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vendredi 18 septembre 2026

Le rapport "Information en santé" de Molimard M, Costagliola D et Maisonneuve H : une méthodologie pour le moins critiquable. (Travail en cours).

 

La photographie non retouchée de Molimard, Costagliola et Maisonneuve (MoCoMa)
AVEC Yannick Neuder et SANS Stéphanie Rist

Breaking News : le 24/09/2026, le professeur Hervé Maisonneuve démissionne de son poste de "référent intégrité" à Santé Publique France pour avoir caché des liens d'intérêts.

Le collectif MoCoMa a publié le 12 janvier 2026 un rapport (ICI) qui s'intitule : 

Introduction : le contexte.

Il vaudrait mieux que vous lisiez le rapport avant que je ne le commente mais à l'impossible nul n'est tenu, c'est long, répétitif, il faut s'accrocher. Je l'ai fait pour vous.

Il est clair que le sujet de l'information en santé est crucial pour les médecins praticiens et pour les citoyens et les patients tant elle part dans tous les sens, tant on ne sait pas toujours d'où elle parle, tant on ne sait pas quels sont les liens d'intérêts qui la sous-tendent. 

Qui pourrait s'opposer a priori à une telle démarche vertueuse ?

L'irruption de la pandémie Covid 19 dans le monde développé où il était possible de parler de la Fin de la Santé Publique en s'appuyant sur des données épidémiologiques jamais enregistrées en termes d'espérance de vie à la naissance, de mortalité infantile ou de mortalité en couche a tout bouleversé. Les historiens et/ou les épistémologues auraient pu, avant son surgissement, annoncer La Fin de la Santé Publique alors que le public, les citoyens en bonne santé, sur le point d'être "malades" ou déjà malades, ressentaient le Recul de la Mort et l'avaient intégré dans leur vision du monde et de leur santé.

Ainsi, dans ce monde policé et sûr, la mort est soudain réapparue, une mort qui pouvait atteindre tout le monde (en réalité, c'est un invariant de la Santé Publique, les plus défavorisés et/ou les moins éduqués ont été les plus touchés), les réanimations se sont remplies, la peur s'est installée.

La santé publique était devenue un marché comme un autre et les habitudes des délivreurs de soisn et des receveurs de soins étaient déjà devenues consuméristes.

L'émergence d'une nouvelle  maladie infectieuse due au coronavirus SARS-CoV-2 a révélé d'une part que malgré les alertes (SRAS et MERS) la France n'était pas prête (manque de masques, manque de tests) et d'autre part que la pratique de la médecine n'était pas aussi unifiée que cela et que le prétendu "corps médical" n'existait pas : tous les médecins, praticiens ou non, tous les scientifiques non-praticiens et non-médecins rattachés à la médecine (épidémiologistes, statisticiens, virologues, anatomo-pathologistes, physiciens, et cetera) avaient des avis sur la pandémie et les donnaient es qualités et ex cathedra sans toujours se fonder sur des données que l'on désignera comme robustes. Il n'y avait pas de consensus. Il n'y a d'ailleurs toujours pas de consensus sur de nombreux sujets concernant la façon de gérer la post pandémie, les études de qualité manquent, les complotistes et les raoultiens continuent de parler et les académiques n'admettent pas (beaucoup) les interrogations. 

Ces différences de points de vue, d'approches, de théories physio et étio-pathogéniques, parfois contradictoires, loufoques, dangereuses ou validées a posteriori sans oublier les différentes prises en charge proposées qui partaient dans tous les sens pouvaient paraître acceptables puisque cette pandémie due à un coronavirus méchant et mutant, était nouvelle. Les médecins et les chercheurs se devaient de formuler des hypothèses et de proposer des traitements dans l'urgence en respectant le Primum non nocere ce qui ne fut pas toujours le cas et il est compréhensible que nombre de ces hypothèses aient été erronées, démenties par les faits, par l'expérience ou par des études et que nombre de ces traitements non fondés sur des études robustes (nous ne parlerons pas des études falsifiées) ne soient pas efficaces. 

La confusion qui a régné et qui continue de régner, l'inertie des idées fausses est considérable, ont permis de révéler à certains qu'avant le covid la situation était (presque) identique : les prises en charge de maladies connues, de symptômes identifiés, de maladies non encore déclarées ou qui ne le seraient jamais, étaient souvent non fondées sur des preuves, parfois fondées sur des preuves incertaines, et que les recommandations n'avaient pas toujours une fiabilité suffisante et n'étaient pas toujours rédigées de façon indépendante. La politique de gestion des liens d'intérêts financiers et académiques n'est toujours pas claire.

Ainsi, la remise en cause implicite de l'Evidence Based Medicine est à la fois le fait de ses partisans sincères (qui la trouvent dévoyée et perfectible) comme de ses adversaires qui en soulignent (souvent à juste titre) les imperfections et (avec acharnement) ce qu'ils considèrent comme des excès dont les valeurs et préférences des patients.

L'humilité doit être la règle quant à l'affirmation que les prises en charge quotidiennes que nous effectuons sont robustes, validées par des essais de qualité, fondées sur des recommandations solides et établies par des praticiens libres de liens/conflits d'intérêts.



C'est le troisième billet de blog que j'écris à propos du Comité dont voici pour chacun des membres le nombre de publications (16/09/2026): Molimard Mathieu (284), Costagliola Dominique (761) et Maisonneuve François (295).


