samedi 25 juillet 2026

Toujours être prudent pour prescrire dans la "vraie" vie à partir des résultats d'un essai clinique contrôlé robuste (et a fortiori peu robuste).


Le commentaire de Andrew J Fox que vous trouverez ICI est une pépite. Il analyse les différences de résultats entre un essai contrôlé robuste positif et une étude observationnelle plutôt robuste (est-ce un oxymore ?) négative.

En bref : une étude contrôlée bien menée signifie qu'il faut se méfier d'une généralisation dans la vraie vie sans tenir compte des conditions de la vraie vie et des vraies prescriptions. 

Les faits.

1. L'étude contrôlée

L'essai contrôlé spironolactone vs placebo chez des patients présentant une insuffisance cardiaque sévère a été publié en 1999 : Randomized Aldactone Evaluation Study (RALES) (ICI).


Un résumé : 


Les conclusions des auteurs : 

Conclusions

Blockade of aldosterone receptors by spironolactone, in addition to standard therapy, substantially reduces the risk of both morbidity and death among patients with severe heart failure. (N Engl J Med 1999:341:709-17.)

La spironolactone fait le job.


2. L'étude observationnelle

Quelques années après Juurlink et coll publient en 2004 un essai observationnel dans lequel ils analysent les liens entre les prescriptions de spironolactone et les dossiers d'hospitalisations de 1,3 million de patients adultes en Ontario entre 1994 et 2001 (LA).


Les résultats sont pour le moins surprenants (et terrifiants).

  • La publication de l'essai RALES s'est accompagné d'une "explosion" des prescriptions de spironolactone
  • Parmi les patients hospitalisés pour insuffisance cardiaque les prescriptions de spironolactone sont passées de 34 pour 1000 patients en 1994 à 149 pour 1000 en 2001
  • Les hospitalisations pour hyperkaliémie sont passées de 2,4 à 11 pour 1000 patients
  • La mortalité associée est passée dans le même temps de 0,3 à 2 pour 1000 patients
  • La publication de RALES n'a pas été associée à une diminution significative des taux de réadmission pour insuffisance cardiaque et des taux de décès
  • Il s'est passé quelque chose.

Conclusions: The publication of RALES was associated with abrupt increases in the rate of prescriptions for spironolactone and in hyperkalemia-associated morbidity and mortality. Closer laboratory monitoring and more judicious use of spironolactone may reduce the occurrence of this complication.

Ouaouh !

3. Un peu de technique

Andrew J Fox souligne à juste titre la différence entre validité interne et validité externe d'un essai clinique. Nous en avions parlé sur ce blog : ICI.

La validité interne d'un essai clinique c'est analyser sa robustesse, s'assurer qu'il n'existe pas de biais, d'interférences, d'erreurs méthodologiques, et cetera, dans le cadre strict de l'essai. Voir ICI 

La validité externe d'un essai clinique interroge sur l'extension de ses résultats en dehors de son contexte expérimental.

Andrew J Fox soulève des points critiques bien connus chez les commentateurs des essais cliniques contrôlés et leurs rapports avec la vraie vie.

  • La population des essais cliniques contrôlée est particulière : elle répond à des critères d'inclusion stricts ce qui signifie que les patients exclus sont peut-être ceux qui sont les plus nombreux dans le monde réel, ici, par exemple, l'âge moyen dans l'étude contrôlée était de 65 ans et l'âge moyen dans l'étude observationnelle était 75 ans
  • La prescription de spironolactone dans la "vraie" vie a été étendue à des malades qui n'ont pas été étudiés dans l'essai contrôlé selon l'adage classique (et faux) : qui peut le plus peut le moins
  • Ainsi les prescriptions ont été étendues au minimum à des malades tout-venants, c'est à dire les patients exclus de l'essai contrôlé, c'est à dire, les trop vieux, les trop polypathologiques, les trop polymédicamentés, les trop insuffisants rénaux, les trop hors protocoles, les trop non-observants, les trop non compliants, les pas assez sévères, les peu représentés comme les minorités, les femmes...
  • La population des essais cliniques contrôlés est mieux suivie : les dosages de kaliémie ont été en l'occurence beaucoup plus fréquents et chez les malades les moins fragiles a priori


4. Les conseils d'Andrew J Fox

Andrew J Fox est hospitalier et donne quelques conseils (qui pourraient a fortiori être suivis en médecine générale, lieu de tous les dangers, de toutes les interactions, de tous les imprévus, de toutes les surprises, et j'en passe) : 

  • Si vous jugez que le patient que vous avez devant vous n'aurait pas pu être inclus dans l'essai RALES, soyez prudent : c'est qu'il est trop âgé, trop fragile, trop polypathologique...  Pesez le rapport bénéfices/risques
  • Si vous doutez que le patient que vous avez devant vous aurait pu être inclus dans l'essai RALES, soyez prudent... Interrogez-vous sur la nécessité de lui prescrire de la spironolactone
  • Si vous pensez que le patient que vous avez devant vous aurait pu être inclus dans l'essai RALES, soyez attentif à suivre scrupuleusement les conditions de l'essai : initiation des doses, titration, suivi des procédures de contrôle (ici dosages de la kaliémie aux mêmes fréquences). Si ce n'est pas possible, soyez encore plus prudent
  • Faites attention aux critères d'entrée dans l'essai
  • Tenez compte du fait que si certains patients n'ont pas été inclus dans l'essai RALES c'est parce que les investigateurs pensaient qu'ils n'en tireraient pas profit : pourquoi prendre le risque de tester vous-même ?
Il est évident que ces conseils sont encore plus difficiles à observer en milieu extra-hospitalier et notamment en médecine générale. C'est pourquoi les prescripteurs doivent être prudents, méfiants et toujours s'interroger : fais-je de la médecine expérimentale, vais-je apporter quelque chose au patient, ai-je le droit de prendre des risques ?


