la vaccination des enfants ne fut redéfinie qu'au soir du dimanche 8 novembre par le ministre de l'éducation nationale. Pendant tout ce temps, le web, qui a horreur du vide, s'affolait ...
La seule confrontation entre le REH de l'OMS et la circulaire du 21 août est déjà assez instructive. Il y a aussi, qui répond directement à votre question, l'article d'Antoine Flahault du 7 juin 2009 sur son blog de l'EHESP :" Vacciner tout le monde, est-ce possible, est-ce nécessaire ?" [3] :

" Savoir que seule une couverture de 30% serait probablement suffisante à l’échelon collectif (si nos modèles sont bons) est très encourageant. Ces résultats ont été présentés aux journées de la Société Française d’Hygiène Hospitalière, à Nice le 5 juin 2009, couvertes par le journal Le Parisien."

[1] http://who.int/wer/2009/wer8434.pdf
[2] http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Circulaire_vaccination_090824.pdf
[3] http://blog.ehesp.fr/blog/2009/06/07/

Docteurdu16 a dit…

@ ami 89
Eh bien, c'est tout l'art du questionnement EBM... Je ne vaccine pas les nourrissons contre l'hépatite B sauf quand les parents me le demandent expressément ; je vaccine les personnels de santé ou les futurs personnels de santé.
Je vaccine avec Prevenar bien que...
Pour la grippe : je ne vaccine que les personnes de plus de 65 ans qui me le demandent. j'ai décidé de ne plus me vacciner moi-même. Pour les personnels de santé aucune étude convaincante n'a été produite à ce jour...
Pour l'autre partie de la question CMT et BG ont répondu.
Les experts ont pu être influencés par Big Pharma mais je crois plutôt qu'ils se sont auto intoxiqués avec leurs mensonges... induits à l'origine par l'argent de Big Pharma.
Bonne soirée.

BG a dit…

Je voudrais commenter cette affirmation de CMT « les anti-vaccinalistes qui pensent que tous les vaccins sont du poison ». Il n'est sans doute pas faux de dire que TOUS les vaccins sont nocifs pour TOUT le monde même s'ils ne produisent pas d'effets secondaires visibles à l'oeil nu. Le vaccin ne devient intéressant que par rapport à un risque plus grand. Il y a derrière cela un très important problème de communication. Si on reconnaît publiquement que les vaccins ont une part de nocivité, on craint de ne pouvoir les utiliser autant que souhaité. Alors, on nie cette nocivité.
Une conséquence est que cela conduit à une utilisation abusive ou inappropriée des vaccins, ce qui provoque des drames individuels ou collectifs qui auraient pu être évités si la nocivité avait été reconnue. L'affaire de la vaccination hépatite B est plus que démonstrative à ce sujet. A un niveau plus individuel, vous pouvez aller sur ce lien [1] pour voir ce que ça donne quand on fait croire aux médecins que la tuberculine est inoffensive.
Ces drames individuels ou collectifs vont générer une opposition ou, pour le moins, une contestation. Autrement dit, pour généraliser au maximum la pratique vaccinale, les promoteurs de cette stratégie acceptent de provoquer des affaires qui vont engendrer une résistance à cette pratique. En réalité,'' l'anti-vaccinalisme'' est généré par le ''pro-vaccinalisme''. Si on souhaite la disparition de l'opposition aux vaccinations il faudra d'abord que le pro-vaccinalisme se saborde. Mon observation est que ce sont moins les anti-vaccinalistes qui font des petits que le pro-vaccinalisme qui, par les excès engendrés par la négation de la nocivité, provoque des génération spontanées d'opposants à tous ou certains vaccins. Par exemple, le Revahb est né en 1997 sans aucune filiation, bien au contraire, avec l'opposition vaccinale de l'époque. Il s'y est même fortement opposé pour marquer sa différence alors que cette opposition avait été générée par les gravissimes accidents de la vaccination antivariolique, soit dans des conditions analogues ou bien pires. Cela se poursuit avec les vaccins contre les papillomavirus et on l'a vu aussi avec la vaccination "pandémique".