Commentons donc le rapport !

Le préambule : trois ambiguïtés méthodologiques

Ce rapport dit rapporter en 68 pages les propos tenus par 270 personnes lors de 156 entretiens que MoCoMa a menés. Le verbatim représente un total de 800 pages selon les auteurs.

La première ambiguïté tient à la possible confusion des genres entre une recension d'entretiens, une interprétation de ces entretiens par MoCoMa et des recommandations préconisées par MoCoMa.

"It does not matter who votes, but who counts the votes." ---Stalin "Peu importe qui parle, mais ceux qui interprètent" --- MoCoMa


La deuxième ambiguïté tient au choix des personnes qui ont été interrogées (je n'en fais pas partie) : qui a été retenu, qui a été écarté, qui a refusé. Ce n'est pas mentionné.

C'est un peu comme si les auteurs d'une méta-analyse ne justifiaient pas les raisons pour lesquelles telle étude avait été analysée et pourquoi telle autre ne l'avait pas été. En résumé : "Faites-nous confiance mais vous n'aurez pas les data".



Il n'existe par ailleurs aucune donnée démographique ou sociologique sur la qualité des interrogé.e.s, leur âge, leur profession, leur statut, leur appartenance, sinon de vagues allusions, sans bien entendu de proportions (pourcentages de professionnels de santé et lesquels, et cetera).

GIGO (Garbage In, Garbage Out)

Ensuite, il est précisé que les entretiens ont été anonymisés, je cite, "Pour garantir une parole libre et sereine, nous nous sommes engagés à ne citer directement aucun participant." Les noms des interrogés sont pourtant cités en Annexe.

Si j'étais méchant (et rigoureux) je dirais que ce rapport est un un avis d'experts, ce qui, dans la pyramide des preuves, n'a pas une très grande valeur : Grade C  ?

Quels experts ?

Sur PubMed et au moment où j'écrivais (avril 2026) voici la dernière publication où le nom Molimard M est cité.


Il y a 17 auteurs dont Molimard M.

Sur les 16 restants, 8 ont été interrogés par la commission, soit 50 % !

Il est clair que corrélation mais n'est pas causalité. 

La même chose pour Costagliola D. 


Comme il y a 84 auteurs dans un domaine de recherche étroit, je n'ai pas retrouvé de corrélation flagrante.

Pour Maisonneuve Hervé : 


Parmi les 15 signataires + Hervé Maisonneuve, 5 sur 15 ont été interrogés par la commission MoCoMa, 2 signataires non interrogés sont membres de l'industrie pharmaceutique (GSK et Pfizer) et un signataire interrogé fait partie d'une entreprise d'IA.

Cueillette des cerises et liens d'intérêts.

Par curiosité j'ai aussi pratiqué la cueillette des cerises (le cherry-picking) en allant regarder dans Transparence Santé le statut des deux premiers médecins interrogés cités en Annexe et j'ai trouvé 108 déclarations publiques d'intérêts (DPI) pour l'un et 104 pour l'autre. Il est pourtant clair, je ne peux que faire confiance, que la gestion des liens/conflits d'intérêts a été menée avec rigueur par MoCoMa et pas dans une démarche privée avec des règles seulement connues des auteuristes.

J'ai aussi répertorié  dans ce rapport de 68 pages le nombre de fois où le mot "intérêts" avait été utilisé accolé à liens ou conflits : 8 fois ! Dans un rapport comprenant 292 091 caractères (espaces non inclus) ! Il est clair que les liens et conflits d'intérêts en santé ne contribuent IRL que pour 0,022 % à l'information en santé !

La corruption par l'industrie pharmaceutique et des matériels est pourtant une donnée mondiale connue, répertoriée, sourcée. Un article de 2021 : LA. Un article de 2026 : ICI. C'est encore du cherry-picking ! Un article plus récent (2026) sur ce qui se passe aux US : LA.



La troisième ambiguïté vient de ce que la santé en tant que telle n'a pas été définie par MoCoMa. S'agit-il de la définition énoncée par l'OMS en 1946, une définition extensive qui peut d'ailleurs expliquer certaines dérives actuelles puisqu'elle intègre le bien-être et l'environnement ? 

"La santé est un état complet de bien-être physique, moral et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité."

Il semble que cette définition convienne à MoCoMa qui citent par exemple le dérèglement climatique comme une source de désinformation en santé.

PS du 21/09/2026 : il semblerait que MoCoMa ne s'intéresse qu'aux médications (source Linkedin)  et ne veuille pas prendre parti dans le débat sur les dépistages, par exemple. N'est-ce pas de la santé, le dépistage ?

Ainsi, est-ce que l'industrie du bien-être fait partie de la médecine ? Est-ce que la musicothérapie pratiquée dans des structures hospitalières est de l'art ou de la médecine ? Si c'est le plaisir d'écouter de la musique point n'est besoin de mener des essais robustes, si c'est de la médecine il semble nécessaire de tenter le coup. Un essai Beethoven vs Mozart avec un troisième groupe placebo (qu'il sera difficile de choisir : la musique d'ascenseur ?).

Une autre question n'a pas été abordée par le Comité MoCoMa : la médecine est-elle une science ? Nous proposons la définition de Petr Skrabanek et James McCormick in "Idées folles, idées fausses en médecine. 1992 (en français), éditions Odile Jacob. Chapitre 6, Éthique et médecine, p177) 

"... la médecine n'est ni art ni science. C'est au contraire une discipline empirique fondée sur des talents diagnostiques et thérapeutiques, aidée par la technologie, c'est à dire l'application efficace de la science."