5. Conclusions plus générales

  • La règle voulait jusqu'à présent (sauf exceptions) que l'obtention d'une autorisation de mise sur le marché pour une molécule dans une indication précise soit fondée sur au moins un essai clinique contrôlé robuste : vs placebo ou vs molécule de référence
  • Cette règle est de plus en plus contournée avec des essais de non-infériorité, par exemple.
  • Cette règle est de plus en plus combattue par les industriels qui prétendent désormais qu'il suffit de réaliser des essais robustes IRL (In Real Life), c'est à dire des essais observationnels, comparatifs ou non, rétrospectifs ou non, sur dossiers cliniques électroniques ou non (sans avoir vu les patients), cas-témoins et cetera pour obtenir une autorisation.
  • Il est des cas où, malgré une étude contrôlée négative (pas forcément bien menée, d'ailleurs), certains prétendent que les études observationnelles positives suffisent (il arrive même, comme dans le cas du Beyfortus/nirsevimab (LA) le mélange de données négatives contrôlées avec des données positives non contrôlées entraîne, comme par hasard, des résultats positifs.
  • Cet exemple rapporté par Andrew J Fox montre que la validité externe a de l'importance !
  • Le dogme que les essais observationnels ne peuvent être menés dans une indication particulière que si une étude contrôlée robuste a déjà montré des résultats positifs est en train de s'effondrer
  • Mais il est clair que les études observationnelles ont toujours des indications : recherche d'effets indésirables rares, analyse de sous-groupes de patients, et cetera.


PS du 26/07/2026 : commentaire de Vinay Prasad : LA.


dimanche 19 juillet 2026

"A voix nue" : enfances et adolescences maltraitées.


Crédit : Fondation pour la Recherche Médicale


L'émission/podcast "A voix nues" sur France-Culture (voir ICI), au-delà des critiques que je ne ferai pas aujourd'hui, est un formidable moyen d'entendre en cinq fois trente minutes une personne du monde des arts, de la littérature, du spectacle, de la médecine, de la recherche, de la gastronomie ou de la politique parler d'elles-mêmes, la première émission est souvent consacrée à l'enfance, à la famille...

Des personnes que l''on connaît ou que l'on croit connaître, des personnes que l'on a envie d'écouter ou qu'on n'aurait pas envie d'écouter, des personnes qui sont en écrasées par leur oeuvre ou dont l'oeuvre les écrase, des personnes qui se livrent ou ne se livrent pas, des personnes qui s'inventent peut-être une vie, des personnes qui racontent des banalités sur la peinture ("quelle est votre marque de pinceau ?"), sur la littérature ("les barbares qui écrivent avec un traitement de texte"), sur la sculpture ("le poids de votre burin"), le cinéma (" le numérique, ce fléau"), la photographie ("l'arrivée de l'argentique"), la médecine ("mes exploits en Afrique...")..

Ce qui perturbe beaucoup en entendant ces récits de vie privée et professionnelle, c'est combien — vous allez dire que c'est enfoncer des portes ouvertes — l'enfance et l'adolescence ont pu pour certaines et certains être un véritable calvaire ou une réelle souffrance laissant des cicatrices cashées et désormais visibles.

J'ai écouté en remontant le temps : Françoise Hardy, Félicité Herzog, Edouard Durand, Dominique Versini, Agnès Desarthe, Jean-François Corty, Marion Muller-Collard, Philippe Aghion, Valérie Zenatti, Dominique Moïsi, Lyonnel Trouillot, Hélène Darroze, Anwar Abu Eisheh, Pierre Richard, Valérie Lemercier, ..., Hiam Abbas, Eric Fottorino, Sandrine Bonnaire, Beata Umubyehi Mairesse, Anne Cheng...

Cette liste n'est pas exhaustive.  A chaque fois, il semble, il y a des exceptions, que l'enfance et l'adolescence sont des périodes "compliquées", voire atroces, très éloignées des clichés sur la beauté de l'enfance, sur les bons sentiments de l'enfance, sur la naïveté de l'enfance. 

Les catastrophes de l'enfance apparaissent là dans toute leur nudité dans les vies de ces personnes célèbres, qui sont racontées à la fois comme des souffrances mais aussi comme des motifs de vengeance contre ce qu'ils ou elles ont subi.

Cette partie émergée de l'iceberg cache sans doute l'essentiel :  imagine-t-on tout ce qui est enfoui, les récits cachés d'enfances et d'adolescences de personnes non-célèbres à qui personne ne tend le micro ? Soulignons quand même que sur France-Culture, l'émission/podcast de Sonia Kronlund "Les pieds sur terre" (voir LA) fait le boulot en recueillant les récits d'anonymes. Mais, et toutes celles et ceux qui ne diront jamais rien, soit pas pudeur, soit parce qu'on ne leur a jamais tendu de micro, ils sont invisibles, perdus dans leur coin,  malheureux à jamais.  

Éliminons parce que cela vient immédiatement à l'esprit les enfants abandonnés, placés, battus, violentés, déplacés d'orphelinats en famille d'accueils, ces jeunes femmes et ces jeunes hommes allant d'hôtels minables en hôtels de passe. Toutes ces histoires que personne n'entendra dans "À voix nue" mais peut-être dans "Les pieds sur terre"

Parlons surtout de ces familles bancales, de ces pères absents, de ces pères volages, de ces pères odieux, de ces pères frappeurs, de ces pères agresseurs, de ces pères violeurs, de ces oncles dans le même métal... De ces placements dans des internats où les enfants les plus fragiles pleurent, se font harceler, et parfois voient rarement leurs parents "qui travaillent".

Parlons de ces mères victimes sans argent, sans profession, de ces mères trompées, de ces mères trompeuses, de ces mères violentes, complices, résignées, de ces mères injustes (qui n'ont jamais pris une telle ou un tel dans ses bras), de ces enfants ayant affaire avec les amantes de leur père, les amants de leur mère,  ayant à subir les disputes, les cris, les objets divers qui volent dans l'air, la culpabilité...

Parlons aussi de ces frères ou soeurs dominants, méchants, violeurs, pervers. Demi-frères, demi-soeurs,  tontons et tatas, cousins et cousines.

Parlons encore et encore de ces enfants qui ont construit des vies qui les ont menées à être interrogées dans une émission sur France-Culture, c'est à dire qui sont devenus célèbres, sur des mensonges, des violences, des injustices, des drames, des crimes... jamais punis.

C'est effrayant.

Faisons attention à nos enfants et à ceux des autres : ils ne nous appartiennent pas.

dimanche 7 juin 2026

Histoire de santé publique sans consultation. Épisode 36. Ça n'arrivera pas en France.

 


La police trumpiste a empêché des éditorialistes diabétologues de distribuer leur article à l'entrée du congrès de l'American Diabetes Association. Cet éditorial critiquait la baisse des subventions étatiques dans le domaine biomédical. Beaucoup de gens en France protestent sur les réseaux sociaux.. Voir l'article ICI.


Ça n'arrivera pas en France !