[1] http://vaccinbcg.canalblog.com/archives/2008/03/19/8387960.html#0.3.J%27ai%20fait%20une%20tuberculose|outline

Anonyme a dit…

Merci à tous pour vos réponses.

Quel cercle vicieux cet "intoxication aux mensonges".

ami89

Anonyme a dit…

Il y a une chose quand même qui m'étonne. C'est cette peur de vaccins tout en sachant que les effets indésirables sont minimes, du moins ce qui ressort de l'EBM.

(Je vais essayer de m'expliquer mais je ne sais pas si je vais réussir ou pas).

A partir du moment où l'on donne un médicament, il y a toujours (sauf homéopathie) des effets indésirables.

Ex. de médicament des mieux tolérés: le Phloroglucinol peut provoquer des réactions allergiques, les IPP peuvent donner des pneumopathies. Leur utilisation est banale.

Si je délivrais du lactose en grande quantité, je pense qu'il y aurait aussi des effets indésirables.

Pourquoi faudrait-il plus se méfier des vaccins que de ces autres médicaments là?

(Je ne sais pas si je me fais comprendre, c'est un peu ambigüe tout ça).

Type de réponse: le vaccin touche le système immunitaire.

Mais les IPP touchent à l'acidité de l'estomac, donc à la flore intestinale * plusieurs millions de patients traités = risque +++??

ami89

Docteurdu16 a dit…

@ ami 89
Vous inversez les choses. Je ne crois pas que l'on s'interroge beaucoup sur les vaccins en général, voir mon post sur Diane 35. En revanche il est impossible de discuter des effets indésirables des vaccins : d'une part, parce que les experts sont payés par l'industrie, d'autre part parce que l'idéologie de la prévention (de gauche comme de droite) est une vache sacrée. Dire qu'il n'y a pas d'effets indésirables selon l'ebm est curieux : les effets indésirables sur la sélection des germes et des virus est patente.
Bonne journée.

BG a dit…

Pourquoi plus craindre les vaccins aux effets indésirables minimes que les médicaments dit ami89. Il y a plusieurs grosses différences a priori :
1- Les vaccins sont des produits biochimiques avec une composante virale ou bactérienne ou issue de virus ou bactéries. Les médicaments sont strictement chimiques.
2- La plupart des vaccins sont injectés, donc introduits par une voie non naturelle alors que la plupart des médicaments sont ingérés.
3- Les médicaments sont réservés aux malades alors que les vaccins sont appliqués à tous. On passe ainsi de la médecine individuelle à celle de masse. On accepte plus facilement certains inconvénients quand on souffre que quand on est bien portant.
4- Le passé a fortement marqué l'inconscient collectif. Le premier vaccin, de très loin, fut l'antivariolique associé aux grandes peurs liées à la variole, le vaccin étant lui-même redoutable : encéphalites, eczéma vaccinatum …voire la variole elle-même quand on vaccinait les vrais contacts (non reconnu mais hautement vraisemblable à mon avis [2] et [3]).
5- La vaccination véhicule une symbolique sexuelle, le vaccin étant le sperme. Or, notre inconscient est très sensible aux symboles. La vaccination pourra ainsi être perçue comme un acte fécondant (qui va faire produire des anticorps protecteurs) ou comme un viol individuel ou collectif.