Les exemples donnés par les auteurs dans les pages suivantes sont "éclairantes". Un médecin généraliste qui prescrit un antibiotique ou une radiographie n'a pas besoin dans le premier cas d'avoir fait des recherches en microbiologie et en biochimie et dans le second un diplôme de physique ! On peut espérer en revanche que ceux qui donnent les autorisations de commercialisation des antibiotiques et ceux qui pratiquent les radios ont des compétences académiques...

La médecine contient-elle la science ? La science contient-elle la médecine ? Y a-t-il des solutions de continuité ? Y a-t-il des zones d'intérêts communs ?

Les cibles du Comité MoCoMa sont bien entendu, je cite, les médecins parallèles, les médecins complémentaires, les médecines intégratives, et cetera. Pas la médecine académique, c'est à dire celle pratiquée par leurs pairs.

Erreur ! En l'occurrence ce ne sont pas leurs pairs : les trois membres de MoMoCoMa, et ce n'est pas une tare, ne sont pas des médecins praticiens.

Ainsi, le Comité, et les déclarations subséquentes de Mo qui se répand sur tous les plateaux et media, ne précisent pas les différences (probables) entre la science (on ne sache que les 3 éminents membres de MoCoMa soient mathématiciens, astrophysiciens, biologistes moléculaires ou éthologues), la médecine, la santé, le bien-être et/ou la technologie.


Il est quand même tout à fait surprenant et dérangeant que la méthodologie utilisée pour l'écriture de ce rapport ne soit pas transparente, qu'elle soit très critiquable et qu'elle produise des conclusions qui seraient incritiquables.


Quelques réflexions sur le rapport

Avant-propos

Mêmes réflexions que dans le Préambule : il ne s'agit ni d'un rapport de consensus (aucune information contradictoire aux recommandations des auteurs n'est mentionnée), ni d'un article scientifique comme un État de l'art, ni d'un compte rendu sociologique (aucun verbatim)... C'est de la cueillette de cerises.





Synthèse

MoCoMa attribuent à la désinformation en santé 

  • "Le retour de maladies que l'on pensait éradiquées", dont acte pour les USA, mais en France il serait nécessaire de donner des exemples (la dépression résistante aux IRS ?)
  • "une augmentation de la mortalité infantile", en France, dans l'Union Européenne, aux USA, dans le monde ? Rappelons que la dégradation des chiffres de la mortalité infantile concerne surtout la France dans l'UE (le nuage de la désinformation n'atteindrait-il que notre pays ?). Il est étonnant que les rapports concernant cette augmentation n'aient pas été lus par MoCoMa : voir une ébauche de littérature ICI.
  • "un abaissement de l'espérance de vie", là encore, en France ? S'agit-il de l'espérance de vie à la naissance, à 40 ans ou au moment de la retraite ? De l'espérance de vie en bonne santé ? Rappelons qu'aux US, ce sont les opioïdes prescrits par des médecins sous l'influence de laboratoires voyous et criminels qui ont fait diminuer l'espérance de vie de jeunes hommes blancs plutôt CSP + : LA (pardon de citer Wikipedia qui me semble ici pertinent). Rappelons que le Co de MoCoMa est épidémiologiste. Je vous présente 2 graphiques tirés d'un rapport de la DREES (paru certes après le rapport, LA) qui ne disent pas tout à fait la même chose que MoCoMa (en France) :

"Le diagnostic est partagé" : on veut bien croire MCM qui se font une haute idée de leurs propres certitudes et qui pensent sans doute que le principe de la désinformation en santé ne peut s'appliquer à eux-mêmes.




Comme le disait Popper, une théorie scientifique, et ici un point de vue scientifique, ne peut être qualifié de scientifique que lorsque l'on peut le critiquer.



MoCoMa proposent alors "Une stratégie nationale autour de 9 recommandations structurantes" On croirait lire le plan marketing d'une agence de publicité pour un "produit". Nous les commenterons après avoir analysé un nouveau chapitre introductif qui arrive comme un cheveu sur la soupe..

Introduction

MoCoMa — après un avant-propos et une synthèse, ils n'ont pas peur de la redondance —  rédigent une introduction où l'ultracrépidarianisme trône en majesté : on a droit à des réflexions philosophiques, sociologiques, anthropologiques, éducationnelles et même juridiques. On ignorait les compétences toutologiques de MoCoMa...

La lecture attentive de cette Introduction nous permet pourtant d'entrevoir qu'elle est un plagiat d'IA. Les exemples sont nombreux de phrases reprises telles quelles sur les différents sites qui recensent les mêmes sources. On n'en conclut pas que MoCoMa se sont servis de l'IA pour écrire leur rapport mais, par gentillesse, on en conclut que les interrogé.e.s par MoCoMa parlaient IA. Cela ne nous rassure ni d'un côté ni de l'autre. Le professeur Molimard, le Mo de MoCoMa, "chercheur de l'équipe AHEAD" selon une source bordelaise (LA), est d'ailleurs impliqué dans l'IA.