Imagine-t-on  en France qu'à l'entrée d'un congrès de cardiologie la police macroniste empêche la diffusion d'un éditorial dénonçant la pose immodérée de stents par des cardiologues interventionnistes chez des patients asymptomatiques ? Ou la diffusion d'un éditorial dénonçant la prescription immodérée de coroscan chez des patients ou des personnes n'en ayant pas besoin ?

Cela n'arrivera pas parce qu'aucune revue officielle de cardiologie n'aurait accepté l'éditorial et qu'aucun congrès de cardiologie n'aurait accepté un abstract défendant ces points de vue.

Il n'est donc pas nécessaire de déployer la milice Molimard (MoCoMa) pour s'opposer à la police macroniste ! Point n'en est besoin puisque les éditorialistes imaginaires gardent (pour les plus conscients) ces propos dans la sphère privée. 


Ça n'arrivera pas en France !

Imagine-t-on  en France qu'à l'entrée d'un congrès d'orthopédie la police macroniste empêche la diffusion d'un éditorial dénonçant la pratique immodérée d'arthroscopie du genou par des orthopédistes chez des patients présentant des lésions méniscales banales pour lesquelles un simple traitement médical aurait suffi ? Ou la diffusion d'un éditorial dénonçant la chirurgie immodérée des épaules chez des patients ou des personnes n'en ayant pas besoin ?

Cela n'arrivera pas parce qu'aucune revue officielle d'orthopédie n'aurait accepté l'éditorial et qu'aucun congrès d'orthopédie n'aurait accepté un abstract défendant ces points de vue ?

Il n'est donc pas nécessaire de déployer la milice Molimard (MoCoMa) pour s'opposer à la police macroniste ! Point besoin puisque les éditorialistes imaginaires gardent (pour les plus conscients) ces propos dans la sphère privée.


Ça n'arrivera pas en France !

Imagine-t-on  en France qu'à l'entrée d'un congrès de neurologie la police macroniste empêche la diffusion d'un éditorial dénonçant la théorie amyloïde comme marqueur de la maladie d'Alzheimer et l'utilisation de molécules dites anti-Alzheimer luttant contre les plaques amyloïdes-bêta ? 

Cela n'arrivera pas parce qu'aucune revue officielle de neurologie n'aurait accepté l'éditorial et qu'aucun congrès d'orthopédie n'aurait accepter un abstract critiquant la théorie et  les molécules utilisées ?

Il n'est donc pas nécessaire de déployer la milice Molimard (MoCoMa) pour s'opposer à la police macroniste ! Point besoin puisque les éditorialistes imaginaires gardent (pour les plus conscients) ces propos dans la sphère privée.


J'ai de nombreux autres exemples concernant de nombreuses spécialités.

Vous complèterez.




mardi 26 mai 2026

Histoire de santé publique sans consultation. Épisode 35. Radiothérapie.


Lors d'un dîner, une amie que je n'ai pas vue depuis un certain temps nous raconte comment elle a vécu son cancer du sein et comment elle s'en est sortie d'un point de vue cancérologique. Cela fait dix ans.

J'écoute avec prudence. 

Faire des impairs est toujours possible.

(Je rappelle que je ne suis pas un chaud partisan du dépistage organisé du cancer du sein, ce qui est en général très mal ressenti chez les profanes et chez les professionnels de santé. Quant à celles des profanes qui ne veulent pas participer au dépistage, elles le font, parfois mal informées, pour de "mauvaises" raisons)

La soirée s'écoule et, tout d'un coup, elle nous dit, entre le saint-pourçain et le fromage, il fallait sans doute que ça sorte. "Ça été dur." 

Parmi tout ce qu'elle a dit, j'ai retenu ceci : "pendant les séances de radiothérapie j'ai vraiment eu l'impression d'être de la viande"

Je me suis rappelé ce que me racontaient mes patientes. Je ne lui en ai pas parlé.

On vient les chercher en VSL, on les emmène à la clinique, depuis Mantes-La-Jolie environ 45 minutes, transbordement, salle d'attente, stress, peu de mots, un interrogatoire d'identité, on les enfourne dans l'appareil, dix minutes de traitement, stress, fatigue, rebelote pour le retour : transbordement, VSL, quarante-cinq minutes, retour à domicile... Cinq fois par semaine pendant trois semaines.

Mon amie a aussi raconté les souffrances de la chimiothérapie mais j'ai retenu ceci : "Ils étaient gentils".  

Morale de l'affaire : les seins ne résument pas une personne.

vendredi 15 mai 2026

Hantavirus : soyons démagogues !

 


En constatant comment d'énormes moyens ont été mobilisés pour enrayer une éventuelle épidémie à hantavirus, il est difficile de ne pas prétendre que l'histoire bégaie.

En examinant la couverture médiatique exceptionnelle pour ces quelques cas, il est difficile de ne pas prétendre qu'il existe deux poids et deux mesures.

L'histoire bégaie. 

Ce sont les mêmes experts et les mêmes organisations qui ont failli lors de la première phase de la pandémie coronavirus car, à part l'ex-professeur Raoult, qui a changé ?, ce sont les mêmes experts qui sont en charge du barrage contre la pandémie.

Ce sont les mêmes politiques publiques qui sont appliquées : le copier-coller des ministères et des agences.

Ce sont les mêmes politiciens — ou presque — qui jouent au jeu des chaises médicale de l'incompétence. 

C'est la même Organisation Mondiale de la Santé, celle qui prétendait que la transmission aéroportée des coronavirus n'existait pas puis qui a corrigé tardivement le tir qui est à la manoeuvre.

Ce sont les mêmes rassuristes et les mêmes faiseurs de peur qui savent tout et qui le déclarent dans les medias.

Ce sont les mêmes complotistes et les mêmes "tout va très bien madame la marquise" qui sont complaisamment interrogés pour parler et pour modéliser.

Ce sont les mêmes logisticiens auto-proclamés ou exo-désignés  qui commettent les mêmes erreurs, en faisant très fort : transporter des malades symptomatiques et PCR + sur des vols réguliers.

