dimanche 12 février 2012

Vaccination anti grippale : une étude danoise qui remet en cause la stratégie officielle... par Claudina Michal-Teteilbaum (CMT)

Louis Pasteur par Nadar



Faut-il vacciner contre la grippe les patients non institutionnalisés de moins de 65 ans souffrant de pathologies chroniques graves ? 
Docteur Claudina Michal-Teteilbaum

Cette question peut paraître saugrenue en France où la vaccination des personnes à risques est une évidence pour les décideurs et pour nombre d’experts, pourtant, une étude danoise « Effectiveness of vaccine against pandemic influenza A/H1N1 among people with underlying chronic diseases: cohort study, Denmark, 2009-10 » que l’on peut consulter en accès libre sur le site du BMJ (British Medical Journal) (ICI)   se l’est posée. L’étude a été menée par une équipe du Statens Serum Institute (LA), organisme public rattaché au gouvernement danois qui joue un rôle de veille épidémiologique, de recherche, et qui fabrique également des vaccins .
L'étude
Objectif : Il s’agissait, dans une population de patients de moins de 65 ans souffrant de maladies chroniques, de mesurer l’impact de la vaccination par le Pandemrix (seul vaccin contre le virus A H1N1 utilisé au Danemark pendant la pandémie) sur la survenue de cas de grippes confirmées et sur les hospitalisations pour grippes confirmées en tenant compte à la fois du temps écoulé depuis la vaccination et du risque effectif de contracter la grippe calculé en fonction de l’évolution de l’épidémie.
Méthodes : La population étudiée était composée des 388 069 Danois âgés de moins de 65 ans pour lesquels la présence d’une pathologie chronique avait été retrouvée grâce au registre des hospitalisations effectuées pendant les cinq années précédentes. Les informations sur les hospitalisations ont été croisées avec celles sur la vaccination ou non, la date de vaccination, le diagnostic de grippe confirmé biologiquement, et sur l’éventuelle hospitalisation avec un diagnostic de grippe confirmé biologiquement. Seules les grippes confirmées biologiquement ont été retenues pour l’étude.
Ces informations ont été mises en regard de l’évolution de l’épidémie de grippe pour en déduire l’efficience du vaccin en fonction du temps écoulé depuis la vaccination. C'est-à-dire la capacité du vaccin à éviter soit une infection par le virus de la grippe H1N1, soit une hospitalisation due à cette infection, en fonction du temps écoulé depuis la vaccination de chaque individu (entre J1 et J7, entre J8 et J14, et au-delà de J14) et en tenant compte également des âges et du nombre de pathologies.
Résultats :
La population : 20,6%, soit 79 988 sujets de la population étudiée étaient vaccinés avec au moins une dose de Pandemrix. Un total de 49 435 sujets (12,7% de la population) a reçu le vaccin saisonnier, dont 29691 l’ont reçu avant le vaccin pandémique. Quelques 11 000 sujets (3% de la cohorte) ont reçu le vaccin saisonnier seul alors que 76,4 % (296342) des sujets de la population étudiée n’a reçu aucun vaccin.
Les deux critères de jugement : 799 sujets ont présenté des grippes confirmées biologiquement et 718 n’étaient pas vaccinés alors que 229 sujets de la population ont été hospitalisés pour grippe avec un diagnostic confirmé biologiquement et 188 n’étaient pas vaccinés.
Les sujets vaccinés par le vaccin pandémique avaient un risque sensiblement accru d’avoir un diagnostic de grippe confirmé ou d’être hospitalisés dans les 7 jours suivant la vaccination par rapport aux individus non vaccinés respectivement de -112% (CI95 -187% à -56%) pour le diagnostic et -258% (CI95  -464% à -127%) pour l’hospitalisation.
De J8 à j14 après la vaccination on ne retrouvait pas d’effet protecteur du vaccin ni pour la grippe ni pour l’hospitalisation pour grippe (absence de différence significative).
Au delà du quatorzième jour après la vaccination le vaccin avait une efficience de 49% (CI95 10% à 71%) pour le diagnostic de grippe mais aucune efficience pour éviter les hospitalisations pour grippe. Cette absence d’efficience était d’autant plus nette que les sujets étaient atteints d’un plus grand nombre de pathologies.
Quand seul le vaccin contre la grippe saisonnière (quelques 11 000 sujets)  était administré, le risque de diagnostic de grippe augmentait significativement, multiplié par 2,31 (CI95 1,65 à 3,25), et le risque d’hospitalisation pour grippe  était multiplié par 2,55 (CI95 1,38 à 4,70).
Enfin, l’efficience chez les sujets ayant reçu les deux vaccins était la même que celle du vaccin Pandemrix seul.


Des explications et des hypothèses pour ces résultats surprenants


Premièrement : lorsqu’on évalue l’efficacité globale du vaccin contre la grippe sans tenir compte de la relation entre le moment de la vaccination et l’évolution de l’épidémie de grippe comme cela est fait systématiquement en France, on a fortement tendance à surévaluer l’efficience du vaccin. Par exemple en France, beaucoup de personnes ont été vaccinées par le Pandemrix après le pic épidémique (plus de la moitié des vaccinés) au nom du risque supposé d’une deuxième vague. Celle-ci n’a pas eu lieu et toutes ces personnes n’ont donc aucun eu risque d’avoir contracté la grippe. Dans une vision globalisante elles seront comptabilisées parmi les personnes protégées par le vaccin.
Deuxièmement : on peut, au contraire, pour expliquer le peu d’efficacité apparente du vaccin chez les sujets les plus fragiles mais qui se vaccinent, faire l’hypothèse que les personnes qui se vaccinent ont plus facilement recours aux soins et seront donc diagnostiquées plus facilement comme présentant une grippe. La vaccination et le diagnostic de grippe seraient donc liés au comportement des personnes. D’où une sous-estimation de l’efficience du vaccin. Mais cela reste à démontrer.
Troisièmement : l’augmentation relative du risque de grippe  pendant les sept premiers jours après vaccination pourrait aussi être due à une exposition au virus plus importante dans la salle d’attente du médecin au moment de la vaccination. Si cela s’avérait vrai, cela donnerait la mesure de l’importance du risque pris par les autorités en appelant la population à se rassembler dans les centres de vaccination.
Quatrièmement : mais l’observation d’une augmentation du risque de diagnostic de grippe et de ses complications chez les personnes vaccinées de manière itérative par le vaccin trivalent saisonnier contre la grippe peut conduire à des hypothèses d’un autre ordre.  Certaines études sont mentionnées dans l’article danois lui-même, comme cette étude canadienne qui analyse quatre études observationnelles (ICI) et conclut à une augmentation significative des diagnostics de grippe et des hospitalisations lors de la pandémie de 2009 chez les personnes ayant reçu le vaccin saisonnier trivalent pendant l’épidémie  grippale de la saison précédente. Sans pouvoir toutefois éliminer les biais.