La lecture sur site des missions de AHeaD montre l'humilité scientifique de ces chercheurs (ICI)


Autre exemple où MoCoMa reproduisent des propos plutôt dépassés (mais il s'agit sans doute des effets de la recension des propos des interrogé.e.s : la référence sur les différences entre Mésinformation, Désinformation et Mal-information est celle d'un document du Conseil de l'Europe publié en 2017, soit bien avant le Covid) en citant un article qui traite du sujet en général et pas de la santé en particulier (LA). Comme le montre le tableau utilisé qui semble un peu "court" pour une analyse sur la santé.


MoCoMa utilisent alors un concept flou qui n'est fondé sur aucune donnée expérimentale, "la bonne information".

MoCoMa donne 3 exemples de la lutte contre la désinformation qu'ils jugent sans doute pertinents :

  1. Un livre écrit par le directeur de l'AFP, Fabrice Fries,  (Fries F. L’emprise du faux. Désinformation : le temps du combat. Editions de l’Observatoire, 2021, 208 pages),  qui fut patron de presse (Vivendi Universal Publishing) à la tête de journaux comme, entre autres, "L'Express" ou "L'Expansion" mais aussi "Le Quotidien du Médecin" dont on connaît la qualité des informations médicales (fournies exclusivement par l'industrie pharmaceutique)... Il a aussi été dirigeant de Publicis Consultants, c'est à dire un publicitaire corporate, un lobbyiste en quelque sorte.
  2. Le sociologue Gérald Bronner et le rapport "gouvernemental" qu'il a dirigé intitulé "Les lumières à l’ère numérique. Presses Universitaires de France 2022, 232 pages". Il est assez curieux de constater que les thèses de Gérald Bronner sont parfois ambiguës et pourraient, dans le contexte de la désinformation, prêter à confusion quand il critique le GIEC ou quand il combat le principe de précaution — ce qui est une position tout à fait légitime sauf qu'il le fait avec des exemples erronés. 
  3. La Fondation Descartes (LA). Le conseil d'administration est présidé par le fondateur donateur Jean-Philippe Hecketsweiler, ex vice-président chez JP Morgan ! L'indépendance est garantie. Quant au conseil scientifique, savez-vous qui l'encadre ? Gérald Bronner !
Bon, c'est un peu approximatif, MoCoMa.


Revenons aux 9 recommandations structurantes.

1


Cette recommandation est épaisse, fournie, dense. Elle part dans toutes les directions. Il semble que MoCoMa veuillent réformer l'enseignement en France. Depuis la maternelle jusqu'à l'université. On ignorait que les sciences de l'Éducation soient le dada de MoCoMa. Mais ce catalogue de bonnes intentions, qui pourrait s'y opposer ? Qui pourrait prétendre le contraire de ce qui est écrit ? Jules Ferry n'a qu'à bien se tenir : MoCoMa arrivent. Ils vont réformer l'Éducation nationale en deux coups de cuillère à pot. Et la France, sous l'impulsion de ces lumières bronnerriennes, va faire grimper la France dans le classement PISA.


2


MoCoMa ont des ambitions : réformer les études médicales et scientifiques. Rien que ça. Mais il y a plus. MoCoMa veulent "former" les scientifiques, oui oui, leur apprendre l'esprit critique, renforcer la littératie numérique, et cetera. MoCoMa sont les démiurges d'une Nouvelle Société, eux trois qui sont passés au travers des impostures raoultiennes d'avant Covid (ou, pire, qui les ont vues et ne les ont pas signalées), eux qui n'avaient jamais lu de façon critique un article de Raoult et de sa clique, eux qui ont tout gobé et qui disent désormais avoir tout su...

On note que MoCoMa veulent aussi former les journalistes, c'est à dire leur apprendre leur métier. On les imagine débouler avec leur mentor en journalisme, Fabrice Friers, dans les rédactions du "Monde", de "Libération" ou du "Figaro",  sans oublier France-Culture, France-Inter ou CNews, pour leur apprendre la façon exacte de parler de la science. 

MoCoMa veulent également développer de nouvelles formations universitaires !

Le bannissement académique de pratiques de soins non validées est nécessaire. Mais c'est à notre avis une partie d'un problème plus général : il serait aussi nécessaire dans ce grand chamboule-tout de s'intéresser à la délabélisation de pratiques de soins académiques (dans les hôpitaux, par exemple) non validées. 

Tout le monde devrait connaître "les données de la science" pour justifier des prises en charge "académiques". MoCoMa sont silencieux sur ce point.

Dans le domaine de la santé mentale, une étude internationale récente (LA) rapporte ceci :

  • 11.6% of recommendations in psychiatric guidelines are rated by guideline authors as supported by high-level evidence, comparable to findings from other specialties, with >40% of recommendations citing two or more randomised controlled trials.

Pour ce qui est de la France un site très connu, souvent encensé, toujours recommandé, Antibioclic, est analysé par un article (LA). Ses conclusions ne sont pas fameuses :

"There is a lack of quality in the development process of the current French guidelines in primary care infectiology. This process should be reconsidered, with higher insistence as to its quality."


Rappelons qu'au CHU de Bordeaux où exerce Mo l'ostéopathie a droit d'académie (au moment où j'écris ces lignes) : voir LA.


3


MoCoMa prônent le retour de commissaires politiques que l'on appellerait des commissaires scientifiques qui délivreraient la bonne parole dans les ministères, dans les sociétés savantes, dans les universités, dans les écoles, et même dans la Société Française de Pharmacologie et de Thérapeutique (SFPT) (ICI). 