(Ne parlons pas de la patiente états-unienne et de son parcours rocambolesque pour être finalement mise en quarantaine dans l'île de Pitcairn et des 40 habitants ! Ne lisez pas, c'est tragique : le bateau Hondius, l'ile de Sainte-Hélène  puis la traversée jusqu'à Pitcairn au travers de la Polynésie française en utilisant plusieurs moyens de transport)

Ce sont pourtant les mêmes incertitudes qui persistent pour les infections virales transmises par voie respiratoire (grippes, coronavirus dont le fameux SARS-CoV-2) : incertitudes sur mutations/non mutations, symptomatique/non symptomatique, PCR+/PCR-, PCR+guéri/non guéri, PCR+ contagieux/non contagieux, PCR+ et cultures virales +/-, charges virales significatives/non significatives, non contaminateurs/super contaminateurs, non propagateurs/super propagateurs, portage sain/non portage sain, transmission/non transmission, taux d'anticorps protecteurs/non protecteurs, diagnostic/sur diagnostic, et cetera.

Prendre position dans la survenue d'un ou deux cas mortels dus à l'hantavirus sur un bateau de croisière doit rendre prudent : il faut bien entendu louer la célérité des moyens mis en oeuvre tout en regrettant l'amateurisme de certaines des solutions qui ont été proposées et il ne faut pas (trop) minimiser les conséquences possibles de ces deux décès et de leurs effets collatéraux (épidémie, pandémie).

Il n'est plus possible de dire avec l'expérience du coronavirus "il n'y aura pas de première vague" ou "le virus est sous contrôle, il ne se passera rien". 

Deux poids, deux mesures.

Commençons par affirmer qu'il vaut mieux en faire trop que pas assez bien qu'en médecine, en santé publique c'est plus compliqué, en faire trop est souvent délétère mais évite de vous faire critiquer et encore moins condamner.

Continuons en regrettant que les ressources engagées à la suite de la mort de 2 personnes dues à un virus respiratoire sur un bateau de croisière et que l'ampleur de la communication médiatique mondiale ne soient pas déployées à la même échelle pour étudier et pour lutter, parlons de notre pays, soyons modestes, contre les infections nosocomiales dans les établissements de soins et, plus précisément, de la transmission des virus respiratoires comme ceux de la grippe, du Cid ou du VRS et des centaines d'autres virus du même type à des malades hospitalisés pour une autre raison.

Soyons démagogues.

Faire de la démagogie, c'est regretter que les moyens considérables engagés pour des affections aiguës touchant quelques rares personnes pendant une période courte et non itérative ne soient pas envisagés pour des pathologies chroniques et/ou aiguës touchant beaucoup plus de patients, des maladies qui ne sont pas potentiellement mortelles mais certainement mortelles comme par exemple, pour rester dans le domaine respiratoire, la BPCO, l'asthme, ou le cancer du poumon sans "oublier" les maladies nosocomiales transmises à l'intérieur de l'environnement hospitalier qui représentent un poids considérable qui se répète tous les ans en touchant tous les malades hospitalisés. Les chiffres précis de la nosocomialité sont difficiles à apprécier en raison d'une importante sous-déclaration par les établissements hospitaliers et par tous les personnels, mais, selon l'Institut Pasteur, cela concernerait 750 000 personnes par an en France et, selon l'INSERM et Santé Publique France, 6 % des patients hospitalisés soit un malade à traiter pour nuire de 18 !

Faire de la démagogie, c'est déplorer que tant de ressources soient engagées dans des démarches pharmaceutiques consuméristes qui ont conduit pour certaines à des progrès notables et pour d'autres à des déceptions problématiques (avec un retour sur investissement pour la santé publique parfois nul) alors que la majorité des maladies à transmission respiratoire sont liées à des conditions psychosociales et environnementales prédominantes. qui mériteraient des mesures sociales et éducationnelles.

Faire de la démagogie, c'est dénoncer des politiques de santé publique (décidées et menées par l'exécutif, les ministères, les agences gouvernementales, les instituts de recherche) qui sont plus guidées pour communiquer et pour investir par l'urgence médiatique et la culture de la peur (grippe aviaire, Ebola, variole du singe) que par les infections aiguës et chroniques qui tuent et handicapent un million de fois plus de personnes. 

Faire de la démagogie, c'est dénoncer les politiques de santé "privée" (décidées et menées par l'industrie pharmaceutique, l'industrie des matériels, les fondations) qui s'intéressent par essence aux solutions moléculaires ou techniques et qui considèrent le citoyen en bonne santé ou malade comme une cible de marketing et une opportunité de cash-flow.

Conclusion.

Soyons démagogues, demandons l'impossible, demandons de communiquer autant sur la BPCO que sur l'hantavirus, de communiquer autant sur l'asthme que sur l'hantavirus, de communiquer autant sur le cancer du poumon que sur l'hantavirus. 

Chiche ?


PS : le seuil de peur est différent selon que les patients sont africains ou européens.


jeudi 23 avril 2026

Paxlovid : enterrement du paxlovid en grandes pompes (corrompues). Ne pas en donner chez les vaccinés.


Nous avons déroulé sur ce blog et depuis 2022 les errements de la HAS concernant le paxlovid (nirmatrelvir - ritonavir).

Nous ne ferons pas d'autocitations, ICI. Mais vous pouvez consulter :




Tenons-nous en aux publications de la HAS : ICI, indiquant un Service Médical Rendu important (!).


Nous ne parlerons pas des conflits d'intérêts de la HAS en cette occasion (ce domaine que la HAS ne maîtrise pas du tout).

Nous ne parlerons pas de la manipulation des données par la HAS (mélanges de patients vaccinés et non-vaccinés, mélange d'essais contrôlés et non-contrôlés, artifices statistiques dignes des pires escroqueries de l'industrie pharmaceutique). RIP.

Nous ne citerons pas la société savante des médecins généralistes dont l'avis de 2022 était prudent, modéré et juste. C'est LA.

Un essai clinique randomisé est nécessaire pour valider l’utilisation du Paxlovid® chez les sujets vaccinés

Nous ne citerons pas les messages sur X des employés de l'industrie vantant le paxlovid dans le genre "on n'a pas besoin d'essais", "qui peut le moins peut le plus", "ne pas faire perdre de chances", "l'absence de preuves ne signifie pas la preuve de l'absence".

Ils se reconnaîtront et nous connaissons déjà leurs arguments fallacieux pour se défendre (en bon français, des arguments de merde ou en langage marketing, des éléments de langage). Ils ont le temps d'effacer leurs gazouillis muskiens ou muskistes.


***

Les dernières publications (toujours pas d'essais contrôlés) : LA, sont négatives. Des essais non payés par l'industrie.