6- Récemment il y a eu l'affaire de la vaccination hépatite B. Est-il vraiment crédible de penser qu'une affaire aussi énorme aurait été le fruit de multiples coïncidences ? En conduisant la même campagne avec de l'eau aurait-on pu avoir le même résultat ? En 1998 on a interrompu non seulement la vaccination dans les collèges mais aussi la vaccination généralisée des adultes pour la limiter aux personnes dites à risques. Pour qu'un accident de la route fasse du bruit au niveau nationale voire internationale il faut une concentration de victimes. On parle des accidents d'autocars et d'avions mais pas des accidents de voitures et de vélos. Avec beaucoup de vaccinés VHB sur une courte période on a pu avoir une affaire publique.
A vous lire, ami89, vous croyez sans doute que les études auraient montré la coïncidence comme on veut nous le dire, ou au mieux, n'auraient pas pu mettre en évidence une absence de coïncidence. L'étude Fourrier-Bégaud-Costagliola de 1998-2000 sur les données adultes de la pharmacovigilance française dont l'Afssaps a publié les résultats (6 mars 2000) était extrêmement significative (moins d'une chance sur 1 milliard d'observer un écart aussi grand entre l'estimation du nombre de cas réels et attendus). Cette étude a ensuite connu un sort des plus étranges que j'ai décrit [1]. L'étude d'Hernan de 2004, fut soi-disant la première significative, mais avec seulement 11 cas vaccinés elle était facile critiquer. On peut noter qu'aucun comité (CTV-CSHPF, Commission nationale de pharmacovigilance, Académie de médecine, Comité OMS ad hoc) ne s'est aventuré à critiquer l'étude Fourrier-Bégaud-Costagliola, ce qui pourrait être considéré comme très significatif quand on sait la promptitude et la virulence avec laquelle ils ont critiqué celle d'Hernan puis celle de Tardieu en 2008 …
Ce qui est dangereux c'est moins que le vaccin l'était que le fait qu'on ait pu faire croire, même aux médecins, qu'il ne l'était pas.
[1] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2009/05/21/13813413.html (aller sur un étrange destin)
[2] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2012/01/03/23148650.html
[3] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2012/02/03/23430717.html

Docteurdu16 a dit…

@ ami 89.
Correction. Il fallait lire pour la première phrase : "Je ne crois pas que l'on s'interroge beaucoup sur les MEDICAMENTS en général..."

BG a dit…

@ami89: Quand vous parliez des vaccins aux effets indésirables minimes, vous vouliez probablement exclure ceux qui n'avaient pas que des effets minimes. J'avais d'abord compris que vous disiez que tous les vaccins avaient des effets indésirables minimes. Mais même le vaccin antitétanique a provoqué des glomérulonéphrites nécessitant une greffe du rein (patiente indemnisée à Lyon pour cette raison).
Le vaccin antitétanique, pourtant affirmé inoffensif, s'est révélé très nocif sur des personnes ayant beaucoup d'anticorps antitétanique au moment d'un rappel.

Toute utilisation du DTP enfant a été suspendue depuis le 12 juin 2008 avec rappel de tous les lots en raison, du moins officiellement, de trop de réactions allergiques immédiates [1].

J'avais eu en 1978 le témoignage d'une infirmière de Poitiers qui avait fait un oedème de Quincke après un rappel obligatoire de DTP. Elle ne pouvait plus recevoir ni vaccin ni sérum antitétanique sous peine de mort et s'était faite tatouer un message pour le signaler en cas d'accident où elle serait inconsciente.

A la même époque, j'avais aussi rencontré un agriculteur régulièrement revacciné contre le tétanos en raison de son métier jugé à risque par son médecin et qui avait eu une atteinte rénale grave après un rappel. Il me disait que depuis il n'était plus aussi vigoureux qu'avant.

Y-a-t-il des vaccins qui n'ont que des effets minimes quand on les appliquent à des milliards de personnes ou même seulement à quelques millions par an si on se limite à la France ?

[1] http://ansm.sante.fr/S-informer/Presse-Communiques-Points-presse/Vaccin-DTPolio-R-Diphterie-Tetanos-Poliomyelite-de-Sanofi-Pasteur-MSD-suspension-temporaire-de-distribution-par-mesure-de-precaution

Anonyme a dit…

Puisque la discussion a suivi un sentier l'éloignant un peu - avant d'y revenir(?)- de l'objet de l'article,je prends la liberté de poster un lien - date de publication : mars 2011 ; une éternité - vers un article de Peter Doshi "The elusive definition of pandemic influenza". C'est publié dans un bulletin de l'OMS mais (!?) ça vaut la lecture et la relecture : http://www.who.int/bulletin/volumes/89/7/11-086173/en/index.html [ c'est long, en anglais ...]

( on appréciera le distinguo définition/description que les simples, trop simples citoyens ne peuvent saisir...)