Cinquièmement : L’immunité à médiation cellulaire ou non spécifique est responsable de la protection croisée car les lymphocytes CD8 sont capables de reconnaître les structures invariables retrouvées chez toutes les souches de virus de la grippe et peuvent donc stimuler une réaction de l’organisme en présence de virus de la grippe quelle que soit la souche. Ce type d’immunité est insuffisante en elle-même pour empêcher l’infection mais dans l’enchaînement de réactions provoquées par l’infection grippale, elle est en première ligne et joue le rôle de starter. Or, le vaccin ne contient que des fragments de virus (hémagglutinines) jouant la fonction d’antigènes mais qui sont la part variable du virus d’une souche à l’autre. Une étude néerlandaise publiée dans le Journal of virology en 2011 (LA) montre que chez un groupe d’enfants vaccinés annuellement, l’immunité à médiation cellulaire n’est pas stimulée, alors qu’elle l’est chez des enfants non vaccinés. La réponse immunitaire serait donc moins efficace chez les enfants vaccinés. Les auteurs pointent donc le risque qui existe à promouvoir une vaccination généralisée des enfants. Pour en revenir à l'étude danoise on peut faire l’hypothèse qu’une diminution de l’immunité protectrice à médiation cellulaire serait responsable d’une plus grande fragilité des personnes vaccinées chaque année vis-à-vis de toute nouvelle souche de virus. Ces personnes ne disposant pas ou plus d’une immunité cellulaire donc d’une protection croisée contre de nouvelles souches de virus leur permettant de déclencher rapidement une réponse immunitaire en cas de survenue d’une telle souche. Une autre étude va dans ce sens et laisse suspecter que la présence d’anticorps non immunisants contre le virus actuel en l’absence d’une immunité à médiation cellulaire efficace  que seule l’infection virale permet de promouvoir pourrait être à l’origine de formes de grippe sévères par formation de complexes immuns non neutralisants (ICI et commenté LA).


La petite Sirène - Copenhague


Petit retour en arrière pour expliquer comment cette étude, que jamais un cerveau expertal français n’aurait eu l’idée de mener, remet en cause toute la politique française passée, présente et à venir et pourquoi personne n’en discutera jamais dans la sphère publique.