La conclusion : 

Nous sommes ici dans un cas d'école : généralement l'industrie et ses employés défendent le fait de ne pas continuer de réaliser des essais contrôlés robustes parce qu'on sait déjà que c'est efficace. Désormais l'industrie, sans essais cliniques contrôlés robustes, se terre, engrange les millions de dollars et paye les agences gouvernementales (directement ou indirectement) pour ne pas bouger, agences qui auraient dû exiger des essais contrôlés complémentaires.

Confidence : tout le monde le sait.



PS du 27/04/2026 : un billet de John Mandrola sur les retards à la publication de l'étude dans le NEJM en raison de l'appât du gain des laboratoires Pfizer. C'est LA.



jeudi 16 avril 2026

Le comité Molimard, Costagliola, Maisonneuve installé pour dire la santé !


Lutter contre la désinformation en santé ne peut pas être une mauvaise idée.

Le problème vient de ce que les représentants désignés de la désinformation, la liste est longue, Raoult, escroc notoire, mégalomane infatué, Perronne, universitaire dévoyé, menteur patenté, et je ne citerai pas les sous-fifres qui accompagnent ces personnages qui furent des vedettes de la médecine académique, ces chercheurs de gloire, je ne voudrais pas leur faire de la publicité, revendiquent également cette lutte.

Le Comité Mathieu Molimard, Dominique Costagiola et Hervé Maisonneuve a été missionné par Yannick Neuder alors qu'il était ministre de la Santé des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées de France (sic) sous le gouvernement François Bayrou. Après la dissolution du gouvernement Bayrou, le cardiologue et homme politique français s'est distingué par des entreprises de désinformation comme le remboursement du dosage du cadmium (inutile) ou un plan de dépistage obligatoire des maladies cardiovasculaires (non fondé scientifiquement). 

Ainsi, l'information en santé n'est pas une notion hors-sol, un concept anidéologique et apolitique qui serait secrétée naturellement par La Science (n'oubliez pas les trémolos dans la voix) qui dirait à chaque instant la Vérité au moment t à partir de données issues des sciences fondamentales (la physique, la chimie, les mathématiques, par exemple).

Il est tout à fait symptomatique que les 3 missionnaires ne soient pas des cliniciens.

C'est l'hospitalo-centrisme sans malades.

Il serait également utile que nos croisés luttant contre les mécréants marseillais et autres, aient pris la peine de définir 1) la santé (si c'est possible) ou dans quelle acception ils l'entendent et 2) la médecine au sein de la santé et comment ils la définissent, notamment par rapport à la science.

Revenons aux fondamentaux : 

La santé (telle que définie par l'OMS en 1948) : 

« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »

La médecine telle que définie par Skrabanek et McCormick en 1989 :

"La médecine n'est ni art ni science. C'est au contraire une discipline empirique fondée sur des talents diagnostiques et thérapeutiques et aidée par la technologie, c'est à dire l'application efficace de la science."

Je reviendrai bientôt sur le rapport lui-même.

PS du 16/04/2025 : quand le professeur Molimard informe avec le docteur Michel Cymes, spécialiste mondial de la sylvothérapie : ICI.






dimanche 8 mars 2026

Vinay contre Prasad ou Prasad contre Vinay ? Avec une suite...

1 Interrogation

Il est possible qu'il existe 3 Vinay Prasad : celui d'avant le Covid, celui de pendant le Covid, celui d'après le Covid.

2 Avant le Covid.

Oncologie : 

Critique admirable des protocoles en oncologie qui privilégient l'intérêt des firmes avant l'intérêt des patients. Les firmes utilisent tous les moyens pour obtenir une magique significativité en négligeant ce qui compte pour les patients.

Je ne vais pas revenir sur toutes les tares qu'il a dénoncées (à la suite bien entendu d'autres auteurs comme Ben Goldacre) : manque d'équipoise, groupes témoins ne correspondant pas aux standards de soin, critères de substitution ou surrogates retenus comme critères principaux de jugement (notamment la PFS, progression free survival, "remplaçant" la survie globale), absence de mesures de qualité de vie quand les améliorations de survie se comptent en mois, pratique du crossover, et cetera. Sans oublier ce qui ne concerne pas que l'oncologie : populations à l'étude, manipulation des données statistiques, des données cliniques, faux malades, non publications des essais négatifs, et cetera.

Cette critique a malheureusement été sans effets.

Tout médecin praticien qui n'a pas lu le livre de Cifu/Prasad a raté quelque chose dans sa vie.

Un résumé du livre en forme d'auto-citation : ICI.

Ils n'étaient pas les seuls à clamer dans le désert : LA.

VP a aussi critiqué de façon brillante les relations incestueuses entre la FDA et les firmes.

Pourtant, le poids des firmes était tel que la majorité des molécules qui ont obtenu une autorisation de mise sur le marché aux US améliorait en moyenne la survie globale de 2,1 mois.



Entre 2006 et 2023, seules 32 % des molécules approuvées par la FDA amélioraient la survie globale (LA). 


Mais l'enjeu financier était bien entendu énorme malgré des molécules peu efficaces : LA.


Dépistologie : 

Nous ne développerons pas le constat fondamental de Vinay Prasad, à la suite bien entendu de tous les pionniers que sont Gilbert Welch, par exemple : aucun dépistage organisé ne permet de diminuer la mortalité globale.


3 Pendant le Covid

Dans le cas du Covid VP a continué dans le même sens en hurlant dans son micro, dans ses podcasts, qu'il fallait des essais cliniques contrôlés, des essais cliniques contrôlés, des essais cliniques contrôlés.

Il a demandé des essais cliniques contrôlés pour les vaccins : rappelons quand même que seuls deux vaccins ont survécu à la pandémie : Moderna et Comirnaty. Il n'existe que 2 essais cliniques contrôlés concernant ces 2 vaccins qui ont montré de façon formelle qu'ils étaient efficaces pour prévenir les formes graves.






4 Ses aventures à la FDA



Anish Koka a écrit un article remarquable : c'est LA.


mercredi 4 février 2026

Histoire de santé publique sans consultation. Épisode 34. Une consultation de cardiologie.


J'accompagne un ami médecin généraliste à la retraite chez son cardiologue/rythmologue pour le contrôle de son pace-maker.

Mon confrère aime que je l'accompagne quand il a un rendez-vous médical car il dit perdre ses moyens quand il est en face d'un confrère dans le sens où il ne parvient pas à bien écouter, où il semble ne pas comprendre, où il se sent dominé, où il n'arrive pas à s'exprimer, à raconter son histoire de façon correcte, où il n'arrive pas à argumenter, et où, à la fin de la consultation il a beaucoup oublié.