Peter Doshi s'était illustré, j'ai cru comprendre, en décembre 2005 dans un article/lettre du BMJ où il questionnait déjà les statistiques américaines concernant les victimes de la grippe ( texte en accès payant: 30€ ! pour y accéder pendant un seul jour ! ça marche les affaires !). Récolté sur le web, cet extrait :""[According to CDC statistics], 'influenza and pneumonia' took 62,034 lives in 2001---61,777 of which were attributable to pneumonia and 257 to flu, and in only 18 cases was the flu virus positively identified." L'enjeu ( que l'on s'attache aux 257 ou aux 18 ne fait guère de différence / 62 034):dans quelle proportion les cas de pneumonie sont ils des complications de l'infection grippale/du traitement de celle-ci?

Anonyme a dit…

Merci à tous d'avoir répondu à mes questions. Merci pour les liens BG. [Et j'en profite, merci beaucoup Docteurdu16 pour tous ces articles mais si en tant (qu'étudiant en) pharmacie, ma pratique n'évolue pas beaucoup de part ces expériences. :( ]

Qu'en est-il des politiques vaccinales ailleurs (EU, UE, Canada?)?
Que ressort-il de leurs rapports de pharmacovigilance?

ami89.

CMT a dit…

A ami 89 : encore une très bonne référence, celle de l’article de Peter Doshi.
A BG, je n’ai aucun doute sur le fait que les craintes et la suspicion des anti-vaccinalistes sont nourris par les mensonges officiels. Aucun doute sur le fait que les accidents qui ont émaillé l’histoire de la vaccination sont bien réels et dramatiques. Aucun doute sur le fait que les maladies peuvent être aussi dramatiques. Mais si l’on ne prend en compte qu’un aspect, si l’on se jette les morts et la souffrance à la figure comme si, du fait qu’on les a vécues ou connues ces expériences avaient une valeur de vérité universelle, non seulement on n’avance pas mais on fait obstacle à toute possibilité de réflexion sur le sujet.
La difficulté vient aussi de ce qu’on ne peut considérer le problème ni de manière statique, ni sous l’angle étroit d’un rapport bénéfice/risque.
On ne peut pas le considérer d’une manière statique car les pratiques évoluent de fait, elles évoluent sans que cela soit clairement théorisé et annoncé. Le curseur ne cesse de se déplacer, sans que cela ne soit dit. Si bien que la question posée maintenant, devant les pratiques n’est plus : « est-ce qu’il est bon d’utiliser tel vaccin particulier, dans certaines circonstances, et pour un certain groupe de personnes ? » Mais la question posée est en réalité : « est-ce qu’on doit accepter comme principe que tout vaccin, même si ses bénéfices sont hypothétiques et lointains, doit être imposé à l’ensemble de la population ou d’un groupe d’âge, au prétexte d’obtenir une immunité de groupe ? ».
Le problème ne doit pas être posé seulement sous l’angle du rapport bénéfice/risque car la vaccination induit elle-même des modifications épidémiologiques, d’autant qu’elle est pratiquée massivement, ce qui est désormais toujours le cas. On peut citer l’exemple du Prevenar dont la mise en œuvre systématique chez le nourrisson a totalement chamboulé l’épidémiologie du pneumocoque dans l’ensemble de la population en quelques années. Et a produit accessoirement des cas supplémentaires d’infection invasives.
L’autre aspect est que la vaccination systématique désormais érigée en doctrine, exclut, par définition, tout choix. Le problème n’est donc pas simplement quantitatif mais conceptuel. Le médecin, ou le patient, n’a plus à faire preuve de discernement, par exemple pour limiter les effets indésirables, mais à tendre vers l’objectif suprême commun : augmenter la couverture vaccinale.
Cela vient s’ajouter au caractère systématique de la vaccination, qui, opposée à une vaccination sélective, augmente les risques d’effets secondaires. L’incitation permanente à augmenter la couverture vaccinale induit aussi un renversement des priorités du médecin et est une incitation à l’abandon de toute prudence.
Pour les systèmes de pharmacovigilance, ils reposent tous sur un recueil passif, c'est-à-dire qu’on recueille les effets indésirables déclarés spontanément. Ce qui différencie les systèmes, je pense, est leur degré de transparence. Aux Etats Unis les effets indésirables des vaccins sont consultables sur la base de données du VAERS. Les danois publient des bulletins. En France ces données ne sont pas accessibles.
D’autre part la France se distingue aussi parce qu’elle persiste à vouloir comparer directement les données issues de la pharmacovigilance passive, c'est-à-dire les déclarations spontanées, à l’incidence des maladies, comme si les effets indésirables déclarés représentaient la totalité des effets indésirables réels.
Ce qui distingue aussi les systèmes de pharmacovigilance c’est leur capacité à détecter des signaux, à partir de ces notification passives, et ensuite de les traiter.
Dans ce domaine la tendance est plutôt au déni. Et si on peut vacciner des dizaines de millions de personnes avec un vaccin dont les bénéfices sont hypothétiques, comme c’est le cas pour le Gardasil, on exige désormais de démontrer le lien de causalité pour prendre en considération un effet indésirable et le faire entrer dans la balance bénéfice/risque d’un vaccin.