En 2009 un nouveau virus grippal H1N1 a émergé au Mexique, initiant une pandémie.
Une telle pandémie était attendue depuis plusieurs années, et l’OMS alertait les populations et les gouvernements sur son caractère inéluctable et potentiellement gravissime, même si la souche virale pressentie par l’OMS était autre que celle qui a provoqué la  pandémie de 2009, puisque c’était le virus H5N1 qui était redouté, virus mieux connu sous l’appellation de virus de la grippe aviaire.
Pendant plusieurs mois, de l’été 2009 à décembre, la population et les professionnels ont été soumis à un pilonnage médiatique et institutionnel sans précédent, qui mettait l’accent sur les risques encourus en cas d’infection, et sur l’absolue nécessité d’une vaccination généralisée pour éviter une avalanche de morts. Cette mobilisation forcée a contribué à désorganiser les services de soins et de prévention, a focalisé l’attention sur la grippe et a accaparé les soignants, mais aussi certaines administrations, provoquant sans aucun doute une perte de chance pour des personnes atteintes d’autres pathologies. Ceci alors même que les  médecins  infectiologues  hospitaliers avaient pris acte de la bénignité de la pandémie grippale dès la fin juin en France (LA).
En dépit de cela, la France est le pays qui a acheté le plus de vaccins, proportionnellement à sa population. La commande, signée définitivement en juillet 2009 en s’appuyant sur des avis d’experts,  portait sur 94 millions de doses de vaccins dont 50 millions étaient des vaccins Pandemrix, produits par GSK. Ce vaccin présentait la particularité de contenir un adjuvant, le squalène, utilisé seulement jusqu’à alors dans certains vaccins contre la grippe administrés aux personnes âgées de plus de 65 ans (Fluad, Gripguard). L’expérience de cet adjuvant et les essais cliniques chez des adultes jeunes était très limitée voire quasi inexistante chez les enfants et les adolescents, car les essais, et notamment l’évaluation des effets indésirables n’avaient porté que sur quelques dizaines de nourrissons et enfants de 6 mois à 9 ans  et sur quelques dizaines d’adolescents de 10 à 17 ans (LA). Pourtant les organismes publics n’ont pas hésité à  inciter à la vaccination de dizaines de millions de personnes dans ces groupes d’âge.
La raison invoquée pour l’introduction à la va vite de ce nouvel adjuvant non évalué dans le vaccin, était que sa présence permettait d’augmenter l’efficacité du vaccin, c'est-à-dire sa capacité à faire produire rapidement des anticorps par l’organisme en quantité suffisante contre le virus grippal A/H1N1 pandémique, avec une quantité moindre de fractions antigéniques. Or, ces antigènes sont longs à produire, mais surtout beaucoup plus chers. Alors que le squalène ne coûte rien et est disponible en grande quantité. La réduction de la dose d’antigènes dans le vaccin devait donc permettre de produire  des vaccins plus rapidement.
Le fait est que malgré une quantité 4 fois moindre d’antigène dans le Pandemrix comparé aux vaccins contre la grippe saisonnière, 3,75 µg au lieu de 15µg, le vaccin de GSK a été livré à la France après les vaccins commandés par les Etats-Unis, qui avaient, pour leur part, exigé des vaccins sans squalène, semblables dans leur composition aux vaccins saisonniers classiques. Cette exigence était motivée par des rasions historiques. En 1976, lorsqu’un nouveau virus de la grippe avait été découvert chez un soldat américain, une campagne de vaccination avec un nouveau vaccin expérimental avait provoqué la survenue d’un nombre anormal de syndrome de Guillain-Barré, syndrome neurologique invalidant d’origine auto-immune et de cause inconnue, entraînant une paralysie progressive. Des études avaient montré par la suite une augmentation du nombre de cas de Guillain-Barré chez les personnes vaccinées (LA).
Les Etats Unis ont donc reçu leurs vaccins plus tôt et ont débuté la campagne de vaccination début octobre tandis que  la France n’a pu commencer la campagne que le 20 octobre.
Dès l’été le pays entier a été tenu en haleine dans l’attente de l’arrivée des vaccins, présentés par les médias, les organismes chargés de la régulation sanitaire et le gouvernement, comme salvateurs et comme l’ unique moyen de défense contre une infection aux conséquences potentiellement mortelles pour des individus jeunes et en bonne santé.
A partir du mois de septembre, le nombre des cas de grippe relevés par le réseau de surveillance sentinelle a augmenté lentement et a franchi le seuil épidémique  en semaine 43 c'est-à-dire précisément au moment où commençait la campagne de vaccination. Le pic épidémique a été franchi en semaine 49 début décembre, puis la diminution du nombre de cas a été très rapide et l’épisode épidémique était terminé début 2010.
La confusion entre syndromes grippaux et grippe vraie a contribué à entretenir une ambiance de panique. En réalité, les prélèvements effectués par les médecins du GROG (Groupes régionaux d’observation de la grippe composé de médecins de ville volontaires), qui effectuaient des prélèvements salivaires en cas de syndrome grippal, adressés ensuite aux CNR (Centre nationaux de référence) pour confirmation biologique du diagnostic par RT-PCR, ont montré que entre moins de 5% des syndromes grippaux début septembre, et 52% seulement en semaine 49 au moment du pic, étaient dus à un virus grippal.
Cette confusion, du public mais aussi des médecins, contribuait au sentiment diffus que la grippe était partout, menaçante.
Paradoxalement, face à une grippe brandie comme potentiellement mortelle, les autorités ont opté pour une vaccination dans des centres dédiés. Ce qui veut dire que pour obtenir une couverture vaccinale élevée, les autorités ont pris le risque de rassembler un grand nombre de personnes dans des lieux confinés, ce qui est le meilleur moyen en période épidémique, de contribuer à la diffusion d’une infection contagieuse comme la grippe. Plutôt imprudent pour une épidémie grave !

Le vaccin Pandemrix était indiqué en France chez les personnes âgées de 10 ans et au delà et n’était pas préconisé chez les femmes enceintes.
La consultation des bulletins de pharmacovigilance de l’AFSSAPS permet de constater que à la mi-décembre 2,45 millions de doses de Pandemrix avaient été administrées. A la fin janvier on avait dépassé les 5 millions. Ce qui signifie que plus de la moitié de doses ont été administrées après le pic pandémique. Il n’est pas possible de déterminer s’il s’agissait de premières ou de deuxième dose.
Au total l’INVS retient dans son bilan (ICI)  1334 hospitalisations en soins intensifs ou réanimation qualifiés de cas graves. Cette qualification des cas est importante car elle détermine la notion de facteur de risque.  Une pathologie, ou un état, rencontrée plus fréquemment parmi les cas graves hospitalisés en Unité de Soins Intensifs ou en réanimation sera considérée comme un facteur de risque de complication car l’on présumera que cette fréquence plus importante signifie un risque plus important de présenter des complications en cas de grippe. A son tour, cette caractérisation des facteurs de risque servira de fondement aux recommandations vaccinales. Par exemple , parmi les cas graves hospitalisés (1334) il y avait 66 femmes enceintes qui représentaient environ 5% des cas hospitalisés. Or, il n’y a pas 5% de femmes enceintes dans la population générale c'est-à-dire quelques 3 millions mais environ trois fois moins. Mathématiquement, il est possible d’en déduire que les femmes enceintes ont un risque plus élevé d’avoir des complications, ce qui n’est pas faux. Risque plus élevé égale vaccination donc le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) recommande de vacciner toutes les femmes enceintes dès le deuxième trimestre (LA).  
Mais il y a quatre objections à ce raisonnement.
Le premier c’est que les chiffres de l’INVS pour l’estimation des cas graves mélangent les cas confirmés et probables. Quand il s’agit de cas probables le diagnostic n’est pas certain (c’est une lapalissade), et on a vu que parmi les syndromes grippaux la grippe est minoritaire, même en pleine épidémie. La classification comme cas de grippe se fonde sur l’appréciation des médecins hospitaliers. Ceux-ci ont subi une pression médiatique et hiérarchique considérable et avaient probablement tendance à surestimer les cas de grippe parmi les syndromes grippaux.
Le deuxième est un autre biais de comportement des médecins. Dès lors qu’il s’agit d’une évaluation des facteurs de risque d’après une étude non randomisée l’on s’expose à ce type de biais. Dans nos sociétés occidentales les femmes enceintes et les nourrissons sont particulièrement protégés. Les médecins auront donc tendance à les hospitaliser plus facilement. Et il a pu y avoir, de manière générale, un biais de surhospitalisation des cas de grippe, comme l’a confirmé la baisse brutale de la proportion des cas admis en réanimation lors de la saison épidémique 2010/2011, de 14,0 pour 100 000 alors qu’elle était de 21,7 pour 100 000 pendant la saison 2009/2010. Notons au passage qu’il s’agit du nombre d’hospitalisations en réanimation par rapport au nombre de cas et non par rapport à la population générale.
Le troisième est qu’il s’agit d’une évaluation sur la base du risque relatif c'est-à-dire de l’augmentation supposée du risque pour la femme enceinte. Or, cela n’est vraiment pas pertinent pour apprécier le risque absolu, c'est-à-dire le risque réel pour une femme enceinte d’être hospitalisée en réanimation en cas de grippe. Si on estime approximativement le nombre de femmes enceinte au moment de l’épidémie de grippe à un million, le risque d’admission en soins intensifs pour une femme enceinte dans la population générale serait de 6,6 pour 100 000.
Le quatrième est que les supposés facteurs de risque sont pris de manière isolée. Ce que rien ne justifie car si les femmes enceinte hospitalisées présentent, pour une proportion importante d’entre elles, au moins un autre facteur de risque, il faut en conclure qu’elles ne sont pas forcément représentatives de la population des femmes enceinte dans leur ensemble. Donc qu’on ne peut pas tirer des conclusions, à partir de cette population, pour la vaccination de l’ensemble des femmes enceinte.
La décision de recommander la vaccination de toutes les femmes enceinte ne repose donc sur rien de tangible, néglige totalement les rapports bénéfice/risque et coût/bénéfice de la vaccination.