Je l'accompagne mais je ne dis rien, je dis parfois un mot, c'est pour cela que mon ami me convie à ses aventures médicales, et il m'arrive de prendre des notes.

Bref, mon ami est hypertendu, présente un trouble du rythme et consulte un rythmologue.

Ce billet, je l'écris pour ceci : 

Avant que le rythmologue ne pointe son nez, la secrétaire fait asseoir mon ami médecin sur une chaise inconfortable, poitrail dénudé, lui pose des électrodes, pratique un ECG assis, puis lui prend la pression artérielle toujours en en position assise, le bras pendant, à l'aide d'un tensiomètre électronique, et annonce à la cantonade des chiffres de pression artérielle arrondis et en les minorant pour la systolique (il était écrit — j'ai vu l'écran, 168/84) avant de les inscrire dans le dossier électronique : "16/8".

Fin de la blague.

Voulez-vous que je commente ?

vendredi 2 janvier 2026

Histoire de santé publique sans consultation. Épisode 33. Mourir.

Tom Blachford (1987 - )
356 At Ceres (Arrival) 2025
(photographie de la photographie : docdu16)


Un ancien patient me contacte par téléphone pour me demander d'intervenir parce que l'équipe médicale qui s'occupe de son épouse (78 ans) a décidé un arrêt des soins et un transfert en soins palliatifs (le service est un "grand" service de l'AP-HP qui a une excellente réputation — niveau de preuves ? ).

Je suis ennuyé pour différentes raisons.

1 - Je ne suis plus le médecin traitant.

2 - Le médecin traitant actuel est d'accord avec les médecins hospitaliers.

3 - Je ne connais pas le dossier du patient et je ne l'ai pas examiné.

4 - En gros, pour résumer et en modifiant les données pour des raisons de confidentialité et pour ne pas désespérer des patientes qui seraient atteintes des mêmes maladies, la patiente dont le pronostic de la maladie principale est compromis (espérance de vie évaluée à deux mois) souffre d'une complication encore plus mortelle (espérance de vie réduite à une quinzaine de jours) pour laquelle une intervention chirurgicale pourrait être envisagée avec peu d'espoir de succès mais avec un risque majeur pour la patiente de ne pas survivre pendant l'intervention.

5 - Il faut ajouter que selon les dires du mari de la patiente, elle ne souffre pas, elle est parfaitement consciente et se demande ce qu'elle fait à l'hôpital.

6 - Problème : La patiente est informée de son état et des risques de l'intervention chirurgicale. Elle n'a pas choisi, elles pose des questions, elle demande à son entourage qui est partagé sur la décision à prendre. N'oublions pas aussi que les informations dont je dispose sont des informations de seconde main.

7 - Problème : Les soignants peuvent-ils donner le choix à une patiente, c'est à dire lui demander son avis, alors qu'ils savent qu'elle va "rester sur la table" ? Si elle dit "je veux être opérée", est-ce de la décision partagée que de lui "obéir" ou un gâchis de ressources ?

8 - La famille veut un deuxième avis.

9 - Le PU-PH en charge du patient m'appelle et m'engueule parce que je ne suis pas un spécialiste de la maladie principale dont le patient va mourir et me fait un cours sur une molécule que je connais pour sa faible efficacité et son prix astronomique et qui, d'habitude, "marche". Je résume : "D'où peut parler un médecin généraliste pour demander un deuxième avis ? ..." Je tente de rester courtois et je recentre le deuxième avis sur le versant éthique. Bon, ça se termine sans éclats.

10 - En gros, toujours en n'ayant pas lu le dossier et en n'ayant pas vu et entendu la patiente, je suis assez d'accord avec l'attitude du service.

11- J'en parle à droite et à gauche et je résume les avis que j'ai recueillis (ce n'est ni un sondage ni un travail sociologique) : 

  • C'est le patient qui doit décider et s'il veut qu'on l'opère il faut l'opérer
  • Si les soignants pensent que la malade va rester sur la table, il est raisonnable, compte-tenu de l'espérance de vie, de s'abstenir
  • C'est un cas complexe où la décision partagée est asymétrique et où l'avis des soignants semble plus solide que celle des patients.
12 - J'ai une longue conversation téléphonique avec la fille de la patiente.

13 - La patiente est finalement transférée en soins palliatifs où elle mourra une quinzaine de jours après dans des conditions satisfaisantes (douleurs, humeur) selon sa fille.

14 - La fille de la patiente me rappelle quelques jours après la mort de sa mère pour me demander si son frère peut m'appeler car il n'a toujours pas compris pourquoi l'intervention chirurgicale n'a pas été pratiquée, "ils auraient pu tenter le coup". Je réexplique à la soeur ce que je lui ai dit la première fois et j'ajoute que dans certains cas, compte tenu de mon âge, dans certains cancers, mais c'est l'avis d'une personne en bonne santé, j'ai 73 ans, je refuserai certaines chimiothérapies compte tenu de l'augmentation de l'espérance de vie attendue et des effets indésirables liés aux traitements. Un blanc sur la ligne. Elle me dit n'avoir jamais envisagé que quelqu'un, un médecin qui plus est, puisse refuser une chimiothérapie.

15 - Le frère ne m'a jamais appelé.


A vos commentaires. 

jeudi 11 décembre 2025

J'avais oublié la journée mondiale de l'Alzheimer ! Le cas Bruno Dubois. Énième saison. Premier épisode.


Le professeur Bruno Dubois, neurologue.

Le marketing mix de l'industrie pharmaceutique a battu son plein avant la journée mondiale de l'Alzheimer (21 septembre 2025).

Les traitements de la maladie d'Alzheimer sont malheureusement l'une des plus grandes farces médicales de ces dernières années (je parle bien entendu de toutes les molécules et, plus récemment, les anti-amyloïdes).

Au lieu de vous raconter la farce du début à la fin, une farce dont, j'imagine, vous en connaissez parfaitement les tenants et les aboutissants, je vais d'abord m'occuper du professeur Dubois qui est ce qu'on peut faire de mieux (de pire) dans le style mandarin surpuissant, touche-à-tout ultracrépidarien, monsieur-je-sais-tout, KOL, ami dévoué de Pharma, cumulard impénitent et arrogant contempteur de sa propre personne.

Il est d'abord professeur de neurologie à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière.