L'angle mort des sociétés savantes que MoCoMa, surtout Mo dans ses propos publics, mettent en avant pour en faire la pierre angulaire de l'information en santé est, d'après moi, celui-ci : les sociétés savantes sont des bases avancées de l'industrie pharmaceutique.

La société savante à laquelle appartient Mo, la SFPT, est elle-même victime d'entrisme de l'industrie. Nous ne négligeons pas le fait que 1) il est de plus en plus difficile de ne pas travailler avec l'industrie pharmaceutique en raison de la baisse des financements publics et en particulier pour les jeunes chercheurs, 2) un certain nombre de médecins académiques, PU et PU-PH, adhèrent à la doctrine Lina/Buzyn, c'est à dire que ce sont les meilleurs médecins chercheurs et/ou expérimentateurs qui sont engagés par l'industrie pharmaceutique et des matériels et que les experts ne peuvent être, es qualités, que membres des boards de l'industrie ou des agents d'information délivrant, c'est l'expression consacrée, "la bonne parole", à l'attention des pairs et/ou des profanes, 3) la gestion des règles transformant des liens d'intérêts en conflits d'intérêts est le plus en faveur de la négation des conflits que de leur prise en compte. 

Le 14 avril 2026 : 



Le 12 juin 2026 : le Président de la HAS se plaint des intervention incessantes de l'industrie pharmaceutique LA.

La réalité dépasse la fiction.

La phrase attribuée à Agnès Buzyn "les médecins sans liens d'intérêts avec l'industrie sont sans intérêt" pourrait être transformée en "les sociétés savantes sans liens d'intérêts avec l'industrie sont sans intérêt" 

Les membres des groupes de travail de la SFPT sont souvent, pas toujours, sponsorisés par l'industrie. je vous donne quelques exemples dans l'Annexe II.

Quant aux grandes sociétés savantes en cardiologie, cancérologie, diabétologie ou pneumologie, elles ne vivent que grâce à l'industrie.


4


MoCoMa veulent créer un nouveau label. Il sera donc nécessaire de constituer un Comité Info-Score Santé avec des scientifiques de qualité choisis par MoCoMa et/ou les sociétés savantes.



5



MoCoMa créent une nouvelle agence gouvernementale. Avec quel argent ? Une nouvelle agence avec des Commissaires Scientifiques adoubés par MoCoMa qui délivreront "la bonne parole", la parole du Comité.


6


MoCoMa veulent développer l'infovigilance. Rappelons que Mo fait de la pharmacovigilance depuis des siècles : veut-il faire ce qu'il n'a pas fait jusqu'à présent ? Était-ce seulement par manque d'argent ?



7



MoCoMa abordent le côté répressif de l'affaire. Ils ou elle veulent des sanctions (à partir de la page 42). On se rend compte de la vraie nature de MoCoMa : être non seulement des khalifes à la place des khalifes mais éliminer leurs opposants.

Renforcer la régulation des media en s'appuyant sur l'ARCOM par exemple dont on connaît la fantastique inefficacité dans le domaine de l'information : voir ICI ou LA.

Voir aussi le 30/03/2026




... et le 11/06/2026




8



Au lieu de faire de l'infodémiologie, MCM pourraient favoriser les recherches françaises en épidémiologie où nous sommes à la traîne par rapport aux pays nordiques par exemple (mais Co est épidémiologiste). Est-ce seulement un problème de moyens ? Ou un problème purement politique ?


9



Enfin, last but not least, agir au niveau européen. Il est vrai que, par exemple, la politique du médicament ne se fait plus en France mais à l'Europe où les lobbys sont puissants et notamment les lobbys pharmaceutiques.







CONCLUSION


Cet inventaire à la Prévert pourrait être interprété comme une tentative de prise de pouvoir de MoCoMa sur le discours santéal en France.

Ce qui est marquant : aucun des trois n'est clinicien. On pourrait affirmer avec provocation et ironie qu'il s'agit de l'étape ultime de l'hospitalo-centrisme : un hospitalo-centrisme sans malades.

Indépendamment des conditions de son écriture et de son opaque méthode de travail, ce rapport ne vaut que par ce qu'il oublie.

Il oublie les conditions de la recherche clinique en France et, au-delà, de la recherche en santé, qui sont dominées par l'argent de l'industrie pharmaceutique.

Il oublie que l'enseignement académique de la médecine n'est jamais évalué et qu'il est influencé par des liens et conflits d'intérêts des enseignants parfois chercheurs.

Il oublie que la formation médicale continue des médecins est financée uniquement par l'industrie des médicaments et des matériels.

Il oublie que l'évaluation des pratiques de soin dans le milieu hospitalier, notamment les CHU, est ignorée et qu'au moins la moitié de ces pratiques ne reposent pas sur des données validées mais sur l'expérience personnelle (Eminence Based Medicine).

Il oublie que le circuit des publications est entièrement dominé par de grands éditeurs et pollué par de nombreux journaux escrocs.

Il oublie que les sociétés savantes sont très souvent des émanations directes ou indirectes de l'industrie et qu'elles sont des interlocutrices privilégiées de l'HAS pour l'évaluation des médicaments avec une gestion plutôt restrictive de la notion de liens/conflits d'intérêts.

Il oublie l'état catastrophique de l'épidémiologie en France.