On peut tenir le même raisonnement pour les asthmatiques.
Pour ceux-ci, se pose aussi la question des bénéfices de la vaccination. Deux études sérieuses sont en faveur d’une aggravation de l’asthme chez les enfants asthmatiques vaccinés de manière itérative (ICI et LA). Cette dernière étude montre que la fréquence des visites chez le médecin est presque trois fois plus grande pour les enfants asthmatiques vaccinés et qu’ils se rendent aux urgences deux fois plus souvent.

La gravité de la pandémie.
De même l’INVS évoque 312 décès dus à la grippe, mais seulement 280 (84%) étaient confirmés par la biologie. De 7,7 à 14,7 millions de personnes auraient été infectées par le virus de la grippe A H1N1 pour l’INVS en tenant compte des personnes qui n’ont pas eu recours aux soins et des nombreuses formes inapparentes, c'est-à-dire sans aucun symptôme. Notons au passage que la fréquence des formes inapparentes est bien le propre des maladies bénignes.
En février 2011, l’agence suédoise de surveillance sanitaire, confirme que le vaccin Pandemrix augmente  le risque de narcolepsie chez les enfants et adolescents. L’étude suédoise montrait une augmentation très importante, d’un facteur 11 pour le risque relatif, de formes particulièrement graves de narcolepsie dans les trois mois suivant la vaccination (LA).  L’agence européenne du médicament décide donc de le contre-indiquer chez les enfants et adolescents de moins de 20 ans (ICI). Le vaccin Pandemrix n’est plus commercialisé en France mais il n’est pas exclu qu’un autre vaccin contenant le même adjuvant soit introduit chez les adultes de moins de 65 ans.
Malgré tous ces impairs et ces approximations  l’INVS persiste dans une démarche d’autojustification. Pour cet organisme, la sévérité de la grippe serait attestée par le  nombre d’hospitalisations élevé. Comme nous l’avons vu, ce n’est pas un argument recevable dans le contexte d’affolement institutionnel et médiatique qui prévalait au moment de la pandémie. En l’absence de confirmation biologique les chiffres d’hospitalisation n’ont aucune valeur pour l’évaluation de la sévérité de l’épidémie de grippe.


Pour conclure
Il est donc probable que cette immense gabegie qu’a été le plan de lutte contre la pandémie n’ait été contrebalancée par aucun bénéfice et que les millions de personnes vaccinées par le Pandemrix en France en aient retiré plus d’inconvénients que d’avantages en raison à la fois de la vaccination tardive, puisque celle-ci  a eu lieu dans la majorité des cas après le pic pandémique, et de la faible efficience du vaccin sur les complications de la grippe chez les individus à risque.
Loin de se remettre en question les organismes de veille sanitaire et le gouvernement s’interrogent sans fin sur les raisons du défaut  d’adhésion de la population à la campagne de vaccination. Il se serait agi en fait d’une répétition générale en vue de la prochaine grande crise sanitaire orchestrée par les services marketing des laboratoires pharmaceutiques de plus en plus impliqués dans la détermination des priorités au sein de l’OMS.
Alors que la grippe reste une maladie bénigne, que le virus de la grippe est un virus parmi tant d’autres, et qu’il n’est pas responsable de la majorité des syndromes grippaux, le HCSP persiste à élargir les indications de vaccination contre la grippe en dépit du bon sens, en tirant des conclusions extrapolées à partir d’arguments pour le moins peu convaincants.
Des études sérieuses suggèrent, de manière cohérente, que la vaccination généralisée et itérative contre la grippe, en particulier la vaccination des enfants, pourrait générer une augmentation des cas de grippe et de leur gravité.

CMT

18 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour

Merci pour cette analyse.

J'ai souvenir qu'à l'époque , le ministre de la santé polonais avait refusé la vaccination généralisée conseillée par l'OMS.
A-t-on des études qui prennent par comparaison la Pologne et un autre pays où il y a eu la vaccination comme la France par exemple?
Magnifique sujet d'étude et de comparaison non?

Marc

Swiss life mutuelle a dit…

Merci d'avoir fait une étude approchée à ce sujet.

guillaume a dit…

Bonjour.
Je suis médecin généraliste.
J'ai eu le privilège, pour l'année universitaire 2000-2001 de bénéficier des cours de virologie d'un éminent spécialiste de la grippe, M. le Pr Bruno LINA. J'ai apprécié l'homme, et ses cours. J'ai même suivi des cours optionnels de spécialisation en virologie.