Anonyme a dit…

CMT,

D'abord, merci à vous et à Doc du 16 pour vos témoignages concernant votre pratique quotidienne.

Vous écrivez : "... je n’ai aucun doute sur le fait que les craintes et la suspicion des anti-vaccinalistes sont nourris par les mensonges officiels. Aucun doute sur le fait que les accidents qui ont émaillé l’histoire de la vaccination sont bien réels et dramatiques." Un livre récent illustre des aspects peu connus des débuts de la pratique de variolisation puis de vaccination , je ne peux que vivement vous le recommander : Jean-Baptiste Fressoz, L'Apocalypse joyeuse- une histoire du risque technologique cf http://www.seuil.com/livre-9782021056983.htm ( deux premiers chapitres ; les autres abordent la question du risque sous le rapport de l'industrie de la soude,de la sécurité des machines à vapeur...où l'on voit que les débats d'aujourd'hui étaient présents dès le 18/19éme siècle - cf par ex les nombreux conflits d'intérêts de Chaptal - , le "progès" les ayant effacé des mémoires. Peut-être pour faire croire à son absolue et indiscutable nécessité ?

CMT a dit…

A dernier anonyme,
Merci beaucoup pour cette rérérence. J'adore l'histoire d'une part, même si je n'ai pas beaucoup le temps de m'y plonger; et je crois, en effet, que la mondialisation et l'acculutration qui l'accompagne, le modernisme et l'oubli de l'histoire, l'information évènementielle et le culte de l'instantané sont des sources d'appauvrissement du débat. Je crois que le débat n'a jamais été aussi pauvre qu'il l'est actuellement.
Alors que pour comprendre ce qui arrive de nosn jours c'est effectivement vers le passé qu'il faudrait se tourner.
Il ya très longtemps j'avais fait un mémoire sur l'école unique du travail dans l'URSS post-révolutionnaire, sur les raisons de son échec, et ça m'avait permis de comprendre le rôle central de l'éducation populaire dans la démocratie.

BG a dit…

Je partage tout à fait vos propos CMT. Je ne peux qu'en proposer des illustrations.
1- Une image : la couverture vaccinale, c'est la ligne Maginot, ça se contourne ! Nos stratèges en épidémiologie devraient relire l'histoire.
2- C'est le lointain passé, la variole, la variolisation, ses méfaits et ses contraintes qui ont forgé au fil des siècles les mœurs vaccinaux que nous connaissons aujourd'hui. Jenner n'a fait que changer le produit mais la technique restait la même et les variolisateurs n'avaient qu'à se transformer en vaccinateurs. Tout était déjà en place, la technique, le personnel pour l'appliquer et les mœurs associés qui n'attendaient qu'à se transformer en lois.