La photographie (floue) provient de l'AP-HP


Il est aussi responsable de l'Institut de la mémoire et de la maladie d'Alzheimer (im2a).


Il a fondé en 2004 avec le docteur Olivier de Ladoucette la Fondation Recherche Alzheimer (ICI)


Ancien président du comité scientifique de l'association France Alzheimer (LA) où il a toujours ses entrées.


Il a aussi ses fauteuils à l'Institut du Cerveau (ICI) où, en 2019, on le présentait ainsi : 


C'est un homme en place. 

Je l'entends distraitement alors qu'il est interrogé par la journaliste médecine (ou la médecine journaliste) Marina Carrère d'Encausse sur France-Culture. J'affirme de façon certaine que l'ex-complice du sylvothérapeute Michel Cymes est une femme sous influence : elle invite toujours ou presque des médecins et/ou chercheurs sûrs d'eux-mêmes et sans une once de réflexion morale sur la statut qu'ils ou elles occupent et pour quelles raisons. 

(J'ai adressé un courrier à la médiatrice de Radio France afin de savoir pourquoi le professeur Dubois n'avait pas été interrogé sur ses liens d'intérêts alors qu'il vantait en public l'efficacité - sic - d'un médicament selon l'article L4113-13 du code se la santé publique. J'attends toujours une réponse). 

Cette émission'est un festival.

Il faut dire que le professeur Bruno Dubois est un vieil habitué de la maladie d'Alzheimer et des mensonges concernant ses traitements.

Quand il s'est agi de dérembourser les médicaments dits anti-Alzheimer (ce n'étaient pas encore les anti-amyloïdes), inefficaces et pourvoyeurs d'effets indésirables, il était depuis longtemps en première ligne.

Beaucoup de gens en ont parlé. Dont moi en septembre 2011 (LA).

J'avais écrit cela à l'époque sur le professeur Dubois : 

Le professeur Bruno Dubois fait feu de tout... bois dans les media. Il faut dire qu'il défend sa paroisse, étant Président de l'Institut Alzheimer de l'Hôpital de la Pitié Salpétrière, et il fait de l'annonce dans deux voies : une molécule, dont je ne vous dirai pas le nom, a montré, en double-aveugle contre placebo (nous attendons la publication), qu'elle diminuait la diminution de la taille de l'hippocampe qui serait une donnée anatomique chez les patients Alzheimer ; un vaccin aurait été mis au point et il agit, selon les dires Dubois, de façon spectaculaire chez les souris (il ne nous dit pas s'il s'agit de mâles ou de femelles). Voir ICI. Tout baignerait donc bien dans le monde merveilleux de l'Alzheimer s'il n'y avait pas, comme le dit si bien le docteur Trivalle, la revue Prescrire, les syndicats de médecin généraliste et des médecins médiatiques (ICI ENCORE)...

Rendez-vous compte du hype : le professeur Dubois, visiteur médical de luxe, KOL de compétition, vantait une nouvelle molécule agissant sur une donnée anatomique potentiellement explicative de la maladie mais jamais démontrée (et aujourd'hui abandonnée ou presque) et un vaccin qui "marche" chez la souris et probablement chez les humains (mais, manque de bol, ça ne marche nulle part).

C'était pour anticiper, pour influencer, pour menacer la HAS qui allait se pencher sur le déremboursement  des médicament dits anti-Alzheimer.

La HAS a dit le contraire en 2011 : ICI et LA. SMR faible et ASMR = 5

Bref, les médicaments n'ont été déremboursés qu'en 2018 alors qu'ils auraient dû l'être immédiatement mais les lobbys du complexe santéo-industriel ont freiné des quatre fers (dont les associations de patients qui sont en fait des associations d'aidants de patients) et avec la bienveillance de cette nullité extrême, j'ai nommé Marisol Touraine, l'amie des mutuelles.

Revenons en 2025.

A propos du lecanemab : molécule codéveloppée par ENSAI SA et BIOGEN et décrite comme, je cite, un anticorps anti-protofibril bêta-amyloïde qui cible à la fois les protofibrilles et la plaque amyloïde considérées comme des caractéristiques de la maladie d'Alzheimer.

Les laboratoires mettent le paquet car la molécule a été adoubée par la FDA et l'EMA et la France ne suit pas. Je jette un oeil sur une série de 3 articles parus dans le Lancet (qui fut jadis une grande revue sans comité de lecture, bref) qui font partir du marketing mix de la pharmacie mondiale.

Habitué de la LCA (lecture critique d'article), je parcours d'une rétine distraite les deux premiers et je m'intéresse au dernier où je vois le nom de notre bon professeur. L'article est LA.

Rappel : quand un article est gratuit d'accès dans le Lancet, c'est souvent un publi reportage.

Je lis le nom des auteurs, ils sont 18 !

Rappel : quand il y a 18 auteurs, il n'y a pas 18 rédacteurs et j'ignore combien ont signé sans relire complètement.

Et je passe directement aux liens déclarés d'intérêts. C'est vertigineux.










C'était le premier épisode de notre feuilleton Dubois.

Quand les liens d'intérêts des auteurs prennent beaucoup de place (l'article fait quand même 19 pages !), c'est que certaines fesses ne sont pas très propres.

A suivre.

BREAKING NEWS (le 17/04/2026)




La colaboration Cochrane confirme : les anti-amyloïdes ne marchent pas !


17/07/2026 : le premier essai mené contre la protéine tau est un échec : LA.





mercredi 26 novembre 2025

L'industrie du doute : les études observationnelles mises au pinacle, la critique des études cliniques contrôlées et la débâcle de la médecine (académique ou non).


Tel est pris qui croyait prendre.

Ces derniers jours, ceux qui lisent les articles, ceux qui lisent le titre des articles, ceux qui lisent la conclusion des abstracts des articles, tout comme ceux qui lisent les commentaires de ceux qui lisent les articles, de ceux qui lisent le titre des articles, de ceux qui lisent la conclusion des abstracts des articles, ont assisté à un déferlement de publications d'études épidémiologiques observationnelles positives concernant la vaccination contre le Covid et, accessoirement contre la grippe. 

Les thuriféraires en pâmoison.