Entre autres choses le Pr. LINA m'a appris la suivante :
le virus grippal A présente à sa surface deux protéines pouvant servir de "carte d'identité" : l'Hémaglutinine (H) et la Neuraminidase (N). Ces éléments, appelés antigènes permettent de caractériser les virus grippaux. Ils sont spécifique d'espèce.
Actuellement, le virus circullant chez l'humain est un virus H1N1. Des virus H3N2 circulent dans une moindre mesure. Chez l'oiseau, on retrouve des virus H5N1. chez d'autres aimaux, on peut trouver des virus H3N5, H8N4, H3N1 etc...

Le virus H1N1 est le virus circulant chez l'humain depuis la pandémie de grippe espagnole de 1918. Chaque année, il présente de légère différence, et chaque année, le virus est donc un mutant du virus de l'année précédente. Depuis 1918, les humains ont développé une immunitée de base contre l'hémaglutine 1 et la neuraminidase 1. Chaque année, le virus étant légèrement différent de l'année précédente, cette immunité n'est pas suffisante pour protéger entièrement de l'infection, et il arrive d'attraper la grippe. Lors de cette infection, l'individu atteint va fabriquer une immunité très spécifique du mutant auxquel il a été confronté, et une immunité moins spécifique, moins efficace, mais plus durable, et permettant de lutter contre l'ensemble des virus présentant un H1 et/ou un N1 dans sa carte d'identité.


Un jour, il arrivera (et ce jour arrivera tot ou tard) qu'un virus avec une hémaglutine et/ou une neuraminidase différente de 1 arrive à infecter des humains et à être contagieux d'humain à humain.(le candidat le plus probable est actuellement H5N1).
Ce jour là, un virus contre lequel les humains n'ont pas d'immunité de base se mettra à circuler : il contaminera un grand nombre de personne et fera (peut être, si sa virulence est élevée, or il y a une différence entre le potentiel de contagiosité et le potentiel de dangerosité) beaucoup de victimes : Ce sera une pandémie grippale. Une vraie.

Par définition, un virus portant une hémaglutinine 1 (H1) et une neuraminidase 1 (N1) NE PEUT et NE DOIT être considéré comme un virus pandémique. Il peut arrivé une année qu'un mutant H1N1 soit plus virullent, ou plus contagieux que les autres années, mais les humains demeurent au moins en partie protégés par leur immunité basale contre H1 et N1, celle qui leur a été transmise par leur mère, celle qu'il ont développé lors de leur gripppes précédentes, depuis 1918...

Le virus variant H1N1 de 2009 ne réponds pas à la définition d'un virus pandémique.

M. le Pr. Bruno LINA le sait.
C'est ce qu'il enseigne à ses étudiants.

Mais la tentation de pouvoir éprouver à la mesure du réel les scénarii catasthrophes qu'il élabore depuis plus de 20 ans a été la plus forte. c'est humain.

Je ne comprends pas que depuis 2009, je n'ai lu nul part, malgré toute la polémique autour de la pandémie, cette idée toute bête et pourtant vraie : un virus grippal H1N1 ne peut pas, par définition, être un virus pandémique...

Merci pour votre travail et votre analyse, ainsi que pour l'ensemble de votre blog.

Guillaume

CMT a dit…

D'abord je voulais remercier Jean-Claude Grange qui m'a soumis cet article danois et m'a proposé de le commenter. C'est un éditeur sévère mais juste (je plaisante).
À anonyme. Je n'ai pas vu d'étude concernant la Pologne mais l'argument de la bénignité de la grippe en Pologne à été cité à plusieurs reprises , notamment pour justifier lanécessité d'une enquête par desdéputés européens. enquête qui a abouti à la conclusion que tout avait été géré normalement dans le cadre de l'OMS. il faut ors se poser la question de l'anormalité du fonctionnement normal de m'Oms.
À Guillaume
Le caractère nouveau du virus avait donné lieu à d'âpres discussions entre spécialistes, le nouveau virus n'était pas très différent du H1N1 déjà circulant.
Mais si je comprends bien ce que vous dites, il semblerait que tout le monde, dans les cercles d'experts, savait que ce virus était bénin Pour la population. Je trouve ça grave et irresponsable. Je ne serais pas aussi compréhensive que vous vis à vis des experts.

BG a dit…

La vaccination serait-elle uniquement une affaire de gros sous ? Peut-on ignorer les désirs secrets que pourrait véhiculer l'acte individuel ou collectif de vaccination ? Car symboliquement l'acte vaccinal est un acte sexuel avec le sperme-vaccin qui va féconder notre production d'anticorps et la seringue, parfait symbole de l'organe masculin. Or notre cerveau ancestral est tout à la fois imprégné de sexualité violente (combats à l'arme blanche de nos ancêtres etc) et très sensible à la symbolique.
La vaccination pandémique généralisée, obligatoire dans un contexte dramatique de morts et de blessés partout est tout à fait propre à réaliser cet amalgame symbolique. Il existe de cela un exemple historique décrit par l'historien Paul Greenough dans une étude intitulée « Intimidation, coercition et résistance dans l'étape finale de la campagne d'éradication de la variole en Asie du Sud - 1973-1975 »
 Ce processus est apparu quand on a remplacé la vaccination des contacts par la vaccination en anneau. Auparavant l'équipe interrogeait les villageois pour éviter de vacciner les anciens varioleux, ceux qui avaient été récemment vaccinés. Trop long, perte de temps...Il fut alors décidé de vacciner systématiquement tous les villageois quelque soit leur statut et donc sans leur adresser la parole et échanger avec eux.
Effet produit : les chiens sont lâchés ! Selon ce que rapporte Greenough cette mesure donnera lieu à des pratiques ''quasi militaires'' où les vaccinateurs n'hésiteront pas à enfoncer les portes quand elles étaient fermées, à vider les femmes et les enfants de leur lit et même des latrines pour les vacciner de force, à laisser le village dans ''le chaos''.
Le lien internet est très long [1] . Il est sur mon blog, article du 3/02/2012 avec le texte en anglais en annexe.
Extrait : « The actual application of containment so defined, however, often produced chaos in the affected villages . In the hit-and-run excitement o f such a campaign, women and children were often pulled out from under beds, from behind doors, from within latrines, »
En cas de vaccination généralisée et obligatoire dans un cadre pandémique grave on ne sait pas ce qui pourrait se produire car ces émotions ancestrales sont enfouies en chacun de nous et pourraient fort bien se réveiller dans de telles circonstances.
Je pose la question : et si le désir de pandémie cachait en réalité des désirs secrets qui chercheraient à se réaliser à travers une folle campagne de vaccination coercitive et généralisée ?
Voici une présentation de cet historien et de ses travaux :http://clas.uiowa.edu/history/faculty-staff/paul-r-greenough
[1] http://archives.evergreen.edu/webpages/curricular/2007-2008/globalhealth/files/globalhealth/Greenough%20Intimidation%20in%20South%20Asian%20Smallpox.pdf

pr mangemanche a dit…

Je suis quand même un peu dubitatif sur la démonstration de cette étude.