Il oublie la corruption académique lié au système des promotions et à l'argent de l'industrie pharmaceutique qui oblige les membres de MoCoMa à encenser sur X par exemple leurs copaines et les copains des copains. 

Ces propositions sont alléchantes d'un point de vue théorique, inapplicables en pratique, et nécessitent des investissements considérables dans de nouvelles structures qui créeront des doublons, qui alourdiront le mille-feuilles administratif, mais elles sont vaines car elles ne prennent pas en compte le "système" qui favorise la corruption, la concussion, le favoritisme, le népotisme et la mise en avant d'intérêts qui n'ont rien à faire avec l'intégrité scientifique.




ANNEXES

ANNEXE I :  les déclarations publiques d'intérêts (DPI) des trois auteurEs du rapport :


Molimard Mathieu : 8 (depuis 2017, MM n'a pas de DPI avec l'industrie pharmaceutique) ; 5 pour HAS selon DPI santé. 284 publications selon PubMed.

Costagliola Dominique : DPI = 9 ; 23 pour ANSM et HAS. 761 publications selon PubMed

Maisonneuve Hervé : 20.  Et 2 pour Santé Publique France. 295 publications selon PubMed

Pfizer occupe une grande place dans la vie de ce professeur



ANNEXE II : les déclarations publiques d'intérêts (DPI) des médecins interrogés par MoCoMa.

Nous avons vu plus haut que les deux premiers pris en exemple comptabilisaient 108 et 104 DPI. J'ai continué et je n'ai pas été au bout de mes surprises : dans l'ordre : 5, 0, 119 (Jérôme Barrière), 39, 79, 0, 98, 0, 385 (Bruno Crestain, association Souffle)...

Ce qui m'a intrigué : les interrogés étaient parfois des proches de la SFPT, ou des followers X de MoCoMa, mais il ne semble pas que des bloqués sur X par le premier M aient été interrogés...


ANNEXE III : Les Déclarations Publiques d'Intérêts des membres de la SFPT telles que l'on peut les trouver sur le site Transparence Santé : 

Le président du groupe de travail neuropychopharmacologie : David Devos (le 19/02/26 : DPI = 170)

Le président du groupe de travail Médicaments et Covid 19 : Michel Cucherat (le 19/02/26 : DPI = 57 en tant qu'universitaire et comme consultant à Mably —42300—, DPI = 150)

Le président du groupe de travail Pharmacologie cardiovasculaire : Jérémy Bellien (le 19/02/26 : DPI = 0)

Pour le reste...

ANNEXE IV : L'état de la rétractation d'articles avec Raoult et sa clique et sans 

ICI


PS : le professeur Molimard ne répond pas aux invitations de CNews mais publie sur X le 29/07/2026



PS du 02/09/2026 

Nomination au conseil scientifique de l'ANSM du professeur Mathieu Molimard : LA.


PS du 15/09/2026 : les intervenants détenteurs de la Vérité en santé. Dont Agnès Buzyn.


PS du 22/09/2026 : Hervé Maisonneuve ne déclare pas ses liens d'intérêts. Un article du Journal Le Monde : LA. 100 000 euros reçus par sa société de conseil entre octobre 2021 et avril 2023 ! De la part de Pfizer. Le référent à l'intégrité nommé fin mars 2026 au poste de référent à l'intégrité.






lundi 18 septembre 2023

BeyfortusⓇ/Nirsevimab : nouvel épisode de la toute-puissance du complexe santéo-industriel français.



L’affaire BeyfortusⓇ/nirsevimab est tellement lamentable que j’hésite à la recommenter (déjà fait ICI) car je me sens pousser des ailes de méchanceté qui ne vont pas accroître ma popularité déjà bien compromise sur les réseaux sociaux. 


Les mêmes causes produisant les mêmes effets car le système, quelle que soit la bonne volonté de tous les participants, ne change pas et n'est pas près de changer en raison des intérêts mêlés qui l'animent de façon de plus en plus chaotique, l'affaire BeyfortusⓇ/nirsevimab/Sanofi ressemble presque ou pas encore à l'affaire MediatorⓇ/benfluorex/Servier sur le plan de la corruption des esprits et sur celui de l'incompétence des agences gouvernementales.

 

Mais ne nous laissons pas distraire.

La veille de la publication de la recommandation de remboursement du BeyfortusⓇ, imaginons que nous ne nous trouvions pas sur le seuil du vaste appartement de fonction du PDG (on dit CEO en anglais) de Sanofi-Aventis au moment où se congratulent trois membres éminents de l’intelligentsia de la santé, du comité central du capitalisme d'Etat ou du QG du complexe santéo-industriel français dont la caractéristique majeure est la soumission au capitalisme d'Etat. 


Il y a là trois non médecins (il faut cependant reconnaître que le fait de nommer un médecin à la tête du Ministère de la Santé n'est pas une garantie de qualité : les médecins espèrent qu'il n'est pas aussi mauvais homme politique qu'il est médecin et les hommes politiques qu'il n'est pas aussi mauvais médecin qu'il est mauvais homme politique)


Aurélien Rousseau avec son accent du sud à éclipse, son ventre bedonnant, son art d’être toujours sur la photo dans des lieux de soin (et sans masque pour qu’on puisse mieux l’admirer et ne pas le confondre avec Agnès Buzyn) et son aura construite par des communiqués de presse sur son rôle éminent dans la gestion du Covid à la tête de l'ARS d'Île-de-France (sans masques toujours). 