Sur le sujet il y a aussi l'ouvrage papier de 500 pages « La longue traque de la variole » [1] publié en 1985 par Pierre Darmon devenu par la même historien de la médecine (très pro-vaccinaliste). Ce fut sa thèse qu'il effectua au CNRS où il est resté. « Faites votre devoir et laissé-moi pleurer » disait une dame de la Cour du roi au variolisateur qui s'apprêtait à varioliser son enfant.
Sur le passé de la vaccination de Jenner voici un extrait d'un document de 1875. C'est plus qu'intéressant [2] :
« Nouvelle étude sur la variole et la vaccine »  par le Dr Lucien Papillaud 1875
page 8
«  on voyait tous ou presque tous les premiers vaccinés se maintenir indemnes au milieu des épidémies de variole qui sévissaient autour d'eux. Mais il y avait à cette préservation une autre cause à laquelle on n'a pas accordé l'attention qu'elle méritait, c'est que les premiers vaccinés étaient de plus inoculés. En effet, les premiers vaccinateurs se servaient de l'inoculation variolique comme contre-épreuve pour s'assurer des résultats prophylactiques de la vaccination, et les sujets qui avaient passé par leurs mains se trouvaient avoir acquis le double bénéfice des deux inoculations vaccinale et variolique. C'était la pratique de Jenner, de Grégory, de Woodville, de Pearson et même du Comité central de la vaccine de Paris.
Il est vrai de dire que ces expérimentateurs n'avaient pour but que d'éprouver la résistance de la vaccine et non de la corroborer à l'aide de la variole artificielle, mais ce dernier résultat n'en était pas moins acquis à leur insu. »
 
Page 9 :
« Lorsqu'on crut avoir acquis, par l'épreuve des inoculations post-vaccinales presque immédiates, la certitude de l'efficacité prophylactique du vaccin, on cessa cette pratique et on s'en tint à la vaccination pure et simple, qui fut considérée comme un préservatif inaltérable et éternel.
A partir de cette époque la résistance vaccinale décroit de plus en plus. »
 
Page 12
« En résumé, la variole a toujours été en progrès depuis 1809. »

Il existe sur la vaccination au 19ème siècle de très intéressants documents aujourd'hui en ligne. J'en ai rapporté des extraits sous ce lien pdf [3] où vous aurez aussi les liens vers le site de la Bibliothèque de France où ils ont été collectés, sauvés de l'oubli et offerts à notre réflexion.
C'est aussi grâce à la mise en ligne récente sur le site de l'OMS des REH des années 1960-80 que j'ai pu avancer considérablement dans l'analyse des ''désastres'' qui ont jalonné la campagne d'éradication de la variole [4]. Même si c'est plus récent il y a beaucoup à dire aussi car on a déjà beaucoup oublié... et il y a quelques ''raisons'' à cela ...

[1] Chez Perrin collection Pour l'histoire.
[2] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5449779n/f23.image
[3] http://p5.storage.canalblog.com/56/75/310209/68965169.pdf
[4] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2012/02/03/23430717.html

Anonyme a dit…

Intrigué par le travail de Peter Doshi tel qu'indiqué plus haut ( "The elusive definition of pandemic influenza", publié dans un bulletin de l'OMS : http://www.who.int/bulletin/volumes/89/7/11-086173/en/index.html )j'ai soumis une requête à Pubmed qui renvoie notamment vers une très récente publication ( avec Jefferson T ): Antivirals for treatment of influenza,Ann Intern Med , 2012 Sep 4 ( texte en accès réservé). Toujours avec Thomas Jefferson il avait publié le 10 avril 2012 sur PLOS "The Imperative to Share Clinical Study Reports: Recommendations from the Tamiflu Experience." où il met au défi les labos de répondre de leur refus à publier tous les résultats dont ils disposent : http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001201

Anonyme a dit…

Retour sur la Pandémié H1N1 au Niger avec l'article "La méningite prise en grippe" http://anthropologiesante.revues.org/910

"La résignation du ton souligne par ailleurs la petite marge de manœuvre des autorités sanitaires des pays pauvres dépendant des institutions internationales." "obligées" de lancer, et avec beaucoup de retard, une vaccination massive contre la grippe tandis que sévissait notamment une importante épidémie de méningite.

on compta 51 cas de grippe AH1N1 avec une mortalité nulle, entre le mois de février et avril 2010 .Ce petit nombre de malades... a déclenché la vaccination d’un million de personnes en août 2010. Au même moment, l’OMS déclarait la fin de la pandémie grippale dans le monde.