Peut-être manqué-je d'information sur le recrutement des patients, et la définition de patient à risque. Le problème vient, me semble-t-il, de l'absence de gradation des facteurs de risque. Si j'ai bien lu, la définition retenue est l'hospitalisation antérieurement retrouvant un facteur de risque.

Cependant, on pourrait penser que certains patients accumulent les facteurs de risque. Certains sont à peu près équilibrés, et peuvent malgré tout avoir fait l'objet d'une hospitalisation. D'autres, au contraire, ( et nous en connaissons tous en soins de premier recours), vont d'hospitalisations en hospitalisations pour des décompensations itératives.

Je me projette donc, à la lecture de cette étude, en praticien de terrain, et je me dis que, actuellement plutôt réservé sur l'efficacité de la vaccination anti-grippale, j'ai quand même tendance à inciter à la vaccination les patients les plus à risque, et encore plus les patients à risque très élevé ( qui ont déjà fait un/des séjour(s) en réa ou soins intensifs pour décompensation).

De même, je laisse moins facilement les patients les plus à risque à domicile en cas d'épisode grippal, je les hospitalise plus facilement. De même, j'imagine que le praticien hospitalier a plus tendance à demander une confirmation biologique de grippe pour un patient venant "régulièrement" dans son service pour décompensation, que pour le premier épisode chez un diabétique obèse bien équilibré par ex.

Je me demande donc s'il n'y a pas une sur-représentation des patients à très haut risque dans le groupe des vaccinés/grippés confirmés biologiquement/hospitalisés pour grippe, par rapport à l'ensemble des patients à risque qui me semblent un cas un peu fourre-tout.

A mon sens, cela fait perdre de la force aux résultats de l'étude.

Le biais pourrait être le comportement des patients comme vous l'évoquez dans votre "deuxièmement", mais aussi le comportement des soignants selon le niveau de risque. Mon hypothèse est que le soignant ne raisonne pas en termes de " à risque" ou " sans risque" pour un patient donné, mais plutôt en "petit risque", " risque modéré", "risque très important".



Merci pour cet article.

CMT a dit…

A pr mangemanche
Aucune étude, je pense, n'est totalement concluante en elle même. Ce qui peut-être assez probant c'est la convergence de plusieurs études de bonne qualité. Celle ci est incomparablement plus rigoureuse et fouillée que les études de l'Invs qui fondent les récommandations vaccinales en France.
Les prélèvements salivaires ne sont pas discriminants puisque les deux groupes vaccinés et non vaccinés ont eu des prélèvements et que les auteurs ont groupé les patients selon le nombre de patholgies, constatant que, comme pour l'âge, l'efficience observée du vaccin variait en fonction du nombre de pathologies.
L'important est que les mèdecins hospitaliers n'aient pas fait de différence selon le statut vaccinal des patients. Ce qui est très probable.
Il manque des informations pour une analyse fine, je suis d'accord.Mais le niveau d'analyse est cohérent avec les objectifs de l'étude, qui sont une aide aux décisions de santé publique et non une aide aux décisions individuelles.

Docteurdu16 a dit…

@ Pr mangemanche. Le commentaire de CMT est parfait. Il est important que des espaces de discussion permettent de prendre en compte des études, parfois imparfaites, étrangères, donc difficiles à évaluer en fonction des systèmes de santé et des compétences humaines, afin de nous faire une opinion. La sclérose du contexte français est pesante car l'opinion officielle rend les débats impossibles ou sectaires. Cette étude n'est pas parfaite ? Tant pis. Elle demanderait des explications ou des précisions ? Bravo. Merci pour vos commentaires car ils posent des questions qui sont encore à résoudre ou, plutôt, ils ouvrent des portes et des espaces de réflexion.

Anonyme a dit…

CMT fait le prognostique que l'étude Danoise ne sera pas commentée en France . Il semblerait qu'outre-atlantique il en soit ainsi également .
cf http://www.bmj.com/rapid-response/2012/02/10/re-effectiveness-vaccine-against-pandemic-influenza-ah1n1-among-people-und

pr mangemanche a dit…

@docteurdu16 et@CMT
C'était bien le sens de mes commentaires : pousser l'analyse, aiguillonner le questionnement sur nos(mes) attitudes de prévention...
Je ne suis que trop content qu'on lise ici ce type d'article, et qu'on ose y affronter les tabous du tout-vaccin. C'est pourquoi je me risque à y intervenir.
Je ne cherche qu'à alimenter le débat...
Continuez en ce sens...

CMT a dit…

Aucun problème Pr Mangemanche, je l'avais bien compris comme ça. Et cela montre qu'il y en a au moins un qui suit.
Car il faut avouer que cette étude danoise est plutôt complexe à comprendre. Cela parce que les auteurs étaient bien conscients qu' une étude non randomisée, c'est à dire où les patients ne sont pas tirés au sort, représente un gros risque de biais, c'est à dire de facteurs qui viendraient fausser les résultats dans un sens donné.Ils ont donc pris des précautions pour que ces biais ne viennent pas fausser les résultats, ce dont l'INVS ferait bien de s'inspirer.