Ce déferlement positif a fait perdre la tête à nombre de puissants professeurs défenseurs de l'éthique médicale ou de médecins de terrain qui ont de vagues données (comme les précédents) sur la hiérarchie (classification ou taxonomie) des preuves cliniques en médecine, qui se sont autoproclamés pourfendeurs éthiques et moraux a posteriori de Raoult l'escroc, c'est à dire qu'auparavant ils ou elles n'ont pas moufté quand il obtenait la médaille d'or de l'INSERM, alors que toutes les preuves de ses escroqueries existaient déjà et à tous les niveaux de la recherche (non consentement des malades, données truquées, faux dossiers, manipulations photoshop, et cetera) et qu'ils ont commencé à se manifester en whistleblowers ne risquant plus rien après qu'il a commencé à dire tout et n'importe quoi sur le Covid. Ils passent désormais leur temps à tirer sur l'ambulance Raoult alors qu'à l'IHU de Marseille peu de têtes sont tombées (c'est métaphorique).


Les résistants de la dernière heure, les FFI d'après la victoire, sans oublier les collaborateurs devenus gaullistes, patriotes et défenseurs de la France, occupent le terrain désormais de la manipulation de la taxonomie des preuves cliniques en fonction de leur poids (chic, non ?)

FFI : Forces Françaises de l'IRL 

Ces nouveaux admirateurs des études observationnelles, IRL (In the Real Life), ceux-là mêmes qui ne peuvent commencer une phrase de commentaires sans une formule du genre "les antivaxx en PLS", "les antiaxx vont encore...", ceux-là même qui vivent de la bêtise profonde  des Raoult, Perronne, Fouché, et autres cinglés, brandis comme des singes à la cour d'Espagne pour souligner le statut des femmes nobles et leur beauté.

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Et pas n'importe quelles études observationnelles, des études observationnelles RETROSPECTIVES, comparatives (on imagine que l'extraction des dossiers s'est faite avec autant de soin que les dossiers ont été remplis sans soin), sur la foi de données obtenues à partir de DOSSIERS ELECTRONIQUES. Peut-on désormais écrire IRL : In Retrospective Life ?

La littérature est abondante quant à la qualité des dossiers électroniques, tant pour leur validité interne (qualité, lisibilité et praticité des informations stockées) que pour leur validité externe (comme outil de transmission entre professionnels de santé).

(Rappelons par exemple, puisqu'on parle de vaccins, que le nombre de vaccinés contre la grippe est obtenu, entre autres, par le nombre de boîtes délivrées en pharmacie. Comme si le fait d'avoir un vaccin chez soi signifiait que l'on était vacciné, il suffit, en d'autres domaines d'ouvrir les armoires de pharmacie pour mesurer le hiatus entre je vais chercher un médicament chez le pharmacien et je le prends...)

ICI

L'industrie du doute tente de jeter à bas la pyramide des preuves  : les sponsorisés de l'industrie (et fiers de l'être), et d'autant plus virulents qu'ils se pensent aware (ils savent gérer leurs liens d'intérêts pour qu'ils ne deviennent pas des conflits, dixit le professeur Mathieu Molimard, notre nouvelle boussole de l'intégrité scientifique), investissent les agences gouvernementales et influencent leurs décisions, parfois, dans le cas de l'anticorps monoclonal contre le VRS, nirsévimab (Beyfortus, laboratoire Sanofi), en mélangeant allègrement les données d'essais vs placebo et des études de cohorte rétrospectives, grâce à une méthode statistique éprouvée (sic) et, cerise sur le gâteau, en recommandant le vaccin chez des enfants non à risques pour lesquels les essais robustes ont été négatifs pour le critère "hospitalisation" qui d'ailleurs n'était qu'un critère exploratoire.



Vous pouvez constater qu'une société savante (le nouveau nec plus ultra de l'évaluation selon toujours le professeur Molimard) mais de médecine générale (faut quand même pas charrier) n'est pas d'accord avec la HAS (ICI

Ainsi, pendant ces derniers jours a-t-on pu lire les publications suivantes qui s'joutent à la pile des données IRL : 




C'est ICI.


C'est LA.


Les vaccinolâtres de tous poils ont sauté comme des cabris sur leur paillasse dorée payée par l'industrie es vaccins.

Rappelons donc les informations douteuses (car non fondées sur les preuves) obtenues et propagées dans la presse grand public et y compris par des professeurs anti-Raoult déclarés et fondés sur leurs propres preuves à partir d'études non robustes et les critiques :

Premier essai : on peut vacciner les femmes enceintes contre le Covid au premier trimestre : c'est clean.

32 % des foetus des femmes vaccinées pendant le premier trimestre de grossesse ont été éliminés de l'étude : ICI

Deuxième essai : le vaccin anti Covid diminue le nombre de visites aux urgences (-29%), diminue le nombre d'hospitalisations (-39%), et diminue la mortalité (-69 %).

ainsi, contrairement aux affirmations initiales (et à partir de 2 essais contrôlés robustes) montrant une efficacité de 91,3 % pour la prévention des formes symptomatiques chez des personnes naïves (n'ayant pas été infectés par le Covid) et de 98 % sur les formes graves du vaccin anti Covid ARMm sur les souches étudiées à l'époque (pré delta et pré omicron) (ICI), le vaccin est devenu efficace à 69 % (ce qui n'est pas mal, avouons-le).

Troisième essai : le vaccin Anti Covid stimulerait l'efficacité des traitements en oncologie (je résume).

On sait que l'on ne sait rien. Même les thuriféraires habituels n'osent pas s'avancer sur le chemin du hype qui leur sied si bien.

Pour les critiques de ces essais je vous renvoie ICI, LA et encore ICI ou LA.

Les commentateurs zélés, la société savante molimardo-besançonienne pour résumer, se sont répandus partout pour jouer les kékés de la science.

Mais il y a eu un bémol.

Une étude épidémiologique de cohorte PROSPECTIVE a annoncé que les enfants vaccinés contre le Covid développent plus de maladies chroniques (asthme, utopie, eczéma, maladies auto-immunes et désordres neurodéveloppement) que ceux qui ne le sont pas.

C'est LA.

Il s'agit d'un preprint, d'un abstract, blabla. Je ne vais pas tomber dans les travers des thuriféraires et ne vais pas considérer comme valides et robustes des données d'une étude non contrôlée, non randomisée, non à l'aveugle. Parce que, chers thuriféraires, mon scepticisme concernant les études ne signifie pas un scepticisme à l'égard des vaccins, médicaments comme les autres.

Les vaccinolâtres ont alors retrouvé leurs esprits pour critiquer un essai non contrôlé et souligné à juste titre que les études de cohorte, fussent-elles ici prospectives, sont une source majeure de biais.

Les arroseurs sont arrosés.