Aurélien Rousseau ne masque pas son enthousiasme pour la transmission aéroportée des virus.


Thomas Fatôme et son air de faux jeton qui a toujours des bonnes notes parce qu’il copie sur sa voisine (je ne dis pas qu’il s’agit de Marguerite Cazeneuve) et ses déclarations toujours aussi aimables en tant que directeur général de la CNAM à l’égard des médecins généralistes libéraux, vous savez ces types qu’on invite dans des dîners et qui piquent du nez dès les premières olives avalées parce qu’ils sont en pleine forme, qu’ils ne font que de la bobologie et ne cessent de remplir des arrêts de travail de complaisance, après s’être fait payer leurs études par le contribuable, 


Thomas Fatôme en train de sourire à la destruction définitive des soins primaires.



Nicolas Revel, le directeur d’un Etat dans l’Etat, l’AP-HP, où il y a plus de PUPH que dans toute la France mais moins de publications internationales que partout ailleurs dans le monde, un haut fonctionnaire qui fait douter des lois de l’hérédité, mais il est vrai qu’il n’est pas un petit pois, quand on se rappelle le bon esprit de sa maman et l’intelligence hors norme de son papa. L'analyse de ses déclarations présentes et passée indique qu'il pourrait se reconvertir comme professeur de langue de bois.




Nicolas Revel s'interrogeant sur sa destinée grandiose.


Mais il n'y a pas lors de cette réunion de travail destinée à polir les éléments de langage et à distribuer les tâches dans les différents lieux de pouvoir, cette réunion ne comportait :


ni la directrice générale de l’HAS dont tout le monde a oublié le nom (même elle), mais, pour vous mettre sur la piste, ce n’est pas une ex-joueuse de tennis qui aurait trempé dans l’affaire Mediator, et, rassurez-vous, elle est désormais sèche et elle n’a pas révélé qui l’avait poussée dans la piscine, 


ni la directrice de l’Agence du médicament qui, pour le coup, n’est connue que de son employée de maison qui aurait au moins pu rédiger une (courte) note biographique sur Wikipedia puisqu’elle est non répertoriée au bataillon de cette institution respectable, 


ni Stéphanie Rist, à court d’acide hyaluronique, et qui réfléchit encore à l'admirable réforme qu'elle a portée pour redonner de la place aux soignants


ni Agnès Firmin-Le Bodo, à court de tenues différentes pour ne pas faire de doublon sur X (ex-twitter) tant le nombre de ses apparitions photographiques force le respect.


et j’en oublie certaines et certains qui ne protesteront pas pour éviter l’effet Streasand. 


Pardon donc pour les autres sous-fifres que j’ai oubliés, dont le professeur Christian Rabaud, directeur général de la santé, infectiologue de renom qui a réussi à décrocher un poste connu pour être la récompense suprême des has been ou de ceux qui ont quelque chose à se reprocher ou que l’on veut faire taire (il suffit de regarder les précédents DGS). 


Quant à la directrice de l’ARS Ile-de-France dont le titre de gloire majeur est d’être très proche du PR, elle n'a pas réussi à être de la compagnie.

 


 Éléments de langage

En sortant de chez le PDG dont le nom ressemble à celui d’un fleuve états-unien où Tom Hanks a réussi à poser son avion, les participants rendent leurs portables/armes comme dans toutes les bonnes séries policières états-uniennes au cas où un petit malin aurait voulu assurer ses arrières quand on lui reprochera d'avoir joué le rôle de délégué à l'information médicale et/ou pharmaceutique du premier laboratoire français… 


Le message pas du tout subliminal de Sanofi est clair : « Ce n’est pas un vaccin, ce n’est pas un vaccin, c’est un anticorps monoclonal (nos visiteurs médicaux ont été conviés à faire des exercices de prononciation - an ti corps mo no clo nal- pour ne pas s’emmêler les crayons devant les micros qui vont se tendre vers eux et éviter également de prononcer le nom imprononçable de la molécule -nirsevimab/nirvesimab), c'est un anticorps monoclonal, ça diminue les hospitalisations de 80 %, ça diminue les hospitalisations de 80 %, et y a pas d’effets indésirables, y a pas d’effets indésirables. » Il y a donc 4 trucs à répéter, c’est pas compliqué, les trois VM ne sont pas médecins et ont tous fait l’ENA (comme Ségolène Royal ou Valérie Pécresse pour donner du poids à la valeur de l’ENA), il suffit de répéter.

 

Une molécule pas terrible.

On rappelle la recommandation de la HAS qui est favorable au remboursement de cette molécule qui, pourtant, pardon de faire le malin et de rappeler des données de base sur les médicaments, est cataloguée IV ou V selon les indications et les nourrissons pour l’Amélioration du Service Médical Rendu (ASMR), c’est-à-dire une amélioration mineure ou absente et présente un SMR (Service Médical Rendu) modéré à faible selon les indications. Pour mémoire, le macrogol, un laxatif bien connu et qui, sans nul doute, utilisé à dose presque toxique empêche un passage aux urgences tous les deux malades, a un SMR modéré… 



J'en ai fait l'analyse ICI et je vous prie d'excuser mon outrecuidance à m'auto-citer.

 

La HAS recommande avec de puissants liens/conflits d'intérêts.