Pour ne pas complexifier encore plus je n'ai pas développé le problème des effets secondaires du vaccin, qui ne se résument pas à des cas de narcolepsie. Et déjà sur le papier la différence était flagrante entre le vaccin saisonnier sans squalène et le Pandemrix sur la survenue d'effets indésirables bien plus fréquents avec le Pandemrix.

La principale conclusion qu'il faudrait tirer non seulement de cette étude mais de l'ensemble des éléments que nous connaissons sur le déroulement de la fausse pandémie, la conclusion qui crève les yeux et que le spouvoirs publics refusent de tirer, est que la vaccination de masse n'est pas une option soutenable en cas de survenue d'une véritable menace, à laquelle je ne crois pas beaucoup. Cette stratégie est très consommatrice de finances, de ressources humaines pour une efficience probablement nulle, puisqu'en en trois mois pas plus de 5 millions de doses n'ont été administrées.Une épidémie grippale dure environ 9 semaines.

Donc la vaccination de masse représenterait une FAUSSE SECURITE qui détournerait les moyens du service public au profit de stratégies coûteuses et inefficaces.
Mais n'est-ce pas ce qui se passe actuellement pour la santé publique en général?
Quant au rôle de l'OMS, on le comprendra mieux si l'on sait que désormais 80% du budget de l'OMS provient d'organismes privés. Ceux-ci ne contribuent pas aux frais de fonctionnement et aux programmes généralistes peu profitables comme la protection maternelle et infantile dans les pays pauvres mais apportent des "contributions volontaires à objet désigné" destinées à financer ce qui les intéresse pour leurs objectifs propres. Par exemple, la fondation Bill Gates, très en cheville avec les laboratoires pharmaceutiques, est le deuxième contributeur privé après les Etats Unis et ne se consacre essentiellement qu'à financer des programmes de vaccination. Le budget propre de cette fondation, pourtant privée, est d'environ 8 fois le budget total de l'OMS (un peu plus de 4 milliards de dollars en baisse et 37 milliards d'euros pour la fondation Bill Gates).
Il faut débattre. Parce que la démocratie ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Et elle m'a l'air bien mal en point.
Je veux bien débattre mais quand il s'agit de sujets scientifiques je préfère le faire sur des bases scientifiques et pas sur la base de sensations ou de ressentis.

CMT a dit…

Je signale une très intéressante émission sur le thème de la vaccination sur France 5 en date du 14/02.
Bien sûr, je n'étais pas d'accord avec tout ce qui a été dit, mais ce qui me réjouit énormément, c'est qu'il puisse y avoir une telle émission sur une chaîne du service public à une heure de grande écoute avec de VRAIS ARGUMENTS, UN VRAI DEBAT, débat très bien mené, d'ailleurs, par les deux journalistes, avec des arguments qui ne se résument pas à "les vaccins sont le plus grand progrès de la médecine et un bienfait de l'humanité donc on ne peut pas en discuter" ou"les vaccins sont du poison et il faut tous les supprimer".

Je me réjouis car je pense qu'une telle émission n'aurait simplement pas été possible il y a un ou deux ans.
La science et la démocratie y gagnent beaucoup.
http://www.france5.fr/sante/enquete-de-sante/emission/2012-02-14

BG a dit…

J'ai aussi regardé avec beaucoup d'intérêt cette émission. Je ne serai pas aussi enthousiaste que vous CMT, il reste encore beaucoup à faire, beaucoup !!! Mais j'aime le travail ! Juste un exemple :

Il fut dit dans le documentaire, par Anne-Marie Moulin historienne de la médecine (directrice de recherche au CNRS),que « la variole avait été vaincue par la SEULE vaccination » alors que le rapport final sur cette éradication reconnaît que ce ne fut pas possible et qu'il fallut faire d'autres choses très différentes comme l'isolement des malades.

Tout cela est parfaitement avéré et j'ai détaillé cette affaire avec de nombreux liens sur mon blog (articles des 3 janvier et 3 février 2012 et article du 26 septembre 2011). J'ai été obligé de constater que personne, parmi les invités au débat, n'a soulevé ce problème pourtant assez fondamental même si on ne vaccine plus contre la variole. Mais il y a notre plan variole (bioterrorisme et surtout variole du singe avec des risques d'importation puisque cela s'est produit aux USA) qui est rendu totalement caduque par les récentes expérimentations animales selon le comité consultatif OMS.

Et aussi (je ne résiste pas!), cette affirmation de Robert Cohen : sans la vaccination il y aurait 800 morts par classe d'âge par la rougeole en France (1 décès pour 1000). Il transpose (d'ailleurs assez généreusement) le taux d'accidents graves ou décès actuels en décès sur le passé. Sauf qu'aujourd'hui ce taux est beaucoup plus élevé (le taux) en raison des rougeoles qui frappent les nourrissons qui ne sont plus protégés par les anticorps de leur mère contrairement à ce qui se produisait avant la vaccination. Ce fut le cas pour cet enfant qui fit une rougeole à 7 mois et qui nous a été présenté.

Mais à la télé ce n'est jamais facile de contrer un argument avancé comme ça de façon imprévisible tant il est énorme. Marc Girard s'est contenté de citer une référence médicale des années 70 avec la page ! Il n'a pas démonté (ce n'est pas une critique) ce qu'il y avait de non valable dans le calcul de Cohen. Mais je n'aurai sans doute pas fait mieux en direct.

Par contre, pour la variole vaincue par la vaccination ce n'est jamais une surprise, JAMAIS. Comme Georges Marchais on peut arriver avec sa réponse ! Mais Marc Girard n'est pas (pas encore?) branché sur cette question pourtant très, très fondamentale.

Voici un lien très intéressant sur la vaccination contre la rougeole (une thèse très documentée) :
http://www.ifr128.prd.fr/affiches/These_Diane_WAKU.pdf

page 53 :

« Au regard de toutes ces études,nous pouvons dire que l’immunité acquise par le vaccin
contre la rougeole semble être un continuum, allant d’une protection totale et durable à une
protection minimale ou nulle, en passant par une protection partielle ou temporaire. Cette
flexibilité de la réponse immunitaire est responsable de la circulation occulte du virus de la
rougeole dans la population vaccinée. »

CMT a dit…

Monsieur Guennebaud,
Comme je l'ai dit, je ne me suis pas enthousiasmée pour le contenu précis de l'émission mais pour le fait qu'une telle émission puisse avoir lieu.
Je n'ai pas jugé nécessaire de passer en revue toutes les erreurs commises par les intervenants, car l'intérêt est là, juste là, qu'une telle émission puisse avoir lieu.

Et pour donner envie de la regarder, comme avec un film à suspens, il ne faut pas analyser l'intrigue et donner le dénouement avant que les gens puissent voir par eux-mêmes.
Quant au lien avec la thèse sur la rougeole, vous l'aviez déjà donné.
Ce que j'ai à dire là dessus,je le dirai à un autre moment.

Anonyme a dit…

Une hirondelle ne fait pas le printemps , et une étude en appelle une autre . En attendant je livre à vos spéculations ceci :

A new study turns the well established theory that antibodies are required for antiviral immunity upside down and reveals that an unexpected partnership between the specific and non-specific divisions of the immune system is critical for fighting some types of viral infections...."It will be important to further dissect the role of antibodies and interferons in immunity against similar viruses that attack the nervous system, such as rabies, West Nile virus, and Encephalitis."
cf http://www.sciencedaily.com/releases/2012/03/120301143426.htm

Anonyme a dit…

Les britanniques envisagent une vaccination généralisée des enfants contre la grippe ...afin de protéger les plus vieux : http://www.telegraph.co.uk/health/healthnews/9297345/Vaccinate-all-school-children-against-flu-experts.html

En 2014 ,the Kid l'aura dans l'nez !

BG a dit…

@ CMT

Ayant relu votre article relatant cette étude danoise j'apporte un amendement à votre propos :

"Les Etats Unis ont donc reçu leurs vaccins plus tôt et ont débuté la campagne de vaccination début octobre tandis que la France n’a pu commencer la campagne que le 20 octobre."

En réalité à cette date ce fut uniquement la vaccination du personnel hospitalier qui débuta. Les vaccins arrivaient au compte goutte. Pour le public elle débutera seulement le 12 novembre avec la vaccination publique de Roselyne. Du grand spectacle !

Pour le pic en France on devrait plutôt parler des pics : pour l'Île-de-France le pic fut fin octobre avec moitié moins de cas (réseau Sentinelles) le 12 novembre. Pour les autres régions, si le pic moyen pourrait se situer fin novembre, pour certaines régions il fut une semaine avant et pour d'autres une semaine après. La fin de l'épidémie fut annoncée vers le 15 janvier.

La vaccination du personnel hospitalier avait débuté en fanfare puisqu'un médecin hospitalier fera une SEP dans les jours qui suivront sa vaccination (4 de mémoire). Il témoignera sur le blog de Dominique Dupagne. Son cas est très intéressant car il avait eu une première atteinte 15 ans auparavant après une vaccination hépatite B. ''Une petite vaccination et ça repart !'' avait-il déclaré.

Le piquant de l'histoire, si j'ose dire, était qu'il devait organiser la campagne de vaccination dans son hôpital !!! Belle pub !

Bien sûr, le premier bilan de pharmacovigilance fera état de ce cas en écartant la responsabilité du vaccin en raison de la première alerte 15 ans auparavant...

Cet exemple illustre parfaitement le résultat significatif trouvé par Langer-Gould dans les 14 jours après une vaccination quelconque : accélération (ou relance?) d'un processus démyélinisant débuté plusieurs années auparavant.
Le commentaire des auteurs et de Daniel Floret étant que puisqu'on retient tous les vaccins, cela innocente tous les vaccins dans la genèse de la démyélinisation ...alors que cela innocente seulement le dernier reçu pour ce qui est de la genèse mais pas de la reprise dont ce médecin hospitalier se serait sûrement passée...Il n'y a pas de petite vaccination. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute !

Anonyme a dit…

Question : à qui profite le crime ? Je vous le donne en mille : Big Pharma (business vaccinal) et à sa remorque les campagnes effrénées pour enjoindre les gens à ce faire vacciner alors que, le saviez-vous ? il y a ce constat du Sénat français (« COMPTES RENDUS DE L' OFFICE PARLEMENTAIRE D’ÉVALUATION DES POLITIQUES DE SANTÉ ») : « Le député qui présidait une table ronde sur la vaccination en France, le 6 juin dernier [2007] au Sénat, estime "QU'IL N'EXISTE PAS DE PREUVE SCIENTIFIQUE SUR L'UTILITÉ DES VACCINS’ ». Ce seul constat aurait dû alors faire adopter (notamment) par la France une attitude plus cohérente, mais on est loin du compte ! (Cf. http://www.senat.fr/bulletin/20070604/sante.html).
Le député en question n’est autre que Dr Jean-Michel Dubernard, chirurgien réputé et membre du collège de la « Haute Autorité de Santé » (depuis 2008) (plus de détails sur lui : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Michel_Dubernard).

Dans un riche dossier de la revue Nexus (septembre-octobre 2009), reprenant cette constatation sous le titre "Pas de preuve scientifique" on ajoute : "mais personne ne semble l'avoir entendu". Lire cette pertinente analyse faite par AGORAVOX qui en reprend l'info : « Vaccin : ‘Pas de preuve scientifique !’ » (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31102)

La désinformation qui sert aux intérêts des lobbies pharmaco-industriels a encore de très beaux jours devant elle et ce n'est pas la tonne de dérives sanitaires qui semble mettre quelque frein à ces collusions.
En revanche, pour ne pas mourir idiot concernant l’effet toxiques des vaccins, surfez sur le site de « Initiative citoyenne » où vous pourrez prendre connaissance d’informations cette fois pertinentes basées sur des études crédibles s(http://www.initiativecitoyenne.be/.