La recommandation de la HAS, rédigée par des experts auréolés de liens d’intérêts (l’auréole leur a été fournie par le Club des Plus T’es Sponsorisé Par l’Industrie et Plus T’es Bon – PTSPIPTB, club vanté par Agnès Buzyn, celle dont le mérite a été, outre le déremboursement de l’homéopathie qui continue d’être prescrite par de grands PU-PH et par leurs sbires dans de grandes maternités de France et de Navarre, de s’être dégagée de la responsabilité de la lutte contre le Covid grâce à une sextape), experts tellement sponsorisés que même la HAS a dû reconnaître que nombre d’entre eux n’avaient pas participé au vote final pour la recommandation, ce qui a réduit de façon drastique le corps électoral à deux personnes pour ce qui est de la Société Française de Néonatologie dont le président a 91 déclarations de liens d’intérêts avec l’industrie dont 12 avec Sanofi… Les évaluations de la HAS, ce n’est pas comme le disait Jean-Luc Godard à propos d’autre chose, 50 % pour les sanofiens et 50 % pour les non-sanofiens, mais tout pour Sanofi.


Cette recommandation a été faite essentiellement à partir d'un essai randomisé chez des nourrissons en bonne santé (ICI) qui comparait le nirsevimab à un placebo. Faisons remarquer que le critère hospitalisation n'était pas le critère principal mais un critère exploratoire (on sent combien les promoteurs de l'essai avaient confiance en leur produit).

 


Le malaise des PU-PH de qualité

L’enseignement de la médecine en France est assurée par les PU-PH, ces PU-PH qui affirment que la médecine est une science, ce qui est une vaste rigolade, et que tous les médecins, sauf eux, sont des nuls qui ne connaissent rien à la médecine, mais la majorité d’entre eux, c’est un sondage piloté par l’IHU de Marseille, ne connaissent pas la différence entre la réduction du risque relatif et celle du risque absolu, pas plus que la hiérarchie des types d’études ou la gradation des recommandations. Le pire vient de ce que certains enseignent ces notions basiques aux étudiants et ne les appliquent pas quand ils lisent des articles. Cela nous rappelle follement les cours que l'on peut voir en ligne du sinistre professeur Didier Raoult quand il parle de statistiques, d'études cliniques, voire de microbiologie. Quant aux non-PU-PH, cela ne les exonère pas de cette triple dissonance cognitive (une qualification moderne et sophistiquée de la bêtise et/ou de l’ignorance), surtout les médecins généralistes qui ont des positions universitaires et dont la seule ambition est d’atteindre en douceur cette triple dissonance pour en être.

La conclusion de la HAS est simple : le produit est nul, il ne diminue pas le nombre des hospitalisations des enfants en bonne santé nés à terme, mais il mérite quand même le remboursement (le prix qui va être accordé à cette molécule va sans doute donner le vague-à-l’âme à certains salariés des hôpitaux et pas seulement aux PU-PH).

 



Le complexe santéo-industriel est lancé et le marketing-mix est bien rôdé. 





Je vous ai déjà raconté l'histoire dans un billet précédent (toujours LA).

Tout le monde s'y met. Et notamment une pédiatre détestée par les covidistes (on y reviendra si on en a le temps) la professeure Christèle Gras Le Guen ...


 


Deus ex machina.

L’analyse de la HAS ne prenait pas en compte toutes les études publiées concernant le nirsevimab ! Et notamment celle concernant les enfants prématurés (LA)


On vous l'avait bien dit !


Le professeur Elisabeth Leca a fait une remarquable analyse de ce happy end sur le site du Vidal qui est sponsorisé à presque 100 % par l'industrie pharmaceutique (LA), ce qui montre quand même que l'affaire est grave, et son analyse confirme grosso modo ce que j'avais écrit sur le blog (pardon encore pour cette auto promotion, cela n'a pas bonne presse mais il fallait le redire) et elle précise la manipulation qui a été faite : il a fallu regrouper deux études distinctes, l'une chez des nourrissons en bonne santé, l'autre chez des nourrissons prématurés pour obtenir un résultat sur la prévention des hospitalisations qui n'était qu'un critère exploratoire ! 


On n'est pas très loin des études alaraoult sur le plan protocolaire, sur le plan méthodologique, sur le plan de la confusion des résultats.


Pour finir : confusion des esprits.

Le positionnement des intervenants sur l'affaire BeyfortusⓇ ne manque pas de sel.

Comme je l'ai rappelé plus haut, la différence entre la réduction du risque relatif et celle du risque absolu, pas plus que la hiérarchie des types d’études ou la gradation des recommandations, de nombreux médecins quand il s'agit de croire à leurs croyances s'en moquent comme de leur premier marteau réflexe...

Les études non randomisées et/ou non contrôlées qu'ils vénéraient dans le Covid leur paraissent suspectes pour le VRS.

Le vaccin contre la grippe saisonnière qu'ils critiquaient avant le Covid, qu'ils ont adoptés pendant le Covid et dont les forts critères d'inefficacité leur paraissaient acceptables, ils ne savent plus trop quoi en faire... 

Certains ont peur de critiquer le nirvesimab parce que certains l'assimilent à un vaccin et ils ne voudraient pas qu'on les assimile à des antivaxx.

C'est le bal des hypocrites.

Pourtant, c'est simple, l'appareil d'Etat impose, recommande, appuie fortement, un anticorps monoclonal sur la base d'études trafiquées par une multinationale française.

What else?